Basilique Saint-Seurin de Bordeaux

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Basilique Saint-Seurin de Bordeaux
La basilique vue depuis la place des Martyrs de la Résistance.
La basilique vue depuis la place des Martyrs de la Résistance.
Présentation
Culte Catholique
Type Basilique mineure
Rattachement Archidiocèse de Bordeaux
Début de la construction XIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1840) Patrimoine mondial Patrimoine mondial (1998)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Gironde
Commune Bordeaux
Coordonnées 44° 50′ 36″ nord, 0° 35′ 09″ ouest

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Basilique Saint-Seurin de Bordeaux

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Basilique Saint-Seurin de Bordeaux

La basilique mineure de Saint-Seurin est un édifice religieux construit à Bordeaux au début du XIe siècle. Après avoir été classée au titre des monuments historiques par la liste de 1840, la basilique est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1998 au titre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines antiques[modifier | modifier le code]

La basilique Saint-Seurin fut construite sur une nécropole antique où l'on peut retrouver, dès le IVe siècle, des symboles de sépultures chrétiennes. L'épitaphe de Flavinus, gravée dans un couvercle de sarcophage entre 365 et 385 après J.C sous la représentation d'un chrisme, témoigne de la présence chrétienne à Bordeaux dès cette époque de l'antiquité tardive. Cette épitaphe retraçant les origines du lieu d'édification de la basilique fut extraite lors des fouilles de la nécropole de Saint-Seurin en 1909. Elle est aujourd'hui exposée au musée d'Aquitaine de Bordeaux[1].

Légendes de fondation[modifier | modifier le code]

Baptisée du nom du quatrième évêque de la ville et saint patron de Bordeaux, l'abbatiale Saint-Seurin trouve l'origine de sa fondation au IVe siècle.

Saint Seurin, à l'origine Severinus, né en Orient, arrive à Bordeaux au IVe siècle et rencontre l'évêque Amandus, futur saint Amand. Grégoire de Tours en fait le récit dans son ouvrage In gloria confessorum : l'évêque Amandus qui gouvernait l'église de Bordeaux, vit pendant la nuit, en songe, le Seigneur qui lui dit -lève toi et va à la rencontre de mon serviteur Severin...- Et voilà que saint Severin venait comme au-devant de lui. Alors s’approchant, ils se saluent de leurs noms, se jettent tous deux dans les bras l’un de l’autre, et ayant fait leur prière, après s’être embrassés, ils entrèrent dans l’église en chantant à voix haute des psaumes"". C'est ainsi que Severinus devint évêque de Bordeaux.

Au VIe siècle, un archevêque de Bordeaux commande le récit de la vie de Saint Seurin selon laquelle son arrivée à Bordeaux serait due à l'appel d'un ange.

Du fait de cette légende, la basilique a bénéficié d'une grande renommée. Les chanoines rattachés à l'édifice obtinrent de grand privilèges parmi lesquels un cérémonial d'intronisation pour chaque nouvel évêque de la ville.

L'une des autres légendes autour de la basilique veut que l'olifant de Roland, neveu de Charlemagne , célèbre pour sa mort à Roncevaux, ait été déposé sur l'autel de la basilique Saint Seurin par l'empereur rapportant le corps du preux chevalier. La fameuse Chanson de Roland y fait d'ailleurs référence "Vint a Burdeles, la citet de...Desur l’alter seint Sevrin le baron Met l’oliphan plein d’or e de manguns :Li pelerin le veient ki la vunt." [2]. Grande étape des Chemins de Compostelle au Moyen Âge, les pèlerins sont invités à passer par Saint Seurin pour contempler cette relique.

Architecture[modifier | modifier le code]

Basilique Saint-Seurin de Bordeaux, façade

Milieu du Ve siècle[modifier | modifier le code]

Malgré les légendes entourant la fondation de l'église, la présence d'un premier édifice religieux vers le milieu du Ve siècle est attestée. Il s'agissait probablement d'une chapelle ou d'un oratoire. Au IXe siècle, il disparait du fait des invasions normandes.

XIe - XIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Au début du XIe siècle, les chanoines de la basilique décident de mener une reconstruction d'envergure. Elle prend la forme d'une église romane charpentée, caractérisée par un plan basilical. Très fréquentée par les pèlerins des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, les chanoines procèdent, à leur égard, à la surélévation du chœur et de la crypte afin de les rendre visibles.

Au cours des XIe et XIIIe, la nef et le chœur sont édifiés. Au XIIIe, les chanoines commandent la construction du portail méridional, surmonté d'un porche à clocheton de style renaissance. Ils font également édifier une entrée monumentale qui donne accès à la nécropole. Incarnation des canons architecturaux gothiques avec la présence d'une grande baie flanquée de deux arcatures aveugles, cette entrée est ornée de quatorze statues sculptées représentant les douze apôtres et de deux statues de femmes symbolisant la Synagogue et l'Église. Le tympan principal est orné des scènes de la Résurrection et du Jugement dernier. Les deux autres tympans qui l'entourent représentent, à gauche, la visite des saintes femmes au tombeau, et à droite, l'arrivée de saint Seurin rêvée par saint Amand. Le porche à cinq pans coupés qui l'accueille est construit ultérieurement.

XIVe - XVe siècles[modifier | modifier le code]

Les XIVe et XVe siècles marquent la construction de plusieurs chapelles. Parmi elles, la chapelle de Notre-Dame de la Rose, dédiée à la Vierge, accueille un autel qui a été consacré par l'archevêque Pey Berland en 1444. Elle est caractéristique du style gothique flamboyant, similaire aux architectures gothiques tardives normandes et anglaises du XVe siècle.

À deux reprises, en 1566 et en 1698, une partie des voûtes de l'église s'effondre et cause d'importants dégâts. Au début du XVIIIe, l'architecte Jean-Baptiste Augier est chargé de les reconstruire et de les consolider par des piliers qui sont dotés d'une ceinture de pierre. Au cours de cette réfection, Jean-Baptiste Augier ordonne le remblaiement du sol de l'église du fait de sa dénivellation considérable (près de trois mètres). Ces importants travaux de transformation provoquent l'enterrement de la crypte et la modification majeure du sol du porche ouest datant du XIe siècle.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Plan en coupe de la basilique en 1850[3]

Bien que la basilique Saint-Seurin ait été épargnée pendant la Révolution française, le XIXe siècle marque pour elle un siècle de profondes modifications.

À la fin des années 1820, la façade occidentale de l'édifice est restaurée par décision du conseil de fabrique de Saint-Seurin. Pour ce faire, elle fait appel à l'architecte Pierre-Alexandre Poitevin qui réalise une façade de style néo-roman. L'édification du portail-porche vient masquer le porche roman.

Un sculpteur, Dominique Fortuné Maggesi (1801-1892), artiste originaire de Carrare qui va devenir le plus grand sculpteur de Bordeaux, est sollicité pour orner cette façade. Il orne l'entrée par des statues de saint Seurin et de saint Amand, dont la rencontre est représentée sur le tympan. Sur la balustrade de l'étage supérieur, il sculpte deux statues de saint Jean et saint Pierre. Ces sculptures permettent de donner une homogénéité à la façade avec le clocher roman de la basilique[4].

En 1840, la basilique Saint-Seurin de Bordeaux est inscrite à l'inventaire des Monuments Historiques. Faisant suite à ce classement, son chœur est entièrement réorganisé et un nouvel autel en marbre est réalisé. On procède à l'ouverture d'arcades et des chapelles dédiées à saint Fort et au Sacré-Cœur sont créées sur le bas côté Nord. Le peintre-verrier Joseph Villiet signe les vitraux de la nef qui illustrent des scènes bibliques mais aussi l'histoire et les légendes entourant la basilique.     

Mobilier médiéval[modifier | modifier le code]

Sort commun à nombre d'églises, la basilique Saint- Seurin a été grandement dépouillée de son mobilier médiéval. Malgré cela, certains éléments sont demeurés et permettent aujourd'hui d'en imaginer la richesse, à l'image de différents retables en albâtre du XVe siècle. L'un d'eux, consacré à la vie de la Vierge, demeure dans la chapelle de Notre-Dame de la Rose. Autre retable du XVe siècle, celui de l'autel majeur figure l'histoire de saint Seurin et la légende du bâton de saint Martial.

Également du datée du début XVe, l'église a conservé une chaire épiscopale en pierre ouvragée qui possède encore aujourd'hui ses accoudoirs, son dossier et son dais. Il s'agit là d'un mobilier très significatif et précieux puisqu'elle était réservée au nouvel archevêque de Bordeaux qui, avant d'être officiellement nominé, devait prêter serment sur les reliques de Saint-Seurin.

Le chœur abrite encore trente-deux des quarante-sept stalles de la fin du XVe siècle. Ces stalles étaient destinées au chapitre lorsque les offices avaient lieu. Leurs miséricordes accueillent la représentation de saints, de prophètes et de scènes satiriques.

La basilique Saint-Seurin conserve toujours plusieurs statues en très bon état. Parmi elles, la statue de Notre-Dame de Bonne Nouvelle est datée du XIIIe siècle, tandis que celle de Notre-Dame de la Rose, en albâtre est datée du XIVe siècle de même que celle de saint Martial.

Aujourd'hui disparue, l'église accueillait en son sein une relique très prestigieuse, l'olifant de Roland, dont il a été fait mention précédemment. Roland était un preux chevalier mort à Roncevaux et enterré à Blaye. La tradition veut que le cor d'ivoire, relique, aurait été déposé par l'empereur Charlemagne sur l'autel de Saint-Seurin. Encore présente au XVIIe siècle, la relique aurait disparu avant la Révolution.

Les cryptes[modifier | modifier le code]

La crypte de l'église[modifier | modifier le code]

Crypte contenant le sarcophage du saint

L'origine de la crypte se trouve, comme précédemment mentionné, dans un bâtiment initial daté du Ve siècle. Ce dernier est utilisé comme basilique funéraire comme en attestent des sarcophages de marbre qui étaient supposés contenir les corps des premiers saints évêques.

L'année 1635 marque la transformation de la basilique funéraire avec la suppression de l'abside carolingienne pour permettre la création de trois enfoncements destinés à accueillir les sarcophages et le cénotaphe de saint Fort. Ce dernier martyr fait, à cette époque, l'objet d'un culte de la population qui a perduré jusqu'à récemment. En effet, tous les 15 mai, les mères menaient leurs enfants sur la sépulture de saint Fort dans le but de les rendre plus « fort ».

La crypte archéologique[modifier | modifier le code]

La crypte archéologique est un vestige majeur car l'un des plus anciens de Bordeaux. Elle accueille en effet une partie du cimetière paléochrétien qui était établi de la place des Martyrs de la Résistance jusqu'à la rue Judaïque.

Selon la tradition, la nécropole Saint-Seurin aurait été consacrée par le Christ et par sept saints évêques. Toujours selon la même tradition, elle accueillerait les sépultures de certains des preux morts à Roncevaux. Cela explique la ferveur des pèlerins du Moyen Âge, qui se recueillaient sur ces sépultures et y écoutaient les récits de la fondation légendaire de la basilique.

De 1909 à 1910, des fouilles sont menées au sud de l'église par Paul Courteault. Elles permettent de découvrir une partie de cette nécropole qui présentait des sépultures superposées datées du IVe au XIIIe siècles. À la fin des années 1950, puis entre 1964 et 1969, Raymond Duru dirige de nouvelles campagnes qui engendrent la crypte ouverte au public dès les années 1980.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La basilique a bénéficié, ces dernières décennies, de travaux de restauration. Les toitures ont été refaites, de même que les parties hautes de la basilique, et les chapelles de Notre-Dame de la Rose, de Saint-Jean et du chœur ont été restaurées.

En 2005, le portail gothique a, à son tour, bénéficié d'une restauration financée par la Ville de Bordeaux conjointement aux Monuments Historiques. C'est lors de cette campagne de restauration qu'ont été mises au jour des traces de polychromie d'origine. Cette découverte importante permet d'envisager le portail dans son état originel.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le patrimoine des communes de la Gironde, Flohic, .
  • Abbé Jules Callen, Saint Seurin de Bordeaux d'après Fortunat et Grégoire de Tours, Paris, A.Picard et fils, , 257 p. (lire en ligne)
  • .Abbé Cirot de la Ville, Origines Chrétiennes de Bordeaux : Histoire et Description de l'église St-Seurin, Bordeaux, , 501 p. (lire en ligne)
  • .Abbé J.M Loizillon, Basilique Saint-Seurin de Bordeaux,
  • Anne Michel, Saint-Seurin de Bordeaux. Un site, une basilique, une histoire, Ausonius, coll. « In Situ »,
  • R.P Moniquet, de la Compagnie de Jésus, St-Seurin, évêque de Bordeaux au Ve siècle et sa basilique, Paris, Tolra, , 240 p. (lire en ligne)
  • Francis Zapata, Les chemins de Saint-Jacques en Gironde, Sud-Ouest, (ISBN 2-87901-467-0)

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]