Pierre Peyron

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Pierre Peyron
Naissance
Décès
(à 69 ans)
Paris
Nom de naissance
Jean François Pierre Peyron
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Élève
Mouvement
Mécènes
Distinctions
Prix de Rome en peinture de 1773
Œuvres réputées
Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan ayant servi sous ses ordres

Jean François Pierre Peyron, né à Aix-en-Provence le , et mort à Paris le , est un peintre et graveur néoclassique français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille peu fortunée qui ne négligea rien pour son éducation, Pierre Peyron était destiné à la carrière administrative[1]. Étudiant le droit, il trouva sa vocation lorsque fut créée à Aix en 1765 une école de dessin où Claude Arnulphy, élève de Benedetto Luti[1], lui donna ses premières leçons[2]. Lorsqu’il eut reconnu son gout décidé pour les beaux arts, son père lui permit d’étudier la peinture[1]. Encouragé par Dandré-Bardon, qui sera son professeur à l’École des Élèves Protégés[2], il monta, en 1767, à l’âge de 23 ans, à Paris[3], où il entra dans l’atelier de Lagrenée[4] mais le gout qui régnait alors dans l’école ne s’accordant pas avec ce qu’il cherchait, il pressentit une peinture plus historique et plus classique[5], et fut l’un des premiers à chercher de nouvelles voies en recommençant à appliquer les principes classiques de composition de Nicolas Poussin[6], qu’il comparait à Raphaël[1], alors que le courant pictural dominant était alors le rococo[7].

Considéré comme un des meilleurs peintres de sa génération[8], il remporte le prix de Rome en 1773[Notes 1] avec la Mort de Sénèque, aujourd’hui disparu[9]. En 1774, il peint les décors du salon de l’Hôtel Grimod de La Reynière à Paris, d’après des dessins de Charles-Louis Clérisseau. Il passe ensuite sept années à l’Académie de France à Rome, de 1775 à 1782[10], s’attachant avec un soin particulier à l’imitation de l’antique[1]. Il commença le renouvellement de cette voie depuis longtemps abandonnée par les artistes français par son tableau Cimon se dévouant à la prison pour en retirer et faire inhumer le corps de son père, ouvrage suivi de Socrate retirant Alcibiade d’une maison de courtisanes[1]. Ayant passé les quatre années de son pensionnat à Rome, il y resta encore trois ans de plus à ses propres frais[1].

Son tableau, les jeunes Athéniens et les jeunes Athéniennes tirant au sort pour être livrés au Minotaure lui vaut l’admiration du comte d’Angiviller qui, comme Vien, voit en lui l’un des espoirs de la peinture française, et devient son protecteur[11]. Le cardinal de Bernis, ambassadeur de France à Rome, lui commande deux œuvres : Bélisaire recevant l’hospitalité d’un paysan ayant servi sous ses ordres (1779), considéré, en son temps, par des critiques comme Diderot, comme son chef-d’œuvre[12], et qui est un des sommets de l’art français à la fin du XVIIIe siècle[13] et Cornélie, mère des Gracques[Notes 2] (1782).

Peyron fut finalement éclipsé par David aux Salons de 1785 et 1787[8]. À son retour à Paris, il avait envoyé la Mort d’Alceste au Salon de 1785[14], alors que son rival David y présentait avec succès Le Serment des Horaces[11]. Au salon de 1787, les deux peintres exposent une composition sur le même thème, la Mort de Socrate et la confrontation tourne largement à l’avantage de David[15],[16]. Peyron, ayant pris du retard dans son travail, avait envoyé, quelques jours avant la fermeture du Salon, une esquisse à grande échelle de son projet. Après cet échec, il n’eut plus jamais le rôle de premier plan qu’il avait eu à ses débuts. Le 30 juin 1787, il est reçu à l’Académie royale avec son œuvre Curius Dentatus refusant les présents des ambassadeurs samnites[Notes 3] comme morceau de réception[17].

Nommé inspecteur de la manufacture des Gobelins, en 1785[1], il en remplit ses fonctions jusqu’à la Révolution[5], date à laquelle il vit sa place supprimée et se vit enjoindre de vider incontinent son logement des Gobelins[18]. Privé des travaux importants dont il avait été chargé par le roi, sa santé fut gravement affectée et il ne cessa, à compter de cette époque, d’éprouver des infirmités qui hâtèrent la fin de ses jours sans pour autant rien lui faire perdre de son talent[1], produisant dans cette période deux de ses tableaux les plus harmonieux et les plus finis[1] : l’un représente Paul-Émile s’indignant de l’humiliation où se réduit Persée qui se prosterne à ses pieds, l’autre, Antigone, fille d’Œdipe, sollicitant du son père le pardon de son frère Polynice[1], tableau gravé par son compatriote aixois Étienne Beisson[1]. Il a encore donné deux petits tableaux : Pythagore avec ses disciples et l’Entretien de Démocrite avec Hippocrate[1].

David a rendu hommage, en 1814, à celui que certains ont considéré comme son précurseur[19], en déclarant devant sa tombe : « Il m’a ouvert les yeux[20]. » Payron a également gravé à l’eau-forte plusieurs sujets d’après Le Poussin, Raphaël et d’après ses propres tableaux[1]. Il a eu comme élèves, entre autres, Augustin Aubert, Horace Lecoq de Boisbaudran, Nicolas-André Monsiau et Henri Buguet.

Galerie[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Au Danemark
En France
En Hongrie

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques-Louis David, était également candidat, mais sans succès.
  2. Musée des Augustins de Toulouse
  3. Avignon, musée Calvet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n Vieilh de Boisjolin, Alphonse Rabbe, Sainte-Beuve, Biographie universelle et portative des contemporains, vol. 2, Paris, F. G. Levrault, 1834, p. 920 lire en ligne, consulté le 29.7.2015.
  2. a et b Marie-Paule Vial, Parcours : catalogue guide du Musée des beaux-arts de Marseille, Musée des beaux-arts de Marseille, Le Musée, 1990, 238 p., (ISBN 978-2-90586-002-6), p. 98.
  3. (en) Perrin Stein, Mary Tavener Holmes, Eighteenth-century French Drawings in New York Collections, New York, Metropolitan Museum of Art, 1999, 243 p., (ISBN 978-0-87099-892-8), p. 200.
  4. André Alauzen di Genova, La Peinture en Provence, éd. Jeanne Laffitte, Marseille, 1987, 409 p., (ISBN 978-2-86276-086-5).
  5. a et b Charles Blanc, Adolphe Narcisse Thibaudeau, Le Trésor de la curiosité tiré des catalogues de vente de tableaux, dessins, estampes, livres, marbres, bronzes, ivoires, terres cuites, vitraux, médailles, armes, porcelaines, meubles, émaux, laques et autres objets d’art, vol. 2, Paris, Ve J. Renouard, 1858, 636 p., p. 304-5
  6. Daniel Chol, Michel François Dandré-Bardon, ou, L’apogée de la peinture en Provence au XVIIIe siècle, Aix-en-Provence, Édisud, 1987, 149 p., (ISBN 978-2-85744-309-4), p. 130.
  7. Thomas W. Gaehtgens, L’Art et les normes sociales au XVIIIe siècle, Paris, Maison des sciences de l’homme, 2001, 543 p., (ISBN 978-2-73510-917-3), p. 17.
  8. a et b Claire Maingon, Daniel Bergez, Le Salon et ses artistes : une histoire des expositions du Roi-Soleil aux artistes français, 176 p., Paris, Hermann, (ISBN 978-2-70566-898-3), p. 53.
  9. Claire Maingon, Daniel Bergez, Le Salon et ses artistes : une histoire des expositions du roi-soleil aux artistes français, Paris, Hermann, 2009, 176 p., (ISBN 978-2-70566-898-3), p. 53.
  10. Sophie Join-Lambert, Peintures françaises du XVIIIe siècle, Tours, Musée des beaux-arts, Cinisello Balsamo, Milan, Silvana, 2008, 455 p., (ISBN 978-8-83660-998-7), p. 268.
  11. a et b Maitres français : 1550-1800 : Dessins de la donation Polakovits à l’École des Beaux-Arts, Paris, École supérieure des Beaux-Arts, 1989, 313 p., (ISBN 978-2-90363-964-8), p. 274.
  12. Frédéric Dassas, Dominique de Font-Réaulx, Barthélémy Jobert, Philippe Bata, L’Invention du sentiment : aux sources du romantisme, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2002, 287 p., (ISBN 978-2-71184-452-4), p. 96.
  13. Francis Claudon, Encyclopédie du romantisme : peinture, sculpture, architecture, littérature, musique, Paris, Éditions Somogy, 1980, 302 p., (ISBN 978-2-85056-143-6), p. 38.
  14. Frédéric Dassas, Dominique de Font-Réaulx, Barthélémy Jobert, Philippe Bata, L’Invention du sentiment : aux sources du romantisme, Paris, Réunion des Musées Nationaux, 2002, 287 p., (ISBN 978-2-71184-452-4), p. 98.
  15. Guillaume Faroult, David Pour la peinture, Paris, Jean-Paul Gisserot, 2003, 127 p., (ISBN 978-2-87747-749-9), p. 51
  16. Sébastien Allard, « Figures de Socrate », Philosophie antique : Problèmes, renaissances, usages, no 1, Villeneuve-d'Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2001, (ISBN 978-2-85939-711-1), 225 p., p. .
  17. De Watteau à David : peintures et dessins des musées de province français, no 6, Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, 1975, 209 p., p. 180.
  18. Société des études robespierristes, Annales révolutionnaires, vol. 3, E. Leroux, 1910, p. 202.
  19. Lucien Monod, Le Prix des estampes anciennes et modernes, t. 5, Paris, Albert Morancé, 1780, p. 12.
  20. Jacques Gagliardi, Le Roman de la peinture moderne, Paris, Hazan, 2006, 575 p., (ISBN 978-2-75410-088-5), p. 15.
  21. La Mort de Socrate, notice sur sites.univ-provence.fr
  22. Curius Dentatus
  23. « L'Étude et la Renommée », notice no 000PE002175, base Joconde, ministère français de la Culture
  24. « La Mort d'Alceste, ou L'Héroisme de l'amour conjugal », notice no 000PE002173, base Joconde, ministère français de la Culture
  25. « Bélisaire recevant l'hospitalité d'un paysan ayant servi sous ses ordres », notice no 05620000384, base Joconde, ministère français de la Culture
  26. « Cornélie, mère des Gracques », notice no 05620010203, base Joconde, ministère français de la Culture
  27. « Agar et l'Ange », notice no 02650003667, base Joconde, ministère français de la Culture

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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