Jacques II de Chabannes de La Palice

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Jacques II de Chabannes de La Palice
Image illustrative de l'article Jacques II de Chabannes de La Palice

Naissance 1470
La Palice
Décès (à 55 ans)
Pavie
Mort au combat
Origine Flag of Royalist France.svg France
Dignité d'État Maréchal de France
Conflits Guerres d'Italie
Faits d'armes 1495 : Bataille de Fornoue
1509 : Bataille d'Agnadel
1512 : Bataille de Ravenne
1513 : Bataille de Guinegatte
1515 : Bataille de Marignan
1522 : Bataille de la Bicoque
1525 : Bataille de Pavie
Autres fonctions Seigneur de La Palice
Grand Maître de France
Chambellan du roi
Famille Famille de Chabannes
Petit-fils de Jacques de Chabannes de La Palice

Jacques II de Chabannes dit Jacques de La Palice (ou de La Palisse), né en 1470 à Lapalisse dans le Bourbonnais et mort le à Pavie en Italie, était un noble et militaire français, seigneur de La Palisse, de Pacy, de Chastel-Perron, de Chezelles, de Dompierre, de Chaveroche, de Montaigu-le-Blin en Bourbonnais, de Vandenesse en Nivernais, de Céron, de Bourg-le-Comte et du Château de Semur-en-Brionnais, de La Rigaudière à Lyon, de Les Hayes en Vendômois, de La Foresterie en Anjou, de la Vicomté de Châtellerault, de Famechon en Picardie, etc. qui fut fait maréchal de France. Il servit sous trois rois de France (Charles VIII, Louis XII et François Ier) et participa à toutes les guerres d'Italie de son temps. Dans l'œuvre de nombreux historiens ou chroniqueurs du XVIe siècle dont celle des Mémoires du Maréchal de Florange Robert III de La Marck, il fut considéré d'après la Biographie Universelle de Louis-Gabriel Michaud comme un des plus grands capitaines de son temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous Charles VIII : les premiers faits d'armes d'un chevalier[modifier | modifier le code]

Fils ainé de Geoffroy de Chabannes Seigneur de Charlus et de La Palisse, Sénéchal du Rouergue et de son épouse Charlotte de Prie , demoiselle d'honneur de la reine Marie d'Anjou, fut dame de Montpoupon (Château de Montpoupon) et cousine germaine du Cardinal Georges d'Amboise, Ce petit-fils de Jacques Ier de Chabannes jadis compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, fut élevé comme Enfant d'Honneur à la Cour d'Amboise auprès du Dauphin où il montrait beaucoup d'adresse dans les tournois et les carrousels. Il entra dès l'âge de quinze ans au service du roi de France Charles VIII qui est du même âge que lui. Ses premiers faits d'armes sont, le , par sa participation à la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, où il accompagna son père Geoffroy de Chabannes au sein de l'ost français commandé par La Trémoille, qui aura plus tard un destin similaire au sien. Admiratif de la hardiesse au combat du jeune seigneur de La Palice, le roi l'adouba Chevalier au soir de la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier. Cette victoire française sur l'armée bretonne marquera la fin de la Guerre Folle et la réunion du Duché de Bretagne au Royaume de France. À partir de l'année 1490 Jacques de Chabannes seigneur de La Palisse en qualité d'écuyer fit partit des 100 gentilhommes pensionnaires de la Maison du Roi. Cette année-là, Jacques de La Palice, tout juste âgé de 20 ans, fut l'objet d'une attention toute particulière née de l'influence du souverain. En effet, Charles VIII écrivit dans une lettre datée du envoyée de Montils-Lez-Tours dans laquelle il fit part de son intention de faire le mariage de La Palice, avec sa nièce de Combronde (Françoise Dauphine de L'Espinasse), une demoiselle alliée à l'illustre Maison de Polignac. En vue de faire aboutir cet hypothétique projet matrimonial commandité par le roi, d'après la teneur de cette missive royale adressée à Monseigneur du Bouchage (Imbert de Batarnay) ce fut le Maître d'Hostel Rigaud d'Aureille seigneur de Villeneuve (Puy-de-Dôme), qui fut chargé comme émissaire officiel d'intervenir auprès du vicomte de Polignac. Pour des raisons demeurées inconnues, ce projet d'union n'eut pas de suite, car le jeune seigneur de La Palice épousa en premières noces en Jeanne de Montberon, fille du chambellan Eustache de Montberon, seigneur de Maulévrier, vicomte d'Aulnay, seigneur de Montbron, baron de Matha, et de Dame Marguerite d'Estuer-Saint-Maigrin.

Jeune capitaine dirigeant une petite compagnie d'infanterie composée de 40 lances fournies de la Compagnie d'ordonnance du roi, Jacques de Chabannes seigneur de La Palice, chambellan de sa Majesté tout juste âgé de 22 ans, passa marché le 21 Mars 1492, auprès de Jean Dauvens dit de Beauvais , marchand tailleur de robes à Paris, pour la fourniture de quatre-vingt hoquetons pour les archers de la compagnie, moyennant le prix déboursé de 184 livres tournois.

Durant l'année 1494, le roi Charles VIII accorda au jeune seigneur de La Palice une pension de 1 500 livres à prendre sur son Trésor personnel, gratification qui lui fut accordée en récompense de ses services. En cette fin d'année 1494, le téméraire capitaine de La Palice encore jeune chevalier à peine âgé de 25 ans suivit le roi en Italie afin de conquérir le Royaume de Naples. Ce fut la première fois que Jacques de La Palice eut à combattre en dehors des frontières de son pays et le roi qui l'estima à sa juste valeur lui confia la direction d'une Compagnie d'ordonnance, composée de 40 lances, soit un effectif de 300 hommes d'armes. Dans son ouvrage sur La Spédizione di Carlo VIII, l'illustre chroniqueur vénitien Marino Sanuto le Jeune nous informa que l'armée du roi de France était composée de 1 500 à 1 800 lances, en tout de quelque 9 000 hommes d'après Philippe de Commynes. Il combattit d'abord dans le duché d'Asti à Valenza, Tortona et Alexandrie. En octobre, il est dans le Milanais dont le duc Ludovic Sforza est allié du roi de France. En , il participe à la prise de Naples. Durant cette palpitante expédition militaire pour la conquête de Naples, le roi Charles VIII se préoccupa de mettre à l'avant-garde de son armée les plus valeureux de ses généraux. Dans son incontournable ouvrage sur L'Histoire de Charles VIII, le chroniqueur Antoine Varillas fit mention à propos des débuts de ce jeune chevalier d'une appréciation quelque peu prémonitoire : « Sa Majesté joignit à son avant-garde Trivulce, avec les cens hommes d'armes qu'il commandoit, presque tous milanois que Louis Sforce avoit chassez de leur païs et dépouillez de leurs biens. Elle crut que le désespoir d'estre mis à rançon les obligeroit à combattre avec d'autant plus de vigueur, qu'ils attendroient moins de quartier s'ils estoient pris, et parce qu'il estoit aussi à craindre que la haine et la vengeance ne les portassent trop avant, on leur donna pour les retenir La Palice, qui tout jeune qu'il estoit, promettoit d'estre un jour Grand Capitaine ».

Le 6 juillet, pendant le retour de l'armée en France, celle-ci se heurta près de Parme aux forces militaires de la ligue de Venise. En riposte fut donnée la bataille de Fornoue le où le jeune capitaine de La Palice ne manqua pas de contribuer puissamment au gain de la victoire. Au bénéfice de cette brillante victoire française remportée par l'importante armée du roi Charles VIII, qui avait dû déployer d'inouïs efforts pour contrer ses ennemis, la redoutable armée française fit une très grande impression dans l'esprit des chroniqueurs transalpins, qui parlèrent d'elle comme celle d'une Furia Francese. Afin d'immortaliser l'évènement marquant de cette impétueuse et effroyable bataille de Fornoue (Battaglia di Fornova) de la Ire Guerre d'Italie, le célèbre artiste de la renaissance Andrea Mantegna peignit comme ex-voto pour une église de Mantoue un grand tableau commandé par François II de Gonzague qu'il intitula La Vierge de la Victoire.

De retour en France de ses inlassables campagnes militaire en Émilie-Romagne, le jeune seigneur Jacques de La Palice, après quelques repos bien mérités, eut l'honneur de recevoir le en son château de La Palisse en Bourbonnois, l'intrépide roi Charles VIII et sa suite. Jacques de La Palice effectua le à Marcigny une montre et revue de 39 hommes d'armes et de 79 archers. Plus tard pour le récompenser de ses services, le roi lui fit don des revenus des greniers à sel de Semur et de Marcigny.

Sous Louis XII : le commandant tout puissant[modifier | modifier le code]

Charles VIII mort en 1498, La Palice accompagne le nouveau roi Louis XII à Milan. Celui-ci a en effet des prétentions sur le duché, et avait déjà attaqué Novare pendant que son prédécesseur et cousin, allié du duc de Milan, était à Naples. Milan est pris en et Sforza est battu et capturé à Novare en . La Palice s’empare en 1501 de plusieurs places dans les Abruzzes et les Pouilles, et est fait vice-roi des Abruzzes en 1502. En cette même année 1502, le seigneur de La Palice fut juge de camp dans un duel entre l'Espagnol Don Alonso de Sotomayor et le chevalier Bayard ; désigné par celui-ci pour être son parrain. L'année suivante, il est battu au siège de Ruvo di Puglia (bataille de Ruvo) et est fait prisonnier par Gonzalve de Cordoue, avant d'être libéré. Peu après sa captivité, La Palice reprit du service où il fut de nouveau confronté au Gran Capitan, et où il dut rivaliser d'astuces stratégiques face au terrible Tercio de Gonzalves de Cordoux, qui fit capituler le l'armée française de Louis XII, à la bataille de Cérignole où les Français furent vaincus.

De retour en service, il commande en 1507 l'avant-garde de l'ost français au siège de Gênes, au cours duquel il est grièvement blessé. À la guerre de la Ligue de Cambrai contre la République de Venise, Il participe en 1509 au siège de Treviglio et à la bataille d'Agnadel. Ce fut lors de cette mémorable bataille que Jean de Chabannes seigneur de Vandenenesse surnommé Le Petit Lion frère de La Palice, captura le fameux condottière Bartolomeo d'Alviano, grand chef militaire au service de la République de Venise. Cette même année, La Palice devient commandant en chef des troupes françaises en Lombardie. Envoyé au secours de l'empereur Maximilien Ier, il dirige en 1509 le siège de Padoue, sans résultat. En 1511, pendant le conflit contre les Espagnols et le pape Jules II, il succède au défunt Chaumont d'Amboise à la tête des troupes françaises en Italie. Envoyé en 1511 en opération militaire dans le Frioul et en Vénétie, La Palice repoussa l'armée vénitienne venue assiéger diverses places, et l'éminent historien Francesco Guicciardini confirma dans sa Storia d'Italia : « Les Choses changèrent de face quand on apprit que La Palice s'avançait vers Vérone, à la tête de douze cens lances et de huit mille hommes d'infanterie ». Cette même année, La Palice obtint la prestigieuse charge de Grand maître de France. En ce début d'année 1512, Gabriel d'Alègre baron de Milhau fils cadet d'Yves II d'Alègre et neveu du Grand-Maître de France Jacques de La Palice, fut nommé à la charge de Prévôt de Paris. Quand le jeune Gaston de Foix-Nemours arriva en Italie pour prendre le commandement de l'armée française, La Palice le seconde. Sous ses ordres, il se porta aux secours des bolonais assiégés par les troupes espagnoles. Il réussit à faire lever le siège, puis le , participe à la fameuse bataille de Ravenne. Cette glorieuse victoire française sur les Espagnols voit hélas la mort de l'intrépide Nemours, et La Palice qui lui succéda comme commandant en chef des armées d'Italie, fut chargé d'organiser les funérailles du valeureux capitaine. À cette mémorable bataille de Ravenne qui fit plus de 20 000 morts sur le champ de bataille et où se compta la perte immense du jeune général Gaston de Foix (23 ans), la mort de nombreux et brillants chevaliers à ses côtés ne passa pas non plus inaperçue. En même temps que Chabannes fut chargé d'organiser les obsèques de Gaston de Foix-Nemours, Jacques de La Palice fut affecté par la mort d'un autre très brillant chevalier, Yves II d'Alègre, capitaine fort réputé des guerres d'Italie qui s'allia à sa famille en devenant son beau-frère. (On peut encore voir le remarquable gisant d'Yves II d'Alègre avec les armoiries des Chabannes dans la chapelle du Château de Cordès). Aux lendemains de cette improbable victoire de Ravenne qui fut endeuillée par la mort glorieuse de Gaston de Foix-Nemours, le nouveau commandant Jacques de La Palice avait fait prisonnier le cardinal Jean de Médicis (le futur pape Léon X), légat du pape Jules II. Ce prélat, qui avait gagné la confiance des cardinaux ayant prêté allégeance au concile de Pise (1511), essaya d'entrer en relation avec la curie romaine, en vue de procéder à une souhaitable négociation diplomatique. Face à cette situation complexe, La Palice fut exposé à un compromis politique et diplomatique des plus délicats. Dans un ouvrage du XVIIe siècle sur L'Histoire Ecclésiatique, l'abbé Claude Fleury résuma parfaitement les intrigues de cet évènement historique d'importance : « (...) Il demanda permission à La Palice d'envoyer à Rome pour ses affaires particulières Jules de Médicis commandeur de Rhodes (Clément VII), son cousin-germain; il promit de solliciter le Pape et ses amis à payer sa rançon faisant accroire qu'il n'auroit pas plutôt recouvré sa liberté, qu'il accommoderoit la France avec le Saint-Siège. Sur cette promesse il obtint sa permission. Jules de Médicis vint donc à Rome et eut une audience secrète avec le pape, à qui il représenta la perte des François à la Bataille de Ravenne; la mauvaise intelligence entre La Palice et le cardinal de Saint-Séverin (Federico Sanseverino) la désertion d'un grand nombre de soldats qui s'étoient enrichis du pillage de Ravenne; l'armée des Suisses qui commençoient à paroître sur les frontières du Duché de Milan et l'obligation où se trouveroit La Palice d'y retourner avec la meilleure partie de ses troupes, pour garder ce Duché. Enfin il n'oublia rien pour persuader au Pape, que les Victorieux avoient beaucoup plus perdu dans la dernière action que les Vaincus: que l'armée françoise étoit entièrement ruinée et que bientôt on verroit une révolution de la Ligue.(...) » . Cette laborieuse victoire de Ravenne du dimanche de Pâques , pourtant gagnée grâce aux secours de l'artillerie du duc de Ferrare Alphonse Ier d'Este, ne consolida en rien la position stratégique des Français en Italie, car La Palice, au lieu de marcher en direction de Rome, eut l'ordre et fut contraint de se replier dans le duché de Milan, assiégé par les armées helvètes. Il ne resta donc à La Palice plus que l'unique choix de défendre coûte que coûte les intérêts du dernier bastion de souveraineté française en terre milanaise. Cet indéniable affaiblissement des forces françaises fut relaté dans l'œuvre de plusieurs historiens contemporains italiens, tels Guicciardinni, Paolo Giovo, L'Arioste, etc. mais fut également confirmé dans l'œuvre de Nicolas Machiavel, illustre penseur et philosophe florentin : « Les Suisses enfin s'étaient mis en marche; mais plus prudents que dans leurs précédentes expéditions, ils s'étaient hâtés de se joindre aux Vénitiens. Les deux armées réunies comptaient plus de trente mille hommes; il n'en restait aux Français qu'environ douze mille. Un décret de l'Empereur qui ordonnait à tous ses sujets de quitter le service de la France acheva d'affaiblir l'armée de La Palice. Pour comble de maux la discorde se mit entre les chefs et la désertion parmi les troupes. Un léger échec, éprouvé sur l'Adda, vint décider du sort de la campagne, et les Vainqueurs de Ravenne se trouvèrent repoussés jusqu'au pied des Alpes deux mois après cette mémorable journée ». Dans une lettre adressée le (3 jours après la bataille) à son oncle Laurent Aleman évêque de Grenoble, le chevalier Bayard, qui avait participé à cette glorieuse mais très funeste bataille, écrivit entre autres : « Monsieur, si le Roi a gagné la Bataille, je vous jure que les pauvres gentilhommes l'ont bien perdue : car ainsi que nous donnions la chasse, M de Nemours vint trouver quelques gens de pieds qui se ralliaient si voulut donner dedans; mais le gentil Prince se trouva si mal accompagné qu'il y fut tué (...) ». La plupart des chroniqueurs du temps relatèrent avec quelques variantes, cet évènement de la capture du cardinal Jean de Médicis, qui finit par réussir par son entremise auprès du Saint-Siège, à mobiliser les armées du pape, contre l'assaut des Français. Nous trouvons également chez les historiens français plusieurs interprétations de ce fait historique majeur. Cependant il fut aussi mentionnée sous la plume quelque peu partiale du célèbre écrivain français de la Renaissance François Rabelais ces lignes écrites quelque temps plus tard dans le livre IV de son célèbre Pantagruel : « (...) La Palice, hors d'état de remédier au désordre et à l'affaiblissement de son armée, dit-il encore à l'année 1512, se retire prudemment dans le Milanez, en garnit les places, et se prépare à résister à un débordement de Suisses que le Cardinal de Sion (Matthieu Schiner) amenoit contre ce dernier asile des françois en Italie (...) ». Malgré cette victoire en demi-teinte, l'armée de La Palice, qui s'attarda trop longtemps à Ravenne promise au pillage, permit aux troupes de la Sainte-Ligue de se ressaisirent afin de parvenir à chasser les français de Lombardie.

Rentré en France à l'automne, La Palice est aussitôt envoyé en octobre 1512 dans les Pyrénées pour secourir Jean d'Albret, roi de Navarre, qui vit son royaume de Navarre assiégé militairement par les troupes espagnoles de Ferdinand le Catholique. Disposant d'une armée de 10 000 hommes et de 50 canons, La Palice et le roi de Navarre décidèrent de faire le siège de Pampelune, afin de couper l'avancée de l'infanterie du duc d'Albe (Fadrique Álvarez de Toledo (1460-1531). Ce dernier, qui avait réussit à déjouer les plans de La Palice et du roi de Navarre, avait envahi depuis Saint-Jean-Pied-de-Port toute la Haute et Basse Navarre. Chargé de reconquérir le royaume de Navarre le commandant de La Palice, qui eut à redouter l'immense armée du roi d'Aragon, exécuta les ordres venus de son roi, qui s'engagea pendant cette expédition militaire, à garder auprès de lui en son château de Blois, la reine Catherine de Navarre. Dans sa Vie des Dames Galantes, l'écrivain Pierre de Bourdeille abbé de Brantôme (Dordogne), reproduisit la célèbre apostrophe adressée à La Palice par l'inconsolable souveraine délaissée loin des turbulences de son royaume en péril : « Et comment Monsieur ! Je pensais que le Roi votre maître vous eût ici envoyé pour m'ammener avec vous en mon royaume et me remettre dans Pampelune et moi vous y accompagner ainsi que je m'y étais résolue et préparée; et à cette heure vous me conviez de m'aller tenir à la Cour de France ? Voilà un mauvais espoir et sinistre augure pour moi !Je vois bien que je n'y entrerai jamais plus ». Ce mauvais présage pressenti par la reine Catherine de Foix hélas se réalisa et de toute évidence Jean III d'Albret avait déjà perdu la souveraineté de ses territoires situés au-delà des Pyrénées au profit de l'Espagne victorieuse qui acheva ainsi son unité territoriale.

Après une trêve de quelques mois, l'intrépide La Palice est de nouveau sur les champs de bataille, où il fut envoyé en mai 1513 à Thérouanne, alors seule possession française en Artois depuis la paix d'Arras de 1482, et où il dut faire face aux impressionnantes forces anglaises d'Henri VIII. Le , les Français sont battus à la bataille de Guinegatte, surnommée dans l'histoire de Journée des Espérons, tant la défaite et la débandade de la cavalerie française y fut désordonnée. La Palice y fut blessé et fait prisonnier, mais parvint miraculeusement à s'échapper. La cité de Thérouanne est finalement conquise par les Anglais. La nouvelle donne de la politique diplomatique des Valois par le traité de Dijon du scella la défaite française et la fin du rêve italien de Louis XII. La Palice s'échappe peu après la conclusion de la paix et se retire sur ses terres, au château de La Palice. Comme Grand Officier de la Couronne de par sa charge de Grand Maître de France, La Palice assista à la basilique de Saint-Denis le au cérémonial funèbre des obsèques solennelles de la reine Anne de Bretagne. Dans son ouvrage le mémorialiste Pierre Choque héraut d'armes de cette jeune princesse morte à 36 ans, confirme la présence du seigneur de La Palice, placé à droite de la dépouille royale. Quelques jours après cet événement marquant, le , La Palice ( 44 ans) épousa au château de La Fère en Picardie en présence de Marie de Luxembourg (1462-1546) et du duc de Suffolk (Richard de la Pole) Marie de Melun ( 29 ans ) descendante de la Maison de Luxembourg-Saint-Pol (Jacques de Luxembourg-Ligny), veuve en 1512 de Messire Jean V de Bruges et baronne de Montmirail (Sarthe) en Perche-Gouet, de qui elle aura trois enfants. Quelques mois après le remariage sa sœur cadette, le seigneur d'Antoing François de Melun se maria le 7 Juillet 1514, prenant pour épouse une béarnaise , Louise de Foix fille de Gaston II de Foix-Candale, qui fut la sœur d'Anne de Foix, éphémère reine de Hongrie.

Le 12 juillet 1514, le frère de Jacques de La Palice, ancien prieur de Saint-Martin d'Ambierle, Protonotaire apostolique Antoine de Chabannes (évêque) Chanoine et Comte du Velay, fut nommé par le Chapître évêque de la Cathédrale du Puy-en-Velay. Ce prélat qui eut plusieurs fiefs et charges en Bourbonnais, acheta plus tard en 1525 (proche de La Palisse) le château et la seigneurie de Gléné à Servilly. En cette fin d'année 1514, Marie de Melun nouvelle épouse de M. de La Palice laquelle naquit dans les terres de l'Empereur au Château d'Antoing, retrouva au château de la Fère-sur-Oise en Picardie, son frère ainé François de Melun[1] baron d'Antoing, seigneur de Boubers, de Richebourg, de Bohain , de Caumont, de Beaumetz, de Sainghin-en-Wespe, de Wingles, châtelain de Bapaume, etc... qui venait d'être crée par ordonnances du roi Louis XII, premier Comte d'Epinoy, le .

Sous François Ier : un vétéran des guerres d'Italie[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1515 fut le trépas du roi Lois XII en son Hôtel des Tournelles à Paris. Le vieux roi défunt n'ayant pas eu d'héritiers dans sa descendance, ce fut le fils de son cousin François Ier de la Maison de Valois-Angoulême qui fut désigné à lui succéder. Soucieux d'accorder des faveurs à ses proches, le nouveau souverain destitua La Palice de sa charge de Grand Maître, au profit d'Artus Gouffier de Boisy. Cependant le jeune roi qui connaissait la valeur des notables personnages ayant marqués le règne précédant, compta bien aussi gratifier certains de ces grands seigneurs ayant loyalement servis la Couronne. Comme tant d'autres dignitaires de la noblesse d'épée, La Palice se vit avantageusement récompensé de ses services et fut élevé à l'avènement du nouveau monarque, à la dignité prestigieuse de Maréchal de France dès le . Au printemps de cette année 1515, Jacques de Chabannes et Marie de Melun, décidèrent de se rendre dans les Pays-Bas espagnols, rendant visite à Béthune, à Haute et Puissante Dame Isabelle de Luxembourg, mère de la nouvelle épouse du Maréchal. S'inspirant des engagements religieux pris par Jeanne de France (1464-1505) la vertueuse et dévote Isabelle de Luxembourg , dame de Richebourg[2] avait fondé à Béthune en 1515 avec son fils François de Melun Comte d'Epinoy, un monastère de l'Ordre de l'Annonciation de la Vierge Marie, le second qui fut créé de cet Ordre. L'Hôtel particulier[3] de la fondatrice qui se trouvait contigu au Couvent des Annonciades, reçut au tout début de son activité huit religieuses venues de la ville de Bruges. À l'issue de cette visite de courtoisie le Maréchal de La Palice et son épouse firent à ce monastère quelques belles et louables fondations.

Cependant les ambitions politiques du jeune roi François Ier affichant à son tour ses prétentions sur l'héritage du Duché du Milanais, la guerre reprit. L'armée française entra en Piémont à travers les Alpes. L'avant-garde, commandée par La Palice, passe par le col de l'Argentière, surprenant Suisses et Italiens, et enlève Villefranche, où le général italien Prospero Colonna est vaincu et capturé. Il poursuit jusque dans le Milanais et est un des conseillers de François Ier lors de la bataille de Marignan. La victoire française est assurée par Charles III de Bourbon, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, Prince des Dombes, comte de Forez, etc., celui-ci alors connétable de France, c'est-à-dire commandant en chef, scelle le Traité de Noyon. La Palice rentre en France. De retour dans ses domaines, le Maréchal de La Palice assista le , au mariage de sa nièce Françoise de Chabannes avec Jean de Poitier, seigneur de Saint-Vallier, père en première noce de la célèbre favorite Diane de Poitiers. Après un court répit, La Palice reprit promptement le chemin de l'Italie où comme ambassadeur plénipotentiaire du roi de France il fut auprès du Chancelier Antoine Duprat un des signataires du Concordat de Bologne imposé au pape Léon X. En récompense de ses inestimables talents militaires ayant grandement servi au recouvrement de son duché du Milanais, par Lettres Patentes du , François Ier fit don au maréchal de La Palice du Château et de la Seigneurie Royale de Compiègne, et de tous les droits et revenus, procurés par ladite seigneurie royale, jouissance foncière dont le Maréchal de Chabannes eut l'usufruit sa vie durant. Au nombre des nombreuses largesses royales, le roi François Ier lui fit également don d'une somme de 8 000 écus d'or. En cette fin d'année 1516, François de Melun premier Comte d'Epinoy (Liste des seigneurs, comtes, puis princes d'Épinoy) frère aîné de la Maréchale de Chabannes La Palice ( Marie de Melun) qui avait cessé de faire allégeance à la politique du roi de France , décida de servir les intérêts de la Couronne des Habsbourgs , où il fut fait Chevalier de l'Ordre de la Toison d'or, lors du 18e chapître de l'Ordre du , tenu à la Cathédrale Saints-Michel-et-Gudule de Bruxelles. Afin de satisfaire à un rapprochement diplomatique avec la belliqueuse Angleterre, La Palice fut envoyé à Calais pour y traiter de la paix avec les ambassadeurs du roi Henri VIII (entrevue du camp du Drap d'Or). La négociation n'ayant pas abouti, Chabannes s'employa en août 1521 à la tête d'une armée de 3 000 hommes à secourir au ravitaillement de la ville de Tournai assiégée par les Impériaux, comme le confirma dans une correspondance du Chancelier Mercurino Gattinara adressée le à l'Empereur Charles-Quint. Une incessante rivalité faisait rage en Artois entre la France et les Pays-Bas bourguignon. En 1521, l'Empereur Charles-Quint confisqua à Philippe de Berghes le Château d'Olhain, soupçonné d'appartenir au parti de la France et d'être au surplus protestant , château et seigneurie que l'Empereur donna ( de 1521 à 1529 ) à son Chambellan, Conseiller et Connétable de Flandre François de Melun, frère aîné de la Maréchale de La Palice. Quelques de temps après, La Palice retourna en Italie et commanda, sous les ordres du maréchal de Lautrec, la ligne principale de l'armée française lors de la bataille de la Bicoque en 1522, qui voit les Français battus par Colonna. De retour dans ses fiefs du Bourbonnais, Jacques de La Palice et sa femme Marie de Melun devinrent seigneurs engagistes de la chatellenie de Chavroches achetée le pour la somme de 8 000 écus d'or à la duchesse Anne de France, duchesse du Bourbonnais. Chaveroche, ancienne châtellenie ducale dont la juridiction seigneuriale de Haute et Basse Justice s'étendait sur 17 communes, avait appartenu pour un temps de 1440 à 1448 à un autre et premier seigneur engagiste, ancêtre du Maréchal de La Palice qui fut jadis un ancien et redoutable capitaine d'écorcheurs seigneur de Dammartin-en-Goële du nom d'Antoine de Chabannes.

Il est peu après de retour dans les Pyrénées, envoyé au secours de Fontarabie qu’il parvient à ravitailler. Il oblige ensuite le connétable de Bourbon à lever le siège de Marseille, s’empare d’Avignon, puis dirige l'armée française vers Milan abandonnée par les Espagnols. L'année 1523 fut entachée par une affaire de « félonie d'État » de ce que l'historiographie officielle désigna sous l'affaire de la Trahison du Connétable de Bourbon. Dans une problématique successorale de la Maison ducale de Bourbon, la mère du roi Louise de Savoie flouée dans ses intentions de ne pouvoir rentrer en possession des vastes domaines du Connétable, décida de lui intenter un procès. Désormais le sort en destitution et la diabolisation du Connétable de Bourbon était-il consommé. Aussi le Connétable Charles III de Bourbon, un des derniers grands féodaux du royaume et un des vainqueur de Marignan, fut-il tenter de trouver avec une puissance étrangère, quelques appuis qui lui permettraient de retrouver son statut de grand prince militaire. Cette haute trahison et crime de lèse-majesté d'un grand officier de la Couronne précipita le roi à demander l'arrestation du Connétable. Partie du Château de La Palice, la fuite du Connétable de Bourbon supposé être dans son château de Chantelle, fut inlassablement traquée par l'armée du roi. Paradoxalement ce fut un grand seigneur originaire du Bourbonnais Jacques de La Palice qui fut chargé de son arrestation, avec la promesse du roi de l'attribution au Maréchal de La Palice d'une somme de 10 000 écus d'or s'il s'emparait de la personne du Connétable. Dans la nuit du au , John Russel émissaire du roi Henri VIII eut une entrevue avec le Connétable au Château de Gayette, en vue de pouvoir sceller une hypothétique alliance.

En 1523 après avoir confisqué la principauté des Dombes au Connétable de Bourbon, le roi François Ier la donna au Maréchal de La Palice qui fut nommé Gouverneur de la principauté et Premier Président du Parlement de Dombes.

Lors de la Bataille de la Sesia donnée le , le maréchal Jacques II de La Palice eut la douleur de perdre son propre frère Jean de Chabannes, surnommé pour son invincible courage militaire de Petit Lion, lequel mourut en brave à la retraite de Rebec aux côtés de l'illustre Chevalier Bayard. Ce Petit Lion de la lignée des Chabannes avait épousé en 1516 Claude Le Viste, fille de Jean Le Viste Président à la Cour des Aides de Paris, dame de Châtillon d'Azergue et du Château d'Arcy. D'après les travaux très controversés de l'historien d'art Henri Martin, les célèbres tapisseries de La Dame à la licorne, aujourd'hui conservées au Musée de Cluny, furent probablement tissées à la demande de Claude Le Viste et une légende prétend que Jean de Chabannes y serait représenté sous les traits d'un lion héraldique tenant altièrement la bannière de la famille Le Viste. Malgré ces nombreuses suppositions non avérées, il est cependant certain que plusieurs de ces tentures appartinrent par héritage à la famille de Chabannes. Fief de cette famille, certaines tapisseries devinrent la propriété du Château de Montaigu-le-Blin où elles apparurent en 1595 dans l'inventaire d'Éléonnore de Chabannes, petite-fille du Maréchal.

Le , La Palice commença avec son roi le siège de Pavie, défendu par les troupes espagnoles d'Antonio de Leiva. L'armée impériale fut commandée par Fernando de Àvalos et Charles de Lannoy. Le Connétable de France Charles III de Bourbon passé sous la bannière de Charles Quint, son autre suzerain pour la principauté des Dombes, en raison d'un mauvais procès que lui faisait François Ier afin de le dépouiller de ses titres et possessions pour réunir le Bourbonnais et l'Auvergne à la Couronne de France, celui-ci arriva bientôt en renfort décisif des Espagnols. Après d'incroyables efforts le preux Maréchal de La Palice qui fit merveille d'armes, repoussa plusieurs fois la fougue des belligérants, se battant avec furie comme un lion et faisant nous dit Brantôme « d'aussi beaux combats que jamais il n'avait fait au plus beau de son âge »". La Palice, qui tenait l'avant-garde de l'armée française, fut au nombre des principaux cadres militaires dirigeant le , sous les murs de la ville, la fameuse bataille de Pavie. La Palice, en sa qualité de vétéran des guerres d'Italie, fit partie des proches conseillers du roi. Au Conseil du roi, La Palice qui avait pourtant préalablement déconseillé d'engager la bataille face à l'avis prépondérant de l'imprudent Guillaume Gouffier de Bonnivet favori du Roi, dut se résoudre malgré tout à participer à ce combat qu'il sentait très mal engagé. À l'aune de cette imprévoyante résolution, le vieux Maréchal respectueux de la volonté royale fit profil bas mais ne pu s'empêcher nous dit Brantôme de s'exclamer en toute indignation : « Et bien que Dieu favorise donc aux fols et aux superbes; quant à moy afin qu'on ne pense point que je refuse le péril, je m'en vays combattre à pied avec la première infanterie; et vous autres Gendarmes françois combattés si vaillamment, que l'on connoisse qu'en tel cas périlleux, la fortune vous a plustost manquée, que non le courage ». La Palice ne parvint pas à empêcher le roi de sonner la charge des chevaliers. Dans l'enjeu de cette inextricable offensive militaire, la charge de cavalerie réduisit à néant la stratégie des artilleurs du Grand Maître de l'artillerie Galiot de Genouillac. Comme beaucoup d'autres, lancé à cheval, La Palice fut désarçonné par des arquebusiers et dut combattre à terre sous une lourde armure, face à de légers lansquenets. Après d'héroïques résistances face à l'adversité toujours plus nombreuse, La Palice, qui avait pourtant déployé d'incomparables vertus militaires pour défendre l'armée du roi de France, fut hélas vaincu par les Impériaux et dut se rendre à un capitaine napolitain du nom de Giovanni Battista di Castaldo (it)) de qui il força magnifiquement le respect. Cependant l'aubaine capture de l'invincible Maréchal de France fut disputée par un officier espagnol nommé Buzarto, qui avait lui-même espéré faire prisonnier La Palice. Furieux que l'Italien se refusât à partager une conséquente rançon tant escomptée, le cruel Buzarto déchargea son arquebuse à bout portant sur la cuirasse du Maréchal qui mourut ainsi glorieusement[4]. À l'issue de cette mémorable et désastreuse Bataille de Pavie qui fut le Waterloo de François Ier, on dénombra pas moins de 20 000 morts et de très nombreux et illustres prisonniers, dont le beau-fils du Maréchal le jeune Louis de Bruges, capitaine d'Abbeville et seigneur de La Gruthuse. En vaillant et intrépide soldat La Palice qui refusa de se rendre préférant mourir glorieusement l'épée à la main afin d'épargner la vie du monarque, ne put empêcher la capture du roi François Ier qui fut amené prisonnier de Charles-Quint à Madrid. Les nombreux exploits militaires du preux Maréchal de La Palice furent relatés dans l'œuvre de plusieurs chroniqueurs ou poètes du temps : Phillipe de Commynes, Jacques de Mailles, Jean Bouchet, Marillac, Jehan d'Authon,, Gringore, Hugues de Colonges, Jean de La Vigne, Jean Marot, Jean Molinet, Jean Barrillon, Varillas, Martin du Bellay, le Maréchal de Fleurange, François Rabelais, Claude de Seyssel, Blaise de Monluc, Ronsard, Guichardin, Antoine du Saix, Montaigne, André Thevet, etc., ou par Symphorien Champier qui ne le compara pas moins dans son ouvrage édité en 1524 sur Les Gestes, ensemble de la vie du Preulx Chevalier Bayard comme véritablement un second Bayard, compagnon dont il fut à ses côtés dans tous les combats le digne émule et le brillant frère d'armes, à une époque pourtant fertile en gloires et en prouesses militaires, tels les capitaines Robert Stuart d'Aubigny, Louis seigneur du Château d'Ars (Indre), de Louis II de La Trémoille, de Jacques de Trivulce ou de René de Savoie dit le Grand Bâtard de Savoie, etc.

La bravoure légendaire et la disparition tragique (assassinat) de cet autre Chevalier sans peur et sans reproche incarné par le preux maréchal, inspira un poète de la cour Guillaume Dubois (Crétin) qui versifia en 1525 dans une sorte de longue déploration, le trépas glorieux du feu Maréchal de La Palice, dans un ouvrage qu'il intitula : L'Apparition du Mareschal sans reproche, feu Messire Jacques de Chabannes, en son vivant Mareschal de France.

Aimé de ses soldats mais redouté et respecté de l'ennemi, la téméraire figure militaire de Jacques II de Chabannes Maréchal de La Palice, apparait dans de vieilles chroniques espagnoles, dont celle particulièrement de Hernan Pérez del Pulgar, qui fut un capitaine castillan au service de Goncalves de Cordoux. Celui que les Espagnols mentionnaient plein d'admiration dans les mémoires de leur histoire ainsi : " La Paliza, el capitan de muchas guerras y victorias " font de celui-ci un personnage doué d'un sens héroïque hors du commun, qui osa défier avec panache la fougue guerrière du Gran Capitan. Dans son incontournable ouvrage sur la Vie des Hommes Illustres et des Grands Capitaines Français, Brantôme (écrivain) fit du Maréchal de La Palice, le portrait flatteur que voici : " Les Espagnols l'appeloient souvent, el Capitan La Paliça, grand Mareschal dy Francia. Bel Honneur ! Comme nous avons appelé Monsieur de Biron dernier, le grand et premier Mareschal. J'ay veu le portrait dudit Sieur de La Palice. Il monstroit bien ce qu'il estoit, très beau et de très belle façon."

À la fin du beau et chaotique XVIe siècle (Guerres de religion), la mémoire de ce brillant capitaine des Guerres d'Italie qui combattit avec panache sur les champs de batailles fut honorée par André Thevet, cosmographe officiel du roi, qui fit paraître en 1584 une importante anthologie biographique, immortalisant l'exceptionnalité de destins hors du commun, ouvrage qu'il intitula Les Vrais Pourtraits et Vies des Hommes Illustres, Grecz, Latins et Payens.

Le mausolée du maréchal : un chef d'œuvre de la Renaissance italienne[modifier | modifier le code]

Marie de Melun, seconde épouse et veuve du Maréchal de Chabannes de La Palice ,fit élever vers 1530 dans la chapelle du château de La Palice, un magnifique tombeau qui sera plus tard saccagé pendant la Terreur sous la Révolution française. À l'aube de cette de la première Renaissance française, hormis les splendeurs qu'offrait le Grand Salon aux murs jadis tendus de cuirs de Cordoux, le Studiolo ou le Salon Doré (en réalité la Chambre Royale) du Château de La Palisse, ce magnifique cénotaphe érigé à la mémoire d'un des héros de Marignan, fut avant cet ignoble acte de vandalisme, la plus grande curiosité muséale de cette noble demeure d'une des gloires militaire de la France.

Les concepteurs de ce monument appartenaient probablement à l'atelier des Giusti, des Florentins coauteurs du tombeau de Louis XII à Saint Denis. Quelques éléments du tombeau étaient abandonnés dans une cour d'auberge. Le baron de Montfaucon, ancien maire d'Avignon, vit ces précieux débris en 1830 et les acheta pour une somme de 60 francs de l'époque soit environ 300 euros[5] ; il les lègue au musée Calvet d'Avignon où ils sont toujours exposés.

La partie conservée du tombeau est en albâtre et correspond à la base d'une composition qui devait être beaucoup plus importante. Elle représente trois des vertus cardinales :

  • la Prudence devait tenir dans sa main droite un miroir ; sa main gauche est posée sur un crâne symbole de la vanité.
  • La Force extirpe d'une tour, symbole de l'âme chrétienne, le péché représenté par un dragon auquel il manque la tête.
  • La Justice tient le long de son bras une épée ; elle devait tenir dans sa main gauche la balance traditionnelle.
  • La Tempérance figurée traditionnellement avec un mors de cheval est perdue.
Tombeau de Jacques II de Chabannes de La Palice
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Lapalissade[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lapalissade.

Définition : affirmation ou réflexion par laquelle on exprime une évidence ou qui cherche à démontrer quelque chose qui se démontre par soi-même.

Terme dérivé du nom de Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice (ou La Palisse) sur le tombeau duquel on trouve inscrit l'épitaphe : « Hélas s'il n'était pas mort/Il ferait encore envie. » Une lecture erronée de la seconde ligne l'a transformée en « Il serait encore en vie », ce qui fait de la phrase une évidence par soi-même[6].

Bien plus tard, on fit sur lui une chanson populaire remplie de vérités évidentes, dites vérités de La Palisse. Les paroles, écrites au XVIIIe siècle par Bernard de La Monnoye, comprennent entre autres les deux vers suivants : « Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie ». Depuis, lorsque vous dites quelque chose de la plus extrême évidence, votre interlocuteur vous répond (à tort[7]) : « La Palice en aurait dit autant ! »[réf. nécessaire].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes de la famille de Chabannes.

De gueules au lion d'hermine, armé, lampassé et couronné d'or. Supports : deux lévriers. Devise : NULLI CEDO ou JE NE LE CEDE À NUL AUTRE[8].

Parenté[modifier | modifier le code]

De la maison de Chabannes, issue [réf. nécessaire] du côté paternel des barons de Matha, branche aînée des comtes d'Angoulême, et du côté maternel des sires de Chabanais et de Confolens.

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

  • Marié en janvier 1492 à Jeanne de Montberon, fille du chambellan Eustache de Montberon, chevalier, vicomte d’Aulnay, baron de Maulevrier et de Matha, conseiller et chambellan du roi, et de Marguerite d'Estuer-Saint-Maigrin, sans postérité.
  • Marié le à Marie de Melun, dame de Montmirail, d'Authon et de La Basoche-Gouet, fille de Jean III de Melun (vers 1460), seigneur d'Épinoy et d'Antoing et d'Isabelle de Luxembourg, dame héritière de Richebourg, dont :
    • Charles de Chabannes, seigneur de La Palice, mort en 1551, père d'Antoine de Chabannes, sans postérité et de Suzanne de Chabannes, qui épouse en 1567 Jean Olivier, fils de François Olivier.
    • 4 filles
    • Le maire de Lapalisse aujourd'hui, Jacques de Chabannes, est son descendant direct. Il est également conseiller général du canton (PRG) et vice-président du conseil général de l'Allier, chargé de la Culture, du Patrimoine et de la Mémoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie de Melun eut également un demi-frère Frédéric de Melun dit le « bâtard de Melun », seigneur de Cottenès , de Locon et de Hellemont, nommé Grand Maître de l'Artillerie de Charles-Quint en 1542. Il fut le fils naturel de Jean III de Melun , seigneur d'Antoing et de Jeanne de Bernemicourt sa maîtresse. Suite à la démission de son frère François de Melun, premier Comte d'Epinoy, Frédéric de Melun devint Gouverneur de Béthune . Voir aussi l'ouvrage de Paul Henrard : Histoire de l'Artillerie en Belgique depuis son origine..... Bruxelles 1865. ( Frédéric de Melun - page 81).
  2. Guillaume GAZET, Histoire Ecclésiastique des Pays-Bas . 1614 ( Annonciades de Béthune, page 190 ).
  3. L'Hôtel d'Isabelle de Luxembourg qui peut se visiter existe toujours , c'est aujourd'hui la plus vieille maison de Béthune.
  4. http://www.liutprand.it/articoliPavia.asp?id=79
  5. Il s'agit de francs or, donc cela correspond à la valeur de trois pièces d'or de 20 francs de Napoléon III, le cours variant autour de cent euros la pièce
  6. Joëlle Chevé, Historia Spécial, no 9, janvier-février 2013, pages 120 et 121
  7. Il faudrait dire "La Monnoye en aurait dit autant".
  8. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Voyage de Gênes par Jehan Marot. Paris 1508. (manuscrit écrit pour Anne de Bretagne et illustré par Jean Bourdichon)
  • Le Voyage de Venise. par Jean Marot. Paris 1509
  • Historia de la Conquista del Reino de Navarra, por le Duque de Alba. par Luis Corréa. Toledo - Noviembre 1513
  • L'Art de la Guerre par Nicolas Machiavel. Florence 1520
  • Le Panégyrique du Chevalier sans reproche Louis de La Trémoille. par Jean Bouchet. Édition Renouard. Paris 1527
  • Chronica del Gran Capitan Gonçalo Hernandez de Cordoba y Aguilar par Hernando Pérez del Pulgar - Séville 1584
  • Anecdotes secrètes des Règnes de Charles VIII et de Louis XII. Édition J. Neaulme. La Haye 1741
  • L'Année Françoise ou la Vies des Hommes qui ont honoré la France, ou par leurs talents, ou par leurs services et surtout par leurs vertus. ED. Nyon. 1789
  • Jean-Charles Varennes, Le Maréchal de La Palice ou le dernier des chevaliers français, Paris, Librairie académique Perrin, 1989, 214 p., ill. (ISBN 2-262-00709-8)
  • Dante Zanetti, Vie, mort et transfiguration du Seigneur de La Palice, éditions Il Mulino, Bologne, 1992
  • Hélène Germa-Romann, Du Bel Mourir au Bien Mourir. Le sentiment de la mort chez les gentilhommes français. 1515-1643. Librairie Droz 2001
  • Histoire de la République de Venise par P. Daru de l'Académie Française. Édition Firmin-Didot. Paris 1821
  • Jean Vatout, Le Château de Compiègne, son histoire et sa description. Didier Éditeur- Paris 1852
  • Correspondance de Charles VIII et de ses conseillers avec Louis II de La Trémoille, pendant la guerre de Bretagne. Paris 1875
  • Les Aventures du Capitaine La Palisse. (roman) par Pierre-Alexis Ponton du Terrail. Édition Calmann-Lévy. Paris 1880
  • Héros Légendaires, leur véritable histoire. par Ernest d'Hervilly. Édition Alphonse Lemerre. Paris 1889
  • Le Maréchal de La Palice. par Georges Mermilliod. Collection La Plume et l'Epée. Imprimerie Berger-Levrault. Nancy 1900
  • Le IVe Centenaire d'une Chanson par Paul Serrois. Journal Le Figaro. Supplément Littéraire. (idem Revue Polybiblion par Henri Stein)
  • Guide du Bon Sens. par Franc Nohain. Éditions des Portiques. Paris 1932
  • Au Pays de Monsieur de La Palice.par André Gervais. (Collection l'Epopée de la Terre de France) Édition La Renaissance du Livre. Paris 1933
  • Le Favori de François Ier, Gouffier de Bonnivet, Amiral de France. par Francis Ambrière. Édition Hachette. Parid 1936
  • La France et son armée. par Charles de Gaulle. Édition Plon. Paris 1938
  • Monsieur de La Palice le vrai.par Hennet de Goutel. Revue Hebdomadaire, volume 48 - Édition Plon. 1939
  • Le Désastre de Pavie par Jean Giono - (collection : Les Trente Journées qui ont fait la France) Gallimard. 1963
  • Grands Personnages de l'Histoire de France. par Caroline Audibert Geneviève de la Bretesche. Édition Les Carnet d'Arthaud. 1990
  • Vita, morte e transfigurazione del Signore di Lapalisse par Dante Zanetti . Edition El Mulino. Bologne 1992
  • Pavie 1525, l'Italie joue son destin pour deux siècles.par Jean-Paul Mayer. Édition Cénomane. 1998
  • PETITION POUR UN MONUMENT A LA GLOIRE DE LA PALICE A PAVIE : http://www.liutprand.it/petizione.asp?tutte=S&ide=1
  • La Sainte Ligue et la Guerre Franco-Anglaise (1512-1514) par Guy Lemoing. Édition Economica. Paris 2011
  • Novare (1513) Dernière victoire des fantassins suisses. par Olivier Bangerter. Édition Economica. Paris 2011
  • Les Conseillers de François Ier, sous la direction de Cédric Michon. Presses Universitaires de Rennes. 2011
  • Les Combattants de Pavie, Octobre 1524-Février 1525. Revue Historique no 671. Édition PUF. Juillet 2014
  • 1515 Marignan par Amable Sablon du Terrain. Edition Tallandier. Paris 2015
  • L'Honneur perdu de François Ier, Pavie 1525. par Jean-Marie Le Gall. Édition Payot. Paris 2015
  • Le crépuscule de la chevalerie par Nicolas le Roux. Edition Champ Vallon. Paris 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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