Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux

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Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux
Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux par Gérard.jpg

Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux,
toile de François Gérard (détail), 1798, Musée des beaux-arts d'Angers.

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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
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Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux — orthographié également « Larévellière » ou « La Revellière » — est un homme politique français, né le à Montaigu et mort le à Paris. Il exerça son activité pendant la période de la Révolution. Il fut un des cinq premiers Directeurs du Directoire, ainsi que député de Maine-et-Loire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux en tenue de Directeur, gravure de François Bonneville, Paris, BnF, département Estampes et photographie, 1796.

Né dans une famille de propriétaires terriens du Poitou, il fit ses études chez les Oratoriens d'Angers, puis à l'université d'Angers, où il acquiert une licence de droit (1775). Un moment avocat au Parlement de Paris, il retourne en Anjou, où il s'intéresse surtout à la botanique en professant à la Société des Botanophiles puis en dirigeant le Jardin des plantes d'Angers (1789).

Élu du Tiers état de l'Anjou aux États généraux de 1789, il est député de l'Assemblée constituante, administrateur du département de Maine-et-Loire ; il fait partie du Club des Jacobins, mais le quitte après la fuite de Varennes (). Membre de la Convention nationale (1792), il soutient les Girondins et passe dans la clandestinité après le (chute des Girondins) ; il donne sa démission le , et n'est pas remplacé. Il revient à la Convention thermidorienne le (18 ventôse an III) et contribue à la rédaction de la Constitution de l'an III.

Membre du Conseil des Cinq-Cents, il est élu Directeur le .

Il raconte son installation, accompagné des autres Directeurs, au Petit Luxembourg, qui avait servi de prison, à un moment où régnait à Paris le dénuement le plus terrible : « Les dragons à cheval qui les escortaient « montaient en mauvais souliers et en bas de laine percés, au lieu de bottes ». Lorsqu’ils pénétrèrent dans le palais, « nous trouvâmes, se souvient-il, tous les appartements littéralement nus : il n’y avait pas de meubles de quelque nature que ce fût. […] Nous nous réfugiâmes dans un petit cabinet. Le concierge Dupont nous y fit placer une petite table boiteuse dont un pied était rongé de vétusté, et quatre chaises, le tout lui appartenant. Il nous prêta aussi quelques bûches car le temps était assez froid[1] ».

Au Directoire, Louis-Marie de la Révellière-Lépeaux s'occupe surtout des questions culturelles et religieuses : corédaction de la constitution civile du clergé, création de l'Institut de France, diffusion de la théophilanthropie, religion rationnelle, et du culte décadaire. Il prépare avec Paul Barras et Jean-François Reubell le coup d'État du 18 fructidor an V ().

En politique extérieure, il voudrait détruire la papauté, mais ne se montre pas favorable à l'unification de l'Italie, où il craint la domination des Jacobins. Lors du coup d'État du 30 prairial an VII, il doit démissionner, les Conseils l'estimant responsable des défaites de la France.

Il vit encore vingt-cinq ans, sans aucune activité politique.

Portrait[modifier | modifier le code]

L'historien Emmanuel de Waresquiel dresse un portrait peu amène de La Révellière : « [...] hypocrite, petit bossu, adepte de la théophilanthropie, une drôle de religion inventée par lui, anticlérical et vaniteux [...][2] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Vialatte, Paris, des origines à la Libération, Paris, Société universitaire d'éditions et de librairie, , 160 p., p. 65
  2. Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le prince immobile, Fayard, 2003, p. 208

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Buste de Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux par le sculpteur David d'Angers.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Mémoires de Larevellière-Lépeaux ont été éditées par R. D. D'Angers (Paris, 3 vol., 1895).
  • Etienne Charavay, La Révellière-Lépeaux et ses mémoires, 1895
  • Albert Meynier, Un représentant de la bourgeoisie angevine, 1905

Liens externes[modifier | modifier le code]

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