Slasher

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Un slasher (de l’anglais slasher movie) est un sous-genre cinématographique très spécifique rattaché à la catégorie film d’horreur.

Un slasher met systématiquement en scène les meurtres d’un tueur psychopathe, qui élimine méthodiquement un groupe de jeunes individus, souvent à l’arme blanche.

Cette expression, qui n'a pas son équivalent en français cinématographique[1] (mais que l'on est néanmoins loisible de traduire par "surineur") est apparue dans les années 1990 chez certains critiques universitaires anglo-saxons comme Vera Dika et Carol Clover. (Avant cela, faute de mieux, la presse spécialisée française employait plus communément la formule "Psycho-killer" en référence au célèbre film fondateur d'Alfred Hitchcock Psychose (Psycho) sorti en 1960.)

Origines du slasher movie[modifier | modifier le code]

Le mot slasher vient du verbe anglais to slash, qui signifie « suriner, taillader, déchirer, sectionner d'un geste ». Selon le Cambridge English Dictionnary, la définition du mot slasher (ou "surineur") en français) est « a ​person who ​kills or ​injures ​people using a ​knife » (une personne qui tue ou blesse des gens en utilisant un couteau)[2].

De nombreux films produits à partir du tout début des années 1960 ont été qualifiés et rattachés a posteriori aux sous-genre slasher : d'abord par Vera Dika dans son essai Games of Terror (1990) puis par Carol Clover avec Men, Women, and Chainsaws (1993)[3]. D'un point de vue stylistique, ces auteurs s'accordent cependant pour restreindre le champ aux années 1974-1978 comme étant le moment clé de l'apparition du slasher movie. Il est à noter que « slash » est une onomatopée utilisée dans les bandes dessinées publiées sous forme de pulp.

Psychose (1960) d’Alfred Hitchcock, ou encore Le Voyeur de Michael Powell (1960), peuvent être regardés comme des films séminaux, inspirateurs ou esthétiquement forts, mais ils ne sont pas les premiers à mettre en scène un psychopathe, un tueur à l'arme blanche, ou un meurtrier qui ne s'en prend qu'à des femmes, des jeunes, etc.

L'intérêt des travaux critiques de Dika et Clover est de montrer, au moment où émergent les Cultural Studies, et plus spécifiquement les Women Studies à la fin des années 1980, que le cinéma (pas seulement américain) va se mettre à produire au début des années 1970 une série de films obéissant systématiquement à la même trame, et faisant appel à des ressorts dramaturgiques récurrents, à une série de codes : le tueur est fou, il est masqué, il surprend des jeunes gens qui meurent un à un, et il n'y a qu'un seul survivant, une femme. Le cinéma italien, avec le giallo, et plus généralement, les films d'exploitations, ont recours à ce type de codes depuis la fin des années 1950 et s'inspirent directement d'une certaine catégorie de roman policier (thriller, etc.). Certains faits-divers particulièrement sordides, repris par la presse à sensation, peuvent également servir d'inspiration ou de point de départ scénaristique.

Deux films lancent véritablement le genre : Black Christmas de Bob Clark et Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, tous deux sortis dans les salles en 1974.

Toutefois, Peter Hutching, dans The Horror Film (2004)[4] propose de nuancer et de distinguer avant et après la sortie du film Halloween : La Nuit des masques de John Carpenter (1978) : le style évolue, et surtout, les producteurs réclament une suite, mettant en place un système récurrent et commercialement rentable.

La série des Vendredi 13, initiée en 1980, est avec celle des Halloween la plus célèbre représentative d’un genre dont la formule reste sensiblement inchangée d'un épisode à l'autre : petit budget, acteurs jeunes et débutants, tueur masqué au look appelé à devenir culte, meurtres nombreux et sanglants à l'arme blanche (même si Halloween reste un peu plus suggestif).

La particularité du slasher est qu'il met en avant le psychopathe auteur des crimes, de par son histoire, son mode opératoire et son accoutrement. On se souvient davantage du meurtrier des films que de ceux qui doivent le combattre, ce qui fait de lui une sorte de mythe. Ce genre de personnage est appelé en anglais bogeyman, qui, en français renvoie à « croque-mitaine », terme d'ordinaire utilisé pour faire peur aux enfants dans des histoires effrayantes inventées de toutes pièces pour les rendre plus « sages ».

Meurtres à la St-Valentin en 1981, ou encore la série des Freddy initiée par Wes Craven en 1984, sont d'autres titres cultes du slasher.

Dans les années 1970 et 1980, les critiques, au moment de la sortie de ces films, furent souvent médiocres : les premiers opus de Halloween et de Vendredi 13 font cependant partie des films d'horreur les plus rentables du box-office, et certains sont devenus des films cultes, cités ou servant de référence à d'autres productions dans lesquelles les réalisateurs s'amusent ainsi avec les spectateurs.

Second souffle[modifier | modifier le code]

Après les suites en séries de Vendredi 13, Halloween, Freddy, et de nombreux ersatz, le slasher semble perdre de l’importance, se faisant de plus en plus rare à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

En 1996, Wes Craven, encore lui, dépoussière le genre avec Scream, en reprenant les ingrédients de la vieille recette (un tueur masqué sème la panique dans un groupe de jeunes gens) pour les remettre au goût du jour. Il réveille l’intérêt des spectateurs et réussit à renouer avec le succès, qui fut d’une telle ampleur que le film connut trois suites et plusieurs parodies, et lança à lui seul une nouvelle vague de slashers plus communément appelés « neo slashers », comprenant des titres comme Souviens-toi… l’été dernier, Urban Legend ou l’épisode anniversaire d’« Halloween », Halloween, 20 ans après. À tort pour certains, on peut même citer Destination finale, où la mort elle-même tient lieu de boogeyman. Quasiment toutes les œuvres-phares des années 70-80 ont également eut droit à leur remake : Massacre à la tronçonneuse en 2003, Black Christmas en 2006, Halloween en 2007, Vendredi 13 en 2009, Les griffes de la nuit en 2010...

Une "nouvelle mort" du genre à la fin des années 2000 s’explique par la lassitude du public à son encontre, et par l’apparition d’une nouvelle vague de films d’horreur, plus durs et plus violents, appelés les Torture porn, et correspondant davantage aux envies du spectateur des années 2000, la plupart des neo slashers étant relativement soft et cyniques, destinés en premier lieu aux adolescents, alors que ceux-ci sont beaucoup plus brutaux (Saw, Hostel). D'autres vagues de films, jouant sur la violence psychologique et les peurs primales, font aussi leurs apparitions (comme le Survival par exemple), ce qui semble enterrer le slasher une nouvelle fois... Mais, malgré sa progressive disparition, le genre semble avoir encore de nombreux adeptes comme en atteste le succès du jeu vidéo Until Dawn, sorti en août 2015 sur PS4, qui reprend les codes du slasher movie et met en scène un groupe d'adolescents se réunissant dans un chalet pour commémorer le premier anniversaire de la mort de deux de leurs amies, des jumelles qui ont disparu dans les bois après qu'ils leur aient joué un mauvais tour. Depuis 2015, le genre semble aussi s’installer doucement à la télévision notamment avec l'adaptation télévisée de Scream ou encore la très satirique Scream Queens.

Définition du sous-genre[modifier | modifier le code]

Dans son livre Games of Terror, Vera Dika définit le sous-genre par sa structure stéréotypée[5] :

Événement passé :

  1. Le groupe de jeunes s'est rendu coupable d'une mauvaise action. (Souviens-toi… l'été dernier)
  2. Le tueur a vu une faute, une mauvaise action. (Halloween, Les Griffes de la Nuit)
  3. Le tueur a vécu une expérience tragique/traumatisante (Vendredi 13, Carnage, Scream).
  4. Le tueur assassine les fautifs du groupe de jeunes.

Événement présent :

  1. Une fête commémorant un événement.
  2. La volonté destructrice du tueur est réactivée.
  3. Le tueur reconnait les coupables.
  4. Un membre d'un ancien groupe avertit le groupe de jeunes (optionnel).
  5. La bande de jeunes ne fait pas attention.
  6. Le tueur traque les jeunes du groupe.
  7. Le représentant d'une force, tel un détective, essaye d'éliminer le tueur. Il est généralement assassiné.
  8. L'assassin élimine certains jeunes.
  9. Le héros/l'héroïne voit le déroulement des meurtres.
  10. Le héros/l'héroïne voit le tueur.
  11. Le héros/l'héroïne se bat avec le tueur.
  12. Le héros/l'héroïne tue ou triomphe du tueur.
  13. Le héros/l'héroïne survit.
  14. Mais le héros/l'héroïne n'est pas libérée du tueur/de la malédiction.

Références[modifier | modifier le code]

  1. À ce jour, le mot slasher est absent de la plupart des dictionnaires de français.
  2. « Slasher », article en ligne sur Dictionnary.cambridge.org.
  3. Carol Clover Men, Women, and Chainsaws: Gender in the Modern Horror Film, Princeton University Press, 1993, (ISBN 0691006202).
  4. Peter Hutching, The Horror Film, Longman, 2004, (ISBN 0582437946).
  5. (en) Vera Dika, Games of Terror: Halloween, Friday the 13th and the Films of the Stalker Cycle, Fairleigh Dickinson University Press, 1990, ISBN 0-8386-3364-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]