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Dino Attanasio

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Dino Attanasio
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (99 ans)
Drapeau de l'Italie Milan (Italie)
Nom de naissance
Edoardo AttanasioVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Genre artistique
Œuvres principales

Dino Attanasio, de son vrai nom Edoardo Attanasio, né le à Milan, est un auteur de bande dessinée italien naturalisé belge, appartenant à l'école franco-belge. Connu pour la création graphique de Bob Morane, cocréateur de Signor Spaghetti et repreneur de Modeste et Pompon. Il est l'un des doyens des dessinateurs belges.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dino Attanasio en train de dessiner Johnny Goodbye.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Edoardo Attanasio naît le à Milan[1]. Deuxième enfant du musicien Savino Attanasio, un violoniste spécialisé dans les instruments à cordes et spécialement la mandoline, Edoardo Attanasio évolue dès son plus jeune âge dans le milieu artistique. À l'âge de treize ans, en compagnie de son frère aîné Gianni, il monte sur scène aux côtés de son père. Les deux frères formeront rapidement un duo de guitaristes et se produiront dans divers restaurants et théâtres de Milan, sous le nom d'Attanasio Brothers. Ils assureront également les transitions musicales de pièces de théâtre, ainsi qu'un intermède dans le film Ruy Blas de Jean Cocteau, avec Jean Marais, tourné pour certaines scènes à Milan en 1947[2].

Passionné par la musique et la gymnastique — il obtiendra en Italie le diplôme de moniteur et sera même qualifié pour les jeux olympiques de 1948 dans cette discipline —, il n'en est pas moins attiré par le dessin depuis l'enfance, grâce à sa grand-mère maternelle, qui lui achète régulièrement des Fumetti, publications pour la jeunesse de l'époque. À dix ans, il dessine pour lui-même et ses camarades ses premières bandes dessinées, inspirées de Walt Disney, Milton Caniff (Terry et les pirates) , Alex Raymond (Flash Gordon), Lee Falk (Mandrake) et Chester Gould (Dick Tracy). Une fois adolescent, et tout en continuant à se produire en tant que guitariste avec son frère Gianni, il s'inscrit ensuite à l'Académie des beaux-arts de Milan, où il obtiendra le Ludi Juveniles, haute distinction dans le domaine de la peinture[3].

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Edoardo Attanasio travaille à partir de 1941 dans l'illustration puis dans le dessin animé. Il participe à la réalisation de l'un des premiers longs métrages d'animation italiens, La Rose de Bagdad[4] d'Anton Gino Domenighini. À la suite de cette expérience enrichissante, il se dirige vers la bande dessinée. En compagnie du futur dessinateur d'Akim, Augusto Pedrazza, qu'il a rencontré à l'académie, il va présenter ses dessins à Mario Conte, alors directeur des éditions Edital, qui les engage tous les deux. Dès lors, sa présence dans les publications de Mario Conte, ainsi que celles de ses amis Roberto Renzi et Augusto Pedrazza, sera importante et ininterrompue jusqu'en 1948. Parfois accompagné au scénario par son frère Gianni, qui a fait des études littéraires à Venise, il publiera chez Edital et d'autres éditeurs italiens de Fumetti plus d'une centaine d'illustrations et autant de planches de bande dessinée (Codino, Signora Coccode, Furio Mascherato, Sabu, Gianni e Pinotto , etc. ) faisant déjà preuve d'une étonnante capacité de production[5].

En Belgique[modifier | modifier le code]

En 1948, pour fuir l'atmosphère pesante de l'après guerre en Italie, il s'installe en Belgique avec son frère Gianni Attanasio. Les deux frères travaillent un temps pour la société de films publicitaires Publi-Ciné de Jean Coignon, tout en se produisant comme guitaristes dans les restaurants de la capitale[6]. Il réalise pendant cette période sa première couverture pour le journal Tintin (illustrant un conte de Jean Ray), et après s'être présenté à André Fernez aux Éditions du Lombard et lui avoir montré ses dessins. À la même époque il est présenté lors d'une soirée à Georges Troisfontaines, qui dirige alors la World Press, une société qui assure les éditions Dupuis contre les retards dans la fourniture des planches, notamment pour le Journal de Spirou. Engagé à la World Press, celui qui signe désormais Dino Attanasio rencontre et travaille alors avec les futurs grands de la bande dessinée franco-belge : Eddy Paape, Victor Hubinon, Jean Graton, Michel Tacq, René Follet, Albert Weinberg, Albert Uderzo, René Goscinny, Jean-Michel Charlier... En 1950, ces deux derniers écrivent pour lui les scénarios d'une série qui sera publiée dans La Libre junior : Fanfan et Polo (trois histoires seront dessinées par Dino, d'abord sur un scénario de Jean-Michel Charlier puis, pour les deux autres, sur des scénarios de René Goscinny). Lors de cette période , Dino Attanasio réalise de surcroit plusieurs récits historiques pour la revue Petits Belges, quelques illustrations pour Le journal Tintin et une vingtaine d'histoires de l’Oncle Paul pour Spirou[7].

Le , il épouse Joanna Walckiers. Le couple aura deux enfants au cours de la décennie 1950, une fille et un garçon.

En 1956, il dessine Pastis et Dynamite pour Line, sur un scénario de Michel Greg. À cette époque, Dino Attanasio alterne bandes dessinées humoristiques et réalistes. Il réalise tout aussi bien des illustrations pour des contes — notamment d'Yves Duval — dans le Journal de Tintin, que les aventures de Signor Spaghetti, série humoristique créée avec René Goscinny en 1957. Également, pour l'hebdomadaire Femmes d'aujourd'hui, il crée graphiquement et adapte en bande dessinée le personnage de Bob Morane, d'après les romans publiés dans la collection « Marabout Junior » dont il illustre déjà les hors-textes depuis leur création en 1953 par Henri Vernes (les couvertures étant réalisées par Pierre Joubert). Il animera la série de 1959 à 1962, passant le flambeau à Gérald Forton. Enfin, toujours dans Le journal Tintin, il reprend sur les recommandations d'André Franquin, et de 1961 à 1968, la série Modeste et Pompon, à la suite du départ d’André Franquin du journal. Il en dessinera pas loin de 500 gags.

Dans la presse internationale[modifier | modifier le code]

En 1968, Dino Attanasio quitte Le journal Tintin. Il publie Candida dans Ciné-Revue, assisté pour les décors par Marc Wasterlain. Il travaille alors avant tout pour les presses italiennes (créant Ambroise et Gino dans le Corriere dei Piccoli à partir de 1965) et flamande , notamment aux Pays-Bas (où il crée la série de gangsters Johnny Goodbye, avec Martin Lodewijk et Patty Klein, dans Pep puis Eppo, puis la série les Macaroni's sur des scénarios de Dick Matena). Ces deux séries connaîtront un beau succès aux Pays-Bas, totalisant à elles deux une trentaine d'histoires complètes de 44 planches, dont certaines sont encore inédites soit en français, soit en album, soit les deux.

De 1974 (dans le magazine Formule 1 et en album aux Éditions du Lombard) à 1986 (en album aux Archers), Dino Attanasio reprend Signor Spaghetti, sur des scénarios principalement de Lucien Meys et d'Yves Duval. Il collaborera également un temps avec José-Louis Bocquet et Jean-Luc Fromental pour des histoires courtes de Spaghetti[8] pour le magazine Rigolo[9].

En 1975, un éditeur iranien propose aux Éditions du Lombard de réaliser une bande dessinée biographique à la gloire du Chah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, aux frais du gouvernement. Le projet est confié à Dino Attanasio. L'album est publié en 1976 en Iran sous le titre Aẓemat e bâzyâfteh (عظمت بازیافته - « La gloire retrouvée »)[10],[11].

De 1979 à 1984, Dino Attanasio réalise plusieurs one shots aux Éditions Michel Deligne.

En 1991, il adapte, avec son fils Dino Alexandre, Le Décaméron de Boccace aux éditions Lefrancq.

En 1994, Dino Attanasio reprend le temps d'un épisode le dessin des aventures de Bob Morane pour La Galère engloutie.

Depuis le début des années 2000, Dino Attanasio fait l'objet d'un travail de réédition de la part d'éditeurs, comme Point Image (Carnets de route en 1999 et 2002) et Hibou / Loup, qui réédite, depuis 2002, nombre de ses histoires courtes parues dans Le journal Tintin, mais également les nombreux one shots réalisés par Dino Attanasio au cours de sa carrière, comme Huit chevaux en balade ou Jimmy Stone sur un scénario d'André Fernez.

Depuis quelques années, le centre flamand de la bande dessinée [« Vlaamsstripcentrum »]] édite périodiquement en néerlandais des inédits des séries Johnny Goodbye ou Ambroise et Gino de Dino Attanasio[12].

Une biographie de Dino Attanasio par l'écrivain Wilfried Salomé est parue en mai 2024, en collaboration avec son fils Dino Alexandre, aux Éditions Hibou. À cette occasion, et pour les 99 ans de Dino Attanasio, un weekend hommage a été organisé à Jette, en présence de l'auteur, de son biographe, et d'autres auteurs.

Assistants[modifier | modifier le code]

Au cours de sa carrière, Attanasio est aidé par plusieurs assistants :

  • Lucien Meys devient l'assistant de Dino Attanasio, tout d'abord dans Line puis dans le journal de Tintin[13]. En 1954, il écrit le scénario de On a volé Valentine, prépublié dans Line et qui raconte les aventures d'une famille écureuil, l'album paraît chez Hibou en 2012[14]. À partir de 1960, il écrit des gags pour les séries Spaghetti et surtout Modeste et Pompon dont il scénarise tous les gags jusqu'en 1968[15] ; il réalise par ailleurs les crayonnés et participe aux décors de ces séries ainsi que ceux de la série Bob Morane. Pour le Corriere dei Piccoli, il écrit le scénario de Colonnello Squilla en 1966[16] à 1967[17].
  • Mittéï exerce pour Dino Attanasio avec L'Oiseau de feu, une aventure de Bob Morane (Marabout, 1960) et un court récit de Spaghetti dans Tintin[18].
  • à partir de 1962, Pierre Seron sur les séries Modeste et Pompon et Signor Spaghetti[19].
  • En 1963, William Vance, qui est alors engagé sur la série Bob Morane pour réaliser les crayonnés ainsi que l'encrage des décors de l'épisode Le Collier de Civa[20].
  • en 1972, Daniel Kox sur la série Signor Spaghetti[21].
  • Marc Wasterlain, au début, chez Dino Attanasio, ne fait que des lettrages, des fonds de décor. Il travaille essentiellement sur Johnny Goodbye pour la revue flamande Eppo et sur Gianni Flash pour l’hebdomadaire italien Corriere dei Piccoli. Une fois, les personnages posés, Marc Wasterlain rajoute les décors. Il fait des centaines de bleus de coloriage à la gouache, puis il l'a également assisté sur la série Modeste et Pompon[22] et le one shot Candida.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il réside depuis 2020 à Jette, au nord-ouest de Bruxelles[23].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Séries[modifier | modifier le code]

One shots[modifier | modifier le code]

  • Fanfan et Polo aviateurs, La Libre Belgique, 1951
    Scénario : Jean-Michel Charlier - Dessin : Dino Attanasio
  • Le Soleil des damnés : Opération Edelweiss, Michel Deligne, 1983
    Scénario : Ed Engil - Dessin : Dino Attanasio
  • Il était une fois dans l’oued : O.P.A. sur la Belgique, Michel Deligne, 1984
    Scénario : Jacques Lambrexhe - Dessin : Dino Attanasio
  • Boccace, le Décaméron, Claude Lefrancq, 1991
    Scénario : Alexandre Attanasio - Dessin : Dino Attanasio
  • Jimmy Stone : Dispositif guet-apens, Point Image, 1997
    Scénario : André Fernez - Dessin : Dino Attanasio
  • BD Story : 6 graphinterviews par Dino Attanasio, Loup, 2002
    Scénario et dessin : Dino Attanasio
  • Candida fine-mouche, Miklo, 2006
    Scénario : Yves Duval - Dessin : Dino Attanasio
  • Fawcett, le naufragé de la forêt vierge, Éditions l'Âge d'Or, 2010
    Scénario : Henri Vernes - Dessin : Dino Attanasio - (ISBN 978-2-930556-03-1)

Collectifs[modifier | modifier le code]

  • 35 ans du journal Tintin - 35 ans d'humour[24], Le Lombard, Bruxelles, septembre 1981
    Scénario : collectif dont Mazel - Dessin : collectif dont Dino Attanasio - Couleurs : quadrichromie
    Participation : Allons, allons!... un grain d'optimisme que diable, L'Histoire d'un scénario humoristique.
  • L'Aventure du journal Tintin - 40 ans de bande dessinée[25], Le Lombard, Bruxelles, novembre 1986
    Scénario et couleurs : collectif - Dessin : collectif dont Dino Attanasio - (ISBN 2-8036-0574-0)
  • Collectif dont Dino Attanasio, Pétition[26] : À la recherche d'Oesterheld et de tant d'autres !, Amnesty International - Belgique francophone ASBL Groupe 64, , 47 p., p. 1 strip)
  • 6 Histoires bien portantes, Association contre le cancer, Bruxelles, 1993
    Scénario : collectif dont Dino Alexander - Dessin : collectif dont Dino Attanasio - Couleurs : quadrichromie - (ISBN 2-87247-010-7)
    Participation : Un gros problème - Scénario : Dino Alexander - Dessin : Dino Attanasio (5 planches).

Dessins animés[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, quatre courts métrages de Spaghetti ont été réalisés[4]

  • Spaghetti à la romaine[27]
  • Spaghetti et la pizza redoutable
  • Spaghetti à Hollywood
  • Spaghetti Circus

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilles Ratier, « Parimoine : Un ouvrage très complet sur l’un des doyens des dessinateurs belges de BD : Dino Attanasio ! », BDzoom,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. Alain De Kuyssche et Denis Coulon, « 1925-1948, les premières années italiennes. », dans Dino Attanasio - 60 ans de BD, Bruxelles, Éditions Miklo, , 200 p., ill. (ISBN 2-930234-78-4), p. 11-19.
  3. Alain De Kuyssche et Denis Coulon, Dino Attanasio - 60 ans de BD, Bruxelles, Miklo, , 200 p., ill. (ISBN 2-930234-78-4), p. 13.
  4. a et b Patrick Laurent, « Spaghetti rejoint le gratin », La DH Les Sports+,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) Bas Schuddeboom, « Dino Attanasio - Edoardo Attanasio (b. 8 May 1925, Italy/Belgium) », sur Lambiek, (consulté le ).
  6. Alain de Kuyssche et Denis Coulon, Dino Attanasio - 60 ans de BD, Bruxelles, Miklo, 200 p., ill. (ISBN 2-930234-78-4), p. 22.
  7. Bernard Coulange, « Attanasio Dino dans Spirou », sur bdoubliees.com (consulté le ).
  8. Alain De Kuyssche et Denis Coulon, Dino Attanasio - 60 ans de BD, Bruxelles, Miklo, , 200 p., ill. (ISBN 2-930234-78-4), p. 94.
  9. « Rigolo - 13 numéros », sur BD Gest' (consulté le ).
  10. Alain De Kuyssche et Denis Coulon 2006 cité sur (nl) stripgids.org.
  11. عظمت بازیافته / The Regained Glory sur Internet Archive.
  12. « Edoardo 'Dino' Attanasio catalogue de bandes dessinées », sur lastdodo.fr (consulté le ).
  13. Bernard Coulange, « Meys Lucien dans Tintin », sur bdoubliees.com (consulté le ).
  14. Philippe Magneron, « On a volé Valentine - BD, informations, cotes », sur BD Gest' (consulté le ).
  15. Michel Béra, Michel Denni et Philippe Mellot, BDM, Paris, Éditions de l'Amateur, , 1183 p. (ISBN 978-2-85917-504-7), p. 561.
  16. Gilles Ratier, « Le Coin du patrimoine : Spaghetti », BDZoom,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (it) « Il colonnello Squilla, Pepè e la bombarda - Tratto dal nº 34 del 20 agosto 1967 del Corriere dei Piccoli. », sur corrierino-giornalino.blogspot.com, (consulté le ).
  18. Bernard Coulange, « Mittéï (Hao) dans Tintin », sur bdoubliees.com (consulté le ).
  19. Patrick Gaumer et Claude Moliterni, Larousse de la BD, Larousse, , « Pierre Seron », p. 570.
  20. Alain Ledoux, Sapristi ! no 36, Sarl Sapristi, , 100 p., p. 18.
  21. Patrick Gaumer et Claude Moliterni, « Daniel Kox », dans Larousse de la BD, Larousse, , p. 375.
  22. « Les débuts BD de Marc Wasterlain », sur wasterlain-asbl.be (consulté le ).
  23. « Une exposition en hommage au doyen de la BD belge, Dino Attanasio, 99 ans ! », sur RTL Info (consulté le ).
  24. « 35 ans du journal Tintin - 35 ans d'humour », sur BD Gest' (consulté le ).
  25. « L'Aventure du journal Tintin - 40 ans de bande dessinée », sur BD Gest' (consulté le ).
  26. « Pétition », sur BD Gest' (consulté le ).
  27.  :[vidéo] Spaghetti – À la romaine sur YouTube

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

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Vidéographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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