Peanuts

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Peanuts
Image illustrative de l'article Peanuts

Format Comic strip
Date(s) de publication Octobre 1950 - février 2000
Numéros 17 897 strips (2 506 pages du dimanche)

Scénariste(s) Charles M. Schulz
Dessinateur(s) Charles M. Schulz
Créateur(s) Charles M. Schulz

Peanuts (aussi connu sous le nom de Snoopy et les Peanuts ou simplement Snoopy ; et au Québec, sous le nom Charlie Brown) est le nom d'un comic strip écrit et dessiné quotidiennement, sans interruption et sans assistance par l'Américain Charles M. Schulz (1922 - 2000) d'octobre 1950[1] jusqu'à sa mort, en février 2000. Il aura écrit au total 17 897 strips dont 2 506 pages du dimanche[2].

Peanuts est une série de gags qui tournent autour de deux personnages centraux, un garçon maladroit, malchanceux et déprimé, Charlie Brown et son chien, Snoopy. Le strip s'appuie sur le principe du running gag (comique de répétition) où les mêmes situations entre les personnages reviennent tout au long de la bande dessinée. De plus, chacun des personnages a ses particularités, ses obsessions et ses accessoires propres, qui resurgissent chaque fois qu'ils apparaissent.

Peanuts a donné également naissance à des dessins animés, dont plusieurs ont reçu un Emmy Award, à des pièces de théâtres et à des comédies musicales.

Le comic a été, à partir des années 1960 un succès planétaire, notamment aux États-Unis. La popularité du strip et le nombre colossal de licences pour des publicités ou produits dérivés ont fait de Charles M. Schulz une des célébrités les plus riches du monde[3].

À la mort de Schulz, le comic était publié dans plus de 2 600 journaux, dans 75 pays différents et dans 21 langues[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La « naissance » des Peanuts[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Schulz, dessinateur du Minnesota d'une vingtaine d'années, décide de vendre ses dessins pour divers magazines. Il postule avec succès à Timeless Topix, une maison d'édition catholique. De 1947 à 1950[5], il écrit sous le surnom de Sparky un strip humoristique hebdomadaire intitulé Li'l Folks, dans le journal local de sa ville natale, le Saint Paul Pioneer Press[6]. Les protagonistes sont des enfants, on y reconnaît plusieurs personnages du futur Peanuts. Schulz, qui ne gagne que 10 $ par semaine, demande au bout de deux ans une augmentation et un meilleur emplacement du strip dans le journal[7],[8]. Le rédacteur refusant sa requête, il cesse alors de collaborer. Il vend également, ces mêmes années, 17 dessins au Saturday Evening Post[9].

Krazy Kat, une des influences de Peanuts

Au printemps 1950, Schulz reçoit une lettre d'United Features Syndicate, qui se dit intéressé par son strip (Li'l Folks). Il part pour New York, en juin, pour leur proposer un nouveau strip, qui reprend quelques-uns des personnages de Li'l Folks. Le strip est vendu et le paraît dans sept quotidiens aux États-Unis[10](The Washington Post, The Chicago Tribune, The Minneapolis Tribune, The Allentown Call-Chronicle, The Bethlehem Globe-Times, The Denver Post et The Seattle Times) le premier comic, sous le nom de Peanuts. Schulz aurait à l'origine préféré le nom de Good Ol' Charlie Brown (« Bon vieux Charlie Brown ») mais l'United Features Syndicate qui gérait la diffusion nationale de la série insista pour que le nom de Peanuts (cacahuètes en anglais) soit retenu - nom que détestait Schulz : « ...le pire nom qu'on ait donné en bande dessinée. C'est complètement ridicule, ça n'a aucun sens, ça ne fait qu'installer la confusion et priver le strip de dignité - alors que je suis convaincu que mon humour est digne. […] Donner ce nom à un travail qui allait être celui d'une vie, c'était vraiment offensant. » explique-t-il dans une interview[11]. Le premier mois, Schulz reçoit 90 $ de la part du syndicat[9].

Peanuts a été influencé par les comics que lisait Schulz, étant enfant et jeune adulte : Krazy Kat, Popeye, Skippy, Lil' Abner… Schulz explique plus tard : « après la Seconde Guerre mondiale, Krazy Kat est devenu mon héros. […] J'ai décidé de dessiner quelque chose qui aurait autant de sens et de subtilité que Krazy Kat »[11]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Fin 1950, Charles M. Schulz attaque donc son comic strip. L'UFS le contraint à réduire ses strips à un petit format de quatre cases : « ...ils se sont décidés pour un seul strip tout en prenant la décision, fatale, d'un format peu encombrant. Je leur en ai toujours voulu. […] C'était reproduit en plus petit ; quatre cases qui pouvaient être disposées verticalement ou horizontalement, ou en carré, deux par deux. […] Ils m'ont fait comprendre qu'ils étaient plus ou moins à court de papier et que c'était mieux de poursuivre les économies d'espace », indique-t-il[11].

Il commence l'histoire avec deux garçons (Charlie Brown et Shermy), une fille (Patty) et Snoopy. Apparaîtront ensuite Violette et Schroeder en 1951, puis Lucy et Linus en 1952. Il les dessine très simplement, une grosse tête ronde et un petit corps, avec des lignes uniques et épaisses (plume). La bouche et deux petits points pour les yeux suffisent pour composer leur expression. Snoopy, quant à lui, est encore un chien ordinaire, « il ne pensait pas. Il aboyait et galopait à quatre pattes. C'était un adorable petit chiot. Je ne sais pas comment il en est venu à marcher, à penser mais c'est certainement l'une des meilleures trouvailles. »[11]

La première page dominicale des Peanuts apparaît le dimanche , qui permet à Schulz d'avoir une moitié de page de journal pour dessiner son strip. Il en écrira au total 2 506, chaque dimanche. À ce moment, le strip est publié dans plus de 40 journaux américains[9]. La même année, le premier livre de collection des Peanuts est édité.

Au fil des ans, Charles M. Schulz abandonne peu à peu Shermy, Patty et Violette. Au contraire, il donne beaucoup d'importance aux autres personnages. Charlie Brown devient le « loser », Schroeder le virtuose, Lucy la dominatrice… son petit frère Linus découvre sa couverture qu'il transporte constamment avec lui. Snoopy se met à penser, à marcher sur ses deux pattes arrières (1956[10]), à faire des imitations et à dormir sur le toit de sa niche. Pour chacun d'entre eux, Schulz affine les caractères physionomiques et psychologiques.

Les succès[modifier | modifier le code]

Peu à peu, Peanuts se fait connaître du grand public. En 1955, Kodak devient le premier commanditaire du comic, en utilisant les personnages dans un manuel d'appareil photographique et Charles M. Schulz reçoit le Reuben Awards (équivalent américain du Grand prix de la ville d'Angoulême) de la National Cartoonists Society[9].

En 1958, Schulz est nommé par l'Université Yale dessinateur de l'année (Cartoonist of the Year)[10]. La série sort alors dans 355 journaux aux États-Unis et dans 40 journaux à l'étranger[9]. En 1960, Sally, la petite sœur de Charlie Brown, rejoint le gang.

Au début des années 1960, Peanuts connaît un élan fulgurant et devient un véritable phénomène culturel. La National Cartoonists Society nomme les Peanuts meilleur strip humoristique de l'année en 1962 et remet à Schulz un second Reuben Awards, deux ans plus tard[10]. Le , les Peanuts font la couverture de Time Magazine[12] et celle du Life Magazine le [13]. Pour la première fois, le marché de l'édition commence à vendre d'autres objets que des livres, les produits dérivés : des tasses, des bols, des figurines, des chaussettes, des pyjamas, des sweat-shirts, des peluches, etc. Peanuts devient une proie pour les publicités. Au sommet de sa popularité, le merchandising et le succès du comic strip donnent à Schulz une rémunération annuelle de plus de 30 millions de dollars[3]

L'année 1965 marque également le premier television special des Peanuts, A Charlie Brown Christmas (un Noël de Charlie Brown), produit par Warner Bros et Bill Melendez. Ce dessin animé est diffusé sur la chaîne L'Île aux naufragés (Gilligan's Island) le 9 décembre, avec plus de cinquante-cinq millions de téléspectateurs[3]. Il remporte cette année-là un Peabody Award et un Emmy Award pour le outstanding children's programming (meilleur programme pour enfants)[9]. Une comédie musicale se joue également, You're a Good man Charlie Brown, donnée en première off-broadway le [14]. Dans le comic, Peppermint Patty (1966), Woodstock (1967), Marcie et Franklin (1968) puis Rerun (1973) rejoignent le groupe.

Schulz traverse au même moment une période assez difficile. En 1966, son père Carl meurt et un incendie détruit son studio, à Sebastopol[9]. En 1972, il divorce de Joyce Schulz ; il explique à des journalistes quelques mois après : « étrangement, j'ai dessiné de bien meilleurs strips ces six derniers mois - du moins, les meilleurs que je puisse dessiner. C'est à se demander comment fonctionne l'esprit humain ».

En France, les premiers journaux commencent à publier le comic : Chouchou (1965) , Charlie Mensuel (1969) puis France-Soir[4].
En 1973, Schulz reçoit un second Emmy Awards pour son dixième TV special, A Charlie Brown Thanksgiving[9]. En 1975, Peanuts fêtent leurs 25 ans en apparaissant dans plus de 1 400 journaux américains et dans environ 175 journaux étrangers, avec 90 000 000 de lecteurs[9]. La même année, il gagne un troisième Emmy Award, avec le TV special You’re a Good Sport, Charlie Brown, un quatrième en 1980 avec Life Is a Circus, Charlie Brown et un Peabody Award en 1983 avec What Have We Learned, Charlie Brown? . Peanuts entre dans le Guinness Book of World Records en 1984 après avoir été vendu au 2000e journal[9]. À partir du milieu des années 1980, Peanuts se voit concurrencé par d'autres comics strips très populaires, comme Calvin et Hobbes et Garfield.

En 1987, National Cartoonist Society remet à Schulz le Golden Brick Award[13]. Environ 300 millions d'albums du comic ont alors été vendus[4]. En 1990, à l'occasion du quarantième anniversaire des Peanuts, une grande exposition rétrospective est consacrée, au musée des arts décoratifs de Paris dans le palais du Louvre. Schulz s'y voit remettre la médaille du Commandeur des Arts et des Lettres, par Jack Lang, alors ministre de la culture[15].

La fin des Peanuts[modifier | modifier le code]

Alors qu'il vieillit, Charles M. Schulz résiste pour ne pas prendre de pause et continue à écrire quotidiennement. Il explique, alors qu'il a 65 ans : « … ces derniers temps, la plupart de mes amis partent à la retraite et je me demande si je n'ai pas gâché une vie. […] Il m'est arrivé des choses que je n'avais pas osé imaginer, et je mourrai donc heureux. Mais il y a toujours ce vaste monde dehors, dont je ne connais rien et je suis marié à une femme qui adore voyager, alors je me dis "mince, il y a peut-être autre chose". […] Comment savoir quand les artères se boucheront et exploseront, et que ce sera la fin ? Ai-je vraiment intérêt à rester assis là, à faire mon strip quotidien ? »[11].

En novembre 1999, juste avant ses 77 ans, Schulz est victime d'un infarctus et est conduit à l'hôpital. Les médecins lui découvrent un cancer du côlon qui s'est métastasé à l'estomac. Il subit une opération qui le débarrasse en partie des métastases. Mais il ne voit plus clair et a du mal à lire[3]. Le , il annonce qu'il se retire du dessin. Il déclare : « je ne pensais pas que cela pouvait m'arriver. J'ai toujours pensé rester dans la bande dessinée jusqu'à mes quatre-vingt ans environ. Mais soudain, tout a disparu. On m'a tout pris, ce n'est pas moi qui ai tout mis de côté. On m'a tout pris ». Le dernier strip quotidien est édité le (les strips écrits par Schulz étaient publiés quelques semaines après). Charles M. Schulz s'éteint 40 jours après, le , dans son lit. Le lendemain est édité la dernière page dominicale, où il fait ses adieux :

Dear friends
I have been fortunate to draw Charlie Brown and his friends for almost 50 years. It has been the fulfillment of my childhood ambition.
Unfortunately, I am no longer able to maintain the schedule demanded by a daily comic strip. My family does not wish Peanuts to be continued by anyone else, therefore I am announcing my retirement
I have been grateful over the years for the loyalty of our editors and the wonderful support and love expressed to me by fans to the comic strip
Charlie Brown, Snoopy, Linus, Lucy… How can I ever forget them ?

Charles M.Schulz

Chers amis
J'ai eu la chance de dessiner Charlie Brown et ses amis pendant près de 50 années. Cela a été le fruit de l'ambition de mon enfance.
Malheureusement, je ne suis plus en mesure de continuer le travail demandé par un comic strip quotidien. Ma famille ne souhaite pas que
Peanuts soit poursuivi par quelqu'un d'autre, par conséquent j'annonce ma retraite.
Je suis très reconnaissant de la fidélité de nos éditeurs, du soutien merveilleux et de l'amour exprimé par les fans du comic strip, au cours de ces années.
Charlie Brown, Snoopy, Linus, Lucy… Comment pourrais-je jamais les oublier ?

Charles M.Schulz
Charles M. Schulz Museum à Santa Rosa, en Californie

À sa mort, Peanuts était publié dans plus de 2 600 journaux dans le monde entier, 20 000 produits dérivés avaient été développés[9]. Le comic apparaissait dans 75 pays, dans 21 langues[16]

Le , la National Cartoonist Society récompense Schulz d'un Lifetime Achievement award. Le s'ouvre le Charles M. Schulz Museum, en hommage à Schulz et aux Peanuts.

Peanuts sera considérée comme l'une des plus grandes bandes dessinées du XXe siècle et comme le comic strip le plus célèbre. Charlie Brown et Snoopy seront classés huitièmes des Top 50 Greatest Cartoon Characters of All-Time (classement des 50 plus grand personnages de tous les temps) par TV Guide[17]. Le Forbes magazine placera Schulz troisième dans leur classement Top Earning Dead Celebrities (Classement des revenus les plus importants des célébrités décédées), après Kurt Cobain et Elvis Presley, avec un revenu annuel de 35 millions de dollars[18]. Au total, Peanuts aura fait 1,2 milliard dollars de ventes dont 350 millions aux États-Unis[19].

Des nouveaux TV specials ont été créés après la mort de Schulz, mais toujours sur la base d'anciens comics.

Le 27 avril 2010, l'éditeur E.W. Scripps qui gérait depuis soixante ans les droits de l'œuvre de Charles Schulz a vendu les droits associés à Snoopy, Charlie Brown et aux autres personnages des Peanuts à la société Iconix Brand Group pour la somme de 175 millions de dollars. La famille de Charles Schulz devient par ailleurs actionnaire d'Iconix à hauteur de 20 %.

Personnages[modifier | modifier le code]

Des personnages de Peanuts dans un parc d'attractions à hong Kong

Peanuts est un des premiers comics strips à avoir inséré plus de deux ou trois personnages[20]. Les Peanuts sont un groupe d'enfants qui jettent sur le monde un regard contemplatif, à la fois enfantin et adulte. Ils ont chacun leurs particularités et leurs habitudes. Ils agissent cyniquement avec sadisme : Umberto Eco dira dans "La vie et un rêve, Charlie Brown" (Rivages), « ces enfants nous affectent parce qu'ils sont des monstres. Ils sont les réductions monstrueuses et infantiles de toutes les névroses des citoyens modernes de la civilisation industrielle »[21]. Il ajoutera « l'univers de Peanuts est un microcosme, une petite comédie humaine pour le lecteur candide comme lettré »[22].

Schulz dessine les enfants avec un graphisme minimaliste et des traits épais. Ils sont remarquables grâce à leurs grosses têtes rondes. Schulz n'a de plus jamais dessiné d'adultes dans Peanuts. Il a toujours dessiné les personnages au même niveau : « Je préférais dessiner mes personnages du même point de vue tout au long du strip car les idées fonctionnaient dans la brièveté et je ne voulais pas interrompre le flot de ce qui se disait ou faisait. Voilà pourquoi il n'y avait pas de place pour les adultes. »[11]. Schulz a cependant dessiné une foule d'adultes assez vague, en 1954, pendant un tournoi de golf auquel participait Lucy et, si des voix de parents se font parfois entendre dans les premiers strips, elles ne tardent pas à complètement disparaître.

Le comic strip commence avec un petit groupe d'enfants aux personnalités très simples : Charlie Brown et son chien, Snoopy, puis Shermy, Patty et Violette, qui seront vite délaissés. Peu à peu, Schulz se concentre sur Charlie Brown, un petit garçon qui rate généralement tout ce qu'il entreprend mais doté d'une rare opiniâtreté : continuant à jouer au baseball bien que son équipe ne gagne pas un match, s'obstinant à vouloir faire voler un cerf-volant qui ne décolle pas… Schulz enrichit rapidement le petit monde de Charlie du pianiste Schroeder (1951) puis de Lucy et de son frère Linus (1952)… Ils entrent dans la bande dessinée en étant tout petit. Lucy n'arrive pas à compter, Schroeder ne sait pas parler (alors qu'il devient un virtuose de son piano-jouet) et Linus ne peut pas tenir debout. Ils grandissent ensuite un temps, après quoi leur âge se fige. En 1954, deux nouveaux personnages apparaissent, Charlotte Braun (personnage mineur) et Pigpen.

Dans les années 1960, la bande dessinée évolue dans deux directions.

D'une part, Snoopy évolue très vite et devient un personnage très important. Son comportement devient peu à peu humain. Beaucoup de strips tournent alors autour de la vie fantaisiste et/ou imaginaire du chien - épisodes durant lesquels il peut être un héros de la Première Guerre mondiale, une star du hockey sur glace, un astronaute, un serpent, une chauve-souris… pour le plus grand amusement (et étonnement) des enfants de la série qui se prêtent parfois complètement à la douce folie de Snoopy.

Parallèlement, Schulz introduit beaucoup de nuances dans le caractère des enfants, substituant à d'anonymes voisins des personnages au caractère beaucoup plus trempé.

Il intègre de nouveaux personnages très importants : Sally Brown en 1960[23], Frieda en 1961[24], Peppermint Patty en 1966[25], Woodstock en 1967[26], Marcie[27] et Franklin[28] en 1968 et enfin Rerun en 1973[29].

Charlie Brown[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charlie Brown.

Charlie Brown est avec Snoopy, son chien, le personnage principal. Ils sont les deux seuls personnages à apparaître dans le comic du début à la fin. Son père est coiffeur[10], il a une sœur : Sally Brown.
C'est un petit garçon malchanceux, maladroit et déprimé. Il joue le rôle du loser de la série et rate tout ce qu'il entreprend : il n'arrive pas à faire décoller son cerf-volant, n'arrive pas à jouer au baseball, n'a aucun succès auprès des filles (dont la jolie « petite fille rousse ») et perd 10 000 fois consécutives contre Lucy aux dames. Malgré cela, il s'obstine toujours à faire ce qu'il désire.

Snoopy[modifier | modifier le code]

Snoopy est le chien de race beagle de Charlie Brown et est, avec lui, le personnage central des Peanuts. Au fur à mesure du comic, son comportement devient « humain » : il se met à marcher sur ses deux pattes, à penser et à philosopher.

Il a des habitudes plutôt extravagantes, comme celle de dormir sur le toit de sa niche et vit dans un monde fantaisiste, se prenant pour un astronaute (le premier beagle à avoir marché sur la lune, avant même la mission Apollo 10, laquelle adoptera les noms de Charlie Brown, pour le module de commande et de Snoopy, pour le module lunaire), un aviateur de la Première Guerre mondiale, perpétuellement aux prises avec l'as allemand des airs Manfred von Richthofen, le Baron Rouge, le joueur de billard Eddie Vite-fait du film L'Arnaqueur, le légionnaire Beau Geste, un célèbre écrivain, un grand joueur de hockey, un joueur de tennis, un scout, etc.

Il a de nombreux frères et sœurs, dont Spike, Andy, Olaf et Tupfen. Son meilleur ami est Woodstock, un petit oiseau jaune contraint, à l'occasion, de lui servir de secrétaire.

Autres[modifier | modifier le code]

Lucy Van Pelt
Elle est la grande sœur de Linus et Rerun. Elle apparaît la première fois le , alors qu'elle est toute petite.
Elle prend vite le rôle d'enquiquineuse dominatrice dans le comic, notamment avec un comportement cynique et très autoritaire. Elle tombe par ailleurs amoureuse de Schroeder et fait tout pour qu'il la remarque.
À l'occasion, Lucy se prétend psychiatre et offre des consultations pour cinq centimes de dollars, en particulier à Charlie Brown.
Linus Van Pelt
Linus apparaît dans Peanuts tout petit bébé, le 19 septembre 1952 : la même année que sa grande sœur Lucy, qui le martyrisera pendant les 47 années suivantes… Linus aura un petit frère, Rerun.
Linus est un personnage primordial du comic, il est le meilleur ami de Charlie Brown. Il a une personnalité très paradoxale. Tandis qu'il suce son pouce et ne peut pas se séparer de son doudou, sa « couverture de sécurité » (« security blanket » en anglais), il est l'intellectuel et le philosophe de la troupe. Linus a également une passion pour les armes.
Schroeder
Il est un des pionniers des Peanuts, il entre dans le comic le . Alors qu'il est encore tout petit, il se découvre une passion pour le piano et Ludwig van Beethoven. Il devient un virtuose du piano-jouet, objet dont il ne peut plus se détacher. Il s'emporte facilement quand on l'énerve pendant qu'il joue. Tout à sa passion, il ne remarque quasiment jamais Lucy, qui, morte d'amour (seul défaut de sa cuirasse), l'observe constamment.
C'est un ami proche de Charlie Brown et il est membre de son équipe de base ball.
Sally Brown
Elle est la petite sœur de Charlie Brown. Si elle estime son grand-frère, elle n'en demeure pas moins extrêmement consciente de ses faiblesses. Petite fille vive et intelligente, amoureuse de Linus (son « gentil papou »), sa seule véritable angoisse, à l'instar de Peppermint Patty, est l'école.
Rerun Van Pelt
Rerun est le petit frère de Linus et Lucy. Il aimerait bien avoir un chien tout comme Charlie Brown. Dans certaines éditions, on l'appelle Bibis.
Marcie
Marcie est l'intellectuelle de la bande. Secrètement amoureuse de Charlie Brown (qu'elle appelle Charles), elle est néanmoins inséparable de Peppermint Patty dont les aptitudes sportives exercent sur elle une réelle fascination.
Peppermint Patty
Peppermint Patty ou pastille de menthe dans certaines éditions françaises, de son vrai nom Patricia Reichardt, est apparue dans le comic le . Sportive, incapable de se concentrer en classe, elle est sans doute celle qui adhère le plus complaisamment aux « délires » de Snoopy (qu'elle prend volontiers pour un petit garçon).

Productions[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Peanuts est apparu dans beaucoup de livres au cours des années. La plupart des collections classent les strips par sujets thématiques ( « Snoopy connait la musique » par exemple), d'autres les représentent chronologiquement. Certains ont été adaptés à partir de TV spécial.
Les livres sont souvent nommés Snoopy ou Charlie Brown et non Peanuts, Schulz détestant ce nom.

En langue française, les recueils ont été publiés par Dargaud (depuis 1979), Dupuis (1965), Hachette (1974 - 1987), Gallimard (1974 - 1977), Sagédition (1976) et à partir de 2002 par Ri vages. Holt-Rinehart and Winston pour les québecois (depuis 1969) [30].

Charles Schulz ne tenait pas à publier les premiers strips des Peanuts, car il pensait que les personnages ne reflétaient alors pas les caractères qu'il a par la suite développés. Cependant, il a commencé en 1997 à avoir des entretiens avec Fantagraphics Books pour éditer intégralement les quelque 18 000 strips du comic, édités chronologiquement sous la forme de livres. Le premier volume de la collection, Snoopy et les Peanuts 1950-1952 a été édité en avril 2004 aux États-Unis et en novembre 2005 en France (chez Dargaud). Le livre a été nommé au Prix du patrimoine au festival d'Angoulême en 2006. Le 25e et dernier tome devrait sortir en 2016, si le rythme de deux volumes par an se maintient.
Chacun de ces livres contient des informations complémentaires à propos de Charles M. Schulz et Peanuts puis une courte préface (ou postface) écrite par un célèbre fan (Matt Groening ou F'murr par exemple) ou connaisseur des Peanuts .
Tous les strips, y compris ceux du dimanche, sont en noir et blanc.

Animations[modifier | modifier le code]

En plus des journaux et des nombreux livres, les personnages de Peanuts sont apparus de nombreuses fois sous la forme animée. Ceci commence en 1961 pour une série de spots publicitaires télévisés pour le modèle de voiture Ford Falcon. La publicité est animée par Bill Melendez, qui devient un ami de Schulz.
En 1963, le producteur Lee Mendelson décide de faire un documentaire animé appelé A Boy Named Charlie Brown (Un petit garçon appelé Charlie Brown) avec Schulz et Melendez. Ils produisent tous les trois le premier TV special de Peanuts en 1965, A Charlie Brown Christmas, qui remporte un Emmy Award et un Peabody Award.
Le TV special récolte un succès fou et donne suite au cours des années à une quarantaine d'autres TV special.

En France, les animations des Peanuts sont gérées par Citel Video[19]. Aux États-Unis, les TV special passent sur la chaîne ABC [19].

Titre français Titre original Année
Joyeux Noël, Charlie Brown ![31]
Aussi connu au Québec sous le titre Un Noël à la Charlie Brown
A Charlie Brown Christmas 1965
Au jeu, Charlie Brown ![31] Charlie Brown's All-Stars 1965
C'est la grosse citrouille, Charlie Brown.[31] It's the Great Pumpkin, Charlie Brown 1966
Charlie Brown est amoureux.[31] You're in Love, Charlie Brown 1967
C'est ton chien, Charlie Brown ![31] He's Your Dog, Charlie Brown 1968
Finies les vacances.[31] It Was a Short Summer, Charlie Brown 1969
Un petit garçon appelé Charlie Brown A Boy Named Charlie Brown 1969
Musique, Maestro.[31] Play It Again, Charlie Brown 1971
Snoopy, Come Home 1972
Tu as perdu les élections, Charlie Brown.[31] You're Not Elected, Charlie Brown 1972
Le temps d'aimer.[31] There's No Time for Love, Charlie Brown 1973
Joyeux Thanksgiving ! A Charlie Brown Thanksgiving 1973
Snoopy enquête.[31] It's a Mystery, Charlie Brown 1974
Joyeuses Pâques, Charlie Brown.[31] It's the Easter Beagle, Charlie Brown 1974
À chacun son valentin.[31] Be My Valentine, Charlie Brown 1975
Ça, c'est du sport.[31] You're a Good Sport, Charlie Brown 1975
La journée des arbres.[31] It's Arbor Day, Charlie Brown 1976
C'est ta course, Charlie Brown.[32] Race for Your Life, Charlie Brown 1977
Du football au bal.[31] It's Your First Kiss, Charlie Brown 1977
Quel cauchemar.[31] What a Nightmare, Charlie Brown! 1978
L'étoile du stade.[31] You're the Greatest, Charlie Brown 1978
La fée des glaces.[31] She's a Good Skate, Charlie Brown 1980
Bon voyage, Charlie Brown.[32] Bon Voyage, Charlie Brown (and Don't Come Back!!) 1980
Snoopy au cirque.[31] Life Is a Circus, Charlie Brown 1980
Snoopy le magicien.[31] It's Magic, Charlie Brown 1980
Le coup de foudre.[31] Someday You'll Find Her, Charlie Brown 1981
A Charlie Brown Celebration 1982
Ce n'est qu'un au revoir.[31] Is This Goodbye, Charlie Brown? 1983
It's an Adventure, Charlie Brown 1983
What Have We Learned, Charlie Brown? 1983
Flashbeagle.[31] It's Flashbeagle, Charlie Brown 1984
Snoopy se marie.[31] Snoopy's Getting Married, Charlie Brown 1985
You're a Good Man, Charlie Brown 1985
Bonne année Charlie Brown.[31] Happy New Year, Charlie Brown! 1986
Snoopy!!! The Musical 1988
It's the Girl in the Red Truck, Charlie Brown 1988
Pourquoi, Charlie Brown, pourquoi ?[31] Why, Charlie Brown, Why? 1990
Snoopy et sa famille.[31] Snoopy's Reunion 1991
It's Spring Training, Charlie Brown 1992
It's Christmastime Again, Charlie Brown 1993
You're in the Super Bowl, Charlie Brown 1993
It Was My Best Birthday Ever, Charlie Brown 1997
It's the Pied Piper, Charlie Brown 2000
A Charlie Brown Valentine 2002
Charlie Brown's Christmas Tales 2002
Lucy Must Be Traded, Charlie Brown 2003
I Want a Dog for Christmas, Charlie Brown 2006
Happiness Is a Warm Blanket, Charlie Brown 2011
Peanuts 2015

Théâtre[modifier | modifier le code]

Publicité et produits dérivés[modifier | modifier le code]

Au fil des années, les personnages des Peanuts sont apparus dans de nombreuses publicités : des patisseries Dolly Madison[33], des restaurants Friendly's, des root beer A&W[34], des céréales Cheerios[35], des aspirateur Regina, des appareils photo Kodak, des voitures Ford, des magasins Carrefour, les casquettes de la marque New Era cap dans une édition "Vintage Snoopy", etc.

Plusieurs grandes sociétés de jouets, comme Hasbro, ont signé des accords avec United Media pour produire des jeux inspirés des personnages du comic.

1,5 milliard de cartes Peanuts Hallmark ont été vendues depuis 1960[19].

17 millions de livres de coloriages et d'activités pour enfants ont été vendus (éditions Paradise Press) [19]

La compagnie Lacoste sort, à l'occasion des 60 ans de peanuts, une édition limitée de 4 polos à l'effigie des personnages de la bande dessinée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Chipp Kidd, Peanuts. The Art of Charles Schultz, Pantheon, 2001.
  • (en) David Larkin (dir.), Peanuts. A Golden Celebration, HarperCollins, 1999.
  • (en) Robert L. Short, The Parables of Peanuts, Harper & Row, 1968.
  • Marion Vidal, Monsieur Schulz et ses Peanuts, Paris : Albin Michel, 1976.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Premier strip le 2 octobre 1950. Voir Image:First_Peanuts_comic.png sur la Wikipédia anglaise
  2. (en) http://www.petcaretips.net/charlie_brown_comic_strip.html percaretips.net Peanuts Comic Strip]
  3. a, b, c et d (fr) Charles M. Schulz, une vie et une époque David Michaelis dans L'intégrale de Snoopy et les Peanuts (1950 - 1952) p. 291
  4. a, b et c Article du journal L'Humanité Disparition. Charles M. Schulz est décédé la veille de la dernière apparition de ses Peanuts. - Olivier Ka
  5. (en) Plus précisément du au . Li'l folks
  6. (en) Article sur la wikikipédia anglaise : St. Paul Pioneer Press
  7. (fr) L'intégrale Snoopy et les Peanuts (1953 - 1954) ; biographie de Gary Groth p. 324-325
  8. (en) Article de la Wikipédia anglaise : Li'l Folks
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) Le site du Charles M. Schulz Museum
  10. a, b, c, d et e (en) Timeline du site officiel.
  11. a, b, c, d, e et f Entretien entre Rick Marschall, Gary Groth et Charles M. Schulz (1987 - Santa Rosa) - intégrale de Snoopy et les Peanuts (1950 - 1952) p. 304
  12. (en) Voir Image:PeanutsTimeMagazine.jpg sur la Wikipédia anglaise
  13. a et b Fiche de Charles M. Schulz sur le site de Dargaud
  14. (en) IMBD info on off-Broadway opening
  15. (en) Article du New York Times (Susan Heller Anderson - 24 janvier 1990)
  16. (en) Voir en:Peanuts
  17. (en) CNN.com Cartoon characters list
  18. (en) The top Earning Dead Celebrities (Forbes.com)
  19. a, b, c, d et e (en) United Media License
  20. (en) le site officiel
  21. (en) Biographie de Schulz sur lambiek.net
  22. (fr) L'intégrale des Peanuts '1953 - 1954 (quatrième page de couverture)
  23. (en) Voir le strip où elle apparaît : sur snoopy.com
  24. (en) Voir le strip où elle apparaît : Frieda intro.gif
  25. (en) Voir le strip où elle apparaît : sur snoopy.com
  26. (en) Voir le strip où il apparaît : sur snoopy.com
  27. (en) Voir le strip où elle apparaît : sur snoopy.com
  28. (en) Voir le strip où il apparaît : sur snoopy.com
  29. (en) Voir le strip où il apparaît : sur snoopy.com
  30. Dictionnaire mondial de la bande dessinée Patrick Gaumer et Claude Moliterni - Larousse).
  31. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z et aa L'intégrale de la série d'animation Snoopy & Charlie Brown éditée chez Citel Video
  32. a et b http://www.amazon.fr/dp/B00004XRAX
  33. (en) Voir http://theimaginaryworld.com/recent.html
  34. Exemple d'image
  35. (en) Publicité de 1980 sur YouTube : http://www.youtube.com/watch?v=zvhXwUH8SVY&mode=related&search=

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]