Albert Féraud

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Albert Féraud
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Albert Féraud en 1995.
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Œuvres principales

Albert Féraud, né le à Paris et mort le à Bagneux, est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Albert Urbain Fernand Féraud naît le dans le 1er arrondissement de Paris[1], il est le fils d'un prix Nobel de médecine et d'une chanteuse d'opéra. Il épouse Henriette Roger et ont deux filles, Geneviève et Dominique.

Il passe son enfance à Paris, Cap-d'Ail et Nîmes, près de son oncle et retourne à Paris pour finir ses études secondaires.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il quitte Nîmes et entre à l'École des beaux-arts de Montpellier[2], de Marseille puis de Paris, dans l’atelier d’Alfred Janniot. Il est premier grand prix de Rome de sculpture en 1951.

Carrière artistique[modifier | modifier le code]

Entre 1950 et 1960, il exécute de nombreuses œuvres en pierre ou en bronze dont une série de bustes qui l’apparentent à Bourdelle ou à Despiau[3].

À partir de 1960, Il découvre le matériau de récupération et la liberté créatrice. Son œuvre évolue vers une abstraction de plus en plus marquée.

Après des recherches sur le plomb, il s’oriente vers des travaux en fer soudé puis en acier inoxydable. C’est l’époque de ses deux premières expositions importantes, en 1960 et 1961, à la Galerie 7 de Paris. Depuis, chaque année, une exposition lui est consacrée en France et à l’étranger (Bâle, Zurich, Montréal, Lucerne, Francfort, Berlin, Varsovie, Turin…). Une importante bibliographie est consacrée à l’œuvre de cet artiste dont le nom est lié, pour l’essentiel, à l’exploration des possibilités de ce nouveau matériau, l’inox, dont Albert Féraud est l’un des plus habiles et les plus inspirés manipulateurs[3].

Il est passionné par la projection, dans l’espace à trois dimensions dont le plan à deux dimensions était jusqu’alors le terrain d’exécution privilégié. Sa sculpture, jusque dans ses exubérances mouvementées où se manifeste la joie de vivre de l’artiste, garde par son sens de l’harmonie et de l’équilibre, une qualité et une densité plastique qui en font l’intérêt, aussi bien pour l’amateur de sculpture que pour l’architecte à la recherche d’une animation[3].

Aujourd'hui, près de 50 œuvres se trouvent dans des collections publiques, françaises et étrangères, et plus de 70 expositions personnelles ont été organisées dans le monde, dont cette importante exposition itinérante à Shanghai et Pékin, en 2001[4].

Il meurt le à Bagneux dans les Hauts-de-Seine[1].

Hommage[modifier | modifier le code]

Il est élu membre de l’Institut de France (Académie de beaux-arts) en 1989[4], au fauteuil d'Hubert Yencesse[3] et sera remplacé à sa mort par Pierre-Édouard[5]. Louis Leygue prononce un discours qui définit parfaitement l'homme, son travail et son œuvre, le dans la séance publique tenue par l’Académie des beaux-arts, pour la réception d’Albert Féraud, élu membre de la section sculpture :

« Votre entrée parmi nous apporte joie et clarté […] à votre manière, vous surgissez avec force […] un tel exposé prépare à trouver toute naturelle la place que vous prenez aujourd'hui. Mais ce tracé idéal, d'une balistique logique, n'est pas celui qui s'est produit effectivement […] en quittant le Lycée Henri IV, vous allez vous inscrire à l'École des beaux-arts dans la section de sculpture […] d'Alfred Janniot. Sous la tutelle d'un tel maître, vous comprenez rapidement le jeu subtil des pleins et des vides, et vous êtes attiré par la passion des masses vivantes. il arrive un jour que vous preniez part au concours de Rome et il arrive aussi, c'était justice, que vous obteniez le Premier Grand Prix […] rentré à Paris, vous bénéficiez heureusement d'un atelier mis à votre disposition, rue du Commandeur, par l'Académie des Beaux-Arts […] un virage essentiel vous attend […] un local silencieux, vide, est mis à votre disposition par quelqu'un d'important. C'est Monsieur Antoine qui abandonne son usine de métallurgie d’Arcueil. Ici les éléments sont en attente : le métal, l'outillage obéissant à l'électricité, les presses, les sectionneuses, on pourrait dire : les instruments prêts encore à servir, sont là […] ce sont les conditions de travail qui vont animer votre sens de la création […] et jusqu'ici, la terre glaise si affectueuse, la pierre si conciliante dès qu'on sait la prendre, ces collaboratrices vont être délaissées comme inutilisables[…] vous voici forgeron […] le métal est à votre disposition […] un métal dur, brillant et fort cher. Alors vous pensez à l'utiliser en seconde main, quand il a déjà servi […] c'est une nouveauté dans l'histoire de la sculpture que le matériau utilisable, loin d'avoir son aspect premier et d'être prêt à prendre sous l'outil une nouvelle richesse […] le métal vient à vous « tout armé » semble-t-il […] il faudra pourtant adopter des moyens coercitifs pour le soumettre, des moyens à l'échelle de ses exigences, c'est-à-dire la formidable presse d’usine […] vous avez bien senti la position que pouvait prendre la sculpture dans notre fin de siècle […] une remarque s'impose quand on examine l'ensemble de vos œuvres, elles culminent dans les grandes compositions […] votre puissant hommage rendu au Maréchal Kœnig et aux Forces Françaises Libres, qui se déploie à Paris, à la Porte Maillot, semble réaliser pleinement vos désirs. On est saisi par un éclatement brutal. On entend le fracas des armes […] vos lances de métal obliques ou même horizontales, enfoncent l'ennemi et triomphent, ouvrant le passage aux masses qui les renforcent, et qui les suivent. On pense à ce propos aux batailles peintes par Spinello Aretino ou par Paolo Uccello, bien que votre création ait une entière autonomie, et soit seulement révélatrice des cas de conscience de notre époque. Ailleurs, telle grande flamme verticale, sortant du gazon aux abords d'une villa, s'impose soudain comme une nécessité. Ailleurs encore, vos inventions à partir des propositions de pièces métalliques, témoignent d'une certitude d'auteur qui se sent habité. Chez vous, en tous cas, aucun stratagème ou ruse pour faire admettre l'inadmissible, comme le serait une intrusion non souhaitée. Vous êtes le chantre de l'objet oublié, de l'objet dont on avait cru qu'il avait rempli son emploi, dont les esprits pratiques avaient pensé qu'il ne valait plus rien. Ils l'avaient pensé, eux, en termes de profits et pertes. Non comme vous, en valeurs lyriques. Nous sommes ici entre gens qui ont une mission, et tous ceux qui se sont donné une mission éprouvent une joie à l'avoir bien remplie. Aujourd'hui nous sommes joyeux. Nous sommes heureux de vous avoir parmi nous et nous vous applaudissons, Albert Féraud, en camarade et en frère d’armes […] l'homme qui habite le cœur de ces carapaces sonores est un tendre, un rêveur. C'est bien sûr, cette fibre sensible que nous honorons aujourd'hui, c'est l'œuvre d'un créateur qui, j'en reste persuadé, marquera notre époque […][6] »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Albert Féraud est promu officier de l'ordre national de la Légion d'honneur en 2002[7] et nommé chevalier de l'ordre des Palmes académiques en 1998[4],[3].

Élèves[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Certaines œuvres d'Albert Féraud décorent l'appartement du couple Mézeray dans le film Le Tatoué, réalisé, en 1968, par Denys de La Patellière, avec Jean Gabin et Louis de Funès dans les principaux rôles.[réf. nécessaire]

Réalisations[modifier | modifier le code]

On trouve ces œuvres dans de nombreuses villes, par exemple :

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b https://deces.matchid.io/search?advanced=true&ln=Feraud&fn=Albert&bd=1921&dd=2008
  2. (en) « Féraud, Albert », sur oxfordartonline.com (consulté le ).
  3. a b c d et e « Albert Féraud membre de l'Académie des beaux-arts », sur academiedesbeauxarts.fr (consulté le ).
  4. a b c d et e Jean-Pierre Lemesle, « Passy, pays du Mont-Blanc - hommage au sculpteur Albert Féraud », sur passy-culture.com, (consulté le ).
  5. « Pierre-Édouard remplace Albert Féraud », sur academiedesbeauxarts.fr (consulté le ).
  6. Louis Legue, « Discours de réception d'Albert Féraud », sur academiedesbeauxarts.fr, (consulté le ).
  7. L'Obs, « Légion d'honneur : la promotion 2002 », sur nouvelobs.com, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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