Guerres perso-romaines

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les guerres perso-romaines commencent lorsque les Romains, après avoir conquis la Grèce, envahissent l'Asie Mineure et entrent en contact avec les Parthes vers 100 av. J.-C.. En 64 av. J.-C., l'empire Séleucide s'éteint avec Antiochos XIII Asiaticus, détrôné par Pompée qui réduit la Syrie, dernier reliquat du royaume Séleucide, en province romaine. Les Parthes, occupant les territoires séleucides plus à l'est, deviennent le « concurrent » de l'Empire romain dans l’est de la Méditerranée. La civilisation et la culture des Parthes semblent reprendre celles des Achéménides, particulièrement dans leur système religieux. Elle est aussi marquée par la présence d'importantes cités grecques en Mésopotamie. L’empire Parthe, organisé de manière peu autoritaire, prend fin en 224 ap. J.-C. Il laisse la place aux Sassanides qui continuent leur guerre avec les Romains. La guerre perdure avec l'Empire byzantin et prend fin avec la conquête musulmane : les guerres perso-byzantines.

La longue série de conflits entre le monde méditerranéen et le monde Perse forme une des plus longues séries d'affrontements régionaux de l'histoire. Aucune partie n'étant capable de dominer l'autre, ceux-ci ne prirent fin qu'avec les conquêtes musulmanes.

L'est de la Syrie romaine, le nord-ouest de la Mésopotamie et le contrôle indirect de l'Arménie sont les principaux enjeux de ces affrontements, mais ils peuvent aussi surgir du désir de gloire du souverain de l'un ou l'autre empire. Malgré la récurrence des conflits, d'assez longues périodes de paix existent et les deux empires ont aussi des échanges pacifiques propices au développement d'un commerce à longue distance le long des routes de la soie en direction de l'Extrême-Orient.

Période partho-romaine[modifier | modifier le code]

Les premiers contacts de Sylla à Pompée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerres de Mithridate.

Le royaume d'Arménie devient une puissance régionale majeure de -95 à 66 av. J.-C. avec le roi Tigrane II le Grand, mis sur le trône par les Parthes. Tigrane s'allie à son voisin Mithridate VI, le roi du Pont, et tente avec lui de s'emparer de la Cappadoce au cœur de l'Asie Mineure. Il déclenche ainsi la réaction des Romains qui interviennent sous la conduite de Lucius Cornelius Sylla.

Le traumatisme de la défaite de Crassus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Carrhes.
Orodès II, roi des Parthes (54 à 38)

En 53 av. J.-C., sur les conseils d'Abgar II Ariamnès, Crassus franchit l'Euphrate pour affronter les Parthes mais est vaincu à la bataille de Carrhes. Peu de jours après, il est tué au cours d'une entrevue avec le général parthe Suréna. Sa tête est ensuite envoyée au roi parthe, Orodès II. On a raconté qu'il mourut d'une façon peu orthodoxe : en effet, il était si cupide que Suréna lui aurait fait couler de l'or en fusion dans la bouche en lui disant « Rassasie-toi donc de ce métal dont tu es si avide ! »[1]. Son fils, Publius Crassus, est tué au cours de la même bataille.

La campagne avortée de Jules César[modifier | modifier le code]

Jules César est assassiné trois jours avant de partir en campagne contre les Parthes, aux ides de mars 44 av. J.-C.. Ses motifs étaient que les Parthes ont aidé Pompée lors de la guerre civile, venger Crassus et surtout continuer d'égaler la gloire d'Alexandre le Grand. Une très importante armée romaine avait été réunie en Macédoine en ce but.

La guerre romano-parthique de 40-33 av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Phraatès IV, roi des Parthes (38 à 2).

Les évènements qui suivent la mort de Jules César en Orient sont bien attestés par de nombreux historiens antiques : Plutarque, Appien, Dion Cassius. Ils n'en sont pas moins très complexes : Rome est en effet plongé dans les guerres civiles et les rivalités politiques, alors que les Parthes doivent eux aussi, à plusieurs reprises, affronter des problèmes dynastiques sérieux.

Les liens qui s'étaient tissés entre les Parthes et les adversaires romains de César - à la suite de l'appel du pompéien Caecilius Bassus - ne se sont pas rompus avec la mort de César. Caius Cassius Longinus l'un des meneurs de la conjuration contre César cherche à s'appuyer sur les troupes de Syrie pour contrer les héritiers du dictateur défunt. Il y rassemble un nombre important de légions. En conséquence, il ravive l'alliance de son parti avec les Parthes en négociant avec Orodès II et obtient de lui des auxiliaires parthes qui font campagne aux côtés des républicains jusqu'à la bataille de Philippes en 42 av. J.-C. Après la déroute, certains des chefs républicains cherchent donc un asile dans l'empire arsacide, c'est le cas du fils de Titus Labienus - le légat de César en Gaule - : Quintus Labienus. Ce dernier devient une importante personnalité de la cour du roi parthe et le pousse à entreprendre une action contre la Syrie.

Le conflit commence par une offensive parthe menée par Pacorus Ier de Parthie, le général parthe Barzapharnès et le républicain romain Quintus Labienus. Le lieutenant d'Antoine Ventidius Bassus les écrase puis vainc à nouveau une offensive parthe de Pacorus en 38 av. J.-C., devenant le premier Romain à triompher des Parthes. Caius Sosius renforce Hérode qui reprend Jérusalem en 37 av. J.-C. et devient roi de Judée avec l'accord de Rome tandis qu'un autre lieutenant d'Antoine, Canidius Crassus, soumet l'Arménie en 37-36 av. J.-C. Marc Antoine lance alors une grande offensive depuis l'Arménie vers la Médie Atropatène en 36 av. J.-C., mais il est contraint de faire une retraite proche du désastre.

À la suite d'un changement d'alliance, les Mèdes s'alliant à Rome contre les Parthes, Antoine s'empare de l’Arménie en 34 av. J.-C. et y place son fils Alexandre Hélios. En 33 av. J.-C., les Parthes et le fils du roi déchu d'Arménie sont pour un temps repoussés par les Mèdes soutenus par les forces d'Antoine. Cependant, lors de la dernière Guerre civile républicaine, alors qu'Antoine dégarnit militairement l'Orient, les Mèdes seront mis en difficulté et l'Arménie temporairement perdue en 30 av. J.-C. Cette région devient alors un enjeu entre Rome et les Parthes, chacun cherchant dorénavant à imposer son candidat, et la « crise arménienne » va se prolonger tout au long de l'histoire de l’Empire romain.

L'époque augustéenne, vers une coexistence pacifique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique orientale d'Auguste.

La présence d'Auguste en Orient juste après la bataille d'Actium en 30 - 29 av. J.-C. et de 22 à 19 av. J.-C., ainsi que celle d'Agrippa en 23-21 av. J.-C. puis en 16-13 av. J.-C., démontrent l'importance accordée à ce secteur stratégique territoire romain. Il est nécessaire de parvenir à un modus vivendi avec les Parthes, l'unique puissance concurrente capable de menacer Rome en Asie Mineure. Les deux empires, conscients de ce qu'ils avaient plus à perdre d'une défaite que ce qu'ils ne pouvaient raisonnablement espérer gagner d'une victoire, parviennent, non sans frictions, à s'accorder sur les conditions d'une cohabitation et Auguste peut, tout au long de son principat, concentrer ses efforts militaires sur l'Europe, comme il le désirait.

Les Arsacides acceptent qu'à l'Ouest de l'Euphrate Rome organise de fait ses possessions et États clients à sa guise. Seul le royaume d'Arménie demeure, à cause de sa situation géographique, l'objet d'un contentieux, Rome et les Parthes cherchant continuellement à placer un roi acquis à leur cause sur le trône arménien, tout en évitant une confrontation directe l'un contre l'autre. La crainte mutuelle permet à cet équilibre de perdurer tout le long du principat d'Auguste.

La guerre romano-parthique de 58-63[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre romano-parthique de 58-63.
La campagne de Gnaeus Domitius Corbulo en 58-60.

L'influence de Rome sera solide en Arménie jusqu'en 37, lorsqu'un candidat soutenu par les Parthes revendique le trône. Jusqu'en 54, coups de forces et luttes d'influence se succèdent pour le contrôle de l'Arménie. À cette date, le nouveau roi des Parthes, Vologèse Ier investit les deux capitales, Artaxate et Tigranocerte et met sur le trône son jeune frère Tiridate.

Néron réagit vigoureusement, nomme Gnaeus Domitius Corbulo, commandant suprême en Orient et l'envoie dans les provinces de l'est régler le problème de l'Arménie. Tiridate est contraint de retirer son armée, abandonnant sa capitale Artaxate. En 59, les Romains marchent en direction de Tigranocerte, la seconde capitale de l'Arménie. Celle-ci se rend. Les Romains contrôlent maintenant l'Arménie, et ils installent son nouveau roi, Tigrane VI, le dernier descendant des rois de Cappadoce.

Les Romains sont conscients que leur victoire est fragile. Malgré sa réticence à s'attaquer à Rome, Vologèse est forcé d'agir quand en 61, Tigrane envahit l'Adiabène, une importante région du royaume de Parthie. Il prépare son armée pour chasser Tigrane. Le légat pour la Cappadoce étant arrivé, dans la personne de Lucius Caesennius Paetus, le consul romain de l'année précédente (61), il reçoit l'ordre de régler la question en ramenant l'Arménie sous administration directe de Rome. Pendant ce temps, la protection de la Syrie réclame toute l'attention de Corbulo. En 62, Paetus subit une cuisante défaite à Rhandeia. Paetus capitule.

Les Romains décident qu'il vaut mieux « accepter une guerre dangereuse qu'une paix humiliante » ; Paetus est rappelé et le commandement des troupes est alors à nouveau confié à Corbulo. Il prend la tête de la campagne d'Arménie, avec extraordinaire imperium qui le place au-dessus de tous les autres gouverneurs et clients en Orient. Ils se réunissent à Rhandeia, Vologèse dépose sa couronne aux pieds de la statue de l'empereur, promettant de ne pas la reprendre jusqu'à ce qu'il la reçoive des mains de Néron lui-même à Rome. Cependant, même si les deux armées quittent l'Arménie, elle restent de facto sous contrôle parthe.

Vologèse entretient ensuite de très de bonnes relations avec Rome et propose même à Vespasien l’appui d’un corps de 40 000 cavaliers parthes lors de la guerre civile.

Sesterce frappé vers 116/117. Au verso, sous la devise REX PARTHIS DATVS S C, Trajan, assis sur un siège pliant, donne le trône de Parthie à Parthamaspatès.

La guerre parthique de Trajan (112-117)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre parthique de Trajan.

C'est l'une des crises de succession du trône arménien qui est, pour Trajan, le prétexte pour déclencher la guerre et mettre ses pas dans ceux d'Alexandre le Grand. Khosrô Ier a en effet placé à la tête de l'Arménie Parthamasiris, sans avoir l'agrément des Romains. Trajan considère qu'il s'agit là d'une remise en cause des accords datant de Néron et organise une campagne contre les Parthes en octobre 113. En 114, l'Arménie est prise, Parthamasiris s'enfuit et la transformation de son royaume en province est prévue. Puis Trajan opère en Mésopotamie en 114/115. En 116, l'Assyrie et la Babylonie sont conquises. Avec deux armées, Trajan atteint le littoral du golfe Persique.

La victoire est cependant de courte durée : le pays s'avère très difficile à tenir et les révoltes se multiplient dans les régions nouvellement conquises, notamment au sein des populations juives. La Babylonie est confiée à Parthamaspatès. La révolte s'étend encore en 117 : l'armée et l'empereur doivent se retirer de la Mésopotamie. Trajan meurt peu après (18 août 117) à Selinus en Cilicie (Turquie actuelle), ses conquêtes et ses projets sont abandonnés par son successeur Hadrien. Les Parthes toutefois ne retrouvent pas immédiatement une influence forte sur toute la Mésopotamie : la Characène ne leur est à nouveau soumise qu'en 150.

La guerre parthique de Lucius Verus (161-166)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre parthique de Lucius Verus.
L'Arménie conquise, enjeu de la guerre parthique de Lucius Verus (monnaie romaine de 163)

La guerre éclate à la suite d'un désaccord entre Parthes et Romains quant à l'Arménie. Le conflit semble avoir été préparé de longue date côté parthe, mais aussi du côté romain où des opérations militaires commencèrent en vue du conflit avant la mort d'Antonin le Pieux[2]. Si, dans un premier temps, les Romains subissent de lourdes pertes, le conflit se termine à leur avantage.

En 161, une offensive parthe sur l'Arménie, ordonnée par le souverain parthe Vologèse IV, vise à placer à la tête du petit royaume un souverain favorable à la dynastie Arsacide. L'armée romaine de Cappadoce menée par le sénateur d'origine gauloise Sedatius Severianus, gouverneur romain de Cappadoce, pénètre en Arménie pour rétablir le protectorat romain. Confiant dans sa victoire, qui lui a été promise par un oracle de Glycon, Sedatius subit pourtant une terrible défaite à Elegeia, et se suicide sur le champ de bataille. Les Parthes poussent leur avantage et mènent un raid sur la Syrie où l'armée provinciale romaine n'offre pas une grande résistance. Les Parthes installent un protectorat sur l'Osrohène dont la capitale était à Édesse.

Rome dirigée depuis peu par Marc Aurèle et Lucius Verus entame alors une forte mobilisation pour garantir une puissante contre-offensive. La décision est prise d'envoyer l'un des deux empereurs, Lucius Verus, sur le théâtre des opérations, à la fois pour une meilleure coordination mais aussi pour rassurer les provinciaux. Aussi son voyage vers l'Orient se fait-il lentement et dans le luxe, ce qui lui vaudra maintes critiques : mais c'était l'affirmation du pouvoir et du faste romain, la démonstration que son agenda échappait aux pressions externes.

L'offensive romaine se développe à partir de 162 se concentrant d'abord sur l'Arménie. Statius Priscus place à la tête du royaume reconquis Sohaemus d'Arménie et installe une garnison dans la nouvelle capitale actuelle Etchmiadzin. En 163 le contrôle romain sur l'Arménie est à nouveau accompli, et Lucius Verus prend le titre d'Armeniacus. Les troupes romaines ont par ailleurs poussé leur offensive vers le Caucase et le long de la Mer Noire.

Les opérations romaines se tournent ensuite vers la Mésopotamie avec une chronologie plus difficile à établir. Par ailleurs Statius Priscus cède la place à des généraux plus jeunes qui se trouvaient jusqu'alors sous ses ordres : Avidius Cassius, Martius Verus. Lucius Verus semble avoir fait des propositions de paix aux Parthes, qui ne furent pas acceptées. Il s'est par ailleurs rendu sur le front, mais passe l'essentiel de son temps à Antioche au milieu d'une cour brillante et controversée. En 164 il part pour Éphèse où il épouse Lucille fille de Marc Aurèle, manière sans doute pour ce dernier de resserrer les liens avec un coempereur qui semblait peut-être plus distant et commençait à recevoir la gloire des victoires de ses légats.

En 165 au plus tard les offensives romaines accomplissent une percée en Mésopotamie, rétablissant le protectorat romain en Osrohène puis investissant Doura Europos, et préparant une marche vers les grandes cités de la Mésopotamie parthe menée par Avidius Cassius. Fin 165, sans doute, Séleucie du Tigre se rend aux armées romaines et Ctésiphon sa voisine, capitale du Grand roi Parthe, est pillée et incendiée. La victoire est totale, elle sera célébrée dans tout l'empire comme le montre la Porte Noire de Besançon.

Néanmoins les Romains ne restent pas au cœur de la Mésopotamie : Séleucie du Tigre est pillée, et les troupes romaines entament leur retour vers la province de Syrie. Les difficiles conditions de ce retour accréditeront l'idée que la peste antonine s'est diffusée à partir de la prise de Séleucie du Tigre. Avidius Cassius d'origine syrienne gagne un prestige immense dans ces victoires. Les opérations romaines se portent encore sur le haut plateaux iranien, la Médie, sans doute au cours d'un raid destiné à menacer d'un peu plus près le cœur de l'empire Arsacide. Les empereurs romains peuvent alors prendre les surnoms de Parthicus maximus et Medicus : grand vainqueur des Parthes et vainqueur des Médes (166).

La guerre se termine dans l'été 166 : le contrôle romain s'est étendu jusqu'à Doura Europos, dans la vallée du haut-Euphrate et Vologèse IV n'est plus une menace. Les provinces d'Orient sont cependant confiées pour de longues années aux généraux les plus brillants de la guerre : Martius Verus en Cappadoce, Avidius Cassius en Syrie. Les menaces sont désormais sur le Danube et les légions déplacées retournent vers les provinces menacées par les Barbares : Dacie, Pannonie sous le commandement de légats qui s'étaient aussi illustrés en Orient, comme Claudius Fronto.

En octobre 166, Lucius Verus célèbre son triomphe à Rome.

Les campagnes de Septime Sévère (194-198)[modifier | modifier le code]

Ruine d'Hatra, cité qui tint les troupes romaines de Septime Sévère en échec.

À la suite de l'assassinat de Commode en 192 un guerre civile éclate entre Didius Julianus, Pescennius Niger et Septime Sévère. En Orient, Pescennius Niger, légat de Syrie, refuse d'acclamer Septime Sévère. Son armée le proclame empereur le 9 avril. Il est bientôt soutenu par l'Égypte. Il représente un triple danger : militaire car il possède 9 légions, économique grâce à l'appui de l'Égypte et diplomatique avec les appuis que lui proposent les souverains parthes. Septime Sévère réagit avec célérité, quitte Rome en juillet 193 et se déplace en Orient. Il assiège Byzance enlevée par Pescennius Niger (elle ne capitule qu'en 195 après deux ans de siège), puis remporte deux victoires sur son compétiteur à Cyzique, fin 193, puis à Nicée au début de 194. Il obtient alors le ralliement de l'Égypte, de l'Arabie et de la Syrie. La bataille décisive a lieu à Issus au printemps 194. Pescennius Niger se réfugie à Antioche, qui est bientôt investie par les troupes de Septime Sévère, et s'enfuit probablement vers le royaume parthe. Capturé il est exécuté.

La campagne de Caracalla (215-217)[modifier | modifier le code]

La campagne décidée par Caracalla contre les Perses, amène l'empereur en Syrie en 215, mais elle n'est guère concluante. Tué à proximité de Carrhae en avril 217, le fils de Septime Sévère est remplacé par Macrin, son préfet du prétoire. Macrin tente de poursuivre les campagnes de Caracalla et dirige l'empire depuis Antioche.

Période sassano-romaine[modifier | modifier le code]

Campagnes de Shapur Ier (240 - 261)[modifier | modifier le code]

La guerre entre les Sassanides et les Romains commence dès avant le milieu du IIIe siècle à la suite de la renaissance de la Perse sous Ardashir.

Le fils d'Ardashir, Shapur Ier, continue l'expansion de l'empire en conquérant la Bactriane et la partie ouest de l'empire Koushan tout en menant plusieurs campagnes contre Rome en envahissant la Mésopotamie romaine. Battu à Rhesaina (Syrie) en 243, il doit abandonner ces territoires mais l'année suivante, l'empereur romain Gordien III est battu à Misiche, puis assassiné par ses propres troupes. Shapour conclut alors un avantageux traité de paix avec le nouvel empereur, Philippe l'Arabe, pour reprendre ensuite le combat en 252 et battre les Romains à Barbalissos, lesquels, sous l'empereur Valerien, connurent une désastreuse défaite entre Carrhes (Harran) et Édessa (Şanlıurfa) en 260. Shapour capture Valérien qui demeure prisonnier à vie et immortalise ce triomphe en faisant graver la scène à Naqsh-e Rostam, et aussi à Bishapour, dans une version plus élaborée. Ce site contient quatre tombeaux de la dynastie Achéménide et sept des Sassanides. En 261, il pénètre en Anatolie, mais subit une défaite des Romains et d'Odenat, leur allié de Palmyre, perd son harem et tous les territoires romains qu'il avait conquis[3].

Trève (297 - 337)[modifier | modifier le code]

Lorsque celui-ci meurt, ses successeurs immédiats n'ont que de courts règnes et la menace diminue. La région passe alors sous le commandement de nobles de Palmyre qui organisent la défense locale de l'empire. L'empereur Aurélien ramène la province de Syrie dans le giron de l'empire en 272. En 283, Carus mène de brillantes campagnes contre les Perses mais meurt après avoir pris Ctésiphon et Séleucie du Tigre.

Sous le règne de Bahram II, Ctesiphon, la capitale, est mise à sac par l'empereur romain Carus et la majeure partie de l'Arménie, après un demi-siècle de domination perse est cédée à Dioclétien[4]. Narseh, le successeur, livre une autre guerre avec les Romains et est battu en Arménie en 298. Les Sassanides doivent alors céder cinq provinces à l'est du Tigre et renoncer à leurs prétentions en Arménie et Géorgie[5]. Narseh cède son trône en 301 et meurt en 302. Son fils, Hormizd II mate les révoltes au Sistan et au Kushan mais doit céder devant la noblesse. Il est tué par des Bédouins en 309.

Constantin Ier le Grand fonde en 325 sa nouvelle capitale, Constantinople aux portes de l'Orient afin de mieux surveiller le nouveau royaume.

Campagnes de Shapur II (337 - 363)[modifier | modifier le code]

Campagne de Julien en 363

En 337, juste avant la mort de l'empereur Constantin Ier, Shapur II brise le traité de paix conclu en 297 entre Narseh et l'empereur Dioclétien, qui avait été respecté pendant quarante ans. Un conflit d'une durée de vingt-six ans commence alors en deux séries de guerres, la première ayant lieu de 337 à 350. Shapur II tente de conquérir, avec des succès variés, les grandes forteresses de la Mésopotamie romaine: Singara, Nisibis (qu'il attaque trois fois en vain) et Amida (Diyarbakir).

L'empereur romain Constance II est toujours vaincu sur le champ de bataille. Malgré tout, Shapur II ne fait presque aucun progrès; le pouvoir militaire de son royaume n'étan pas suffisant pour une occupation durable des territoires conquis. En même temps, il est attaqué à l'est par des tribus nomades, parmi lesquelles sont cités les Chionites. Après une lutte prolongée (353–358), ils sont forcés de conclure un traité de paix, et leur roi, Grumbates, accompagne Shapur II dans sa guerre contre les Romains.

En 358, Shapur II est prêt pour entamer la deuxième série des guerres contre Rome, qui connaissent un succès plus grand. En 359, Shapur II conquiert Amida après un siège de soixante-treize jours, et il prend Singara et d'autres forteresses l'année suivante (360). En 363, l'empereur Julien, à la tête d'une forte armée, s'avance jusqu'à la capitale de Shapur, Ctésiphon et bat une armée sassanide supérieure à la bataille de Ctésiphon, mais est mortellement blessé au cours de sa retraite. Son successeur Jovien (363–364) conclut une paix ignominieuse, par laquelle les districts du Tigre et Nisibis (un total de cinq provinces romaines) étaient donnés aux Perses, et les Romains promirent de ne plus interférer en Arménie. Ce grand succès est représenté par des sculptures dans la roche non loin de la ville de Bishapur en Perse[6] ; sous les sabots du cheval du roi gît le corps d'un ennemi, probablement Julien et un Romain suppliant, l'empereur Jovien, demande la paix.

Shapur II envahit alors l'Arménie, où il fait prisonnier le roi Arshak II, fidèle allié des Romains, pour trahison et le fait ensuite mettre à mort.

La Perse demeure ensuite relativement en paix avec les Romains et en 395 l'empire romain est définitivement divisé entre Empire romain d'Occident et Empire romain d'Orient.

Période sassano-byzantine[modifier | modifier le code]

Campagnes de Vahram V (420 - 422)[modifier | modifier le code]

Les persécutions contre les chrétiens s'intensifient au début du Ve siècle et sous Vahram V de nombreux chrétiens se réfugient dans l'empire romain d'Orient. Varham V demande que les fugitifs lui soient livrés mais Théodose II refuse, et la guerre est déclarée dès 420. Elle débute par plusieurs défaites perses et de nombreux prisonniers tombent aux mains des Romains d’Orient qui s’avancent jusqu’à la province d’Azarène et la ravagent. Puis, les Romains d’Orient assiègent Nisibis en Mésopotamie. Vahram décide de porter le gros de ses troupes sur cette ville. En dépit du nombre, les Perses (et de nombreux Turcs achetés) sont sévèrement défaits.

Lors d’un combat singulier fréquent dans la tradition sassanide, il oppose son champion à un Goth romanisé qui le tue. Vahram doit alors demander la paix. Elle est signée en 422 avec Théodose II pour cent ans et les chrétiens ont à nouveau la liberté de culte (en contrepartie, les zoroastriens aussi dans l’empire romain).

Campagnes de Yazdgard II (438 - 441)[modifier | modifier le code]

Au début de son règne, Yazdgard II attaque rapidement l'Empire romain d'Orient avec une armée composée de diverses nations, dont ses alliés indiens, afin d'éliminer la menace d'une reconstruction romaine — les Romains avaient construit des fortifications dans le territoire perse voisin de Carrhae — en anticipation des expéditions qui seraient faites. Les Romains sont pris par surprise et seule une forte inondation empêche les Perses d'avancer plus loin en territoire romain. L'empereur byzantin Théodose II (408–450) demande la paix et envoie personnellement son commandant au camp de Yazdgard II. Dans les négociations qui suivent en 441, les deux empires promettent de ne plus construire de fortifications dans les territoires frontaliers. Yazdgard II, bien qu'ayant l'avantage à ce moment-là, ne fait pas de demandes supplémentaires aux Romains à cause d'incursions des Kidarites en Parthie et en Chorasmie.

Khosro Ier et Khosro II (531 - 628)[modifier | modifier le code]

Frontière entre l'empire byzantin et les Sassanides à la mort de Justinien en 565

Au début de son règne, Khosro Ier conclut une paix éternelle avec l'empereur byzantin Justinien (527–565), qui voulait avoir les mains libres pour la conquête de l'Afrique et de la Sicile. Mais ses succès contre les Vandales et les Goths causèrent la reprise de la guerre par Khosro en 540.

Il envahit la Syrie et ramène les habitants d'Antioche jusqu'à sa résidence et leur construit une ville à côté de Ctésiphon sous le nom de Khosrau-Antioche ou Chosro-Antioche. Pendant les années suivantes, il combat successivement en Lazique (l'ancienne Colchide) durant la guerre lazique, sur la mer Noire et en Mésopotamie.

Les Byzantins, bien que menés par Bélisaire, ne peuvent pas grand chose contre lui. En 545, un armistice est conclu, mais la guerre Lazique continue jusqu'en 557. À la fin, en 562, une paix est conclue pour cinquante ans, dans laquelle les Perses laissent la Lazique aux Romains, et promettent de ne pas persécuter les chrétiens, à condition que ceux-ci n'essaient pas de faire du prosélytisme auprès des zoroastriens; à l'inverse, les Romains doivent encore payer des tributs à la Perse.

Article détaillé : Guerres perso-byzantines.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dion Cassius, Histoire romaine livre XL, 26-27
  2. Peter Weiss, « Militärdiplome und Reichsgeschichte: Der Konsulat des L. Neratius Proculus und die Vorgeschichte des Partherkriegs unter Marc Aurel und Lucius Verus », dans R. Haensch et J. Heinrichs éd., Herrschen und Verwalten. Der Alltag der römischen Administration in der Hohen Kaiserzeit, Cologne, 2007, p.  160-172.
  3. Lactantius, De Mortibus persecutorum;Frye(1993), 126
  4. Zarinkoob(1999),199
  5. Zarinkoob, (1999), 200
  6. Stolze, Persepolis, p. 141

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger C. Blockley, East Roman Foreign Policy. Formation and Conduct from Diocletian to Anastasius (ARCA 30). Leeds 1992, (ISBN 0905205839).
  • Henning Börm, Prokop und die Perser. Untersuchungen zu den römisch-sasanidischen Kontakten in der ausgehenden Spätantike. Stuttgart 2007, (ISBN 978-3-515-09052-0).
  • Averil Cameron u. a. (eds.), The Cambridge Ancient History. Bd. 12–14, Cambridge Uni. Press, Cambridge 1998–2005.
  • Beate Dignas - Engelbert Winter, Rome and Persia in Late Antiquity. Neighbours and rivals, Cambridge 2007.
  • Geoffrey B. Greatrex, Rome and Persia at War, 502–532. Cairns, Leeds 1998, (ISBN 0-905205-93-6).
  • Geoffrey B. Greatrex, Byzantium and the East in the Sixth Century. In: Michael Maas (ed.), The Cambridge Companion to the Age of Justinian. Cambridge Uni. Press, Cambridge 2005, S. 477–509, (ISBN 0-521-81746-3) (knappe Zusammenfassung der römisch persischen Beziehungen im 6. Jahrhundert mit Hinweisen auf die aktuelle Literatur).
  • James Howard-Johnston, East Rome, Sasanian Persia and the End of Antiquity: Historiographical and Historical Studies (Collected Studies). Aldershot 2006, (ISBN 0860789926).
  • Walter E. Kaegi (en), Heraclius – Emperor of Byzantium. Cambridge Uni. Press, Cambridge 2003, (ISBN 0521814596).
  • Erich Kettenhofen, Die römisch-persischen Kriege des 3. Jahrhunderts. n. Chr. Nach der Inschrift Sāhpuhrs I. an der Ka’be-ye Zartošt (ŠKZ). Beihefte zum Tübinger Atlas des Vorderen Orients B 55. Wiesbaden, 1982.
  • Fergus Millar, The Roman Near East, 31 B.C.–A.D. 337. Cambridge/Massachusetts, 1993.
  • Stephen Mitchell: A History of the Later Roman Empire. AD 284 – 641. Blackwell, London, 2006, (ISBN 1-40510-856-8).
  • David S. Potter, The Roman Empire at Bay. Routledge, Londres et New York, 2004, (ISBN 0-415-10057-7).
  • Klaus Schippmann, Grundzüge der Geschichte des sasanidischen Reiches., Darmstadt 1990, (ISBN 3-534-07826-8).
  • André Verstandig, Histoire de l'Empire parthe (-250 à 227), Bruxelles, Le Cri Histoire édition,‎ 2001 (ISBN 2-87106-279-X, résumé).
  • Michael Whitby: The Emperor Maurice and his Historian – Theophylact Simocatta on Persian and Balkan Warfare. Oxford, 1988.

Articles connexes[modifier | modifier le code]