Samnites

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Carte de la deuxième guerre samnite. Le Samnium est délimité par le trait en pointillé vert.

Les Samnites (en latin classique : Samnīs, -ītis, au singulier ; Samnītes, -ium, au pluriel) sont des tribus sabelliennes établies dans le Samnium (région montagneuse d'Italie centrale) du VIIe à la fin du IIIe siècle av. J.-C.

La première mention écrite des Samnites remonte à 354 av. J.-C.[N 1], dans un traité conclu avec les Romains.

Organisation sociale[modifier | modifier le code]

Ce peuple parle une langue apparentée à l'osque. Les Samnites sont divisés en au moins quatre tribus :

Puis plus tard ces tribus sont rejointes par :

  • les Frentans (Frentani), installés le long de l'Adriatique, entre le Sangro et Fortore, avec pour principale cité Larinum.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Samnites sont dispersés sur un vaste territoire appelé le Samnium depuis le VIIIe siècle av. J.-C., bordé au nord par les montagnes de la Maiella, dans la partie supérieure des Abruzzes, à la frontière avec l'Ombrie (nord), le Picenum (nord-est) et la Sabine (nord-ouest) ; au sud et à l'est par l'Apulie et la côte adriatique ; à l'ouest par la Campanie et la mer Tyrrhénienne avec comme voisins les Lucaniens (sud-ouest) et les terres des Sidicins, Ausones, Aurunces, Volsques, Herniques et Latins (nord-ouest).

Dans la deuxième moitié du Ve siècle av. J.-C., les Samnites envahissent la Campanie, tandis que plus au sud les Lucaniens[1] submergent tout la péninsule calabraise[2],[3],[4] . Des Samnites fondent un État campanien autour de la riche Capoue étrusque et de la Cumes grecque, devenant plus civilisés et moins belliqueux, mais restent sous pression de leurs congénères des montagnes tout au long du siècle qui suit[5],[6]. Les riches terres fertiles d'Apulie au sud, de la vallée du Liris au nord et surtout celle à l'est de Campanie sont une tentation permanente pour les raids samnites et les pillages[7].

Article détaillé : Guerres samnites.

En 354 av. J.-C.[N 1], Rome conclut un traité d'amitié et d'alliance avec la confédération samnite[a 1],[a 2],[5], mais les clauses du traité ne sont pas connues. Les historiens modernes pensent que la rivière Liris sert alors de frontière naturelle entre les sphères d'influence romaine et samnite[8],[9].

Cependant, vers 343 av. J.-C., les Samnites des montagnes menacent les Sidicins de Teanum à la limite du Latium et de la Campanie. Les Sidicins font appel aux Campaniens de Capoue, qui se tournent vers Rome. La tradition veut qu'ils prononcent la formule du deditio[a 3], ce qui est probablement anachronique et permet de justifier l'intervention romaine : alliés aux Samnites d'une part, les Campaniens ayant mis corps et biens à Rome, les Romains s'engagent auprès des Campaniens dont l'État est maintenant romain[5].

C'est la première guerre samnite. Les Romains défont le peuple montagnard en deux occasions mais ils ne profitent pas de leur avantage, obligés de se retirer à cause de la révolte de plusieurs de leurs anciens alliés latins. Rome renouvelle alors l'alliance avec les Samnites et combat à leur côté contre les Sidicins, les Campaniens et les Latins, dont l'abandon de Teanum est un coup dur pour leur économie commerciale. Ainsi, à la première guerre samnite s'enchaîne la guerre latine[5].

Rome étend sa domination sur le Latium et la Campanie, ce qui la met directement au contact des Samnites[10]. S'ensuivent deux longues guerres, la deuxième et la troisième guerre samnite qui s'étendent de 327 et l'affaire de Naples, à 290 et la capitulation des Samnites. Les Samnites perdent une partie de leur territoire, acceptent de déplacer la frontière sur la haute vallée de la Vulturne, plus au sud-est que la Liris, et doivent surtout fournir des troupes à Rome en tant qu'alliés[11]. L'esprit de révolte samnite persiste, et ils s'allient avec les adversaires de Rome présents en Italie, Pyrrhus en 280 av. J.-C. et Hannibal Barca lors de la deuxième guerre punique.

Les Samnites sont parmi les premiers peuples à se révolter lors de la Guerre sociale. Les Italiques alliés de Rome mais non Romains, font sécession et proclament leur indépendance. Ils se constituent en une confédération italique et se dotent d'un corps de magistrature calqué sur celui de la cité romaine. En 88 av. J.-C., à l'issue de la bataille de la porte Colline, Sylla massacre la plupart des guerriers samnites et disperse le reste de la population samnite. Finalement, les alliés de Rome obtiennent satisfaction, et l'Italie est unifiée sous un seul régime juridique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Pour les années antérieures à l'an 300 av. J.-C., la chronologie varronienne n'est plus considérée comme juste. Elle est notamment utilisée par Tite-Live. Voir Conquête romaine de l'Italie, « Le problème de la chronologie ». En dépit d'erreurs reconnues, la littérature académique moderne, par convention, continue à utiliser cette chronologie (Gary Forsythe, A Critical History of Early Rome, 2005, Berkeley, University of California Press, pp. 369-370).

Références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes
  1. Heurgon 1993, p. 293.
  2. Heurgon 1993, p. 294.
  3. Cébeillac-Gervasoni 2006, p. 46.
  4. Hinard 2000, p. 170.
  5. a, b, c et d Heurgon 1993, p. 321.
  6. Hinard 2000, p. 174.
  7. Hinard 2000, p. 249 et 264.
  8. Salmon 1967, p. 201.
  9. Hinard 2000, p. 247-248.
  10. Cébeillac-Gervasoni 2006, p. 68.
  11. Cébeillac-Gervasoni 2006, p. 74.
  • Sources antiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Heurgon, Rome et la Méditerranée occidentale jusqu'aux guerres puniques, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio »,‎ 3e éd. mise à jour, 1993, 488 p. (ISBN 978-2-130-45701-5), p. 327-336
  • Dominique Briquel et Giovanni Brizzi, « chapitre VII - La marche vers le sud » dans François Hinard (dir.), Histoire romaine des origines à Auguste, Paris, Fayard, coll. « Histoire »,‎ 2000, 1075 p. (ISBN 978-2-213-03194-1), p. 245-292
  • Mireille Cébeillac-Gervasoni et al., Histoire romaine, Paris, Armand Colin, coll. « U Histoire »,‎ 2006, 471 p. (ISBN 978-2-200-26587-8), « La Royauté et la République », p. 70-75
  • Christiane Saulnier, L'armée et la guerre chez les peuples samnites (VIIe-IVe s.), Paris, De Boccard, 158 p., 45 ill., 5 cartes.
  • (en) Edward Togo Salmon, Samnium and the Samnites, Cambridge University Press,‎ 1967, 460 p. (ISBN 978-0-521-13572-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) sanniti.info : site de référence sur les Samnites.
  • Mathilde Mahé-Simon, « Les Samnites existent-ils encore à l’époque d’Auguste ? » [lire en ligne]