Théodore Chassériau

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Théodore Chassériau
Chasseriau-Redingote.jpg

Autoportrait intitulé Portrait de l'artiste en redingote, 1835, musée du Louvre

Naissance
Décès
(à 37 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Maître
Mouvement
A influencé
Père
Mère
Marie Madeleine Chassériau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Frères
Sœurs
Aline Chassériau (d)
Adèle Chassériau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Concubines
Distinction
Œuvres réputées

Théodore Chassériau ( - ) est un peintre français né à Santa Bárbara de Samaná, aujourd'hui en République dominicaine, et mort à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il vit ses premières années sur l'île de Saint-Domingue à El Limón de Samaná, élevé par sa mère Marie-Madeleine Couret de la Blaquière, elle-même issue d'une famille de colons. L'enfance du peintre est marquée par l'absence de son père Benoît Chassériau, un temps ministre de l'Intérieur de Simón Bolívar, probablement agent secret et consul de France à Porto Rico. Son père laisse la charge de la famille à son fils aîné Frédéric-Victor-Charles Chassériau, lequel fait venir ses frères et sœurs à Paris en 1822.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, son professeur de 1830 à 1834, décèle très tôt le talent du jeune Théodore et lui prédit qu'il sera « le Napoléon de la peinture ». Nommé directeur à la villa Médicis, Ingres lui propose de le suivre à Rome, offre que Chassériau décline, faute d'argent.

Théophile Gautier, qu’il rencontre la première fois quand il a 14 ans, sera un ami et un ardent défenseur de son œuvre et publiera plusieurs critiques de ses toiles dans le quotidien La Presse. Gautier lui prête alors des « vies imaginaires » ou parle de « grâce étrange » pour tenter de rendre compte de l'univers particulier du peintre. Chassériau ne cesse de se jouer d'atmosphères troubles, étranges, équivoques et mystérieuses. En 1839 alors âgé de 20 ans, Chassériau commence à exposer au Salon avec Suzanne au bain .

En 1840, il part pour Rome avec le peintre Henri Lehmann et peint le portrait du père Henri Lacordaire, renoue un temps avec son maître, Ingres, qui lui reprochera son manque de savoir livresque et avec lequel il rompra définitivement. Parmi les principales œuvres de sa maturité précoce il faut citer, en 1843, la fresque de l'église Saint-Merry (Paris) aux figures sinueuses et élégantes inspirés par'Ingres[1].

Admirateur d'Eugène Delacroix, Théodore Chassériau se sent attiré par l’Orient. Sur l’invitation du calife de Constantine Ali Ben Ahmed, il se rend en Algérie en 1846. Ses scènes de combats de cavaliers arabes et ses scènes de vie des femmes à Alger montrent sa maîtrise du mouvement et de la couleur.

Ami d'Alexis de Tocqueville, le frère aîné de l’artiste, conseiller d’État, l'appuie pour l'obtention de la commande de fresques de l’escalier d’honneur à la Cour des comptes, situé dans l’ancien palais d’Orsay. Incendié pendant la Commune le palais sera (remplacé par la gare d'Orsay, aujourd’hui musée d’Orsay). Ces fresques, peintes par Chassériau de 1845 à 1848, constituaient certainement son œuvre majeure ; seuls quelques restes ont pu être sauvés grâce à l’initiative du baron Arthur Chassériau et d’Ary Renan et sont aujourd’hui conservés au musée du Louvre.

Chassériau combine les leçons de ses deux maîtres. La pureté classique des lignes inspirées par Ingres s'anime de la fougue romantique de Delacroix, son second maître[2].

Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La toilette d'Esther, 1841, huile sur toile, 45 × 35 cm, musée du Louvre - Paris

Chassériau aimait les femmes et leur compagnie, il a créé un type de femme d'une grande sensualité [3].

Avec la comédienne Alice Ozy, il a une relation passionnée[4] qui dure deux ans et lui vaut la jalousie de Victor Hugo, admirateur éconduit de la comédienne.

Chassériau meurt à 37 ans, en 1856, à son domicile du 2, rue Fléchier à Paris. Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur ([5]).

Gustave Moreau réalisera en hommage à son ami et sans doute maître[6] le tableau le Jeune Homme et la Mort conservé au Fogg Art Museum de l'université d'Harvard et le dessin au musée d'Orsay. Ce tableau est décrit par Paul de Saint-Victor dans le journal La Presse du 7 mai 1865.

Le frère aîné du peintre Frédéric-Victor-Charles Chassériau a fait don des esquisses faites de la Chapelle des fonts à Saint-Roch et de l’hémicycle de l'église Saint-Philippe-du-Roule au musée de la ville de Paris (Petit Palais)[7].,

L’œuvre de Chassériau a fait l’objet d’une des plus grandes donations faites aux musées nationaux. En 1936, le cousin issu de germain du peintre, le baron Arthur Chassériau (fils de l'architecte en chef d'Alger, Charles Frédéric Chassériau), donne aux Musées nationaux l'ensemble des œuvres de Chassériau qu'il avait mis une vie à réunir, soit 74 peintures et quelque 2 200 dessins. Ces œuvres sont aujourd’hui visibles au musée du Louvre où une salle lui est consacrée, au musée d'Orsay, au musée Sainte-Croix de Poitiers.

D'autres œuvres sont exposées au Metropolitan Museum of Art de New York, au Fogg Art Museum de l'université Harvard ou encore à la National Gallery of Art de Washington, au Detroit Institute of Arts, au Museum of the Art Rhode Island School of Design, au J. Paul Getty Museum et à l'Institut d'art de Chicago.

La dernière grande rétrospective des œuvres de Chassériau s'est tenue, en 2002, au Grand Palais à Paris, elle s'est déplacée par la suite au Metropolitan Museum of Art de New York et au musée des beaux-arts de Strasbourg.

Il a été inhumé au cimetière Montmartre, 32e division, avenue Saint-Charles, avec sa mère, Marie-Madeleine Couret de la Blaquière, (1791-1866), sa sœur Adèle (1810-1869), son frère Frédéric, conseiller d'État, (1807-1881), sa sœur Aline (1822-1871), son cousin Arthur Chassériau (1851-1934) et son épouse (1840-1961). Sur la tombe on lit : « À la mémoire d’Ernest Chassériau, (1823-1870), frère de Théodore, mort au combat de Bazeilles-sous-Sedan ».

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Pour le portrait qu'il fait de Prosper Marilhat en 1835, Chassériau, n'a que 15 ans. Il est ainsi le plus jeune peintre exposé au Musée du Louvre[8].

De 1835 à 1849[modifier | modifier le code]

Vénus marine dite Vénus Anadyomène, 1838, musée du Louvre - Paris
Andromède attachée au rocher par les Néréides, 1840, musée du Louvre - Paris
La baigneuse, 1842. Neue Pinakothek

De 1850 à 1856[modifier | modifier le code]

Othello et Desdémone à Venise, 1850, huile sur bois, 25 × 20 cm, musée du Louvre - Paris
Bataille de cavaliers arabes autour d'un étendard (1854) Dallas Museum of Art, huile sur toile 54 × 64 cm

Sans date de référence[modifier | modifier le code]

Œuvres gravées[modifier | modifier le code]

  • 1842 : "Vénus anadyomène" (lithographie) - Le 1er tirage chez Bry de cette lithographie est rare. Théophile Gauthier en conservait une accrochée dans son cabinet de travail. (British Museum)
    "Vénus anadyomène" Théodore Chassériau - 1842 (1er tirage chez Bry)
  • 1844 : "Othello" 15 planches gravées à l'eau forte

Rétrospectives consacrées à Théodore Chassériau[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Exposition 'Les Orientales (Delacroix, Colin, Deveria, Boulanger, Chassériau) - Maison de Victor Hugo, Paris, 2010
  • Exposition 'Le Louvre, prêt de la Vénus Anadyomène de Chassériau - Musée national de Corée, Séoul, 2007
  • Le Second Empire - Musée Jacquemart-André, Paris, 1957
  • Exposition des orientalistes - Galerie Charpentier, Paris, 1933
  • Exposition coloniale de Paris - organisée à la Porte Dorée à Paris, 1931
  • Centenaire de la conquête de l'Algérie. 1830-1930 - Petit Palais, Paris, mai-juin 1930
  • The French painters of northern Africa - The John Wanamaker galleries, New York, 1927
  • Exposition d'art français - Maison municipale de Prague, Prague, 1923
  • Exposition Föreningen Fransk Konst (exposition d'art français), Stockholm, 1922
  • Exposition du théâtre romantique, musée Victor-Hugo, Paris, 1921.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Nouvion, "Chassériau - Correspondance oubliée" : Préface par Marianne de Tolentino, Paris, Les Amis de Théodore Chassériau,‎ , 260 p. (ISBN 9781291907360, OCLC 932002879)
  • Aglaus Bouvenne Théodore Chassériau : Souvenirs et Indiscrétions (1884), réédition par Les Amis de Théodore Chassériau, 2012 (en langue française), 2013 (en langue espagnole)
  • Xavier de Harlay, « L'Idéal moderne selon Charles Baudelaire & Théodore Chassériau », revue Art et Poésie de Touraine no 180, 2005 et éditions Litt&graphie, 2011
  • André-Pierre Nouvion, Trois familles en Périgord-Limousin dans la tourmente de la Révolution et de L'Empire : Nouvion, Besse-Soutet-Dupuy et Chassériau, Paris, 2007
  • Marie-Cécile Forest, Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Emmanuelle Brugerolles et Henry-Claude Cousseau (Préface), Quand Moreau signait Chassériau, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, 2005
  • Stéphane Guégan et Louis-Antoine Prat, Chassériau (1819-1856) : un autre romantisme, Louvre : conférences et colloques, 2002
  • Christine Peltre, Théodore Chassériau, Gallimard, 2002
  • Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Vincent Pomarède et Louis-Antoine Prat, Théodore Chassériau 1819-1956, The Unknown Romantic, Exhibition Catalogue, Paris, Grand Palais ; Strasbourg, musée des beaux-arts ; New York, Metropolitan Museum of Art, 2002-2003
  • Christine Peltre, Théodore Chassériau, exposition, Grand Palais, Gallimard, 2002
  • Louis-Antoine Prat, Cahiers du Dessin français no 5. Théodore Chassériau (1819-1856), Galerie de Bayser, 1989
  • Louis-Antoine Prat, Dessins de Théodore Chassériau: 1819-1856, 2 vol., musée du Louvre, Cabinet des dessins, Paris : Ministère de la Culture et de la Communication, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1988
  • Marc Sandoz, Théodore Chassériau, 1819 1856, catalogue raisonné des peintures et estampes. Paris : Arts et Métiers Graphiques, 1974
  • Werner Teupser, Theodore Chasseriau, Zeitschrift für Kunst
  • Léonce Bénédite, Théodore Chassériau: sa vie et son œuvre, Paris, 1931
  • Goodrich, Théodore Chassériau, 1928
  • Henri Focillon, « La peinture au XIXe siècle : Le retour à l'antique » in Le Romanticisme, Paris, 1927
  • Jean Laran, Théodore Chassériau, Paris, 1913, 1921
  • Léandre Vaillat, « L'Œuvre de Théodore Chassériau » in Les Arts, août 1913
  • Léandre Vaillat, « Chassériau » in L'Art et les Artistes, 1907
  • Valbert Chevillard, « Théodore Chassériau » in Revue de l'art ancien et moderne, no 3, 10 mars 1898,
  • Alice et Aline, une peinture de Théodore Chassériau, par Robert de Montesquiou, éd. Charpentier et Fasquelle, Paris, 1898
  • La Chronique des arts et de la curiosité, no 9, 27 février 1897
  • Ary Renan, Les Peintres orientalistes, Galerie Durand-Ruel, 1897
  • Valbert Chevillard, Un peintre romantique : Théodore Chassériau, Paris, 1893
  • Aglaus Bouvenne Théodore Chassériau : Souvenirs et Indiscrétions, A. Detaille, Paris, 1884
  • Théophile Gautier, « L'Atelier de feu Théodore Chassériau » in L'Artiste, no 14, 15 mars 1857
  • Théophile Gautier, critiques de toiles de Théodore Chassériau dans La Presse, 25 mai 1832, 27 mars 1844, 24 juin 1853

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Théodore Chassériau représentant la vie de sainte Marie l'Égyptienne », sur independent.academia.edu/pfpuech (consulté le 14 mars 2015)
  2. Théodore Chassériau 1819-1956, The Unknown Romantic, Exhibition Catalogue by Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Vincent Pomarède et Louis-Antoine Prat, Paris, Grand Palais ; Strasbourg, musée des beaux-arts ; New York, Metropolitan Museum of Art, 2002-2003
  3. Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La Toilette d'Esther, musée du Louvre
  4. Alice Ozy ou l’Aspasie moderne par Jean-Louis Vaudoyer - Trémois, Paris, 1930 - « Un jour Alice Ozy remarqua dans l’atelier un tableau représentant "la fille du Gréco". Enthousiasmée, elle demande à l’artiste à ce qu’il lui offre. Il refusa, disant qu’il le destinait à sa famille. Elle insista alors tant et tant que, de guerre lasse, il céda. Quelques jours plus tard, il déjeunait chez Alice lorsqu’elle annonça que l’encadreur venait de rapporter la toile. Ils se levèrent de table, mais à la vue de son œuvre, il fut pris d’un tel remords de sa faiblesse, il entra dans une telle colère contre lui-même que se saisissant d’un couteau, il lacéra le tableau et s’enfuit pour ne plus remettre les pieds chez sa maîtresse »
  5. « Notice no LH/500/62 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. From the Classicists to the Impressionists: Art and Architecture in the 19th Century par Elizabeth Basye Gilmore Holt, édition Yale University Press, 1986
  7. Les Donateurs du musée historique de la ville de Paris par Charles Poisson - 1868
  8. Chassériau Correspondance oubliée, par Jean-Baptiste Nouvion. Préface par Marianne de Tolentino - Les Amis de Théodore Chassériau, Paris, 2014
  9. Ali-Ben-Hamed, L'Histoire par l'Image

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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