James Oliver Curwood

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James Oliver Curwood
Naissance
Owosso, Michigan, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès (à 49 ans)
Owosso, Michigan, Drapeau des États-Unis États-Unis
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Anglais américain
Genres

Œuvres principales

James Oliver Curwood, dit Jim Curwood, né le à Owosso, au Michigan (États-Unis), et mort dans la même ville le , est un romancier américain. Avec Jack London, il est l'un des maîtres des récits du Grand Nord. On lui doit aussi des récits animaliers : Kazan (The Wolf Dog, 1914), Nomades du Nord (Nomads of the North, 1919), ou le célèbre Le Grizzly (Grizzly King, 1916) adapté au cinéma en 1988 par le réalisateur français Jean-Jacques Annaud sous le titre L′Ours, et dont le grand succès a suscité un regain d'intérêt pour l'auteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

James Oliver Curwood naît le 12 juin 1878 à Owosso, petite ville du Michigan, de l'union de James Moran Curwood et de sa femme Abigail. Dernier d'une famille de quatre enfants, Curwood aurait eu, du côté maternel, une princesse mohawk pour aïeule. Son père était cordonnier et tenait une échoppe à Westtown. En 1884, alors qu'il a six ans, sa famille déménage dans l'Ohio, dans le comté d'Erie, où elle s'installe dans une ferme près de la ville de Vermillion. Il commence à écrire ses premières histoires vers l'âge de neuf ans. En 1891, la famille repart à Ossowo.

James Oliver Curwood entre au lycée Central High School d'Owosso. Il en sera exclu au bout de deux à trois ans, probablement pour avoir passé davantage de temps en dehors de l'école que sur ses bancs. Le 23 novembre 1894, le journal local The Argus publie une de ses premières histoires. La même année, il se lance dans un voyage à vélo dans les États du sud des États-Unis.

Il passe avec succès l'examen d'entrée à l'Université du Michigan en 1898, où il étudie le journalisme. Il quitte l'université après deux ans d'études et devient journaliste pour le Detroit News Tribune. Il en est renvoyé pour faute professionnelle après six mois de travail. Après avoir travaillé pour une entreprise pharmaceutique, Curwood est ré-embauché par le Detroit News Tribune en 1902. Il y restera cinq ans, occupant différents postes jusqu'à devenir rédacteur en chef.

À cette période, il rencontre Cora Leon Johnson, qu'il épouse en 1900. Le couple aura deux filles, mais se séparera en 1908.

En 1906, il décide de se lancer dans l'écriture de romans, mais la charge de son travail de journaliste l'empêche d'écrire comme il le souhaiterait. C'est la raison pour laquelle il démissionne de son emploi auprès du Detroit News Tribune en 1907. Il abandonne le journalisme et se consacre à l'écriture. Bobbs-Merrill publie son premier roman, L'Aventure du capitaine Plum (The Courage of Captain Plum), en 1908. Ce premier roman est suivi d'un second la même année, chez le même éditeur : Les Chasseurs de Loups (The Wolf Hunters), où il raconte les aventures de Roderick, un trappeur, et Mukoki, son guide indien, aventures qui se continueront avec la publication l'année suivante du roman Les Chasseurs d'or (The Gold Hunters).

Il part pour de longues vacances près de la Baie d'Hudson et commence à écrire à propos de cette région. Le gouvernement canadien, s'apercevant de la popularité grandissante de ses histoires, l'embauche afin d'explorer les provinces du Nord-Ouest du Canada. Curwood en retirait des idées et de la documentation pour ses histoires, lesquelles avaient pour ambition d'attirer de nouveaux colons dans cette partie du pays. Il a été le seul américain à être employé par le gouvernement du Canada comme explorateur et écrivain.

Il se remarie en 1909 avec Ethel Greenwood. De leur union naîtra un fils, James Curwood Junior. Il y retournera régulièrement pendant les dix-huit années suivantes. Il passe plus de six mois par an dans le Grand Nord où il vit dans une cabane et se nourrit des produits de sa chasse. Il publie son roman le plus connu, Kazan, en 1914, qui sera suivi de Bari, chien-loup en 1917. Il avait pour habitude d'écrire dans les bois ou bien dans des cabanes (dont certaines construites par lui-même), chez lui et dans son studio, une réplique d'un château normand qu'il appellera « Curwood Castle », aujourd’hui un musée.

En 1927, alors qu'il est en Floride, Curwood est mordu à la cuisse, prétendument par une araignée. Une réaction allergique violente s'ensuivit et prit des proportions inquiétantes, au point qu'une infection se développa. Il mourut des suites de cette infection à l'âge de 49 ans, à sa maison de Williams Street à Owosso. Après son décès, sa femme Ethel déménagea en Californie. Il est enterré au cimetière de Oak Hill, à Owosso, auprès de sa famille. Son autobiographie inachevée parait sous le titre Le Fils des forêts.

Relation à la nature[modifier | modifier le code]

Grand chasseur dans sa jeunesse, Curwood devint plus tard un fervent défenseur de la conservation de la nature, militant pour la protection de l'environnement et la limitation de la chasse. Il fut ainsi nommé à la Commission de Conservation du Michigan en 1926. Il explique son changement d'attitude envers la vie sauvage dans la préface de son roman Le Grizzly : « C'est en quelque sorte avec une confession que j'offre au public ce second livre sur la nature - une confession, et un espoir ; la confession de celui qui, pendant des années, a chassé et tué avant d'apprendre que la nature sauvage offre un sport plus excitant que le massacre - et l'espoir que ce que j'ai écrit puisse faire ressentir et comprendre à d'autres que le plus grand frisson de la chasse n'est pas dans l'acte de tuer, mais dans celui de laisser vivre. » Il faut préciser que la séquence finale du pardon de l'ours au chasseur au bord d'un ravin est authentique. Il la raconte dans son autobiographie.

Thèmes[modifier | modifier le code]

Loin de la vision pessimiste que Jack London offre du Grand Nord, Curwood y voit une source de vie, de laquelle l'homme tire une puissance physique et morale qui en fait un être à part. Son primitivisme se traduit par des évocations lyriques de la nature sauvage, où le « détail vrai » le dispute à une volonté d'élever l'espace à une dimension mythique, une pensée proche de celles des écrivains Henry David Thoreau et Walt Whitman. En effet, l'écriture de Curwood favorise une contemplation de la nature plus qu'une appropriation ou une exploitation. Il est en cela, et malgré les contraintes inhérentes au genre de roman d'aventures, plus près de la pensée écologique que peut l'être, par exemple, un Jack London.

Notoriété[modifier | modifier le code]

Pendant sa carrière d'écrivain, il publie une bonne trentaine d'ouvrages qui rencontre un très grand succès, notamment en France. Plusieurs de ses romans d'aventures ont fait l'objet de nombreuses adaptations pour le cinéma, en fait, près d'une centaine de films sont basés sur ses écrits, notamment, de son vivant, L'Homme de l'Alaska (The Alaskan) en 1924 et La Vieille Route de Québec (The Ancient Highway) en 1925). À sa mort, il est l'auteur le mieux payé du monde par mot écrit.

En France l'œuvre de James Oliver Curwood a été largement popularisée par la Bibliothèque Verte, chez l'éditeur Hachette[1], une collection de livres destinées à la jeunesse. Cet éditeur publie d'ailleurs, en 1912, son premier roman traduit en langue française sous le titre de Melissa, repris en 1929 sous le titre plus accrocheur de La Piste dangereuse. La plupart des traductions sont le fait de Paul Gruyer et Louis Postif. En 1992, Francis Lacassin rend à Curwood son statut d'auteur pour tous, adultes comme adolescents, en publiant dans un volume de la collection Bouquins, chez Robert Laffont, douze de ses romans sous le titre Bêtes et gens du Grand Nord. Hugo Pratt, qui a découvert Curwood en Italie à l'âge de sept ans, s'en est inspiré pour camper certains de ses personnages[2]

Œuvre[modifier | modifier le code]

(liste exhaustive. La 1re date est celle de la 1re édition originale américaine, suivie du titre français si le roman a été traduit)

  • 1907 : Captain Kidd of the Underground
  • 1908 : L'Aventure du capitaine Plum (The Courage of Captain Plum)
    Première édition française en 1927, traduction de Paul Gruyer et Louis Postif, Paris : éditions G. Crès et Cie, 231 p.
  • 1908 : Les Chasseurs de loups (The Wolf Hunters)
    Première édition française en 1923, éditions G. Crès et Cie, traduit par Paul Gruyer et Louis Postif, 253 p.
  • 1909 : The Great Lakes
  • 1909 : Les Chasseurs d'or (The Gold Hunters)
    Première édition française en 1926, éditions G. Crès et Cie, traduit par Paul Gruyer et Louis Postif, 227 p.
  • 1910 : La Piste dangereuse (The Danger Trail)
    Première édition française en 1929, éditions G. Crès et Cie, Collection : Aventures, traduit par Victor Forbin, 266 p.
  • 1911 : L'Honneur des grandes neiges ou Les Neiges du Grand Nord (The Honor of the Big Snows)
    Première édition française en 1977 sous le titre Les Neiges du Grand Nord, traduction de Louis Postif, illustrations de Françoise Pichard, Paris : Hachette, Collection : Bibliothèque verte, 188 p. Réédition en 1978 sous le titre L'Honneur des grandes neiges, suivi de Le Cas d'André Beauvais et Le Violonneux ; Paris : Éd. G. P., Collection Spirale no 283, 315 p., trad. Paul Gruyer et Louis Postif, illustrations de Daniel Billon.
  • 1911 : Philippe Steele de la police montée (Steele of the Royal Mounted)
    Première édition française en 1933, traduction de Louis Postif, Paris : Hachette, Collection : Les Meilleurs romans étrangers, 223 p.
  • 1912 : Fleur du Nord (The Flower of the North)
    Première édition française en 1936, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 252 p., traduit par Louis Postif.
  • 1913 : Les Cœurs les plus farouches (Isobel: A Romance of the Northern Trail)
    Première édition française en 1926, Paris, G. Crès, 238 p., traduit par Léon Bocquet.
  • 1914 : Kazan (Kazan)
    Première édition française en 1925, Paris, G. Crès, 242 p., traduit par Paul Gruyer et Louis Postif.
  • 1915 : God's Country and the Woman
  • 1916 : La Voyageuse traquée (The Hunted Woman)
    Première édition française en 1931, Paris, libr. Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 267 p., traduit par Louis Postif.
  • 1916 : Le Grizzly (The Grizzly King)
    Première édition française en 1922, Paris, éditions G. Crès et Cie, 224 p., traduit par Midship.
  • 1917 : Bari, chien-loup (Baree, Son of Kazan)
    Première édition française en 1935, Paris, G. Crès, 276 p., traduit par Léon Bocquet. Réédition en 2014 sous le titre Bari, chien-loup, fils de Kazan ; Ed. Alliage, 241 p., trad. Léon Bocquet
  • 1918 : La Fugitive (The Courage of Marge O'Doone)
    Première édition française en 1935, Paris : libr. Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 256 p., traduit par Louis Postif.
  • 1918 : Wapi, the walrus
  • 1919 : Nomades du Nord (Nomads of the North)
    Première édition française en 1925, traduit par Louis Postif, Paris, Éditions Crès et Cie, 237 p.
  • 1919 : Le Bout du fleuve (The River's End)
    Première parution édition en 1926, Paris, éditions G. Crès et Cie, traduction de Paul Gruyer et Louis Postif , 245 p.
  • 1920 : L'Instinct qui veille (Back to God's Country and Other Stories)
    Recueil de nouvelles, dans lequel figure la nouvelle Wapi the Walrus
  • 1920 : La Vallée du silence (The Valley of Silent Men)
    Première édition française en 1930, Paris, éditions Plon, Collection : Bibliothèque reliée no 63, traduction de Louis Postif, 253 p.
  • 1921 : God's Country - The Trail to Happiness
  • 1921 : Le Piège d'or (The Golden Snare)
    Première édition française en 1924, éditions G. Crès et Cie, Paris, traduction de Paul Gruyer et Louis Postif, 242 p.
  • 1921 : La Forêt en flammes (The Flaming Forest)
    Première édition française en 1934, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers,256 p., traduit par Louis Postif.
  • 1922 : La Piste du bonheur (The Country Beyond)
    Première édition française en 1937, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 255 p., traduit par Louis Postif.
  • 1923 : L'Homme de l'Alaska (The Alaskan)
    Première édition française en 1933, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 256 p., traduit par Louis Postif.
  • 1924 : Un gentleman courageux ou Le Bord du lac (A Gentleman of Courage)
    Première édition française en 1931, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 256 p., traduit par Louis Postif. Réédition en 1978 sous le titre Le Bord du lac, Paris : J. Tallandier, Les Romans du Grand Nord ; [3], traduit par Paul Gruyer et Louis Postif, 249 p.
  • 1925 : La Vieille Route de Québec (The Ancient Highway)
    Première édition française en 1938, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 255 p., traduit par Louis Postif.
  • 1926 : Rapide-Éclair (Swift Lightning)
    Première édition française en 1934, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 253 p., traduit par Louis Postif, [Préface par André Demaison.
  • 1926 : The Black Hunter
  • 1928 : The Plains of Abraham
  • 1928 : The Glory of Living
  • 1929 : Carla (The Crippled Lady of Peribonka)
    Première édition française en 1936, Paris : Hachette, collection : Les Meilleurs Romans étrangers, 170 p., traduit par Louis Postif.
  • 1930 : Green Timber
  • 1930 : Le Fils des forêts[3] (Son of the Forests)
    Première édition française en 1938, traduit par Louis Postif, éditions Firmin-Didot, Paris, collection : Les Meilleurs romans étrangers.
  • 1931 : Falkner of the Inland Seas
  • 19XX : Mélissa[4] (date et titre original inconnus)
    Première édition française en 1912, adapté de l'anglais par Victor Forbin, Paris : Hachette, collection : Bibliothèque des meilleurs romans étrangers, 284 p. Réédition en 1960, illustrations de Cattaneo, Paris : O.D.E.J.[5], Collection J no 11.

Adaptations au cinéma et à la télévision[modifier | modifier le code]

Les romans et nouvelles de James Oliver Curwood ont été très souvent adaptés, surtout au cinéma.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article de Pierre Lebedel, journal La Croix, 22-23 mars 1992 : J.-O. Curwood prince des neiges.
  2. Pierre Lebedel, Le Souffle du Grand Nord, in Hugo Pratt, écrivain du grand large, L'Express BD, N° 2, juillet 2015.
  3. Cf. Notice n°: FRBNF31985653 de la Bibliothèque nationale de France)
  4. Cf. Notice n°: FRBNF31985670 de la Bibliothèque nationale de France)
  5. O.D.E.J. (avec points d'abréviation) est l'orthographe qui figure sur tous les livres publiés par cette maison d'édition.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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