Tintin (périodique)

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Tintin
Le Journal de Tintin
Image illustrative de l'article Tintin (périodique)

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Format A4
Genre bande dessinée franco-belge
Prix au numéro 40 FB
Fondateur André Sinave, Albert Debaty, Georges Lallemand et Raymond Leblanc
Date de fondation
Date du dernier numéro 1988
Ville d’édition Bruxelles

Propriétaire Les Éditions du Lombard, Studios Hergé

Tintin, également appelé Le Journal de Tintin à certaines époques, ou Kuifje dans la version néerlandaise, est un magazine hebdomadaire de bande dessinée réaliste de la seconde moitié du XXe siècle publié par Les Éditions du Lombard. Sous-titré « Le journal des jeunes de 7 à 77 ans » puis « Le super journal des jeunes de 7 à 77 ans », il a publié des séries comme Blake et Mortimer, Alix, Michel Vaillant, Ric Hochet et, bien sûr, Les Aventures de Tintin et Milou et Quick & Flupke.

Le premier numéro de l'édition belge est publié le . Cette édition fut également distribuée au Canada. Peu de temps après, la version néerlandaise Kuifje est également publiée. Le premier numéro de l'édition française, également distribuée en Suisse, sort en en 1948.

L'idée de publier ce magazine vient, à l'origine, d'André Sinave[1], qui désire capitaliser sur le succès de la série Tintin créée en 1929 pour le Petit Vingtième par Hergé. Par la suite, une rencontre entre Hergé, André Sinave et Raymond Leblanc est organisée[1]. C'est Raymond Leblanc et Georges Lallemand qui fondent à Bruxelles la maison d'édition Le Lombard, chargée de publier le périodique.

En 1968, 1969 et 1970, le journal Tintin participe, avec les firmes Apollinaris et Torck à l'organisation des trois dernières éditions des jeux de plage publicitaires Les Rois du volant à la côte belge.

Le journal cesse de paraître en novembre 1988 : les ayants droit d'Hergé, détenteurs du nom de Tintin, ont en effet décidé de lancer sans Les Éditions du Lombard un nouveau journal, Tintin reporter, qui disparaît cependant au bout de quelques mois, faute de succès. Le Lombard lance à son tour un nouveau périodique destiné à remplacer Tintin, Hello Bédé, qui paraît jusqu'en 1993.

Les rédacteurs en chef[modifier | modifier le code]

Rédacteurs en chef du Journal de Tintin[2]
De À Rédacteur en chef
1946-1946 1947-1947 Jacques Van Melkebeke
1947-1947 1959-1959 André Fernez
1959-1959 1965-1965 Marcel Dehaye
1965-1965 1974-1974 Greg
1974-1974 1976-1976 Henri Desclez
1976-1976 1979-1979 André-Paul Duchâteau
1979-1979 1988-1988 Jean-Luc Vernal
1992-1992 19??-19?? Yves Sente

Caractéristiques de publication[modifier | modifier le code]

Caractéristiques de publication du Journal de Tintin [3]
Date Année No  Nombre de pages Format (cm) Belgique (FB) Canada ($) Congo et étranger (FB) Espagne (pesetas) France (FF) Luxembourg (FL) Suisse (FS) Slogan
1946-09-261946-09-26 1er 1 12 21x29,5 3,50 - - - - - - Chaque jeudi
1946-12-191946-12-19 1er 13 16 21x29,5 4,00 - - - - - - Chaque jeudi
1948-09-161948-09-16 3e 38 20 21x29,5 5 - - - - - - Chaque jeudi
1949-11-101949-11-10 4e 45 20 21x29,5 5 - 6 - - - - Chaque jeudi
1950-11-091950-11-09 5e 45 20 21x29,5 5 - 6 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans (l'idée de ce slogan provient de Karel Van Milleghem, rédacteur en chef de Kuifje)
1951-07-041951-07-04 6e 27 20 21x29,5 6 - 7 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1955-10-191955-10-19 10e 42 32 21x29,5 8 0,15 10 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1959-04-081959-04-08 14e 14 32 21x29,5 8 0,15 19 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1959-12-161959-12-16 14e 50 32 21x29,5 8 0,15 11 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1960-02-241960-02-24 15e 8 48 21x29,5 8 0,15 10 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1960-03-021960-03-02 15e 9 48 21x29,5 10 0,20 12 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1962-01-021962-01-02 17e 1 52 21x29,5 10 0,20 12 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1964-01-071964-01-07 19e 24 52 21x29,5 10 0,25 12 - - - - Le journal des jeunes de 7 à 77 ans
1965-06-151965-06-15 20e 1 52 21x29,5 10 0,25 12 - - - - Le super journal des jeunes de 7 à 77 ans
1967-01-031967-01-03 22e 1 52 21x29,5 12 0,25 - - - - - Le super journal des jeunes de 7 à 77 ans
1970-02-101970-02-10 25e 6 52 21x29,5 12 0,25 - - - - - L'hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans
1970-03-101970-03-10 25e 10 52 21x29,5 12 0,25 - - - - - Le super hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans
1971-01-051971-01-05 26e 1 52 21x29,5 15 0,25 - 25 - - - L'hebdomadaire des jeunes de 7 à 77 ans
1971-01-121971-01-12 26e 2 52 21x29,5 15 0,25 - 25 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1973-07-241973-07-24 28e 30 52 21x29,5 15 0,30 - 25 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1973-10-301973-10-30 28e 44 52 21x29,5 15 0,30 - 30 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1974-01-011974-01-01 29e 1 64 21x29,5 15 0,30 - 30 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1974-03-261974-03-26 29e 13 64 21x29,5 18 0,35 - 30 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1974-04-091974-04-09 29e 15 64 21x29,5 18 0,35 - 30 - - - L'hebdomadaire qui a du nez ! (pour ce numéro uniquement?)
1974-10-021974-10-02 29e 40 64 21x29,5 20 0,40 - 35 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1975-01-011975-01-01 30e 1 68 21x29,5 20 0,40 - 35 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1976-01-011976-01-01 31e 1 52 21x29,5 20 0,50 - 40 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1976-10-051976-10-05 31e 41 52 21x29,5 25 0,60 - 50 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1978-01-031978-01-03 33e 1 52 21x29,5 25 0,60 - 60 - - - L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1979-01-021979-01-02 34e 1 52 21x29,5 25 0,75 - 60 4 25 2,5 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1979-01-091979-01-09 34e 2 52 21x29,5 25 0,75 - 60 4 26 2,5 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1979-02-061979-02-06 34e 6 52 21x29,5 25 0,75 - 60 4 26 2,0 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1979-07-171979-07-17 34e 29 52 21x29,5 25 0,75 - 75 4 26 2,5 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1980-07-011980-07-01 35e 27 52 21x29,5 25 1,00 - 75 4 26 2,0 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1980-10-141980-10-14 35e 42 52 21x29,5 25 1,00 - 75 5 26 2,0 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans
1980-11-041980-11-04 35e 45 52 21x29,5 25 1,00 - 75 5 26 2,5 L'hebdomadaire des super-jeunes de 7 à 77 ans

Historique[modifier | modifier le code]

Le début : 1946-1949[modifier | modifier le code]

Le premier numéro, daté du , comporte douze pages et réunit des artistes de bandes dessinées de renom:

Dès le treizième numéro (), le Journal de Tintin passe à seize pages.

Les années suivantes, Hergé reprend Jo, Zette et Jocko, apparus pour la première fois dans Cœurs Vaillants. Étienne le Rallic fournit une variation humoristique avec Jojo Cow-Boy et Teddy Bill.

En 1947,Tonet Timmermans dessine des couvertures puis une bande dessinée.

En 1948, Jacques Martin arrive avec Alix, en même temps que Dino Attanasio et Willy Vandersteen.

En , le Journal de Tintin passe de seize à vingt pages.

Pendant plusieurs décennies, Hergé garde le contrôle artistique du magazine, d'où ses interférences dans, par exemple, Le Fantôme espagnol de Willy Vandersteen, premier épisode de Bob et Bobette publié dans le journal, (Suske en Wiske en néerlandais en est à son dixième récit à cette époque); cet épisode et les suivants publiés dans le Journal de Tintin sont redessinés dans une ligne plus claire et épurée.

Le , est publiée la première version française du Journal de Tintin. Bien que les versions belge et française comportent presque les mêmes bandes dessinées, il y a des lignes éditoriales distinctes. De plus, alors que l'édition belge recommence la numérotation à chaque année, l'édition française utilise une numérotation continue d'une année à l'autre.

En 1949, Bob de Moor rejoint le Journal de Tintin et y dessine quelques pages de gags.

Le chèque Tintin[modifier | modifier le code]

Pour fidéliser ses lecteurs, le journal crée une sorte de point de fidélité qu'il nomme le chèque Tintin (qui se nommera en Belgique le timbre Tintin) et dont on trouve un point dans chaque exemplaire du journal. On peut obtenir des cadeaux divers, tous hors commerce (ce sera l'idée de génie) en échange d'un nombre donné de points pour chaque cadeau. Des marques de produits alimentaires, devant l'engouement des lecteurs s'affilient elles aussi au chèque Tintin : on en trouve sur des boîtes de farine, de semoule, des soupes, des entremets, et il existe même un soda Tintin, puis des chaussures Tintin.

Parmi les cadeaux, les très beaux chromos de la collection Voir et savoir ayant pour thèmes l'aviation, les bateaux, l'automobile illustrés d'images originales et un jeu de l'oie dont chaque case est une image extraite d'un album et plus ou moins en rapport avec la case en question. Le jeu porte extérieurement une vignette dorée représentant un chèque Tintin géant.

La SNCF se met elle-même de la partie en proposant d'échanger huit cents chèques Tintin contre cent kilomètres en chemin de fer !

Les années 1950[modifier | modifier le code]

Les années 1950 voient l'arrivée de nouveaux artistes :

Nouveaux artistes des années 1950
Nom Avec les séries
Raymond Reding Jari (1957, sports)
Vincent Larcher (1963, sports)
Section R (1972, sports
Albert Weinberg Dan Cooper (1957, aviation)
Tibet Chick Bill (western humoristique)
Ric Hochet (journaliste enquêteur)
Raymond Macherot Chlorophylle
Clifton (détective) repris plus tard par Turk, De Groot et Bedu,
François Craenhals Pom et Teddy
Liliane et Fred Funcken Le Chevalier blanc
Jacques Martin Lefranc
Jean Graton Michel Vaillant
Albert Uderzo et René Goscinny Oumpah-Pah
Dino Attanasio Signor Spaghetti
Berck Strapontin

Rivalité entre Tintin et Spirou[modifier | modifier le code]

Pendant des années, les journaux Spirou et Tintin sont en émulation mutuelle jusqu'à la disparition de ce dernier au début des années 1990, avec un apogée dans les années 1950 et 1960. Les deux hebdomadaires ont d'abord des tons totalement différent, Spirou axé sur la fantaisie et l'humour, Tintin d'un aspect plus sérieux et éducatif[4]. Tintin commence à modifier sa ligne éditoriale au milieu des années 1950, en débauchant André Franquin qui vient de se disputer avec Dupuis[5] et surtout au milieu des années 1960, en recrutant Michel Greg comme rédacteur en chef. Dès lors, les différences éditoriales des deux hebdomadaires ne vont plus être aussi nettes[6]. L'autre grosse différence est le style graphique, Spirou étant adepte de la caricature et du dessin instinctif (style dit de l'école de Marcinelle du nom de la commune de Charleroi où résidait Dupuis), alors que Tintin possède un style plus académique et réaliste (l'école de Bruxelles, la ligne claire)[7]. L'ambiance au sein des deux rédactions est également très différente, car chez Spirou les auteurs sont indépendants et travaillent chez eux en toute liberté, alors que chez Tintin les auteurs travaillent souvent avec des horaires de bureau[8].

Entre les deux périodiques existe un accord tacite de « non-agression » qui fait qu'une maison d'édition ne peut débaucher un auteur du concurrent[9]. Les deux maisons d'édition préfèrent se livrer concurrence sur la qualité du papier d'impression ou le nombre de pages, plutôt qu'à une surenchère sur les auteurs qui ferait grimper le prix des planches[10]. Quelques exceptions cependant, la plus spectaculaire étant le passage chez Tintin d'André Franquin, qui collabore pendant quelques années aux deux hebdomadaires en même temps[9]. D'autres transfuges de Spirou à Tintin suivront, Michel Greg[11] et Will (qui fait le chemin inverse quelques années plus tard)[12], Eddy Paape[13], ou de Tintin à Spirou, comme Raymond Macherot[14]. Lorsque les auteurs changent d'employeur, ils sont obligés d'abandonner tous leurs droits sur leurs séries et personnages précédents et bien souvent ils se contentent de recréer une série similaire en changeant simplement la forme graphique et le nom des personnages[15]. Les ventes des deux hebdomadaires n'ont jamais connu de gros écarts[10].

André Franquin crée la série Modeste et Pompon pour le Journal de Tintin alors qu'il poursuit d'autres séries chez Spirou. André Franquin quitte le Journal de Tintin après ses obligations contractuelles, mais la série Modeste et Pompon est poursuivie plusieurs années par Dino Attanasio, Mittéï, Griffo ainsi que Walli et Bom.

Certains artistes passent de Spirou vers Tintin tels que Eddy Paape, Jean Graton et Liliane et Fred Funcken. D'autres passent de Tintin vers Spirou tels que Raymond Macherot et Berck.

Les années 1960[modifier | modifier le code]

Un nouvel élan humoristique est donné avec l'arrivée des artistes suivants :

Au numéro 9 de la 15e année (), le Journal de Tintin passe à 48 pages pour accueillir, entre autres, toutes ces nouvelles séries.

En 1969 et en 1970, le journal Tintin participe aux deux dernières éditions des jeux de plage publicitaires Les Rois du volant organisés par Apollinaris et Torck.

Les années 1970[modifier | modifier le code]

Le magazine retourne à la bande dessinée réaliste avec :

Mais l'humour n'est pas oublié avec :

Les années 1980, le déclin[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, les ventes déclinent ; peu d'artistes rejoignent le magazine, tels :

La fin du titre original Tintin eut lieu en . Il continua un mois plus tard sous le nom Tintin reporter, publié par Yeti Presse.

La version française avait déjà été arrêtée en 1972 et continuait sous différents noms (Tintin l'Hebdoptimiste, Nouveau Tintin) jusqu'en 1988.

Tintin reporter ne survécut que quelques mois et fut suivi par Hello Bédé en .

La version finale, de nouveau publiée par Le Lombard, continua jusqu'en 1993.

Bandes dessinées publiées dans la version française de Tintin[modifier | modifier le code]

La liste ci-dessous ne mentionne pas les aventures qui se résument à un seul n° de Tintin (à l'exception de bandes - plusieurs pages - mettant en scène les héros légendaires de la revue) ; il en est de même pour Les aventures du Professeur Troc (par Bob de Moor), Les Aventures de son Altesse Riri (par Willy Vandersteen), Signor Spaghetti exterminateur (par Dino Attanasio), Modeste et Pompon (par Franquin, seul, ou en collaboration avec Greg ou Goscinny ou Loulou ou Tibet ou Greg ou Gody, puis Dino Attanasio, Mittéï, etc.), Prudence Petitpas (par Maréchal, seul, ou en collaboration avec Macherot ou Goscinny ou Greg ou Mittéï), Indésirable Désiré (par Mittéï, scénario Vicq), Balthazar (par Bob de Moor), Fleurdelys par Mazel, seul, ou en collaboration avec Vick, Les gags à Taka Takata (par Jo-El Azara), le Skblllz (par Géri), Max l'explorateur par Bara, Robin Dubois (par Turk et Bob de Groot), La Tribu terrible (par Gordon Bess), L'espion jovial par Lhun et Lôtre, Rififi (par Guy Mouminoux), Trois hommes en marmite (par Bara), Cubitus (par Dupa), Benjamin (par Hachel), etc.

Elle se termine au no 1262 du 04/01/1973 qui précède le premier n° de "Tintin - l'hebdoptimiste" daté du 09/01/1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]