Bruno Brazil

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Bruno Brazil
Série
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Scénario Louis Albert
Laurent-Frédéric Bollée
Dessin William Vance
Philippe Aymond
Couleurs Petra
Didier Ray
Genre(s) Aventure, policier

Thèmes Services spéciaux
Personnages principaux Bruno Brazil et son équipe, le « commando Caïman »
Lieu de l’action États-Unis, Amérique du Sud, Europe, Asie
Époque de l’action 2e moitié du XXe siècle

Pays France et Belgique
Langue originale français
Éditeur Dargaud et Éditions du Lombard
Première publication 1969-1995
Périodicité Un par an de 1969 à 1977
Nb. d’albums 12

Prépublication Le Journal de Tintin
Adaptations Nouvelle, par Jacques Acar

Bruno Brazil est une série de bande dessinée franco-belge créée par Greg (scénario sous le pseudonyme de Louis Albert) et William Vance (dessin), publiée dans le magazine Tintin (périodique) entre 1967 et 1977 et éditée en 10 tomes aux éditions du Lombard pour la Belgique et Dargaud pour la France, entre 1969 et 1977.

La série est arrêtée en 1977 alors que Greg est installé aux États-Unis et qu'il abandonne ses séries les unes après les autres.

Les albums font l'objet d'une réédition au Lombard avec une nouvelle maquette et de nouvelles couleurs réalisées par Petra entre 1995 et 2001 avec en outre la publication d'un onzième tome contenant trois histoires courtes inédites en album et les premières planches de La Chaîne rouge, le dernier récit jamais terminé.

Une édition intégrale en trois tomes est publiée par Le Lombard en 2013 et 2014.

Pour Tintin Sélection, Jacques Acar écrit une nouvelle reprenant les personnages de la série, Demandez Papa Confucius, publié en deux parties dans les no 24 et 25 du périodique aux 3ème et 4ème trimestres 1974 et édité en album dans le tome 10.

En 2018, la série est relancée par le scénariste Laurent-Frédéric Bollée et le dessinateur Philippe Aymond sous le titre Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil, dont le premier album est publié en octobre 2019[1].

Bruno Brazil - la série originelle[modifier | modifier le code]

Scénario : Greg
Dessin : William Vance
Couleurs Petra (rééditions 1995)

Historique[modifier | modifier le code]

Nommé rédacteur en chef de l'hebdomadaire Tintin en 1966, Greg y créée de nombreuses séries[n 1], parmi lesquelles Bruno Brazil, dont la première histoire paraît en janvier 1967, qu'il signe sous le pseudonyme de Louis Albert[n 2] afin d'éviter qu'on lui reproche de profiter de son poste pour favoriser son propre travail de scénariste. Il s'inspire alors manifestement du personnage de James Bond en créant un personnage d'agent secret élégant et solitaire. Greg confie le dessin à William Vance, un auteur « maison », qu'il avait déjà croisé à la rédaction du journal aux débuts des années 1960 et qu'il avait rencontré à la fin de l'année 1966 au cours d'une exposition célébrant les vingt ans du magazine, qui n'a pourtant jusqu'alors pas réalisé de bandes dessinées se déroulant dans la période contemporaine[n 3]. Greg envisage la série sous forme de récits courts de cinq à sept planches chacun mais l'accueil des lecteurs est si enthousiaste[n 4]qu'il décide de lancer un épisode en 44 planches[2].

La publication de l'épisode Le Requin qui mourut deux fois débute ainsi en mars 1968. Le personnage de Brazil y est précisé : il s'agit du meilleur agent de l'antenne américaine d'une organisation internationale de renseignement et de contre-espionnage dénommée alors simplement Les Services[n 5], dirigée par le colonel Lazarus D. Walsh[n 6]. Le succès est au rendez-vous et Greg écrit immédiatement un second récit de 44 planches dans lequel il fait évoluer la série. En effet, pour cette nouvelle mission (détruire un émetteur pirate caché en pleine jungle sud-américaine), Brazil ne pourra agir seul et doit s'adjoindre des spécialistes qu'il choisira lui-même parmi d'anciennes connaissances, dont certaines peu recommandables[n 7], et également son jeune frère tout juste sorti d'une école militaire. Il baptise son groupe d'intervention du nom de Commando Caïman, l'image envoyée sur les télévisions du monde entier par l'émetteur pirate était celle d'un caïman)[n 8]Greg reprend là un thème classique de la littérature et du cinéma d'aventure (Les Sept mercenaires, Les Douze salopards) où le héros recrute un groupe hétérogène d'individus peu recommandables qui acceptent de s'allier à lui pour des raisons diverses propres à chacun d'eux[2].

La série a alors trouvé son style définitif, les membres du commando devenant des héros récurrents, et les épisodes s'enchaînent au rythme d'un par an jusqu'en 1977. Tout d'abord publiés dans la collection brochée Jeune Europe du Lombard, elle obtient sa propre série d'albums cartonnés à partir du troisième tome, Les yeux sans visage en 1971.

Avec l'album Des caïmans dans la rizière, Greg fait encore évoluer la série en humanisant le personnage de Bruno Brazil qui épouse une française, Gina Loudeac, avec laquelle il adopte un jeune thaïlandais, Maï, et surtout en osant supprimer un membre du Commando Caïman, ce qui était alors impensable dans la bande dessinée franco-belge. Vance, trouvant que les personnages étaient trop nombreux, suggère à Greg de faire disparaître le personnage de Texas Bronco qu'il estime le moins sympathique mais Greg décide au contraire de supprimer un personnage sympathique et c'est ainsi que « Big Boy » Lafayette est tué dans les rizières, au grand dam des lecteurs qui envoient des lettres d'insultes à William Vance. Greg continue sur sa lancée dans l'épisode Quitte ou double pour Alak 6 où il fait mourir Billy Brazil et mutile gravement Whip Rafale et Tony Nomade, décimant ainsi, dans le dernier épisode paru de la série, la quasi totalité du Commando Caïman[3].

Alors que la série rencontre toujours un véritable succès tant dans le journal qu'en albums, Greg l'abandonne en 1977. À cette époque, il est directeur littéraire aux éditions Dargaud depuis deux ans. Promu responsable du bureau américain de l'éditeur, il s'installe à New York pour y promouvoir la bande dessinée européenne[4] et délaisse peu à peu ses séries. William Vance ne reçoit plus le scénario de l'épisode en cours, La Chaîne rouge, et abandonne le dessin après six planches[3] pour se consacrer à Bob Morane qu'il a continué à dessiner en parallèle, puis à XIII[n 9]. Par la suite, alors que William Vance était occupé sur XIII, Greg a reconnu regretter « énormément »[n 10]d'avoir abandonné Bruno Brazil[5].

Description[modifier | modifier le code]

Résumé général[modifier | modifier le code]

Bruno Brazil travaille pour la section américaine d'une agence de renseignement et de contre-espionnage internationale dénommée W.S.I.O. (World Security International Office). Présenté initialement comme un agent solitaire inspiré de James Bond ou OSS 117, « élancé, la chevelure prématurément blanchie, le smoking bien ajusté »[6], il s'entoure rapidement d'une équipe de spécialistes, baptisée Commando Caïman, avec lesquels il va mener à bien des missions périlleuses et délicates aux quatre coins du monde.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Bruno Brazil : le héros, vieux baroudeur de l'espionnage.
  • Gaucho Morales : truand doué, il est engagé pour ses talents et ses contacts.
  • Whip Rafale : experte du maniement du fouet, elle travaillait dans un cirque avant d'être recrutée par Bruno Brazil.
  • Texas Bronco : fort comme un bœuf, il participait à des rodéos avant d'être recruté.
  • Billy Brazil : jeune frère de Bruno, tout frais sorti de l’académie militaire.
  • Lafayette dit « Big Boy » : un ancien jockey roublard, adepte de la bille d'acier montée sur son yoyo.
  • Tony Nomade dit « le Nomade » : arrivé pour remplacer Big Boy, lequel a été tué (à la fin du tome 7) dans une rizière.
  • Le colonel Lazarus D. Walsh dit « Colonel L »: le supérieur de Bruno Brazil, chef de la section américaine du W.S.I.O. Les deux hommes se sont connus bien avant la création des Caïmans (voir Dossier Bruno Brazil).

Analyse[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Périodiques[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  1. Le Requin qui mourut deux fois, coll. « Jeune Europe » no 59, broché, couverture souple, 1969
    • réédition cartonnée avec nouvelle couverture, 1975
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 1995 (ISBN 2-8036-1146-5)
  2. Commando Caïman, coll. « Jeune Europe » no 66, broché, couverture souple, 1970
    • réédition cartonnée avec nouvelle couverture, 1976
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 1995 (ISBN 2-8036-1147-3)
  3. Les Yeux sans visage, les 4èmes de couverture des éditions belge et françaises sont différentes, 1971
    • réédition avec nouvelle 4ème de couverture, 1978
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 1996 (ISBN 2-8036-1225-9)
  4. La Cité pétrifiée, 1972
  5. La Nuit des chacals, 1973
    • réédition avec nouvelle 4ème de couverture, 1978
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 1998 (ISBN 2-8036-1335-2)
  6. Sarabande à Sacramento, 1974
    • réédition avec nouvelle 4ème de couverture, 1982
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 1999 (ISBN 2-8036-1359-X)
  7. Des caïmans dans la rizière, 1975 (ISBN 2-205-00937-0))
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 2000 (ISBN 2-8036-1382-4)
  8. Orage aux Aléoutiennes, 1976 (ISBN 2-8036-0211-3)
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 2000 (ISBN 2-8036-1512-6)
  9. Quitte ou double pour Alak 6, 1977 (ISBN 2-205-01077-8)
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 2001 (ISBN 2-8036-1627-0)
  10. Dossier Bruno Brazil, 1977 (ISBN 2-205-01079-4)
    • réédition avec nouvelles couleurs, nouvelle couverture et nouvelle 4ème de couverture, 2001 (ISBN 2-8036-1647-5)
  11. La Fin…!??, 1995 (ISBN 2-8036-1156-2)
Hors-série : Ne tuez pas les immortels, recueil d'histoires courtes, 50 pl. noir et blanc grand format, édition limitée à 375 exemplaires numérotés et signés, 1993
Intégrale :
  1. Intégrale 1, reprend les tomes 1 à 4, avec dossier de 27 pages rédigé par Jacques Pessis, 2013 (ISBN 978-2-8036-3101-8)
  2. Intégrale 2, reprend les tomes 5 à 8, avec dossier de 30 pages rédigé par Jacques Pessis, 2013 (ISBN 978-2-8036-3123-0)
  3. Intégrale 3, reprend les tomes 9 à 11, les récits courts (Une fleur pour cible, Piège sous globe, Réseau Diamant, Le Bouclier de verre, Les Poupées ont la vie dure, À un poil près, Ne tuez pas les immortels, Fausses manœuvres et vraies embrouilles), les 6 planches dessinées par Vance et les 14 pages de scénario de Greg de La Chaîne rouge, la nouvelle illustrée Demandez Papa Confucius de Jacques Acar, avec dossier de 22 pages rédigé par Jacques Pessis, 2014 (ISBN 978-2-8036-3394-4)

Éditeurs[modifier | modifier le code]

Jusqu’en 1977, les albums sont publiés en France par Dargaud et en Belgique par les Éditions du Lombard.

  • Dargaud et Éditions du Lombard (collection « Jeune Europe ») : tomes 1 et 2 (première édition des tomes 1 et 2)
  • Dargaud et Éditions du Lombard : tomes 1 à 10 (première édition des tomes 3 à 10)
  • Le Lombard : tomes 1 à 11 (nouvelles maquettes de couverture ; première édition du tome 11)
  • Gibraltar : hors-série

Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil[modifier | modifier le code]

Scénario : Laurent-Frédéric Bollée
Dessin : Philippe Aymond
Couleurs : Didier Ray

Historique[modifier | modifier le code]

Description[modifier | modifier le code]

Résumé général[modifier | modifier le code]

Gravement affecté par le fait que ses amis du Commando Caïman ont été tués ou gravement mutilés, Bruno Brazil a sombré dans la dépression. Alors que tous les anciens ennemis du commando sont mystérieusement assassinés, Brazil, assisté de Gaucho Morales, doit reprendre du service et reformer son équipe…

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Bruno Brazil
  • Gaucho Morales
  • Whip Rafale
  • Tony Nomade dit « le Nomade »
  • Le colonel L

Analyse[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Périodiques[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  1. Black Program, tome 1 (2019)

Éditeur[modifier | modifier le code]

Le Lombard

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Greg lance en quelques mois, entre 1967 et 1968, dans Tintin les séries Luc Orient, Bernard Prince et Olivier Rameau.
  2. Ce pseudonyme correspond à ses second et troisième prénoms, Greg se nommant Michel Louis Albert Regnier.
  3. William Vance a alors dessiné de nombreux courts récits historiques sur scénarios d'Yves Duval, puis, toujours avec ce dernier, la série maritime Howard Flynn et, seul, la série western Ringo.
  4. La série est classée en septième position lors du référendum annuel du journal en 1967.
  5. Le nom de ces services sera précisé par la suite, il s'agit du W.S.I.O. (World Security International Office)
  6. Le Requin qui mourut deux fois, planche 2
  7. Planche 5, Brazil indique au colonel Lazarus : « Pour combattre des loups, utilisez d'autres loups, mon colonel ! Vielle recette qui a fait ses preuves ! ».
  8. Commando Caïman, planches 4 et 5.
  9. C'est Greg qui avait présenté Jean Van Hamme à William Vance en lui indiquant qu'il serait le nouveau scénariste de Bruno Brazil, ce qui ne s'est jamais produit puisque Greg n'a jamais cédé ses droits et que la série est demeurée bloquée.
  10. « Alors là, comme connerie, c'est quelque chose de fort ! » dit Greg à propos de l'abandon de la série.

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.bedemoniaque.be/10000-nouvelles-bd/4433-bruno-brazil-reprend-du-service.html
  2. a et b Jacques Pessis, Bruno Brazil Intégrale 1, Le Lombard, (ISBN 978-2-8036-3101-8), dossier de présentation
  3. a et b « Entretien avec William Vance », Sapristi !,‎ , p. 29
  4. « Greg », sur bedetheque.com (consulté le 2 octobre 2019)
  5. « Citizen Greg », Sapristi !,‎ , p. 35
  6. Patrick Gaumer, « Bruno Brazil », Dictionnaire mondial de la BD,‎ , p. 125

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Gaumer, « Bruno Brazil », dans Dictionnaire mondial de la BD, Paris, Larousse, (ISBN 9782035843319), p. 125.
  • Paul Gravett (dir.), « De 1950 à 1969 : Bruno Brazil », dans Les 1001 BD qu'il faut avoir lues dans sa vie, Flammarion, (ISBN 2081277735), p. 269.
  • Jean-Pierre Fuéri, « Les Nouvelles Aventures de Bruno Brazil, t. 1/2 : mission impossible ? », Casemate, no 129,‎ , p. 43.
  • Laurent-Frédéric Bollée (interviewé) et Frédéric Bosser, « Bruno Brazil entre nostalgie et avenir », dBD, no 137,‎ , p. 52-57.
  • Philippe Aymond (interviewé) et Frédéric Bosser, « The big reprise », L'Immanquable, no 104,‎ , p. 14-16.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]