Marcel Roux

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Marcel Roux
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 43 ans)
ChartresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Peintre, graveurVoir et modifier les données sur Wikidata

Marcel Roux est un peintre et graveur français, né à Bessenay le , et mort à Chartres le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père de Marcel Roux est un artiste comique[C'est-à-dire ?]. Il suit son père lors de tournées à Saint-Pétersbourg, Bucarest et Paris. En 1895, Marcel Roux devient régisseur à Monte-Carlo[1].

Il commence à travailler la peinture à Nice sous l'autorité du peintre René Leverd et obtient un prix à l'école des beaux-arts de la ville. Son professeur est alors l’artiste spiritualiste lyonnais Auguste Morisot. Celui-ci oriente son élève vers une conception mystique de la nature. Marcel Roux fréquente assidûment la bibliothèque du Palais des Arts à Marseille. Sa découverte de l'œuvre gravé de Rembrandt, conservé au musée, détermine sa vocation de graveur[1].

Marcel Roux se tourne alors vers des graveurs lyonnais Joseph Brunier, Johannès Drevet et Paul Borel pour se perfectionner. Borel devient son ami et également son guide spirituel. Il lui prête un atelier dans lequel Marcel Roux fait ses premières expériences[2].

Le 19 avril 1902, il épouse Antoinette Bouchard, avec qui il aura un fils prénommé Marc[2].

Pendant plusieurs années, Roux exécute des travaux pour gagner sa vie, notamment comme illustrateur pour l'Assiette au beurre. Il fait son service militaire en 1912, puis la Première Guerre mondiale de 1914 à 1918, où il contracte un ulcère à l'estomac. Cette affliction l'empêche désormais de graver des eaux-fortes et il est réformé pour troubles mentaux. Ces troubles s'expriment pleinement dans son art et il se concentre alors sur des thèmes morbides[2].

Après guerre, il se tourne vers la gravure sur bois et illustre de nombreux ouvrages dont Ponce Pilate, Le Cantique des Cantiques, Lazare le ressuscité et le Jardin des supplices de Louis Mercier, et des livres des Éditions de La Sirène. Il travaille également pour de nombreuses revues. Il se rend à Paris pour travailler, puis à Chartres où il œuvre pour les vitraux de la cathédrale[2].

Style[modifier | modifier le code]

Le style de Marcel Roux est marqué par l'image et la symbolique du diable. Puisant à la fois dans les désordres issus de l'industrialisation et les courants spirites lyonnais, il développe un art où le Mal est très présent. Cette présence souvent morbide est également une volonté de convaincre ceux qui voit l'image que, si le diable existe, alors Dieu existe également[3]. Son maître Paul Borel dit de son œuvre en 1905 : « J'ai constaté que dans la phase actuelle de votre travail, le diable a une réelle importance, mais si on veut faire trouver le bon Dieu beau (et il l'est), peindre le diable laid (et il l'est), c'est un bon moyen. Il y a une foule de gens qui, pour comprendre le bon Dieu, n'y arriveraient que par la peur du diable »[4].

Dans son œuvre, le mal est fréquemment représenté par la femme, symbole de la tentation, même si dans le même temps, il exprime également l'idée de sauver la femme victime des jouissances humaines[5].

Influencé par le romantisme, son attrait pour le fantastique et le macabre se mêlent à la dénonciation des inégalités sociales[5].

Marcel Roux est proche d'un Max Klinger, Alfred Kubin ou James Ensor, qui ont une démarche similaire. Louis Boulanger est également une de ses sources d'inspiration[5].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Mathieu Varille, historien lyonnais, déclara « qu'il était mort trop tôt après avoir esquissé son œuvre diabolique et apocalyptique »[réf. nécessaire].

Colette Bidon, historienne de l'art, a écrit un texte dans la revue Les Nouvelles de l'Estampe en 1989, sur ce marginal hanté par des cauchemars épouvantables où la mort rôde attendant un faux pas, une faiblesse de l'être humain, comme dans le Démon du Suicide de 1902.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Gravures à l'eau forte, peintures, dessins, ouvrages illustrés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bidon 1991, p. 9.
  2. a, b, c et d Bidon 1991, p. 10.
  3. Bidon 1991, p. 13.
  4. Félix Thiollier, « Paul Borel, peintre et graveur lyonnais 1828-1913 », in Lettres à Marcel Roux, Lyon, Éd. Lardanchet.
  5. a, b et c Bidon 1991, p. 14

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colette Bidon (dir.), Marcel Roux (1878-1922) Visions fantastiques : Exposition Février-Mars 1991, Association des amis du Musée de l'imprimerie et de la banque, (ISBN 2-904269-12-6)
  • Colette Bidon, « L'œuvre diabolique et apocalyptique de Marcel Roux (1878-1922) », Les Nouvelles de l’estampe, no 105, mai-juin, 1989, p. 17-27.
  • Colette Bidon, « La femme et la mort. Scène d’angoisse et visions de guerre sous la plume de Marcel Roux », Gryphe, no 6, 2003, p. 16-20.
  • Jean-Christophe Stuccilli, « À l’ombre des « Babylone du Nord : le Lyon noir de Marcel Roux (1878-1922) », Cahiers de l'Institut de recherches historiques du Septentrion (IRHiS), no 9, 2013, p. 57-73.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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