La Marque jaune

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La Marque jaune
6e album de la série Blake et Mortimer
Fresque murale reproduisant la couverture de l'album, réalisée en 2005 à Bruxellespar Art Mural
Fresque murale reproduisant la couverture de l'album, réalisée en 2005 à Bruxelles
par Art Mural

Auteur Edgar P. Jacobs
Genre(s) Aventure
Policier
Science-fiction

Personnages principaux Francis Blake
Philip Mortimer
Lieu de l’action Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (Londres)
Époque de l’action Années 1950

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue originale Français
Éditeur Les Éditions du Lombard
Première publication Du au dans Le Journal de Tintin
Nb. de pages 66 planches

Adaptations La Marque jaune (feuilleton radio, années 1950)
La Marque jaune
(jeu vidéo, 1988)
La Marque jaune
(dessin animé, 1997)
Albums de la série

La Marque jaune est la troisième aventure et le sixième album de la série de bande dessinée Blake et Mortimer, scenarisée et dessinée par Edgar P. Jacobs. Elle est publiée en planches hebdomadaires dans Le Journal Tintin du [1] au . Elle est ensuite éditée en album en aux Éditions du Lombard, puis rééditée en aux Éditions Blake et Mortimer. L'histoire a été traduite dans près d'une dizaine de langues. Elle a été adaptée en feuilleton radiophonique, en dessin animé et en jeu vidéo, et a fait l'objet de plusieurs projets de films.

Edgar P. Jacobs s'inspire notamment du cinéma expressionniste allemand des années 1920, avec un travail sur le monochrome et les jeux d'ombres lors des séquences de nuit et la présence d'un personnage de savant fou et de sa créature. L'album, considéré comme le plus abouti et le plus emblématique de Jacobs, est devenu une référence dans le monde de la bande dessinée franco-belge.

La bande dessinée raconte l'enquête du capitaine Francis Blake de l'« Intelligence Service » et de son ami le professeur Philip Mortimer sur la « Marque jaune », un mystérieux criminel ayant commis une série de cambriolages spectaculaires à Londres. La nécessité de retrouver l'individu se fait plus pressante lorsqu'il enlève quatre notables londoniens au nez et à la barbe de la police.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Résumé[modifier | modifier le code]

Sur une face aveugle de l'immeuble des Éditions du Lombard à Bruxelles, une toile peinte due à Johan De Moor et aujourd'hui démontée représentait la plupart des héros de la BD franco-belge surmontés du personnage d'Olrik, « La Marque Jaune ».

À Londres, un mystérieux criminel commet une série de cambriolages spectaculaires qu'il signe à la craie jaune avec la lettre grecque M entourée d'un cercle. Cette série culmine par le vol de la Couronne impériale dans la Tour de Londres[a 1],[a]. Nul ne semble pouvoir arrêter ce personnage insaisissable surnommé la « Marque jaune ». Le capitaine Francis Blake de l'« Intelligence Service » (MI5) est alors chargé par le Home Office d'aider l'inspecteur-chef Glenn Kendall de Scotland Yard dans son enquête[a 2]. Il fait appel à son ami le professeur Philip Mortimer et les deux amis passent la soirée au Centaur Club en compagnie de Leslie Macomber, rédacteur en chef du Daily Mail, de Sir Hugh Calvin, juge, du professeur Raymond Vernay, médecin, et du docteur Jonathan Septimus, psychiatre[a 3]. Le soir même, Vernay est enlevé par la Marque jaune[a 4], et le lendemain, c'est au tour de Macomber[a 5]. Il ne fait alors aucun doute que Calvin et Septimus sont les prochaines cibles, et ils disparaissent eux aussi malgré la protection de la police[a 6].

Mortimer mène l'enquête de son côté et découvre un lien entre les quatre victimes : une affaire remontant à 1922 concernant la publication d'un livre intitulé The Mega Wave (L'Onde Méga) écrit par un mystérieux Dr Wade. Il déniche un exemplaire du livre et apprend toute la vérité en le parcourant[a 7]. Il se rend aussitôt en taxi à Limehouse Dock où la Marque jaune, qui a donné rendez-vous à Blake dans un entrepôt abandonné, vient de tenter d'assassiner le capitaine[a 8]. Quand Mortimer arrive sur place, la Marque jaune est en train de s'enfuir et le professeur se lance à sa poursuite. Il arrive finalement à la tanière de l'ennemi public numéro 1 et découvre avec stupeur qu'il n'est autre qu'Olrik, contrôlé par le Dr Septimus lui-même[a 9].

Capturé, Mortimer se voit révéler toute l'histoire par Septimus : trente ans plus tôt, le psychiatre avait publié The Mega Wave sous le pseudonyme du Dr Wade. Il y expliquait que le corps humain était dirigé par une onde du cerveau — l'onde Méga — qu'il était possible de contrôler, une théorie qui lui valut d'être raillé par la communauté scientifique et la presse, Vernay et Macomber en tête. L'éditeur du livre intenta un procès en diffamation contre ces derniers qui remportèrent le procès grâce au juge Calvin, profondément opposé aux thèses du livre[a 10]. Outré par l'accueil réservé à ses théories et la mort de son éditeur, il partit dans le nord du Soudan comme médecin de garnison pour oublier toute cette affaire. Mais un jour, il rencontra un homme complètement fou errant dans le désert sans savoir que c'était Olrik, le dangereux criminel qui venait d'avoir l'esprit effacé par le cheik Razek[2],[a 10]. Il pensa que cet homme à la personnalité défaillante était la personne idéale pour mettre en pratique les idées qu'il avait exprimées dans son livre. Revenu à Londres, il construisit, dans un abri anti-aérien sous sa maison, le télécéphaloscope, une machine capable de contrôler l'onde Méga. Olrik, portant un costume approprié, commit bientôt quelques méfaits pour s'entraîner, puis enleva les véritables cibles de la vengeance de Septimus. Ce dernier montre alors à Mortimer quels esclaves dociles Vernay, Macomber et Calvin sont en train de devenir[a 10].

Pendant ce temps, les recherches commencent pour retrouver Mortimer et grâce au conducteur du taxi qui le conduisit à Limehouse Dock, Blake et Kendall retrouvent la veste du professeur de même que le livre qui leur permet de découvrir la vérité[a 11]. La police envahit la maison de Septimus et s'attaque à la porte blindée dans la cave. Dans le laboratoire souterrain, Mortimer, se souvenant de la phrase magique du cheik Razek, lance « Par Horus demeure » au visage d'Olrik qui se retrouve déstabilisé. Septimus, fou de rage, détruit par inadvertance le poste de contrôle du télécéphaloscope et Olrik, libéré, se retourne contre son maître et le pulvérise avec sa propre machine à foudre[a 12]. Au moment où Olrik se retourne contre Mortimer, les hommes du Yard font céder la porte, le mettant ainsi en fuite. Les prisonniers sont libérés et la Couronne impériale est retrouvée au moment où débute le jour de Noël[a 13].

Personnages[modifier | modifier le code]

La Marque jaune met en scène les trois personnages principaux de la série : les deux héros, le capitaine Francis Blake et le professeur Philip Mortimer, et le principal antagoniste, le colonel Olrik. D'autres personnages récurrents de la série font partie de l'histoire dans des rôles très secondaires : Ahmed Nasir, qui fait sa dernière apparition sous la plume de Jacobs et joue ici le rôle d'un simple domestique[h 1], et Mrs Benson — qui fait sa première apparition.

Lieux[modifier | modifier le code]

Tour de Londres où se déroule la première séquence de la bande dessinée.

La majeure partie de l'action se déroule à Londres, au Royaume-Uni, notamment dans Central London. Cependant, l'épisode de l'accident du train, lui, se déroule dans le comté d'Essex, quelque part entre Chelmsford et Colchester, à environ deux miles de la gare de Witham[a 14]. De plus, une partie du récit de Septimus se situe dans l'actuel Soudan : il explique s'être établi à Fanaka, petite localité de la province du Nil Bleu, puis avoir été sollicité par le commissaire du district installé à Wisko, poste en plein désert[a 15].


De nombreuses rues de la capitale britannique sont citées : Piccadilly Circus, Shaftesbury Avenue[a 19], New Oxford Street[a 20], Coptic Street[a 20], Great Russell Street, Green Park, Narrow Street (en), Commercial Road (en), Cable Street (en), Holborn Circus (en), Endsleigh Street, Woburn Place (en) et Harley Street[b]. Ainsi que les quartiers de : Paddington, Kennington et Hoxton.

Création de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Contexte d'écriture[modifier | modifier le code]

Photographie en couleurs montrant un groupe de personnes sur le balcon du palais.
Apparition de la reine sur le balcon du palais de Buckingham après le couronnement.

Au moment de commencer l'écriture de La Marque jaune, Edgar P. Jacobs, avec ses aventures de Blake et Mortimer, est un des piliers du magazine Le Journal de Tintin, l'un des principaux hebdomadaires pour la jeunesse, édité en Belgique et en France[3]. Le premier volet de la série, Le Secret de l'Espadon, dont la publication commence en [b 1], rencontre un succès immédiat, et devient le premier album de bande dessinée édité par Le Lombard en 1950[b 2],[4]. La deuxième histoire de Blake et Mortimer, Le Mystère de la Grande Pyramide, paraît de à [b 3], et connaît le même succès[5]. À la fin du mois d'août suivant, Jacobs entreprend un voyage à Londres avec sa nouvelle compagne, Jeanne Quittelier, pour effectuer des repérages en vue du nouveau récit qu'il prépare[h 2],[b 4].

Avec l'épisode du vol de la Couronne impériale, placé en ouverture de La Marque jaune, Edgar P. Jacobs adresse un clin d'œil à l'histoire contemporaine. La publication de son nouveau récit commence le , soit deux mois après le couronnement de la reine Élisabeth II. La cérémonie est mondialement diffusée en direct à la télévision, constituant une première historique[h 2]. Pour représenter la couronne, le dessinateur n'a à sa disposition qu'une vieille photo en noir et blanc datant de 1911, seul document fiable qu'il ait trouvé[h 3].

Travail de documentation[modifier | modifier le code]

Photographie en noir et blanc montrant une vue d'ensemble du bâtiment, pris de l'autre côté de la rivière qu'on voit au premier plan.
Le siège de Scotland Yard.

L'aspect très réaliste des décors est dû au fait que Jacobs travaille à partir de croquis et de photographies contemporaines de l'action qu'il a lui même pris sur le terrain[6],[c]. Avec sa compagne, Jeanne Quittelier, il séjourne trois nuits au Royal Hotel, dans le quartier de Bloomsbury, et passe ses journées à arpenter les rues de la ville[b 4]. À cette époque, les rues de Londres évoquent encore l'Angleterre traditionnelle que l'on retrouve dans Blake et Mortimer, et le dessinateur se plait à voir dans les rues « des parapluies roulés et des chapeaux melons encore nombreux », ainsi que de « superbes Indiens enturbannés » qui rappellent « Kipling et les fastes de l'Empire[b 4] ».

Edgar P. Jacobs prend de nombreux clichés de la Tour de Londres et du siège de Scotland Yard, sur Victoria Embankment. Mais alors qu'il avait prévu de situer la maison du Dr Septimus près de Gordon Square, il s'aperçoit que lieu ne convient pas à ses volontés, et finit par trouver, un peu plus loin, un immeuble à la façade de briques rouges et de stuc sur Tavistock Square[b 4]. Pour autant, le dessinateur ne se rend pas dans tous les lieux de l'intrigue. Par exemple, il s'est contenté de dessiner Limehouse Dock à partir d'un volume du Country Life (en) Picture Book of London, ainsi que de photos du port de Bruxelles. Cela ne l'a pas empêché de représenter brillamment l'état d'abandon de ces quais, conséquence de la crise qui résulta de l'accession de l'Inde à l'indépendance[h 4].

Références littéraires et cinématographiques[modifier | modifier le code]

Affiche colorée montrant un homme penché sur une femme allongée, dans un décor angoissant.

L'élaboration du scénario de La Marque jaune doit beaucoup aux discussions de l'auteur avec son ami de toujours, Jacques Van Melkebeke, dont la connaissance des mythes de la littérature anglo-saxonne est approfondie. Les deux hommes travaillent dans l'appartement de Jacobs, situé Avenue du Couronnement, à Bruxelles[b 5]. Edgar P. Jacobs imagine successivement plusieurs titres pour ce nouvel album : L'Homme aux lunettes jaunes, Un cas étrange, L'Onde Méga, L'Onde de Prométhée, ou encore Le Fluide maléfique. Ces titres évoquent ceux de chefs-d'œuvre britanniques incontournables, tels que L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, de Robert Louis Stevenson, ou Frankenstein ou le Prométhée moderne, de Mary Shelley[b 5].

Mais l'auteur puise également dans des lectures plus récentes. Jacques Van Melkebeke lui conseille la lecture d'un roman de Curt Siodmak, un écrivain berlinois exilé à New York, Le Cerveau du nabab (en), dont la traduction française paraît en 1949 et qui développe le thème de la manipulation des cerveaux. Plusieurs scènes du roman se retrouvent dans le récit didactique que propose le Dr Septimus à Mortimer à la fin de l'album[b 5]. De même, par sa structure et son suspense, le rituel de La Marque jaune rappelle celui des Dix Petits Nègres, le roman policier d'Agatha Christie[b 6].

Photographie en noir et blanc d'un homme en costume tenant une cigarette allumée dans sa main droite.
Conrad Veidt (en 1941) inspire les traits du Dr Septimus.

Les références cinématographiques sont nombreuses dans l'album, en particulier celles tirées du cinéma expressionniste allemand des années 1920, que Jacobs et Van Melkebeke appréciaient beaucoup[b 5]. En premier lieu, l'usage de l'hypnose par un savant sur son cobaye afin de commettre des crimes à sa place, et pour assouvir son désir de vengeance envers la société, évoque le psychiatre du Cabinet du docteur Caligari, un film de Robert Wiene datant de 1920[b 5]. À travers le conflit qui l'oppose à sa créature, le personnage du Dr Septimus évoque celui du scientifique Victor Frankenstein, tel qu'il apparaît dans les deux films du réalisateur anglais James Whale, Frankenstein (en 1931) et surtout La Fiancée de Frankenstein (en 1935). Dans ce dernier film, le savant est secondé par un être maléfique, le Dr Septimus Pretorius, interprété par l'acteur Ernest Thesiger, et qui inspire ainsi le nom du personnage de Jacobs[b 5],[7].

La poursuite de la Marque jaune dans les égouts par Mortimer rappelle la cavale du personnage joué par Orson Welles dans le film de Carol Reed Le Troisième Homme, sorti en 1949[b 7].

Les inspirations physiques du Dr Septimus sont multiples. Pour le dessiner, Edgar P. Jacobs s'inspire de l'oncle de sa compagne, Arthur Vasselio[h 5], mais le savant fou reprend également les traits de l'acteur Conrad Veidt dans Le Crime du docteur Warren de Friedrich Wilhelm Murnau, sorti en 1920[h 5], tandis que sa personnalité rappelle celle du Docteur Gogol, incarné par Peter Lorre dans Les Mains d'Orlac (1935) de Karl Freund, un manipulateur en état de déséquilibre psychique[h 5].

Photographie en noir et blanc montrant une peinture accrochée au mur, où figure un homme au regard halluciné avec la lettre M dans son dos.
Une peinture murale dans un café-dansant de Bavière évoque Peter Lorre dans M le maudit.

L'homme à la Marque jaune, qui terrorise les habitants de Londres évoque de grands mythes littéraires tels que le Golem ou le monstre de Frankenstein[8]. Ses lunettes, sa force dévastatrice et son rire sardonique rappellent ceux du personnage principal de L'Homme invisible, le film de James Whale sorti en 1933 et adapté du roman éponyme de H. G. Wells, l'écrivain fétiche d'Edgar P. Jacobs[h 5], tandis que sa cape évoque celle du Fantômas de Jean Sacha, sorti en 1947[h 5].

Par ailleurs, le M tracé à la craie jaune — à voir plutôt comme la capitale de la lettre grecque « µ » (mu) que comme la lettre latine « M » — avec lequel Olrik signe ses forfaits, est une référence explicite au film M le maudit de Fritz Lang, sorti en 1931. Dans ce film, le tueur est marqué d'un M à la craie par la pègre qui le traque. Une case de l'album où l'on voit la marque sur le dos du pardessus de Blake est directement reprise d'un plan du film[9],[10].Edgar P. Jacobs transpose également le regard halluciné de l'acteur Peter Lorre dans les traits d'Olrik[11].

Dans un article publié dans la revue Positif en 1986, Sylvain Bouyer croit déceler une ressemblance entre la silhouette du personnage principal du film L'Homme au masque de cire, réalisé par André de Toth en 1953, et celle de la Marque jaune[12], ce que contredit Charles Dierick en s'appuyant sur un argument chronologique : le film est projeté dans les cinémas bruxellois à partir du , alors que Jacobs est déjà en pleine préparation de son album, et ce depuis un an au moins[13]. Par ailleurs, les deux images rapprochées par Bouyer présentent un certain nombre de différences, en particulier les points de vue adoptés par le réalisateur et le dessinateur[13].

Références historiques et culturelles[modifier | modifier le code]

Lettre écrite à l'encre rouge sur papier.
Fac-similé du recto de la lettre « Dear Boss » reçu par la Central News de Londres et signée Jack l'Éventreur.

Le chef du gouvernement britannique dessiné par Edgar P. Jacobs dans La Marque jaune, cigare à la main, évoque Winston Churchill, Premier ministre de 1940 à 1945 puis de 1951 à 1955[14].

L'historienne Christèle Dedebant relève de nombreuses similitudes entre l'intrigue de La Marque jaune et l'affaire Jack l'Éventreur, du nom du tueur en série ayant sévi dans le district de Whitechapel en 1888, dont la figure du monstre insaisissable semant la panique sur son passage imprègne l'album[11]. En outre, de même que l'assassin envoyait des courriers à l'agence Central News, le professeur Septimus apparaît comme un expert en communication, qui annonce ses forfaits en s'adressant au Daily Mail[11].

Sources scientifiques[modifier | modifier le code]

Edgar P. Jacobs étudie les travaux du neurochirurgien britannique Wylie McKissock (en), spécialiste de la lobotomie, et dont les théories sont à l'époque vertement critiquées par la communauté scientifique[b 8]. Il s'appuie sur des revues de vulgarisation comme Science et Vie pour mieux comprendre et documenter ces théories, en particulier le no 429 de , consacré à l'exploration électrique des mécanismes du cerveau[b 8]. De même, il imagine le design du « télécéphaloscope », l'appareil du Dr Septimus qui permet de contrôler le cerveau d'autrui, à partir d'images parues dans ce magazine[7]. Jacobs extrapole également les propriétés de l'onde Méga à partir des études du professeur Garbedian sur le surhomme[h 6].

Par ailleurs, Edgar P. Jacobs est encouragé par les déclarations de plusieurs médecins comme les docteurs Tow et Hugh Cairns (en) qui affirmaient que la question de la modification de la personnalité avait largement dépassé le stade de l'hypothèse dans les camps des États totalitaires[b 8].

Analyse[modifier | modifier le code]

Place de l'album dans la série[modifier | modifier le code]

Pour Benoît Mouchart et François Rivière, La Marque jaune est « un chef-d'œuvre de suspense fondé sur la rythmique des coups de théâtre », dans lequel l'auteur « renoue avec un goût du mélodrame qu'il porte en lui depuis longtemps »[b 6]. Ils affirment que Jacobs livre « un thriller mi-policier, mi-fantastique »[b 9], qui « s'impose comme une subtile réappropriation de matrices antérieures issues de la mythologie populaire »[b 9]. Au contraire de Hergé, dont les Aventures de Tintin s'appuient le plus souvent sur des évènements réels, l'œuvre d'Edgar P. Jacobs se nourrit des nombreuses références littéraires, graphiques et cinématographiques que l'auteur accumule depuis l'enfance et qu'il reconstruit pour créer son univers personnel. En ce sens, Benoît Mouchart et François Rivière qualifient Jacobs d'auteur « postmoderne avant l'heure », et considèrent que La Marque jaune est l'exemple le plus expressif de ce style[b 7].

Le sémiologue Pierre Fresnault-Deruelle soutient que cet album est le chef-d'œuvre du dessinateur, et considère que « cette histoire […] fait partie des quelques BD cultes de l'âge de l'École dite de Bruxelles »[8]. Il la rapproche du courant esthétique dit du « merveilleux noir », qu'il décrit comme « un rejeton du romantisme anglo-saxon, où le plaisir de la peur constitue le ressort majeur de la narration »[8]. Pour Claude Le Gallo, « La Marque jaune est le cœur de l'œuvre jacobsienne, le carrefour de son monde »[6]. L'album est le plus abouti et le plus emblématique de l'auteur, avec une couverture devenue mythique[15]. Il se voit considéré par beaucoup comme le meilleur de la série[16]. L'album est devenu une référence dans le monde de la bande dessinée[17].

Cette aventure suscite également l'admiration des propres collègues d'Edgar P. Jacobs, comme l'explique le dessinateur Albert Weinberg : « Ce qui nous frappait tous dans cette histoire, c'est qu'elle n'avait rien à voir avec ce qui paraissait alors dans la presse pour enfants. C'était très éloigné des histoires d'Hergé, qui restent bien innocentes en comparaison de ce récit angoissant »[b 10].

Style graphique[modifier | modifier le code]

Dans La Marque jaune, Edgar P. Jacobs dessine pour la première fois des images totalement monochromes — une innovation dans la bande dessinée à l'époque[18]. Il utilise la règle du contraste pour ses récitatifs de couleur : là où les séquences de nuit sont majoritairement bleues, les récitatifs sont bordeaux[9].

Dans la planche 23, Jacobs joue avec la mémoire des couleurs du méchant mais aussi du lecteur. Lorsque la Marque jaune/Olrik pénètre dans le salon de l'appartement de Blake et Mortimer, il se retrouve dans une lumière orangée rappelant l'ambiance de la chambre d'Horus dans Le Mystère de la Grande Pyramide, ce qui contribue à faire perdre son sang-froid à l'intrus[8].

Pour Benoît Mouchart et François Rivière, le fait que la ville de Londres soit presque toujours représentée de nuit dans l'album témoigne de la volonté du dessinateur de mettre en place une ambiance morbide : « dans des ambiances savamment colorées, prenantes, et toujours propices à l'apparition du mystère, Jacobs réussit à révéler la part d'inquiétude qui suinte des décors policés de son Londres de carte postale »[b 11]. Dès les premières planches, une atmosphère étouffante se met en place et, dans la nuit londonienne, l'étrange fait irruption au sein du réel. Pour Mouchart et Rivière, cette scène introductive n'est pas seulement un « hommage sarcastique » au proche Couronnement d'Élisabeth II, mais aussi au « génie du clair-obscur d'Arthur Rackham »[b 12]. Ils soulignent le réalisme des compositions du dessinateur, et précisent qu'en s'éloignant des simplifications graphiques de la ligne claire qu'il avait adoptées dans sa réalisation du Mystère de la Grande Pyramide, Edgar P. Jacobs « retrouve la possibilité de signifier le mystère au moyen d'effets de plume nettement plus subtils »[b 12]. Dans ce récit enfermé dans la pénombre et la nuit, Jacobs transcrit le célèbre brouillard londonien par de fines hachures qui atténuent les couleurs[18]. Frédéric Soumois relève l'utilisation constante du rouge pour exprimer la menace et l'angoisse. Ainsi, dans la scène d'ouverture, le rouge est utilisé comme une lueur de la nuit, de même que dans la cabine du conducteur de l'express qui emmène Blake et le Dr Septimus loin de Londres, ou à travers les braises rougeoyantes qui éclairent le salon de l'appartement de Blake et Mortimer. De la même manière, le laboratoire souterrain de Septimus est représenté avec des murs rougeâtres[18].

L'écrivain Jean-Paul Dubois, qui a consacré un ouvrage à l'album, salue la précision du détail exercée par le dessinateur et considère qu'elle est au service de l'univers fantastique qu'il souhaite mettre en place dans la mesure où elle renforce la ligne de rupture entre le réel et l'étrange : « Les vues ressemblent à la réalité, nous permettent d’identifier les lieux. Mais elles fonctionnent avant tout comme des images-signes, chargées d’un sens extraordinairement puissant. Le Londres quotidien a disparu, pour faire place à l’univers imaginaire jacobsien. C’est ce qui rend d’ailleurs à proprement parler fantastique un récit comme La Marque jaune : la normalité et les éléments science-fictionnels s’y interpénètrent intimement[19]. »

La séquence de l'intrusion de la Marque jaune dans l'appartement de Blake et Mortimer[a 21] est décrite comme l'une des plus réussies de l'album[b 11], au point que le sémiologue Pierre Fresnault-Deruelle y consacre une étude dans la revue Communication et langages[8]. Il rapproche cette séquence, par son intensité, de celle du rêve de la momie Inca dans Les Sept Boules de cristal, de Hergé[8]. L'intrusion d'Olrik dans l'appartement renvoie implicitement à un épisode qui a lieu dans l'aventure précédente, Le Mystère de la Grande Pyramide, quand les héros et leur rival s'enfonçaient dans les souterrains de la pyramide de Khéops à la recherche de la chambre d'Horus. L'ambiance des deux scènes est à ce point comparable que Jacobs utilise les mêmes tons de couleur[20]. Ainsi, selon Pierre Fresnault-Deruelle, « cette séquence possède la rarissime particularité de jouer sur la mémoire des couleurs, celle que retrouve le Méchant (Olrik, alias La Marque jaune) mais aussi ― et ceci sans qu'il soit explicitement prévenu ― le lecteur. Comme s'il s'était agi, pour Jacobs, de mettre ce dernier dans des circonstances psychiquement analogues à celles déjà vécues, mais non verbalisées, par le maléfique personnage »[8].

Par ailleurs, la planche repose sur une construction descendante où la lecture coïncide avec la lente progression du personnage dans l'appartement. Pour Pierre Fresnault-Deruelle, son exploration s'apparente à une quête dans le mesure où il se dirige « vers une sorte de Saint des saints, à savoir le salon-musée où sont exposés les objets religieux rapportés par Mortimer des pays où ses missions l'ont conduit ». De fait, les cases de la planche deviennent pour le lecteur « les étapes d'un long creusement et les strips autant de corridors menant au lieu enfoui de quelque révélation »[8]. La sixième case, située au centre de la planche, montre Olrik dans l'escalier et joue un rôle essentiel dans cette construction. D'une part, l'escalier « métaphorise à lui seul le cheminement du personnage » et la case marque une limite « tant physique que dramatique » entre l'intrusion du malfaiteur et ce qui lui arrive ensuite, quand il n'a plus de prise sur son environnement. D'autre part, l'escalier confère au personnage une allure théâtrale[8].

Dans l'avant-dernière case, la Marque jaune lâche une courte exclamation en s'arrêtant sous l'effigie d'un pharaon. Pierre Fresnault-Deruelle insiste sur l'effet « saisissant » qui se dégage de cette illustration, comme si le personnage et la statue échangeaient leur rôle, une impression renforcée par le sourire porté par le masque du pharaon. Dans la dernière vignette, seul le masque est représenté de profil et entouré d'une mystérieuse aura. Cette conclusion augmente encore la tension de la planche tout en stimulant l'attente du lecteur, pressé de connaître la suite des évènements[8].

Style narratif[modifier | modifier le code]

Pour Benoît Mouchart et François Rivière, « La Marque jaune s'inscrit dans une mythologie d'autant plus trouble qu'elle reste toujours suggérée plutôt que montrée au lecteur »[b 13]. La créature qui terrorise la ville de Londres reste longtemps insaisissable, et la seule preuve de son existence réside dans la fameuse Marque jaune tracée à la craie, ce « génial symbole graphique » qui retarde sans cesse l'apparition du monstre tout en stimulant l'imagination du lecteur[b 13]. De même, « les avertissements répétés, à travers les insolentes missives envoyées aux héros ou à la presse, appuient ce sentiment d'attente que renforce l'incidence médiatique des forfaits de la Marque jaune : journaux, radio et télévision relaient tous en effet l'affaire avec un goût du sensationnalisme qui amplifie encore […] l'attention du lecteur »[b 13]. Quand la créature se manifeste enfin et s'introduit dans l'appartement de Blake et Mortimer, son apparente invincibilité est immédiatement remise en cause par l'inspecteur Kendall, un personnage cartésien : le fait qu'il suspecte que les deux héros ont pu être abusés par l'obscurité et leur imagination fertile « ne fait que réaffirmer la part interprétative laissée au lecteur »[b 14].

Sur un autre plan, à la manière des romans de H. G. Wells, le récit de La Marque jaune s'ouvre in medias res : la créature a déjà perpétré plusieurs forfaits sensationnels qui sont évoqués par la presse au lendemain du vol à la Tour de Londres. Ces crimes ne sont pas montrés au lecteur et l'auteur lui laisse le soin de les imaginer. Dans cette aventure, Jacobs maîtrise l'art de l'ellipse, et « affirme par l'exemple combien la bande dessinée porte en elle-même une imagination beaucoup plus puissante que les seules images qu'elle déroule »[b 15]. À tout moment, Jacobs offre au lecteur la possibilité de combler par sa propre imagination ce qui n'est ni raconté, ni montré, mais seulement suggéré[b 15].

Comme à son habitude, Edgar P. Jacobs intègre de nombreux récitatifs dans ses planches. D'une part, ces textes informent le lecteur sur les circonstances de l'action en cours, et d'autre part leur utilisation permet de créer une soudure essentielle entre deux images dont l'enchaînement pourrait s'avérer incompréhensible. Pour Benoît Mouchart et François Rivière, leur lecture empêche aussi le regard de sauter trop rapidement d'une case à l'autre : les récitatifs apparaissent donc comme « une invitation lancée au lecteur afin qu'il puisse mieux détailler et savourer la composition complexe de chaque dessin »[b 16].

Le livre du Dr Wade, The Mega Wave, occupe une place centrale dans l'intrigue car c'est à partir de la dédicace inscrite sur sa première page que Mortimer et Blake découvrent tour à tour l'identité du manipulateur de la Marque jaune. Benoît Mouchart et François Rivière estiment que cette mise en abyme trouve son origine dans les premières pages de L'Île du docteur Moreau, le roman de H.G. Wells, au moment où le narrateur se remémore la couverture d'un livre écrit par le docteur Moreau, bientôt contraint à l'exil en raison de ses opinions et de la brutal franchise avec laquelle il les exprime[b 17].

Le linguiste François Jacquesson salue la construction de la deuxième partie de l'aventure, dans laquelle les deux héros sont dissociés[21]. Tandis que Blake se rend au rendez-vous fixé par la Marque jaune à Limehouse Dock, le professeur Mortimer reçoit la visite de l'archiviste du Daily Mail qui lui apporte le livre du Dr Wade contenant la clé de l'énigme dans sa dédicace. Dès lors, le lecteur suit en alternance les deux héros, jusqu'à ce que Blake découvre Mortimer dans le laboratoire souterrain du Dr Septimus par le biais d'un écran. François Jacquesson y voit une trouvaille sur le plan narratif : « vant cette page, je ne crois pas qu’il y ait d’exemple (dans l’histoire de la fiction) où des héros séparés sur des fils distincts de l’action, se retrouvent d’abord au moyen d’un écran »[21].

Thèmes abordés[modifier | modifier le code]

Edgar P. Jacobs définit lui-même son album comme « une sorte de réaction instinctive contre la tendance anti-individualiste et la mise en condition systématique de la personne »[b 18]. La Marque jaune aborde ainsi le thème de la manipulation des cerveaux, de même que les conséquences engendrées quand l'Homme tombe sous le contrôle et la domination d'un autre et ne répond plus qu'à ses pulsions. Pour Benoît Mouchart et François Rivière, ces deux thèmes « fascinent tant par leur résonance avec le lavage de cerveau entrepris sous le Troisième Reich que par leurs implications dans la société de consommation qui commence à se développer au lendemain de la Seconde Guerre mondiale »[b 18]. Ils soulignent d'ailleurs que ces thèmes narratifs sont repris quelques années plus tard, et de façon humoristique, par Greg et Franquin dans Z comme Zorglub et L'Ombre du Z, deux albums de la série Spirou et Fantasio[b 18].

Les deux biographes du dessinateur voient également dans la figure de la Marque jaune, qui élève ses crimes au rang d'un art, une variation moderne des légendes urbaines qui terrorisent les foules depuis la médiatisation des crimes de Jack l'Éventreur à la fin du XIXe siècle, à la manière de Fantômas, Judex ou Belphégor[b 19].

Erreurs et incohérences[modifier | modifier le code]

Erreur de chronologie[modifier | modifier le code]

La Marque Jaune est censé se dérouler après Le Mystère de la Grande Pyramide, comme le rappelle le résumé de la vie d'Olrik et comme l'indique son comportement face à Blake et à Mortimer. La Grande Pyramide, lui-même, est censé se dérouler après Le Secret de l'Espadon, ainsi que cela est rappelé, dans la première page de l'album, lors de la conversation entre Mortimer et Nasir dans l'avion qui les amène au Caire.

Or, dans la planche 51 de La Marque Jaune, Septimus explique à Mortimer avoir recueilli « Ginny Pig » [sic] amnésique avant la troisième guerre mondiale, donc avant Le Secret de l'Espadon. De plus, il dit l'avoir gardé avec lui pendant toute la guerre, alors que nous savons qu'Olrik a participé très activement à cette guerre[22].

Incohérences graphiques[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule au mois de , s'achevant le jour de noël. L'enlèvement de Leslie Macomber se déroule le dans la première édition de l'histoire, comme l'attestent le calendrier présent dans son bureau du Daily Mail, ainsi que la date mentionnée dans la lettre qu'il reçoit. Dans la version actuelle, Jacobs décide de changer cette date en , modifiant en conséquent la date mentionnée dans la lettre. Mais il oublie de changer celle affichée sur le calendrier, toujours le .

Se documentant beaucoup grâce à Science et Vie, le dessinateur reproduit par exemple une photo parue dans un numéro[23], représentant une voiture radio de la police française, avec un policier communiquant au micro, à côté de son chauffeur. Il l'a si fidèlement reproduite sur une vignette de la planche 34, qu'il a placé le volant à gauche, alors que l'histoire se déroule en Angleterre, où les volants des voitures sont positionnés à droite (à cause de la différence de sens de circulation sur la route)[24].

Contexte historique et culturel[modifier | modifier le code]

De manière inattendue, Jacobs et son réalisme ont permis de sauver la vie d'un touriste canadien. Comme en témoigne une émouvante lettre qui lui fut adressée, dans laquelle il explique qu'il a pu composer le numéro d'urgence britannique, le 999, parce qu'il s'en est rappelé à la suite de la lecture de l'épisode[d]. En effet, dans la case 5 de la planche 16, ce numéro est composé par un employé du Daily Mail pour prévenir la police[25].

Une œuvre visionnaire sur le plan scientifique[modifier | modifier le code]

Par la suite, le milieu scientifique a évolué dans ce domaine, la réalité rejoignant parfois la fiction, comme il est toujours spécifié dans les mémoires. Science et Vie annonça en 1956 qu'un ingénieur électronicien du nom de Schafer exposa à la Conférence nationale électronique de Chicago l'éventualité de transformer l'homme en un robot, par le biais d'électrodes judicieusement placées dans le cerveau. Des scientifiques soviétiques mirent au point en 1958 une main bioélectrique mue par les influx du cerveau. Le magazine Match mentionna en 1965 l'usage aux USA de l'électricité organique pour la commande de membres artificiels, tels qu'un bras auto-dirigé reproduisant tous les mouvements d'un vrai bras. Enfin, les savants Guillemin et Schelly, qui travaillaient sur les hormones hypothalamiques, révélèrent en 1978 l'existence de neurohormones, ce qui fit dire à un membre du comité Nobel « qu'ils avaient établi un lien entre l'âme et le corps »[25].

Afin de s'assurer de la crédibilité de son histoire sur ce sujet, Jacobs s'est adressé à un jeune spécialiste en neuropsychologie. Mais celui-ci ne semblait pas apprécier sa théorie sur l'onde Mega, ce qui poussa l'auteur à prendre congé de lui. Malgré tout, Jacobs reçut la reconnaissance scientifique de neuropsychiatres de l'université de Liège. En 1977, la doctoresse Levnen et le docteur Bataille lui expliquèrent que le Dr Septimus était l'exemple type du paranoïaque, la page n° 17 de l'album[e] étant pour eux « un extraordinaire raccourci des symptômes de la maladie, constituant un véritable diagnostic cliniquement conforme à la réalité ». Ils ajoutèrent que les fous de son confrère Hergé ne le sont pas autant que les siens car, moins conformes aux normes psychiatriques. Enfin, les scientifiques le convièrent à une conférence d'enseignement post-universitaire pour les neurochirurgiens et neurologues, intitulée : Essai d'analyse sémiotique du concept folie dans la bande dessinée d'Hergé et de Jacobs[f],[25].

Publications[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

La Marque jaune est publiée dans l'hebdomadaire belge Le Journal de Tintin du (no 31/53) au (no 45/54)[26],[27].

En , les Éditions du Lombard publient l'histoire en album dans la Collection du Lombard[28]. Par la suite, l'album est réédité et réimprimé plus d'une dizaine de fois entre 1959 à 1987 aux Éditions du Lombard en Belgique et aux éditions Dargaud en France[29].

En 1977, l'éditeur Phigi publie l'album en noir et blanc dans un tirage limité à 800 exemplaires[29].

En 1985, l'éditeur Blue Circle publie l'album en quadrichromie avec un dos toilé dans un tirage limité à 5 000 exemplaires[30].

En 1987, l'éditeur Dargaud publie l'album sous emboitage toilé, accompagnée d'un disque microsillon du feuilleton radiophonique "La Marque Jaune" des années 1950. Edité à 1 250 exemplaires dont 100 hors commerce[31].

En , les Éditions Blake et Mortimer rééditent l'histoire. Depuis, l'album a été réédité et réimprimé plus d'une dizaine de fois. En , l'éditeur publie La Marque jaune telle que publiée dans Le Journal de Tintin dans un tirage limité à 5 000 exemplaires. L'album possède la couverture refusée par Hergé, et est accompagné d'un cahier de 28 pages comprenant des croquis, dessins, études et storyboards de la main d'Edgar P. Jacobs[32].

En 1987, France Loisirs édite l'album[33].

En novembre 2017, Dargaud fait paraitre l'intégrale des tomes 1 à 6 de Blake et Mortimer dans la Collection Niffle en noir et blanc[34].

Traductions[modifier | modifier le code]

L'aventure a été traduite dans plusieurs langues :

Censure[modifier | modifier le code]

Comme d'autres aventures de la série, La Marque jaune est victime de censure à plusieurs reprises, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du Journal de Tintin[b 20],[42].

Directeur artistique du magazine, Hergé refuse sans en avertir Jacobs son projet de couverture pour le lancement de La Marque jaune[h 7]. Dans cette première version, Jacobs dessine une silhouette sombre et monstrueuse surgissant du Palais de Westminster et menaçant Londres, tandis qu'au premier plan, Blake et Mortimer, de face, la regardent du coin de l’œil, tenant chacun une arme à feu dans la main. L'étrange silhouette, enveloppant le ciel, évoque autant une illustration de Gino Starace pour la promotion du roman Fantômas que le Nosferatu le vampire de Friedrich Wilhelm Murnau ou bien encore une scène du film Faust, une légende allemande de ce même réalisateur, montrant le Diable enveloppant de sa cape les toits d'une cité médiévale[b 20]. Cette couverture est jugée trop effrayante par Hergé comme par l'ensemble du comité de rédaction, qui recommande à Jacobs de remplacer l'énorme personnage central par un ciel gris et menaçant, tout en supprimant le revolver tenu par Blake[b 20]. Pour Jacques Langlois, ce dernier choix étonne dans la mesure où il semble moins réaliste que ce soit un civil qui porte une arme et non un militaire, tout en soulignant que l'effacement du revolver de Blake est « maladroitement réalisé »[h 7].

Edgar P. Jacobs garde durablement un souvenir amer de cette censure interne et refuse pendant près de cinq ans de livrer une nouvelle couverture pour le magazine[b 20]. Le , à l'occasion des sept ans du Journal de Tintin, il réalise un dessin dédicacé à son directeur Raymond Leblanc, fondateur du journal, dans lequel il se représente à sa table de travail avant le fantôme menaçant de Tintin au-dessus de lui, une allusion non déguisée et directe à cet épisode[43].

Par ailleurs, Edgar P. Jacobs, montre le Dr Septimus en train de consulter un numéro du magazine Illustrated peu avant sa disparition dans le train[25]. Il reproduit ainsi la couverture du numéro du , qui montre la danseuse Violetta Elvin (en) en tutu, assise sur une malle[a 22],[44]. Le détail, pourtant insignifiant dans l'espace de la case, est inacceptable pour le comité de censure français, qui juge ce contenu érotique et en demande la modification[45],[b 21].

La séquence d'autocritique forcée de Vernay, Calvin et Macomber, à la fin du récit[a 23], scandalise Georges Dargaud, l'éditeur français du magazine Tintin, qui craint qu'une telle scène n'alerte la censure. Du propre aveu de Jacobs, la réalisation des dernières planches de l'aventure se fait ainsi dans une « atmosphère de désapprobation »[b 21].

Accueil et postérité[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

En 2012, il a été classé à la 4e place du classement des 50 BD essentielles établi par la revue Lire[16],[46].

Sur SensCritique, La Marque jaune est notée 7,7/10 sur une base d'environ 4 100 votes d'internautes[47]. Sur Babelio, l'album obtient une note moyenne de 4/5 basée sur 383 notes[48].

Suite[modifier | modifier le code]

En 2013, Jean Dufaux, Antoine Aubin et Étienne Schréder sortent L'Onde Septimus, un album qui est une suite de La Marque jaune[h 8]. Ils reprennent l'action quelques mois après la fin de La Marque jaune et font revenir plusieurs personnages déjà présents dans l'album de Jacobs. En 2020, Le Cri du Moloch est la suite directe de ce tome.

En 2012, Yves Sente et André Juillard publient Le Serment des Cinq Lords censée se dérouler un an après les événements de la Marque Jaune, en 1954, et à la fin de laquelle Mortimer devient membre du Centaur Club.

Hommages et parodies[modifier | modifier le code]

Cet album a inspiré de nombreuses parodies et fait aussi l'objet d'un grand nombre d'hommages ou de clins d'œil de la part d'autres auteurs par la présence de références qui y sont puisées.

En 1974, le magazine Tintin l'Hebdoptimiste réalise un numéro spécial (no 73) sur Le Rayon UDupa dessine Cubitus et la Marque jaune. En 1977, François Rivière et Floc'h insèrent le livre The Mega Wave (L'Onde Méga) du Dr Septimus dans Le Rendez-vous de Sevenoaks[49]. En 1980, Filip Denis dessine Hommage à Jacobs dans le no 2 d'Aïe où il raconte comment il se prenait pour la Marque jaune dans sa jeunesse[50]. En 1996, Gilles Chaillet reprend la séquence de la Tour de Londres au début de La Marque jaune dans son album Vasco : 14 - Sortilèges[51]. En 2000, Eddy Mitchell reprend les éléments de la couverture de La Marque jaune pour l'affiche de sa tournée à travers la France[52]. En 2005, les artistes Georges Oreopoulos et David Vandegeerde de la société Art Mural réalisent une fresque murale d'une centaine de mètres carrés reprenant la couverture de l'album dans le cadre du Parcours BD de la Ville de Bruxelles[53]. En 2007, Philippe Geluck parodie la couverture de l'album pour celle de son 14e album La Marque du Chat[54].

La couverture de La Marque jaune est également reprise dans deux albums de la bande dessinée flamande De Kiekeboes, ou sur la couverture de Paniek in Stripland de Tom Bouden, ainsi que dans des caricatures politiques et sociales réalisées par Johan De Moor[55].

Au début des années 1980, Yann et Didier Conrad publient des histoires courtes et parodiques dans le magazine Spirou, notamment Talk et Baltimore, un pastiche des personnages de Blake et Mortimer[56]. En 2005, les éditions Dargaud lancent à leur tour une parodie, intitulée Les Aventures de Philip et Francis, réalisée par Pierre Veys et Nicolas Barral. Dans cette série, qui se veut un hommage humoristique à l'œuvre de Jacobs, les femmes britanniques remettent en cause l'autorité masculine et les deux héros sont chargés de les ramener à la raison. Le célèbre M de La Marque jaune signifie alors « Macho », tandis que les noms des principaux protagonistes ont été conservés, y compris Olrik[57].

L'album a également été utilisé comme référence pour diverses campagnes publicitaires et promotionnelles. En 1987, Pascal Fournier et Pascal Dubuck réalisent Les Aventures d'Alexandre de la Mareneuve et d'Évry Cédex : 1 - La Marque bleue, un album promotionnel pour le Groupe Accor[58]. Cette même année, la mairie de Montreuil réalise un dépliant, Mystère à Montreuil : Une enquête de Blake et Mortimer, dans lequel Bob de Moor met en scène les deux héros enquêtant sur une mystérieuse marque « M », ce qui les conduit à découvrir le fonctionnement du service propreté de la ville[59].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Radio, télévision et jeu vidéo[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, La Marque jaune est adaptée en feuilleton radiophonique repris par la suite en vinyle, en cassette audio et en CD. Jean Topart et Yves Brainville donnent leur voix à Blake et Mortimer, tandis que Maurice Jacquemont joue le Dr Septimus et Pierre Marteville l'inspecteur-chef Kendall. Cet enregistrement, réalisé par Jean Maurel, est récompensé du Grand prix de l'Académie Charles-Cros[60],[61],[62].

En 1988, l'histoire est adaptée en jeu vidéo d'action-aventure sur ordinateur (Thomson TO8, Amstrad CPC et Atari ST) par le développeur et éditeur français Cobrasoft. Le jeu est composé de cinq niveaux[63],[64].

En 1997, l'aventure est adaptée en dessin animé par Éric Rondeaux comme épisode de la série d'animation Blake et Mortimer. L'épisode est diffusé le avec Michel Papineschi doublant le professeur Mortimer, Robert Guilmard le capitaine Blake et Mario Santini le colonel Olrik[65].

Adaptation sous forme d'un disque d'aventure[modifier | modifier le code]

En 1956, La Marque jaune est adaptée sous la forme d'un disque 33 tours pour les éditions Festival. Jean Maurel est le narrateur de l'aventure, tandis que Jean Topart interprète Francis Blake et Yves Brainville prête sa voix à Philip Mortimer. Cette adaptation reçoit la même année le Grand-Prix du Disque de l'Académie Charles Cros[h 9].

Projets de films[modifier | modifier le code]

Plusieurs projets d'adaptation au cinéma de La Marque jaune ont été envisagés par différents réalisateurs, mais sans jamais voir le jour.

En , le publicitaire Michel Marin réalise un court essai d'adaptation de La Marque jaune afin de convaincre Edgar P. Jacobs de donner son autorisation à la réalisation d'un long métrage. Ce pilote, produit par Irène Silberman et scénarisé par Jean Van Hamme, met en scène Yves Brainville dans le rôle de Mortimer, Pierre Vernier dans celui de Blake, tandis que Michel Vitold interprète le docteur Septimus et Patrick Laval le colonel Olrik. Edgar P. Jacobs apprécie la démarche de porter ses personnages à l'écran et se dit impressionné par la réalisation, mais il souhaite que l'atmosphère de ce film se rapproche de celle de la série Chapeau melon et bottes de cuir. Irène Silberman finit par écarter Michel Marin et annonce en , lors du Festival de Cannes, avoir confié la réalisation du long métrage au réalisateur franco-vietnamien Lam Lê, assisté d'Olivier Assayas pour le scénario. Le projet, qui emporte l'adhésion de Jacobs, est finalement abandonné[b 22].

En , un deuxième projet d'adaptation est annoncé par le producteur français Charles Gassot. La réalisation est confiée à James Huth tandis que Blake et Mortimer sont incarnés par Rufus Sewell et Hugh Bonneville. Le tournage, au budget de 35 millions d'euros, doit débuter en pour une sortie en [66],[67]. Finalement, le projet semble ne plus être d'actualité lorsque le réalisateur James Huth prend les commandes de Brice de Nice en 2004[68].

En , un troisième projet d'adaptation voit le jour avec l'espagnol Álex de la Iglesia à la réalisation, et Kenneth Branagh, David Thewlis et John Malkovich respectivement dans les rôles de Blake, Mortimer et Olrik[69]. Un an plus tard, en 2009, c'est au tour de Kiefer Sutherland et Hugh Laurie d'être annoncés dans les deux rôles principaux[70],[71]. Mais le réalisateur peine à rassembler les fonds nécessaires à son scénario et en 2013 le projet est définitivement abandonné[72],[73].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Renvois à l'album :
  1. a et b La Marque jaune, planches 1-3.
  2. La Marque jaune, planche 5.
  3. La Marque jaune, planche 6.
  4. La Marque jaune, planches 7-8.
  5. La Marque jaune, planche 11.
  6. La Marque jaune, planches 12-19.
  7. La Marque jaune, planches 20, 31.
  8. La Marque jaune, planches34-35.
  9. La Marque jaune, planches 42-47.
  10. a b et c La Marque jaune, planches 49-52.
  11. La Marque jaune, planches 60-61.
  12. La Marque jaune, planches 63-65.
  13. La Marque jaune, planches 65-66.
  14. La Marque jaune, planche 20, case 2.
  15. La Marque jaune, planche 50.
  16. La Marque jaune, planche 4, case 1.
  17. La Marque jaune, planche 4, case 5.
  18. La Marque jaune, planche 8, case 12.
  19. La Marque jaune, planche 7, case 1.
  20. a et b La Marque jaune, planche 7, case 11.
  21. La Marque jaune, planche 23.
  22. La Marque jaune, planche 18.
  23. La Marque jaune, planche 59.
  1. Mouchart Rivière, p. 105-112.
  2. Mouchart Rivière, p. 162.
  3. Mouchart Rivière, p. 164-169.
  4. a b c et d Mouchart et Rivière 2021, p. 173-175.
  5. a b c d e et f Mouchart et Rivière 2021, p. 175-178.
  6. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 179.
  7. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 183.
  8. a b et c Mouchart et Rivière 2021, p. 178-179.
  9. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 176.
  10. Mouchart et Rivière 2021, p. 187-188.
  11. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 182.
  12. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 184-185.
  13. a b et c Mouchart et Rivière 2021, p. 185.
  14. Mouchart et Rivière 2021, p. 186.
  15. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 186-187.
  16. Mouchart et Rivière 2021, p. 187.
  17. Mouchart et Rivière 2021, p. 181-182.
  18. a b et c Mouchart et Rivière 2021, p. 184.
  19. Mouchart et Rivière 2021, p. 179-180.
  20. a b c et d Mouchart et Rivière 2021, p. 193-194.
  21. a et b Mouchart et Rivière 2021, p. 195-196.
  22. Mouchart et Rivière 2021, p. 337-345.
  • Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, 2014 :
  1. Didier Pasamonik, « Le fidèle Nasir », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 22-23.
  2. a et b François Rivière, « En 1953 », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 53.
  3. « God Save the Queen », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 47.
  4. « Limehouse Dock », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 48.
  5. a b c d et e Daniel Couvreur, « Olrik, le colonel indomptable », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 45-47.
  6. « Le télécéphaloscope », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 48.
  7. a et b Jacques Langlois, « Les ciseaux d'Hergé », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 49.
  8. Rémy Goavec, « Jean Dufaux, la loi des séries », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 109.
  9. « D'ondes en ondes », dans Les personnages de Blake et Mortimer dans l'histoire, p. 55.
  • Autres références :
  1. Pour l'édition belge, pour l'édition française, l'aventure commence dans le n° 256 du 17 septembre 1953.
  2. Voir Le Mystère de la Grande Pyramide.
  3. De Weyer 2015, p. 51.
  4. De Weyer 2015, p. 64.
  5. Lenne 1990, p. 35.
  6. a et b Daniel Van Kerckhove, « La Marque jaune », dans Claude Le Gallo, Le Monde de Edgar P. Jacobs, Bruxelles, Le Lombard, coll. « Nos auteurs » (no 2), , 176 p. (ISBN 2-8036-0481-7, BNF 39008335).
  7. a et b Daniel Couvreur, « Aux sources de Blake et Mortimer », dans Blake et Mortimer face aux grands mystères de l'humanité, Beaux Arts magazine, , 144 p. (ISBN 9791020401854), p. 84-85.
  8. a b c d e f g h i et j Pierre Fresnault-Deruelle, « La Marque Jaune : lecture d'une planche d'Edgar-Pierre Jacobs. Entre Fantômas et Nosferatu », Communication et langages, vol. 135, no 1,‎ , p. 4-11 (lire en ligne).
  9. a et b Vincent Bernière, « Blake et Mortimer en 8 étapes », dans Blake et Mortimer face aux grands mystères de l'humanité, Beaux Arts magazine, , 144 p. (ISBN 9791020401854), p. 30.
  10. Nicolas Lemarignier, « Les mystères de Blake et Mortimer », sur un blog de France Info, (consulté le ).
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  12. Sylvain Bouyer, « La Marque Jaune enfin démasquée ? », Positif, nos 305-306 « Dossier Cinéma et BD »,‎ , p. 79.
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  22. Selon la note ajoutée par l'édition de 1987, au bas de la planche 51 : « Il s'agit de la 3e Guerre mondiale. Voir “Le Secret de l'Espadon”. » Mais le fait que, dans la case 2, soit évoquée la Luftwaffe incite à penser que Jacobs songeait alors à la Deuxième Guerre mondiale. Si nous privilégions cette allusion à la Luftwaffe en omettant la note de bas de page (apparue en 1987 seulement), la tirade de Septimus amène à situer la Seconde Guerre mondiale entre la fin du Mystère de la Grande Pyramide et le début de La Marque jaune, donc à considérer que la Seconde Guerre mondiale a eu lieu après la « Troisième » (celle déclenchée par Basam-Damdu).
  23. N° 425, février 1953, page 100, "Pour lutter contre le gang, la police s'est modernisée".
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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Vol qui fut précédé, comme l'annonce le numéro du Daily Mail visible planche 4, de plusieurs autres méfaits : raid contre la Banque d'Angleterre ; vol d'une peinture de Thomas Gainsborough dans la National Gallery ; enlèvement de la dague d'Aménopolis III, de la collection Stockmann ; dépôt d'une fausse bombe dans le Cabinet Room du 10 Downing Street ; disparition du traité secret anglo-iranien du coffre du Foreign and Commonwealth Office. Voir La Marque jaune, planche 4.
  2. Connue depuis le XIXe siècle pour être la rue des médecins. Septimus y enlève sept d'entre eux pour les faire assister à son triomphe.
  3. Il a photographié plusieurs lieux utiles à son histoire, tels que : La future maison de Septimus à Tavistock Square (visible ici) L'entrée de Scotland Yard (à l'époque où elle occupait Norman Shaw Buildings sur Victoria Embankment)
  4. Paul-Benoît Larochelle, vivant à Montréal, lui écrivit : "Monsieur, si je vous écrit aujourd'hui c'est pour vous remercier de m'avoir sauvé la vie même si vous l'avez fait sans vous en rendre compte et voici comment : j'étais dernièrement à Londres où je me suis empoisonné par inadvertance avec du jambon avarié, j'étais dans ma chambre d'hôtel, certain d'y rester, étouffant et me traînant vers le téléphone à quatre pattes, il m'aurait été impossible de trouver le numéro de téléphone de la police dans l'annuaire téléphonique lorsque je me suis rappelé que le numéro de Scotland Yard était 999 et je m'en suis souvenu parce que je l'avais lu dans la "Marque Jaune" alors que Steve appelle Scotland Yard après avoir découvert la disparition de Macomber rédacteur en chef du Daily Mail. Je crois sincèrement que c'est la lecture de la "Marque Jaune" qui m'a à ce moment-là sauvé la vie et je vous en remercie. Votre tout dévoué Paul-Benoît Larochelle[...]"
  5. Peut-être la planche 15
  6. Agrémentée d'une projection de diapositives tirées de leurs albums. Suscitant un vif intérêt, son texte fut publié dans Les Feuillets psychiatriques (vol.XI, fasc. 3, 1978).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Version de l'album, ouvrages et articles consacrés[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]