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Bassin osseux

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Bassin
Détails
Articulation
Éléments constitutifs
Identifiants
Nom latin
PelvisVoir et modifier les données sur Wikidata
MeSH
D010388Voir et modifier les données sur Wikidata
TA98
A02.5.02.001Voir et modifier les données sur Wikidata
TA2
129Voir et modifier les données sur Wikidata

En anatomie, le bassin osseux (en latin, pelvis) est une partie du squelette humain, en forme d'entonnoir, constituée des deux os coxaux latéraux, du coccyx et, en arrière, du sacrum. Il constitue la limite squelettique de la cavité pelvienne et de la ceinture pelvienne.

Constitution

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Ceinture pelvienne
Marge acétabulaire en rouge.

Le bassin est constitué de plusieurs éléments :

  • un élément central et postérieur : la partie caudale de la colonne vertébrale fixe constituée du sacrum et du coccyx ;
  • deux os pairs et symétriques : les os coxaux. Ils sont chacun constitués de trois os qui se soudent entre eux vers l'âge de 12 ans. Cette soudure forme un Y au niveau de la fosse acétabulaire. Ces trois os sont :
    • l'ilium est la partie supérieure (haute) de la soudure en forme de Y, c'est ce que l'on appelle communément la hanche ;
    • l'ischium est la partie inféro-dorsale (basse dirigée en arrière) de la soudure en forme de Y, la partie la plus basse de l'ischium est la tubérosité ischiatique (c'est l'os sur lequel on s'assoit) ;
    • le pubis est la partie inféro-ventrale (basse dirigée en avant) de la soudure en forme de Y, c'est la partie osseuse située au-dessus du sexe, ou bien l'endroit où se situent les poils pubiens, chez l'adulte ;

L'ischium et les branches ischio-pubienne et supérieure du pubis forme un orifice osseux : le foramen obturé.

L'ilium forme une grande aile : l'aile iliaque.

L'épine ischiatique délimite deux ouvertures : la grande incisure ischiatique et la petite incisure ischiatique.

Les deux os coxaux sont unis :

Le bassin présente une forme de sablier avec un évasement supérieur développé et un évasement inférieur moins développé, séparés par une zone rétrécie appelée le détroit supérieur.

Il donne attache sur les côtés aux membres inférieurs par les articulations coxo-fémorales (hanche) entre le cotyle et la tête fémorale. Cette articulation se fait via une cavité articulaire située au centre de l'os coxal : l'acétabulum qui reçoit la tête fémorale.

L'arrière-fond de cet acétabulum est la fossette acétabulaire qui, elle, ne reçoit pas la tête fémorale.

La ligne arquée part de l'avant de l'ilium vers le pubis et se rattache à la symphyse pubienne. Elle délimite les organes de l'abdomen et ceux du petit bassin ou pelvis et détermine le détroit supérieur du passage de la tête fœtale lors de l'accouchement.

Cavité pelvienne

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Le bassin osseux délimite la partie inférieure de la cavité abdomino-pelvienne.

La cavité pelvienne proprement dite est comprise entre en bas l'ouverture inférieure du pelvis et en haut l'ouverture supérieure du pelvis constituant le petit bassin.

Au-dessus de l'ouverture supérieure du pelvis se trouve le grand bassin.

Perspective évolutive

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Évolution du bassin et du fémur entre les grands singes (gauche), l'australopithèque (centre) et l'homme (droite).

La forme du bassin actuel (en) est le résultat de contraintes sélectives. Elle a évolué à partir d'une structure adaptée à la locomotion quadrupède des grands singes (vers 25 Ma), puis aux australopithèques bipèdes à posture inclinée (vers 7 Ma) et aux humains bipèdes à posture érigée (Homo, vers 2,5 Ma). Le redressement du tronc, lié à la bipédie, s'accompagne d'un raccourcissement sagittal et d'un élargissement transversal[1] du bassin[2].

Au cours de l'évolution, le petit bassin, permettant le passage du nouveau-né lors de l'accouchement, a vu son diamètre transversal augmenter pour permettre le passage de la tête qui grossissait, tandis que le cerveau se développait. Le diamètre transversal du pelvis augmente ainsi au cours de l'histoire évolutive de la lignée humaine. Il est de 98 mm chez les Pan troglodytes (chimpanzés communs), 99,1 mm chez les Australopithèques, puis par ordre croissant on trouve l'Homo habilis, l'Homo erectus, les humains anatomiquement modernes, dont la variabilité permet de donner une limite supérieure et inférieure (comprise entre 122 mm et 132 mm)[3]. Cependant, le volume crânien est trop élevé pour le diamètre du bassin maintenu presque trop petit par cette même bipédie. La contrainte fœto-pelvienne et la bipédie agissent de manière antagoniste sur le bassin humain (plus rigide, détroits obstétricaux non continus), comme le suggère l'hypothèse du dilemme obstétrical[4].

La fracture du pelvis (de la ceinture pelvienne) est une fracture grave, car souvent polytraumatique (généralement due à un accident (collision avec véhicule, écrasement ou chute d'une grande hauteur) et souvent associée à des lésions internes et à un risque de choc hémorragique (qui peut être traité par embolisation radiologique avec utilisation de coils, d'éponge hémostatique et/ou de microsphères parfois)[5]. L'hémorragie interne est confirmée par le scanner (extravasation de produit de contraste iodé dans le pelvis)[5].

Notes et références

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  1. Cet élargissement stabilise le plancher pelvien qui contrebalance la forte pression qu’il subit pendant la marche. Il s'opère principalement au niveau des ailes iliaques et du sacrum qui forment une cuvette supportant le poids des viscères et offrant une plus grande surface d'attache des muscles fessiers responsables de la stature verticale. Le raccourcissement de l'ilion et de l'ischion abaisse le centre de gravité et diminue les contraintes exercées sur ces muscles.
  2. Marie-Claude Hurtig, Michèle Kail et Hélène Rouch (dir.), Sexe et genre. De la hiérarchie entre les sexes, CNRS Éditions, , p. 34
  3. (en-US) « 404 - File Not Found » [archive du ], sur www.ssc.uwo.ca (consulté le )
  4. P. Frémondière, L. Thollon et F. Marchal., « L’émergence de la mécanique obstétricale : de Lucy à Homo sapiens », Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, vol. 45, no 3,‎ , p. 164-171 (DOI 10.1016/j.gofs.2017.01.011)
  5. a et b Kamaoui, I., Courbiere, M., Floccard, B., Monneuse, O., Allaouchiche, B., & Pilleul, F. (2008). Traumatisme pelvien: impact de l’extravasation du produit de contraste iodé au scanner multidétecteur dans la prise en charge thérapeutique. Journal de radiologie, 89(11), 1729-1734.

Liens externes

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