Théodore Chassériau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chassériau.
Théodore Chassériau
Chasseriau-Redingote.jpg

Théodore Chassériau, Portrait de l'artiste en redingote (1835), Paris, musée du Louvre.

Naissance
Décès
(à 37 ans)
Paris
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
A influencé
Père
Mère
Marie Madeleine Chassériau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Aline Chassériau (d)
Frédéric-Victor-Charles Chassériau
Adèle Chassériau (d)
Ernest Chassériau (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction
Œuvres réputées

Théodore Chassériau, né le à Santa Bárbara de Samaná (actuelle République dominicaine), et mort le à Paris, est un peintre français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La Toilette d'Esther (1841), huile sur toile, 45 × 35 cm, Paris, musée du Louvre.

Théodore Chassériau vit ses premières années sur l'île de Saint-Domingue à El Limón de Samaná, élevé par sa mère Marie-Madeleine Couret de la Blaquière, elle-même issue d'une famille de colons. L'enfance du peintre est marquée par l'absence de son père Benoît Chassériau, un temps ministre de l'Intérieur de Simón Bolívar, probablement agent secret dans l'Amérique espagnole et consul de France à Porto Rico. Son père laisse la charge de la famille à son fils aîné Frédéric-Victor-Charles Chassériau, lequel fait venir ses frères et sœurs à Paris en 1822.

Jean-Auguste-Dominique Ingres, son professeur à l'École des beaux-arts de Paris de 1830 à 1834, décèle très tôt le talent du jeune Théodore et lui prédit qu'il sera « le Napoléon de la peinture ». Nommé directeur à la villa Médicis, Ingres lui propose de le suivre à Rome, offre que Chassériau décline, faute d'argent.

Théophile Gautier, qu’il rencontre la première fois en 1833, sera un ami et un ardent défenseur de son œuvre et publiera plusieurs critiques de ses toiles dans le quotidien La Presse. Gautier lui prête alors des « vies imaginaires » ou parle de « grâce étrange » pour tenter de rendre compte de l'univers particulier du peintre. Chassériau ne cesse de se jouer d'atmosphères troubles, étranges, équivoques et mystérieuses. En 1839, Chassériau commence à exposer au Salon avec Suzanne au bain .

En 1840, il part pour Rome avec le peintre Henri Lehmann et peint le portrait du père Henri Lacordaire, renoue un temps avec son maître, Ingres, qui lui reprochera son manque de savoir livresque et avec lequel il rompra définitivement. Parmi les principales œuvres de sa maturité précoce il faut citer, en 1843, la fresque de l'église Saint-Merri (Paris) aux figures sinueuses et élégantes inspirés par Ingres[1].

Théodore Chassériau, admirateur d'Eugène Delacroix, se sent attiré par l’Orient. Sur l’invitation du calife de Constantine, Ali Ben Ahmed, il se rend en Algérie en 1846. Ses scènes de combats de cavaliers arabes et ses scènes de vie des femmes à Alger montrent sa maîtrise du mouvement et de la couleur.

Ami d'Alexis de Tocqueville et conseiller d’État, son frère aîné Frédéric Chassériau, l'appuie pour l'obtention de la commande des fresques ornant l’escalier d’honneur de la Cour des comptes, située dans le palais d’Orsay. Incendié pendant la Commune, ce palais deviendra la gare d'Orsay, aujourd’hui musée d’Orsay. Ces fresques, peintes par Chassériau de 1845 à 1848, constituaient certainement son œuvre majeure ; seuls quelques restes ont pu être sauvés grâce à l’initiative du baron Arthur Chassériau et d’Ary Renan et sont aujourd’hui conservés à Paris au musée du Louvre.

Chassériau combine les leçons de ses deux maîtres. La pureté classique des lignes inspirées par Ingres s'anime de la fougue romantique de Delacroix, son second maître[2].

Chassériau aimait les femmes et leur compagnie, il a créé un type de femme d'une grande sensualité (Esther se parant pour être présentée au roi Assuérus, dit La Toilette d'Esther, musée du Louvre).

Il entretient une relation passionnée avec la comédienne Alice Ozy[3] qui dure deux ans et lui vaut la jalousie de Victor Hugo, admirateur éconduit de la comédienne.

Chassériau meurt à 37 ans, en 1856, à son domicile du no 2 rue Fléchier à Paris. Il avait reçu les insignes de chevalier de la Légion d'honneur le [4].

Il a été inhumé à Paris au cimetière de Montmartre, 32e division, avenue Saint-Charles, avec sa mère, Marie-Madeleine Couret de la Blaquière (1791-1866), sa sœur Adèle (1810-1869), son frère Frédéric (1807-1881), conseiller d'État, sa sœur Aline (1822-1871), son cousin Arthur Chassériau (1851-1934) et son épouse (1840-1961). Sur la tombe est gravée cette épitaphe : « À la mémoire d’Ernest Chassériau (1823-1870), frère de Théodore, mort au combat de Bazeilles-sous-Sedan ».

Postérité[modifier | modifier le code]

Gustave Moreau réalisera en hommage à son ami et sans doute maître[5] le tableau Le Jeune Homme et la Mort[6]

Le frère aîné du peintre, Frédéric-Victor-Charles Chassériau, a fait don des esquisses pour la chapelle des fonts de l'église Saint-Roch et de l’hémicycle de l'église Saint-Philippe-du-Roule au Musée de la ville de Paris (Petit Palais)[7].,

L’œuvre de Chassériau a fait l’objet d’une des plus grandes donations faites aux musées nationaux. En 1936, le cousin issu de germain du peintre, le baron Arthur Chassériau[8], donna aux musées nationaux l'ensemble des œuvres de Chassériau qu'il avait mis une vie à réunir, soit 74 peintures et quelque 2 200 dessins. Ces œuvres sont aujourd’hui conservées à Paris au musée du Louvre (où une salle lui est consacrée), au musée d'Orsay, à Poitiers au musée Sainte-Croix, et dans divers musées français.

D'autres œuvres figurent dans les grandes collections à l'étranger, principalement aux États-Unis : Metropolitan Museum of Art de New York, Fogg Art Museum de l'université Harvard, National Gallery of Art de Washington, Detroit Institute of Arts, Museum of the Art Rhode Island School of Design, J. Paul Getty Museum et à l'Institut d'art de Chicago.

La dernière grande rétrospective des œuvres de Chassériau s'est tenue, en 2002, au Grand Palais à Paris. Elle s'est déplacée par la suite au Metropolitan Museum of Art de New York et au musée des beaux-arts de Strasbourg. La première rétrospective en Asie, consacrée à Chassériau est organisée par le musée national de l'art occidental de Tokyo du 28 février au 28 mai 2017 sur le thème Théodore Chassériau : Parfum exotique.

Principales œuvres[modifier | modifier le code]

Pour le portrait qu'il fait de Prosper Marilhat en 1835, Chassériau, n'a que 15 ans. Il est ainsi le plus jeune peintre exposé au musée du Louvre[9].

De 1835 à 1849[modifier | modifier le code]

Andromède attachée au rocher par les Néréides (1840), Paris, musée du Louvre.
Intérieur de harem (1854), Paris, musée du Louvre.
Vénus marine dite Vénus anadyomène (1838), Paris, musée du Louvre.
Les Deux sœurs (1843, Paris, musée du Louvre

De 1850 à 1856[modifier | modifier le code]

Othello et Desdémone à Venise (1850), huile sur bois, 25 × 20 cm, Paris, musée du Louvre.

Décoration et fresques[modifier | modifier le code]

Œuvres non datées[modifier | modifier le code]

Œuvres gravées[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Rétrospectives monographiques[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • Exposition “Les Orientales” (Delacroix, Colin, Deveria, Boulanger, Chassériau), Paris, Maison de Victor Hugo, 2010.
  • Exposition “Le Louvre”, prêt de la Vénus Anadyomène de Chassériau au musée national de Corée, Séoul, 2007.
  • Le Second Empire, Paris, musée Jacquemart-André, 1957.
  • Exposition des orientalistes, Paris, galerie Charpentier, 1933.
  • Exposition coloniale internationale, Paris, 1931.
  • Centenaire de la conquête de l'Algérie. 1830-1930, Paris, Petit Palais, mai-juin 1930.
  • The French painters of northern Africa, New York, The John Wanamaker galleries, 1927.
  • Exposition d'art français, Prague, Maison municipale de Prague, 1923.
  • Exposition Föreningen Fransk Konst (exposition d'art français), Stockholm, 1922.
  • Exposition du théâtre romantique, Paris, musée Victor-Hugo, 1921.

Nota Bene: liste non exhaustive

Hommages[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Catalogues d'exposition :

Ouvrages biographiques :

  • Xavier d'Hérouville, L'Idéal moderne selon Charles Baudelaire et Théodore Chassériau, L'Harmattan, 2016.
  • Jean-Baptiste Nouvion[13], Marianne de Tolentino (préface), Chassériau - Correspondance oubliée, Paris, Les Amis de Théodore Chassériau, 2014.
  • André-Pierre Nouvion, Trois familles en Périgord-Limousin dans la tourmente de la Révolution et de L'Empire : Nouvion, Besse-Soutet-Dupuy et Chassériau, Paris, 2007.
  • Marie-Cécile Forest, Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Emmanuelle Brugerolles et Henry-Claude Cousseau (préface), Quand Moreau signait Chassériau, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, 2005.
  • Christine Peltre, Théodore Chassériau, Paris, Gallimard, 2002.
  • Louis-Antoine Prat, « Théodore Chassériau (1819-1856) », Cahiers du Dessin français, no 5, Paris, galerie de Bayser, 1989.
  • Louis-Antoine Prat, Dessins de Théodore Chassériau : 1819-1856, 2 vol., Paris , musée du Louvre, Cabinet des dessins, ministère de la Culture et de la Communication, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1988.
  • Marc Sandoz, Théodore Chassériau, 1819 1856, catalogue raisonné des peintures et estampes, Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1974.
  • (de) Werner Teupser, Theodore Chasseriau, Zeitschrift für Kunst.
  • Léonce Bénédite, Théodore Chassériau: sa vie et son œuvre, Paris, 1931.
  • Goodrich, Théodore Chassériau, 1928.
  • Henri Focillon, « La peinture au XIXe siècle : Le retour à l'antique », in Le Romanticisme, Paris, 1927.
  • Jean Laran, Théodore Chassériau, Paris, 1921.
  • Léandre Vaillat, « L'Œuvre de Théodore Chassériau », Les Arts, août 1913.
  • Léandre Vaillat, « Chassériau », L'Art et les Artistes, 1907.
  • Valbert Chevillard, « Théodore Chassériau », Revue de l'art ancien et moderne, no 3, 10 mars 1898.
  • Robert de Montesquiou, Alice et Aline, une peinture de Théodore Chassériau, Paris, Éd. Charpentier et Fasquelle, 1898.
  • La Chronique des arts et de la curiosité, no 9, 27 février 1897.
  • Ary Renan, Les Peintres orientalistes, Paris, galerie Durand-Ruel, 1897.
  • Valbert Chevillard, Un peintre romantique : Théodore Chassériau, Paris, 1893.
  • Aglaüs Bouvenne, Théodore Chassériau : Souvenirs et Indiscrétions, Paris, A. Detaille, 1884. Réédition par Les Amis de Théodore Chassériau en 2012 ; traduit en espagnol en 2013.
  • Théophile Gautier, « L'Atelier de feu Théodore Chassériau », L'Artiste, no 14, 15 mars 1857.
  • Théophile Gautier, La Presse, 25 mai 1832, 27 mars 1844 et 24 juin 1853.
    Critiques de toiles de Théodore Chassériau.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Théodore Chassériau représentant la vie de sainte Marie l'Égyptienne », sur independent.academia.edu/pfpuech (consulté le 14 mars 2015).
  2. (en) Bruno Chenique, Stéphane Guégan, Vincent Pomarède et Louis-Antoine Prat, Théodore Chassériau 1819-1956, The Unknown Romantic, [catalogue d'exposition], Paris, Grand Palais ; Strasbourg, musée des beaux-arts ; New York, Metropolitan Museum of Art, 2002-2003.
  3. Jean-Louis Vaudoyer, Alice Ozy ou l’Aspasie moderne, Paris, Trémois, 1930 : « Un jour Alice Ozy remarqua dans l’atelier un tableau représentant “La fille du Gréco”. Enthousiasmée, elle demande à l’artiste à ce qu’il lui offre. Il refusa, disant qu’il le destinait à sa famille. Elle insista alors tant et tant que, de guerre lasse, il céda. Quelques jours plus tard, il déjeunait chez Alice lorsqu’elle annonça que l’encadreur venait de rapporter la toile. Ils se levèrent de table, mais à la vue de son œuvre, il fut pris d’un tel remords de sa faiblesse, il entra dans une telle colère contre lui-même que se saisissant d’un couteau, il lacéra le tableau et s’enfuit pour ne plus remettre les pieds chez sa maîtresse. »
  4. « Cote LH/500/62 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. (en) Elizabeth Basye Gilmore Holt, From the Classicists to the Impressionists: Art and Architecture in the 19th Century, Yale University Press, 1986.
  6. Conservé au Fogg Art Museum de l'université d'Harvard. Le dessin préparatoire est conservé à Paris au musée d'Orsay. Ce tableau est décrit par Paul de Saint-Victor dans le journal La Presse du 7 mai 1865.
  7. Les donateurs du Musée historique de la ville de Paris par Charles Poisson - 1868
  8. Fils de l'architecte en chef d'Alger, Charles Frédéric Chassériau.
  9. Jean-Baptiste Nouvion, Chassériau Correspondance oubliée, préface par Marianne de Tolentino, Paris, Les Amis de Théodore Chassériau, 2014
  10. Ali-Ben-Hamed, L'Histoire par l'Image
  11. Lettre de l’Académie des Beaux-arts, institut de France – numéro 67 hiver 2011-2012- page 29 - site web http://www.academie-des-beaux-arts.fr/actualites/lettre/lettre67.pdf
  12. Le dernier prix de gravure Chassériau a été remis en 2011 à Dominique Vaillier.
  13. < Notice biographique parue dans Le Figaro-Evene - Jean-Baptiste Nouvion