Basic Instinct

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Basic Instinct
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Réalisation Paul Verhoeven
Scénario Joe Eszterhas
Acteurs principaux
Sociétés de production Carolco Pictures
StudioCanal
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la France France
Genre Thriller érotique
Durée 127 minutes
Sortie 1992

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Basic Instinct est un thriller érotique franco-américain réalisé par Paul Verhoeven, sorti en 1992. Le film se focalise sur l'officier de police Nick Curran (Michael Douglas) qui enquête sur le meurtre sauvage d'une riche rock star. Durant son enquête, Curran se lance dans une relation intense et torride avec la suspecte principale, la belle et mystérieuse Catherine Tramell (Sharon Stone).

Avant même sa sortie, Basic Instinct suscita de nombreuses controverses dues à de nombreuses scènes de sexe explicites et l'esthétisation de la violence. Les activistes de la défense des droits LGBT critiquèrent violemment le film pour la manière dont sont décrites les relations homosexuelles et le portrait d'une femme bisexuelle associée à une meurtrière sociopathe.

Malgré les critiques mitigées et les protestations du public, Basic Instinct est un des films les plus rentables des années 1990, générant plus de 352 millions de dollars de recettes dans le monde.

Le succès de ce film a lancé une mode de film du genre thriller érotique au début des années 1990. Une suite, Basic Instinct 2 avec Sharon Stone mais sans Verhoeven à la réalisation est tournée en 2006.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'action se déroule à San Francisco et ses environs. Catherine Tramell (Sharon Stone), une romancière richissime vivant entourée d'anciens meurtriers, est soupçonnée du meurtre de son amant, la rock star Johnny Boz. Celui-ci a été assassiné à coups de pic à glace dans des circonstances similaires à celles décrites dans l'un des romans policiers qu'elle a écrits. Les romans de Catherine sont des polars qui mêlent sexe et crime et s'attardent sur l'instinct primaire (basic instinct) des gens. Nick Curran (Michael Douglas), un policier chargé de l'enquête et ayant un lourd passé judiciaire, doit faire face à cette « mante religieuse », qui n'hésite pas à utiliser ses charmes pour arriver à ses fins.

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Dans la scène d'ouverture, un homme et une femme blonde font l'amour sur un grand lit et sous un grand miroir. L'homme se laisse attacher les poignets aux montants du lit avec une écharpe blanche. Mais au moment de l'orgasme, la femme le tue à coups de pic à glace.

Le lendemain matin, l'inspecteur Nick Curran (Michael Douglas) vient enquêter avec son équipe, et notamment son collègue, Gus Moran. La victime est Johnny Boz, un ancien rocker tombé par la suite dans l'oubli. La veille au soir, il était dans une boîte de nuit qu'il a quittée avec une femme. Nick est énervé, car il y a sur la scène du crime des représentants de la mairie qui exigent une enquête exemplaire, vu que la victime sponsorisait des activités de la mairie.

Nick et Gus se rendent au domicile de Catherine Tramell (Sharon Stone) qui a été vue la veille au soir dans une boîte de nuit avec la victime. Mais ils tombent sur Roxy, la petite amie de Catherine, qui leur donne l'adresse de sa luxueuse villa sur la côte californienne. Nick et Gus se rendent à cette villa et y trouvent Catherine, une belle femme blonde très sûre d'elle. Elle leur dit que sa relation avec Johnny Boz était uniquement d'ordre sexuel. Elle admet être sortie en boîte avec Johnny Boz la veille mais l'avoir laissé à minuit sans aller chez lui. Puis elle leur demande de partir ou de l'arrêter.

Revenu à son bureau, Nick retrouve le docteur Beth Garner (Jeanne Tripplehorn), son ancienne petite amie, mais aussi psychologue dans la police. Nick lui confirme qu'il va beaucoup mieux car il a notamment cessé de boire et de fumer.

Catherine Tramell est une riche héritière, diplômée en psychologie et écrivain. Son passé est trouble elle a perdu ses parents dans un accident mystérieux et son mari boxeur a été tué, meurtre non élucidé. Ces tragédies constituent la trame de ses romans, sans qu'on sache si l'écriture les a précédées. Dans son dernier roman, elle décrit l'histoire d'une ex-star du rock tuée avec un pic à glace par sa petite amie et attachée sur son lit avec une écharpe blanche. Dès lors, la question est double : Catherine est-elle une femme perverse qui a commet les meurtres décrits dans son roman ? Ou bien est-elle victime d'une autre personne qui lui en veut tellement qu'elle a tué un tiers avec "son" mode opératoire pour lui nuire ?

Nick et Gus se rendent de nouveau dans la villa de Catherine pour la prier de venir répondre à des questions au commissariat. Pendant qu'elle se prépare, Nick l'aperçoit nue et découvre que Catherine a rassemblé des éléments sur lui, notamment lorsqu'il a tué des touristes par erreur lors d'une fusillade. Catherine les accompagne sans prendre d'avocat. Dans la voiture, elle affiche une certaine proximité avec Nick, ce qui énerve Gus. Une fois arrivée au commissariat, elle répond avec décontraction et sensualité (scène où elle décroise les jambes vêtue d'une robe courte sans sous-vêtements) aux questions des policiers qui lui font face. Elle continue à afficher une complicité avec Nick. Elle accepte de passer au détecteur de mensonges et réussit le test. Nick indique qu'il est possible de tromper le détecteur et reste persuadé de sa culpabilité.

Nick ramène Catherine chez elle. Sur le trajet elle lui affirme qu'elle sait qu'il a lui-même passé avec succès un test de détecteur de mensonge à l'époque de la tuerie des touristes et qu'il est possible de tromper la machine... Revenu à San Francisco, il retrouve ses collègues dans un bar et boit de l'alcool pour la première fois depuis plusieurs mois. Il se fait agresser par Nilsen, un collègue de l'inspection des polices qui l'appelle « le flingueur » en référence aux touristes qu'il a tués et pour lesquels il avait tenté en vain de le faire renvoyer. Beth arrive et essaie de les calmer. Puis Nick et Beth rentrent chez elle et font l'amour furieusement. Beth lui dit qu'elle a connu Catherine à Berkeley pendant leurs études de psychologie. Et il s'avère qu'à cette époque, un professeur a été tué à coups de pic à glace.

Le lendemain, Nick va attendre Catherine devant sa villa et la suit en voiture. Elle conduit très vite et il manque d'avoir un accident. Il se rend compte qu'elle rend visite à une femme, Hazel Dobkins. Nick la suit de nouveau jusqu'à sa villa où il la voit se déshabiller avant de se coucher.

Après des recherches, Nick découvre qu'Hazel Dobkins est une ancienne criminelle psychopathe (elle a tué toute sa famille sur un coup de tête) ayant purgé sa peine. Et Gus lui apprend que le professeur mort à Berkeley était le directeur de recherche de Catherine. Il découvre que Roxy a elle-même un passé de meurtrière.

Nick va de nouveau dans la villa de Catherine et découvre qu'il est le personnage principal de son nouveau roman. Catherine le provoque en lui sortant des éléments intimes de sa vie passée, et sur la tuerie des touristes. Catherine lui affirme qu'il a pris plaisir à tuer et consommait surement de la cocaïne ce qui lui a coûté son mariage. De retour au commissariat, Nick provoque une nouvelle altercation avec Nilsen car il pense que si Catherine connaît si bien sa vie, c'est parce que Nilsen, qui a eu accès à son dossier, le lui a vendu. Beth va chez Nick pour l'aider, mais ils se disputent violemment. Nick reproche en effet à Beth d'avoir donné à Nilsen le rapport de son expertise psychologique suite à l'affaire des touristes tués. Beth répond qu'elle a fait cela pour favoriser sa réhabilitation lors de l'enquête.

Le lendemain, Nick apprend que Nilsen a été abattu d'un coup de feu, un calibre 38. Il est soupçonné, mais pas inquiété, notamment grâce à une intervention mensongère de Beth. Sa hiérarchie lui demande de prendre un congé le temps de l'enquête. Catherine se rend chez Nick et essaie de le séduire avec subtilité. Elle lui donne rendez-vous pour le soir-même.

Nick retrouve Catherine dans une ancienne église désacralisée et reconvertie en boîte de nuit. Il la trouve en train de consommer de la drogue dans les toilettes puis de danser sensuellement avec Roxy. Il arrive à la séduire, danse avec elle, et ils vont chez elle faire l'amour. Pendant l'acte, elle l'attache notamment au lit, comme Johnny Boz l'avait été lors de son meurtre. Ils se découvrent une certaine complicité sexuelle, mais Roxy, qui est très jalouse et qui a observé la scène, menace de le tuer.

Plus tard, Nick retrouve Gus dans un restaurant d'ambiance country. Celui-ci lui reproche amèrement d'avoir couché avec Catherine et de se laisser influencer. En partant, une voiture, celle de Catherine, essaie d'écraser Nick à trois reprises. Il en réchappe et s'élance à la poursuite de la voiture dans les rues en pente de San Francisco. Il finit par lui faire quitter la route et la voiture s'écrase en contrebas. Il s'avère, en fait, que c'est Roxy qui conduisait la voiture de Catherine. Roxy est tuée dans l'accident.

Nick se retrouve à la police avec Beth et des psychiatres pour un entretien. Mais, exaspéré par les questions, il part en claquant la porte. Il se rend dans la villa de Catherine où il la trouve très affectée par la mort de Roxy, constatant avant elle que tous ceux qu'elle aime sont mort, ses parents, son mari, Johnny. Ils font l'amour de façon plus apaisée. Pour la première fois Catherine se confie et lui parle des ses déboires amoureux : d'une fille avec qui elle avait couché à l'université, Lisa Hobermann, et qui était devenue obsessionnelle à s'habiller et se coiffer comme elle.

Sur ordinateur, Nick découvre que Lisa Hobermann est, en fait, le docteur Elisabeth Garner. La questionnant, elle lui dit que c'est Catherine qui s'habillait et se coiffait comme elle. Il lui reproche d'avoir caché aux policiers leur relation passée. Après que Nick et Catherine ont une nouvelle fois fait l'amour, Nick va à la clinique de Salinas faire des recherches sur l'ancien mari de Beth, mais il s'avère que celui-ci a été abattu des années plus tôt par un calibre 38. Beth n'avait pas été inquiétée faute de preuve. En questionnant un policier, Nick apprend que Nilsen avait récemment enquêté sur ce sujet. Nick va également chercher l'archive de la main courante que Catherine lui a dit avoir déposée contre Beth (cette dernière, selon Catherine, s'habillait et se coiffait comme elle) mais l'archive a disparu, emportée par Nilsen il y a un an. Nick est maintenant de plus en plus persuadé de la culpabilité de Beth et de l'innocence de Catherine. Il suppose qu'elle est obsédée par Catherine, a tué son amant en s’arrangeant pour faire croire à sa culpabilité, et qu'elle savait que Nilsen, par ses fonctions, avait découvert son passé (la disparition de son mari dans des circonstances singulières et l'affaire de l'université) et qu'elle l'a donc éliminé.

Revenant vers Catherine, celle-ci lui fait brutalement comprendre que leur relation est finie, son dernier livre étant terminé, elle n'a plus besoin de lui.

Pendant ce temps, Gus est appelé par une femme qui dit être une ancienne camarade de chambrée de Catherine à l'université, et avoir des choses à lui dire. Il invite Nick avec lui mais monte seul dans un immeuble où doit avoir lieu le rendez-vous (Nick reste dans la voiture car il est en théorie en congé). Dans l'ascenseur, Gus se fait poignarder à mort par une personne à la chevelure blonde armée d'un pic à glace. Nick, qui a eu un pressentiment et s'est lancé à sa recherche, le découvre agonisant peu après. Très surpris, il se retrouve face à Beth (qui lui dit avoir reçu un message lui disant de rencontrer Gus ici) qu'il soupçonne d'être la meurtrière de Gus et des autres victimes. Se croyant menacé (elle met une main à la poche), il lui tire dessus et la tue. En agonisant elle lui dit qu'elle l'aimait. On découvre à proximité l'arme du crime et une perruque blonde, et, chez Beth, le pistolet calibre 38 qui a tué Nilsen ainsi que de nombreux articles montrant que Beth a toujours suivi la vie de Catherine dans les actualités.

Nick et Catherine se retrouvent, Catherine lui explique qu'elle ne voulait pas s'engager avec lui de peur de le perdre, étant donné que ses précédents amours sont tous morts. Ils font l'amour, et juste avant la fin du film, alors qu'ils parlent de leur future vie ensemble, Catherine tend un bras sous le lit et revient vers Nick les mains vides. Le film se conclut par un plan sur un pic à glace sous le lit...

Analyse[modifier | modifier le code]

Un des intérêts du scénario est cette fin ouverte : le spectateur, a priori, ne peut savoir qui est le véritable tueur. Deux versions semblent se superposer sans qu'aucune puisse être privilégiée : Beth est le tueur et Catherine est prise, à la fin, d'une idée mimétique, ou Catherine, au contraire, a induit tous ces crimes, les faisant commettre ou les commettant elle-même, et se convertit finalement au véritable amour. Quelques détails, cependant, semblent faire de Catherine le véritable tueur, si l'on analyse de manière plus poussée certaines séquences : il y a la mention des cigarettes dans le tiroir du haut de la cuisine de Beth, celui justement où l'on retrouvera les coupures de presse qui l'incriminent, et qui semblent donc avoir été placées là après. Enfin, le meurtre du policier Gus dans l'ascenseur est lu par le héros sur le manuscrit de Catherine avant le meurtre, ce qui laisse supposer — à moins que les deux femmes soient complices, ce qui est une option possible mais compliquée — qu'il s'agit, comme d'habitude, de meurtres anticipés par l'écriture, puis réalisés, conformément à la pathologie criminelle supposée depuis le début à Catherine. Il semble que si le héros se précipite dans l'immeuble pour sauver son ami, c'est qu'il a pris conscience de la scène qu'il a lue un peu plus tôt.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version Française (VF) sur RS Doublage[4]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Écrit dans les années 1980 par Joe Eszterhas en treize jours[5], le scénario était si populaire qu'il a provoqué une guerre des enchères, avant d'être finalement acheté par Carolco Pictures, pour un montant de trois millions de dollars[6].

Casting[modifier | modifier le code]

L'équipe du film au festival de Cannes 1992.

Le rôle de Nick Curran avait été proposé à une longue liste d'acteurs tels que Harrison Ford, Tom Cruise, Brad Pitt, Kevin Costner, Richard Gere, Denzel Washington, Wesley Snipes, Ray Liotta, Mel Gibson, Sean Penn, Tom Hanks, Sylvester Stallone, Jack Nicholson, Bruce Willis, Don Johnson, Al Pacino, Patrick Swayze, Christopher Walken, Nicolas Cage, Dennis Quaid, Jeff Bridges, John Travolta, Chuck Norris, Charlie Sheen, Richard Dean Anderson, Michael J. Fox, , John Heard ou encore Martin Sheen. Paul Verhoeven voulait à un moment donné Peter Weller, avec qui il a travaillé sur Robocop avant que Michael Douglas ne soit officiellement choisi.

Le rôle de Catherine Tramell avait été proposé à Kim Basinger, Michelle Pfeiffer, Rosanna Arquette, Melanie Griffith, Bridget Fonda, Joan Allen, Jodie Foster, Helen Hunt, Marisa Tomei, Sarah Jessica Parker, Greta Scacchi, Meryl Streep, Julia Roberts, Meg Ryan, Kelly McGillis, Annette Bening, Isabella Rossellini, Kelly Lynch ou encore Lena Olin. Geena Davis et Ellen Barkin[6] refusèrent à cause du caractère sulfureux du personnage et également à cause des scènes dénudées[7]. Paul Verhoeven et Sharon Stone avaient déjà tourné ensemble dans Total Recall avec Arnold Schwarzenegger.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage du film s'est déroulé du 5 avril au [8]. En raison de son caractère sulfureux, le tournage et, plus tard, le lancement du film furent perturbés par des ligues féministes et LGBT[9],[10].

Le scénariste Joe Eszterhas toucha plus de trois millions de dollars pour écrire le scénario, somme la plus élevée jamais payée pour ce type de travail. Mais, sous la pression de ces ligues, il voulut modifier certains éléments du script d'origine (ex : remplacer Nick Curran par une policière lesbienne). Il se heurta au refus du réalisateur Paul Verhoeven, obligeant Joe Eszterhas à se retirer du projet.

La scène la plus mémorable du film est celle où Catherine Tramell habillée d'une robe blanche courte, interrogée au commissariat de police, décroise et recroise très lentement les jambes. On peut constater à cet instant que l'actrice ne porte pas de culotte. Sharon Stone a affirmé[11] que le réalisateur lui avait demandé d'enlever sa culotte pour éviter une tache claire sur la pellicule. Et que ce n'est qu'à la projection des rushes qu'elle s'est rendu compte qu'on voyait clairement qu'elle ne portait pas de culotte. Ce n'était pas le fait de ne pas porter de culotte qui la choquait mais le fait que le réalisateur ne lui ait pas dit la vérité et qu'il ait trouvé un prétexte. Elle s'était sentie trahie.

Ce plan fit d'ailleurs partie des 42 secondes qui furent censurées et supprimées à la sortie du film aux États-Unis. La robe portée par Sharon Stone dans cette séquence n'est pas sans rappeler celle de Kim Novak dans Sueurs froides, une référence à Alfred Hitchcock. Les hommages à Vertigo (à commencer par la superbe musique de Jerry Goldsmith tout juste dérivée de celle de Bernard Herrmann) sont rémanents tout au long du film. Verhoeven avait placé haut la barre d'inspiration.

Passionné de sport automobile, c'est Michael Douglas qui a assuré lui-même la poursuite en voiture.

Musique[modifier | modifier le code]

La musique du film a été composée par Jerry Goldsmith, qui avait précédemment collaboré avec Paul Verhoeven sur Total Recall. Goldsmith est parti d'un extrait du Carnaval des Animaux de Camille Saint-Saëns : Aquarium. Le compositeur avoua par la suite que sa collaboration avec le réalisateur sur ce film fut une des plus exigeantes de sa carrière, notamment pour adapter parfaitement le thème musical à l'ambiance équivoque du film, mais qu'elle s'avéra finalement une de ses meilleures expériences. Il faut dire que Goldsmith livre, ici, une de ses partitions les plus mémorables, contribuant largement à l'atmosphère langoureuse et mystérieuse du film. Sa musique est devenue, depuis, une référence du genre et fut nommée à l'Oscar de la meilleure musique en 1993.

Présentation et distribution du film[modifier | modifier le code]

L'équipe du film au festival de Cannes 1992

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

La révélation du Festival de Cannes 1992 reste sans conteste Sharon Stone. Venue présenter le film avec le réalisateur et Michael Douglas, c'est à cet instant qu'elle fut catapultée au rang de star du cinéma et de sex symbol international.

Sortie en salles[modifier | modifier le code]

Basic Instinct a été amputée de certaines scènes pour sa sortie en salles États-Unis dues au référencement cinématographique de la MPAA (le film a dû être soumis à sept reprises à la Motion Picture Association of America, afin de lui éviter le classement NC-17[n 2]). Néanmoins, la version intégrale est visible en Europe, notamment lors de la sortie en salles en France du long-métrage. C'est la version européenne qui est sortie en DVD avec l’appellation version non censurée[12],[13] sur le territoire américain.

Réception[modifier | modifier le code]

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Basic Instinct a essentiellement obtenu des critiques mitigées dans les pays anglophones, obtenant une moyenne de 34100 sur le site Metacritic[14] et 54 % d'avis favorables sur le site Rotten Tomatoes avec une note moyenne de 5,910[15].

Si Janet Maslin du New York Times fait l'éloge du film[16] et que Peter Travers de Rolling Stone, salue également le film et notamment la performance de Sharon Stone[17], d'autres critiques cinématographiques de presse rejettent Basic Instinct, comme Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, lui donnant deux étoiles sur quatre, qui indique que le film est bien conçu mais s'essouffle dans la dernière demi-heure[18]. D'autres critiques lui attribuent des commentaires négatifs, qualifiant le film de « pornographique, misogyne et homophobe »[19].

Ce sont les critiques internationales qui accueillent favorablement Basic Instinct, notamment en Australie avec le Sunday Times, qui qualifie le film d'une des « plus belles productions » des années 1990 et également en France, qui salue la qualité et l'intrigue du film et les performances de Michael Douglas et Sharon Stone[20].

Biphobie[modifier | modifier le code]

Ce film a été l'objet d'un article universitaire estimant que Basic Instinct représente à lui tout seul un grand nombre de clichés biphobes : Catherine Tramell (Sharon Stone), femme bisexuelle, est une personne froide et sans émotion, incapable de s'attacher sentimentalement à ses conquêtes amoureuses, insatiable sexuellement dans ses aventures avec les deux sexes ; la bisexualité est plus largement représentée comme un état de « confusion » permanente entre hétérosexualité et homosexualité[21].

Box-office[modifier | modifier le code]

La réaction de la critique n'a pas empêché Basic Instinct de connaître un véritable succès commercial aux États-Unis, mais aussi à l'étranger, puisque le film est parvenu à se classer dans les dix premières places du box-office américain pendant trois mois (quatorze semaines), avec 107 856 619 dollars [22], pour finir son exploitation avec 117 727 224 dollars[1], dépassant son budget de 49 000 000 dollars.

En France, sorti en plein Festival de Cannes, auquel il fut présenté le jour précédant sa sortie, il parvient à rencontrer également un succès public, avec plus de quatre millions d'entrées, devenant ainsi le film ayant réalisé le plus d'entrées en 1992.

À l'international, le film récolte 235 200 000 dollars de recettes et un total de 352 927 224 dollars dans le monde (comprenant les recettes américaines et internationales)[1].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le film a été nommé pour deux Oscars du cinéma et deux Golden Globes, dont le compositeur Jerry Goldsmith a été nommé (Oscar du cinéma et Golden Globe) pour sa partition originale, Frank Urioste a été nommé (Oscar du cinéma) pour le montage et Sharon Stone a été nommée pour le Golden Globe de la meilleure actrice.

Le film a aussi été nommé pour trois Razzie Awards, en 1993 : Michael Douglas (plus mauvais acteur), Jeanne Tripplehorn (plus mauvais second rôle féminin) et Sharon Stone (plus mauvaise révélation d'acteur).

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Suite donnée[modifier | modifier le code]

Impacts du film[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  2. Ce classement signifie qu'un film est interdit aux moins de dix-sept ans.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Basic Instinct », sur Box Office Mojo, .
  2. http://www.imdb.fr/title/tt0103772/combined
  3. Basic Instict sur BBFC
  4. « Basic Instinct - fiche de doublage », sur RS Doublage, .
  5. Joe Eszterhas interview at « Moviemaker »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 20 mars 2013). Retrieved November 4, 2007.
  6. a et b Bernard Weinraub, « 'Basic Instinct': The Suspect Is Attractive, and May Be Fatal », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  7. Le rôle a également été proposé à Jamie Lee Curtis, Valeria Golino, Patricia Clarkson, Mariel Hemingway, Heather Graham, Linda Fiorentino, Madeleine Stowe, Elisabeth Shue, Kelly Preston, Laura Dern, Demi Moore, Linda Hamilton, Daryl Hannah, Uma Thurman, Nancy Allen, Courtney Love, Anjelica Huston, Nicole Kidman, Diane Lane, Jennifer Jason Leigh, Courteney Cox, Andie MacDowell, Madonna, Virginia Madsen, Lea Thompson, Rebecca De Mornay, Kim Cattrall, Gina Gershon, Jennifer Connelly, Robin Wright, Helena Bonham Carter et Kathleen Turner.
  8. (en) Basic Instinct sur l’Internet Movie Database
  9. (fr) « Basic Instinct - cliquer sur onglet Voix off », sur StudioCanal.com, .
  10. http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=7342.html
  11. Revue Interview n° 11 p. 20 et suivantes
  12. (en) « Basic Instinct », sur Movie Censorship, .
  13. (en) « Basic Instinct - section Alternate Version », sur IMDb, .
  14. http://www.metacritic.com/movie/basic-instinct
  15. http://www.rottentomatoes.com/m/basic_instinct/
  16. Maslin, Janet. Basic Instinct. New York Times. Retrieved November 5, 2007.
  17. Travers, Peter. Basic Instinct. Rolling Stone. Retrieved March 10, 2011.
  18. Reviews :: Basic Instinct from Roger Ebert's website
  19. (en) « Basic Instinct », sur Metacritic (consulté le 9 mai 2015)
  20. « Basic Instinct - cliquer sur onglet Revues de presse », sur StudioCanal.com, .
  21. Ki Namaste, « Le Déplacement et la crise du réel : la socio-sémiotique et la biphobie de Basic Instinct », Cinémas : revue d'études cinématographiques / Cinémas: Journal of Film Studies, vol. 3, n° 2-3, 1993, p. 223- 238. (lire en ligne) sur Érudit.org
  22. http://boxofficemojo.com/movies/?page=weekly&id=basicinstinct.htm
  23. Cécile Dehesdin, « Luka Rocco Magnotta : les tueurs fans de pop culture », sur Slate,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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