Mattia Preti

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Mattia Preti

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Mattia Preti

Alias
il Cavaliere Calabrese
Naissance 24 février 1613
Taverna
Décès 3 janvier 1699 (à 86 ans)
La Vallette
Nationalité Drapeau de l'Italie Italie
Profession

Mattia Preti (Taverna, 24 février 1613 – La Vallette, Malte, 3 janvier 1699) dit aussi il Cavaliere Calabrese car il était chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et originaire de Calabre, est un peintre italien de l'école napolitaine, qui a été actif aussi à Rome et surtout à Malte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mattia Preti est né à Taverna en Calabre dans la province de Catanzaro, alors dans le royaume de Naples sous domination espagnole. Mattia est le troisième enfant d'une famille nombreuse pas riche mais de « qualité morale et intellecruelle » selon un de ses biographes Alfonso Frangipane[1]. Sa mère Innocenza Schipani,installée de longue date dans le village de San Martino, appartenait à l'une des quatorze familles nobles de Taverna. Mattia est baptisé le 26 février 1613, deux jours après sa naissance, dans la chapelle paroissiale. Il a comme précepteur Don Marcello Anania, prètre de l'église Sante-Barbara de Taverna. Mattia possédait un talent naturel pour le dessin, jeune déjà, il recopiait les gravures de son frère Gregorio, parti pour Rome[2].

Preti aurait fait son apprentissage à Naples auprès du peintre caravagesque Battistello Caracciolo, l'un des principaux peintres de l'école napolitaine des premières décennies du XVIIe siècle.

Période romaine (1630-1653)[modifier | modifier le code]

Il rejoint selon toute probabilité son frère Gregorio Preti, également peintre, à Rome vers 1630. Dans la cité papale, alors capitale européenne de la peinture, il perfectionne sa maîtrise du naturalisme caravagesque et étudie les œuvres des grands peintres du temps, tels que Guido Reni, Le Dominiquin, Le Guerchin, Pierre Paul Rubens et Giovanni Lanfranco. Quand il ne peint pas avec eux, il se déplace en Italie, en Espagne et en Flandre pour rencontrer certains autres. En 1641, en remerciement, la pape Urbain VIII, la recommande à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui le fait chevalier de grâce, un privilège rare à l'époque pour un non-noble (Le Caravage avait également été admis chevalier de Malte trente ans plus tôt).

À Rome, il réalise de grands décors à fresque, comme à San Giovanni Calibita, à San Carlo ai Catinari, fresques de la Vie de San Carlo du mur d'entrée peinte avec son frère Gregorio (tableau San Carlo en prière de Guido Reni, autres fresques de Le Dominiquin Les vertus cardinals et de Lanfranco L'Apothéose de Charles Borromé, sa dernière œuvre) et dans l'abside de l'église Sant'Andrea della Valle avec les scènes du Martyre de San Andrea (Giovanni Lanfranco y orne la coupole, La Gloire du Paradis, c'est le chef-d’œuvre de Lanfranco qui sera copié pour la décoration de nombreuse église en Europe comme celle de l'église du Val-de-Grâce à Paris par Pierre Mignard).

Période napolitaine (1653-1661)[modifier | modifier le code]

Mattia Preti regagne Naples en 1653 où règne alors la peinture de Luca Giordano. Preti va devenir un peintre influant de l'école napolitaine.

Lors de la peste de Naples, il peint à fresque, entre 1657 et 1659, les arcades votives des portes de la ville. Seule, aujourd'hui, reste la peinture de la porte San Gennaro. Il réalise aussi des fresques pour des églises napolitaines comme la Vita di San Pietro Celestino et la Vita di Santa Caterina d'Alessandria de la nef et des transepts de l'église di San Tietro a Majella. Il réalise aussi d'autres œuvres comme le Ritorno dei frigliol prodigo au palais royal de Naples et d'autres encore dans les églises napolitaines.

En 1659, il est appelé à Malte par le grand maître Martin de Redin.

Période maltaise (1661-1699)[modifier | modifier le code]

Mattia Preti arrivera à Malte en 1661. Il est accueilli par le grand maître Rafael Cottoner y de Oleza. Il y résidera pendant près de quarante ans, il connaîtra cinq grands maîtres qui lui permettront d'exprimer son art en devenant le peintre officiel de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Son travail le plus connu est la décoration à fresque de la voûte de la Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette. Cette réalisation monumentale reste sa principale œuvre qu'il rélise sur cinq années. Il participe à de nombreux autres chantiers décoratifs sur l'île de Malte et de Gozo. Il réalise pour l'autre cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Mdina la Conversione di San Paolo. Il peint à toile, beaucoup d’œuvres, aujourd'hui présentes dans des églises maltaises, au musée national des Beaux-Arts de La Valette mais aussi en Italie et ailleurs dans le monde. Certaines familles maltaises possèdent aussi des œuvres de Preti.

Il fait des voyages hors de l'archipel maltais comme en 1672 pour décorer les églises de sa ville natale Taverna.

À la fin de sa vie, il est reconnu dans toute l'Europe comme l'un des principaux peintres italiens et à Malte comme le plus important peintre maltais. L'historien de l'art Antonio Sergi estime que Mattia Preti aurait peint pendant sa période maltaise environ 400 œuvres, tableaux, peintures sur toile ou à fresque[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En Italie[modifier | modifier le code]

Véronique tenant un tissu où s'est imprimé le visage de Jésus
Incrédulité de saint Thomas

À Malte[modifier | modifier le code]

  • Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette :
    • Vita di San Giovanni Battista
    • Conversione di San Paolo
    • Sposalizio mistico di Santa Caterina
    • San Giorgio a cavallo
    • Ritratto del Gran Maestro Nicolas Cottoner

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfonso Frangipane, Mattia Preti - Il Cavalier calabrese, casa editrice Alpes, 1929
  2. Bernardo De Dominici, Vite dei pittori scultori ed architetti napoletani, Trani, Biblioteca Pubblica Bavarese, vol. 4, 1846.
  3. Antonio Sergi, Mattia Preti, detto il Cavalier Calabrese : la vita, l'opera, catalogo delle opere, Acireale, Tip. Ed. XX secolo, 1927

Source[modifier | modifier le code]

  • Dominic Cutajar, Histoire et œuvres d'art de l'église Saint-Jean de La Valette - Malte, Arte Nuova International, Malte, 1999, (ISBN 99909-90-02-2[à vérifier : ISBN invalide])
  • (it) Bernardo De Dominici, Vite dei pittori scultori ed architetti napoletani, Trani, Biblioteca Pubblica Bavarese, vol. 4, 1846
  • (it) Alfonso Frangipane, Mattia Preti - Il Cavalier calabrese, casa editrice Alpes, 1929


Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Dizionario della pittura e dei pittori, Einaudi, 1994
  • (it) Paolo Damiano Franzese, « Il pittore architettonico. Sulla poetica 'campanelliana' di Mattia Preti » in Archivio Storico per la Calabria e la Lucania, LXXVI (2010), p.101–120
  • (it) Sante Guido, Giuseppe Mantella, Storie di Restauri Nella Chiesa Conventuale di San Giovanni a La Valletta - La cappella di santa Caterina della Lingua d'Italia e le committenze del gran maestro Gregorio Carafa, Malta, Midsea Books, 2008, p.494 (ISBN 978-99932-72-02-1)
  • (it) Sante Guido, Giuseppe Mantella,«  Mattia Preti e la volta della Chiesa Conventuale di San Giovanni Battista a La Valletta: documenti e testimonianze 1661-2011 per il 350º anniversario dell'inizio lavori » in I Beni Culturali, v. XIX - 3, n°3, mai-juin 2011, p.7-28
  • (en) Sante Guido, Giuseppe Mantella, Mattia Preti 1613-2013. The Masterpieces in the Churches of Malta, Miranda Books, Malte, 2012, p.224 (ISBN 978-99909-85-47-4)
  • (it) Francesco Michitelli, « Mattia Preti, detto il cavalier calabrese », in L'Omnibus Pittoresco, n°.14, 21 juin 1838, p.105–108
  • (en) Rudolf Wittkower, Art and Architecture Italy, 1600-1750, Penguin Books Ltd, Pelican History of Art, 1980, p.330-331
  • (it) John Spike, Mattia Preti e Gregorio Preti a Taverna, catalogue complet des œuvres, Centro Di, 1997
  • (it) John Spike, Mattia Preti, catalogue raisonné des peintures, Flotence, 1999
  • (it) Mattia Preti - Cavalier Calabrese, catalogue de l'exposition tenue à Catanzaro entre juillet et octobre 1999, Electa Napoli editore
  • Matteo Sbalchiero, Predica di San Giovanni Battista avec un autoportrait de Mattia Preti in « Lungo il tragitto crociato della vita », catalogue d'exposition, Marseille, 2000

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Bernardo De Dominici écrivain des biographies de Vite dei Pittori, Scultori, ed Architetti Napolitani a été son élève

Liens externes[modifier | modifier le code]