Maison de Balzac
| Nom local |
Maison de Balzac |
|---|---|
| Type |
musée littéraire |
| Ouverture | |
| Surface |
657 m² dont 160 m² de salles d'exposition |
| Visiteurs par an |
56 000 (2025) |
| Site web |
| Collections |
Objets personnels, tableaux, gravures, éditions originales, manuscrits, illustrations |
|---|---|
| Label |
| Protection |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Région | |
| Commune | |
| Quartier |
16ème arrondissement |
| Adresse |
47, rue Raynouard75016 Paris |
| Coordonnées |
La Maison de Balzac est un pavillon abritant un musée consacré à Honoré de Balzac situé dans le 16e arrondissement de Paris. L'écrivain vécut de 1840 à 1847 dans un appartement de ce pavillon.
Il s'agit d'un des quatorze musées de la ville de Paris gérés depuis le par l'établissement public administratif Paris Musées.
Accès
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Le musée se trouve 47, rue Raynouard (partie haute, le site étant en dénivelé) et 24, rue Berton (partie basse). L'accès au public se fait par la rue Raynouard.
Le site est desservi par les lignes de métro 6 à la station Passy et 9 à la station La Muette, par le RER C aux stations Boulainvilliers et Radio France ainsi que par les lignes de bus 22, 32, 52, 70, et 72.
Histoire de la maison
[modifier | modifier le code]L'histoire du site avant Balzac
[modifier | modifier le code]Le site de la maison de Passy est occupé depuis la fin du Moyen Âge, comme l’ont révélé des fouilles réalisées en 2002, qui ont démontré la présence d’habitats troglodytiques, témoins de l’ancien village rural de Passy. À l’époque moderne, les coteaux sont aménagés en terrasses où coexistent habitations modestes et hôtels particuliers[1]. Au XVIIIe siècle, la propriété est constituée puis agrandie, notamment par Jean de Jullienne, collectionneur et propriétaire des manufactures des Gobelins, puis par le financier Auguste-Louis Bertin. Transformée à plusieurs reprises, elle passe entre différents propriétaires avant d’être acquise en 1828 par Étienne-Désiré Grandemain[2].
L'appartement de Balzac
[modifier | modifier le code]En octobre 1840, Honoré de Balzac loue un appartement dans une dépendance de cette propriété, un hôtel particulier situé rue Basse (actuelle rue Raynouard). Il s’y installe sous le pseudonyme de « Monsieur de Breugnol », le bail étant établi au nom de sa gouvernante, Louise Breugnol, afin d’échapper à ses créanciers. La maison présente également l'avantage de posséder deux accès, par la rue Raynouard et la rue Berton[3].
L’appartement comprend une salle à manger, une cuisine, un salon, une chambre à coucher, un cabinet de travail ainsi que plusieurs petites pièces, avec jouissance d'une cave et d’un jardin. Balzac y réside jusqu’en 1847 et rédige, dans son cabinet de travail, une part importante de son œuvre, tout en élaborant le projet de La Comédie humaine[3]. Il a résidé dans de nombreux endroits à Paris mais cette maison est son unique demeure qui a subsisté jusqu'à nos jours.
De la maison au musée
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Après le départ de Honoré de Balzac, l’appartement est de nouveau loué et subit diverses transformations. À la mort de Grandemain en 1878, la propriété revient à sa fille, Madame Barbier qui, ayant connu l’écrivain, fait visiter les lieux à quelques amateurs. L’intérêt pour cette ancienne résidence se développe à la fin du XIXe siècle. En 1890, l’homme de lettres Louis Baudier de Royaumont découvre l’appartement, qu’il loue en 1908 afin d’y créer un musée consacré à Balzac, inauguré en 1910 en présence de membres de la famille de l’écrivain[4].
Le pavillon est inscrit à l’inventaire des monuments historiques en 1913, et son jardin est inscrit par un arrêté le . Après la mort de Baudier de Royaumont en 1918, le lieu connaît plusieurs transformations. En 1929, Madame Barbier lègue l’appartement de Balzac à l’État, avec une prise de possession différée. Entre-temps, des travaux et des modifications altèrent en partie l’état d’origine des lieux. En 1937, l’élargissement de la rue Raynouard entraîne la disparition de l’hôtel particulier auquel appartenait le pavillon[5].

En 1949, l’État cède le bâtiment à la Ville de Paris, qui y aménage un musée municipal, fermé toutefois un an plus tard. Celui-ci rouvre à partir 1960 et se développe progressivement, notamment avec la création d’une bibliothèque en 1971. La Maison de Balzac devient Musée de France en 2004[6]. Le 23 juillet 2019, le musée rouvre après des travaux de rénovation comprenant une mise en accessibilité aux personnes en situation de handicap, la création d’un café et d'un espace d’accueil, ainsi que le réaménagement du jardin et du parcours permanent.
Afin de mettre le musée en valeur, un prix Balzac est créé en 2021 à l'initiative du maire du 16e arrondissement Francis Szpiner. Le journaliste et écrivain Pierre Assouline est choisi pour présider le jury qui vise à récompenser « une œuvre de fiction contemporaine écrite non pas "à la manière de Balzac" mais dont on reconnaît l'empreinte balzacienne sur l'auteur »[7]. Le premier lauréat est Giuliano da Empoli pour Le Mage du Kremlin[8].
Collections du musée
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Les collections de la Maison de Balzac se constituent progressivement à partir de l’ouverture du musée au public en 1960. Elles sont d’abord centrées sur la vie de Honoré de Balzac, avec des portraits le représentant, des gravures et des objets lui ayant appartenu. Elles s’enrichissent ensuite de dessins, d’estampes et d’œuvres d’art, témoignant de la réception de l’écrivain jusqu’à l’époque contemporaine.
Le parcours débute dans l’ancienne chambre de Balzac, aujourd’hui consacrée aux représentations de l’écrivain et à la diversité des regards portés sur lui. Cette salle réunit des portraits sculptés, peints et gravés, accompagnés de citations de lecteurs exprimant leurs opinons sur l’auteur et son œuvre. Elle conserve notamment la Tête monumentale de Balzac réalisée vers 1899 par Auguste Rodin.
La deuxième salle, correspondant à l’ancien salon, aborde la manière dont travaille l’écrivain et s’attache à présenter Balzac tel qu’il voulait être vu, c’est-à-dire en travailleur.
Le cabinet de travail vise à restituer le cadre dans lequel Balzac écrivait. Il rassemble plusieurs objets personnels, dont sa table de travail et son fauteuil.
La quatrième salle, ancienne salle à manger de Balzac, est consacrée à La Comédie humaine. Elle présente différentes éditions de ces écrits et des estampes illustrant l’organisation et l’ambition de ce cycle littéraire, conçu comme une forme de classification de la société, semblable aux grandes classifications du monde animal ou végétal du XVIIIe siècle.
La cinquième salle est dédiée aux personnages des romans de Balzac. Elle expose des petits bronzes et des plaques typographiques les représentant.
À l’étage inférieur se trouvent trois autres salles qui accueillent des expositions temporaires ou une présentation semi permanente. L’une est dédiée aux adaptations des œuvres (notamment au théâtre, au cinéma et en bande dessinée), une autre présente des illustrations des textes de Balzac, et la dernière est consacrée aux interprétations contemporaines, avec des œuvres d’artistes tels que Pierre Alechinsky, Louise Bourgeois ou Eduardo Arroyo.
Enfin, la dernière pièce du parcours, correspondant à la cuisine, évoque un aspect plus intime de la vie de l’écrivain. Elle conserve plusieurs éléments antérieurs à la création du musée, tels que l’évier, la cuisinière et la cheminée, et présente des portraits de la famille de Balzac ainsi que des représentations des femmes ayant joué un rôle important dans sa vie.
L’ensemble des collections reflète ainsi une évolution du projet muséal, passé d’une approche essentiellement biographique à une mise en valeur plus large de l’œuvre et de sa postérité, visant à encourager la lecture et la redécouverte de Balzac.
Bibliothèque
[modifier | modifier le code]En janvier 1966, une petite salle de lecture provisoire est ouverte au premier étage du musée. Le 23 février 1971, la bibliothèque est inaugurée, à l’issue de longs travaux ayant permis d’aménager les anciennes écuries pour l’accueillir[9].
Musée littéraire, la Maison de Balzac dispose d'une bibliothèque dotée d'un important fonds patrimonial, constitué autour des éditions des œuvres d'Honoré de Balzac et de Théophile Gautier ainsi que de la littérature contemporaine en rapport avec ces deux écrivains :
- éditions originales et successives (notamment illustrées, entre autres par Charles Genty), y compris les éditions populaires, les éditions critiques et les traductions ;
- ouvrages reliés, annotés ou dédicacés par Balzac ;
- livres imprimés par Balzac ;
- physiologies, codes et manuels ;
- journaux du XIXe siècle ;
- reliures et illustrations de l'époque romantique.
La bibliothèque propose aussi un fonds documentaire comportant les études critiques consacrées aux deux écrivains, à l'art et à la littérature à l'époque du romantisme et, plus généralement, au XIXe siècle français. Située au niveau inférieur du musée, la bibliothèque est accessible à toute personne intéressée par ses collections : élèves, étudiants, amateurs, chercheurs, spécialistes du XIXe siècle.
Représentations théâtrales à la Maison de Balzac
[modifier | modifier le code]- 1993 : La Muse du département
- 1994 et 1999 : Mémoires de deux jeunes mariées
- 1998 : Eugénie Grandet ou l’Histoire d’une vie immobile
- 2012 : Séraphîta, adaptation et mise en scène par Ouriel Zohar, avec Barbara Heman[10]
Expositions
[modifier | modifier le code]Chaque année, la Maison de Balzac organise une ou deux expositions temporaires[11]. Ces dernières années, la programmation s’est majoritairement articulée autour de trois axes :
- l’influence de la culture visuelle sur la perception du texte littéraire ;
- la modernité de Balzac, à travers l’actualité des thèmes qu’il aborde ou les créations qu’il inspire ;
- la diversité et l’originalité des interprétations artistiques suscitées par son œuvre.
Expositions récentes
[modifier | modifier le code]Parmi les expositions présentées :
- novembre 2010 – février 2011 : Louise Bourgeois. Moi, Eugénie Grandet ;
- septembre 2019 – janvier 2020 : Balzac et Grandville. Une fantaisie mordante ;
- novembre 2021 – mars 2022 : Le Chef-d’œuvre inconnu, entre génie et folie ;
- novembre 2024 – mars 2025 : Illusions (conjugales) perdues.
Expositions hors les murs
[modifier | modifier le code]La Maison de Balzac participe également à des expositions hors les murs, en partenariat avec des institutions internationales. Parmi celles-ci :
- Honoré de Balzac, le Napoléon des lettres, présentée au musée national de Taïwan à Taipei (décembre 2010 – février 2011), puis au musée national de la littérature de Taïwan à Tainan (mars – avril 2011) ;
- Mon oncle en littérature, Balzac, organisée au Mu Xin Art Museum à Wuzhen, Chine (juillet à octobre 2019).
Jardin
[modifier | modifier le code]Le jardin d'une superficie de 650 m2 est accessible, autrefois par un escalier longeant le bâtiment, depuis les travaux de 2019 par un nouvel édifice contemporain doté d'un ascenseur[12]. Un café s’y est récemment implanté au rez-de-chaussée. On peut y admirer la tour Eiffel. Des chaises et des bancs invitent les visiteurs à se poser pour prendre le temps de profiter de la quiétude de l’endroit. Honoré de Balzac a décrit ce jardin en évoquant la présence de nombreux tilleuls, fleurs et arbres fruitiers[13].
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Le jardin en été.
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Le jardin sous la neige (à droite, drapeau de l'ambassade de Turquie).
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Ancienne entrée du musée par l'escalier depuis la rue Raynouard.
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Le jardin après l'installation de la nouvelle entrée.
Dans la littérature
[modifier | modifier le code]Dans Le Flâneur des deux rives (1918), le poète Guillaume Apollinaire écrit : « L’entrée principale qui mène à cette maison se trouve dans un immeuble de la rue Raynouard. Il faut descendre deux étages et, grâce à l’obligeance de feu M. de Royaumont, conservateur du musée de Balzac, on pouvait sinon descendre l’escalier même que prenait Balzac pour aller rue Berton et qui est maintenant condamné, du moins prendre un autre escalier qui mène dans la cour que devait traverser le romancier et passer sous la porte qui le faisait déboucher dans la rue Berton »[14].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Le site », sur La Maison de Balzac (consulté le )
- ↑ Judith Meyer-Petit, De la maison au musée, Paris, Musées de la Ville de Paris, , 31 p., p. 7
- Judith Meyer-Petit, De la maison au musée, Paris, Musées de la Ville de Paris, , 31 p., p. 12-19
- ↑ Judith Meyer-Petit, De la maison au musée, Paris, Musées de la Ville de Paris, , 31 p., p. 20-21
- ↑ Jacqueline Sarment, Maison de Balzac, Paris, Les Presses artistiques, , 58 p., p. 5-6
- ↑ Notice no M1102, sur la plateforme ouverte du patrimoine, Muséofile, ministère français de la Culture.
- ↑ « Création du "prix Balzac" », interview de Pierre Assouline, Paris 16 Le Mag, magazine d'information de la mairie du 16e arrondissement, no 8, septembre 2021, p. 24-25.
- ↑ « Prix Honoré-de-Balzac : quel lauréat après Giuliano Da Empoli ? », Le Figaro, supplément Le Figaro et vous, , p. 38.
- ↑ Jacqueline Sarment, « La Maison de Balzac et sa bibliothèque », Bulletin de la Société des amis de la bibliothèque historique de la ville de Paris, no n°2, , p. 9-14
- ↑ Jacqueline Ordas, « Quand Séraphîta nous entraine », Le Courrier balzacien, Paris, 2012, no 19, p. 64-65.
- ↑ « Expositions passées | Maison de Balzac », sur www.maisondebalzac.paris.fr (consulté le )
- ↑ « La Maison de Balzac. Dossier de presse », parismusees.paris.fr, septembre 2019.
- ↑ Judith Meyer-Petit, De la maison au musée, Paris, Musées de la Ville de Paris, , 31 p., p. 19
- ↑ Guillaume Apollinaire, Le Flâneur des deux rives, chapitre « Souvenir d’Auteuil », p. 5-20, éditions de la Sirène, 1918.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Emmanuel Dufour-Kowalski. La Fraternité des Veilleurs (1917-1921), Archè Milano, 2017, 376 p. (ISBN 9788872523469)
- Yves Gagneux, « La Maison de Balzac et son avenir proche », Revue Jules Verne no 12, 2001, p. 75-80.
- Yves Gagneux, Evelyne Maggiore, Séverine Maréchal, Maison de Balzac, Paris, Paris Musées, , 80 p. (ISBN 978-2-7596-0431-9)
- Judith Meyer-Petit, De la maison au musée, Paris, Musées de la Ville de Paris, , 32 p.
- Hélène Rochette, Maisons d'écrivains et d'artistes. Paris et ses alentours, p. 44-49, Paris, Parigramme, 2004, 269 p. (ISBN 2-84096-227-6).
- Jacqueline Sarment, « La Maison de Balzac et sa bibliothèque », Bulletin de la Société des amis de la bibliothèque historique de la ville de Paris, no n°2, , p. 9-14
- Jacqueline Sarment, Maison de Balzac, Paris, Les Presses artistiques, , 58 p.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Maison à Paris
- Maison de personnalité en France
- Lieu lié à la littérature en France
- Monument historique dans le 16e arrondissement de Paris
- Musée monument historique en France
- Maison monument historique (France)
- Monument historique classé en 1913
- Monument historique inscrit en 1944
- Label musée de France à Paris
- Honoré de Balzac
- Label Maisons des Illustres
- Musée littéraire en France
- Paris Musées
- Musée fondé en 1910