Campagne de Bosnie-Herzégovine

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Campagne de Bosnie-Herzégovine
Description de cette image, également commentée ci-après
Camp retranché de l'armée austro-hongroise près de Mostar. Peinture d'Alexander von Bensa (de) et d'Adolf Obermüllner (de).
Informations générales
Date Du au
Lieu Condominium de Bosnie-Herzégovine
Issue Victoire austro-hongroise, occupation de la Bosnie-Herzégovine
Belligérants
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-HongrieFlag of Independent Bosnia (1878).svg Vilayet de Bosnie
Drapeau de l'Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Josip Filipović (en)
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Gavrilo Rodić (en)
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Stjepan Jovanović
Flag of Independent Bosnia (1878).svg Hadži Loja (en)
Forces en présence
91 260 hommes en moyenne, 198 930 en pointe[1]Flag of Independent Bosnia (1878).svg 79 000 insurgés
Drapeau de l'Empire ottoman 13 800 soldats[2]
Pertes
7 447 : 1 205 tués, 2 099 morts de maladie, 3 966 blessés, 177 disparus[1]

Grande crise d'Orient (en)

La campagne de Bosnie-Herzégovine est une campagne militaire menée par l'Autriche-Hongrie afin d'affirmer et renforcer son contrôle sur la Bosnie-Herzégovine. Elle se déroule du au , période pendant laquelle l'armée austro-hongroise fait face à la résistance locale, épaulée — non officiellement — par les soldats de l'Empire ottoman, lesquels sont officiellement contraints de se retirer du vilayet des suites des termes du traité de Berlin qui mettait fin à la guerre russo-turque de 1877-1878.

Les Austro-Hongrois entrent en Bosnie par deux larges mouvements, l'un venant du Nord et pénétrant la Bosnie, l'autre du Sud et venant occuper l'Herzégovine. Les Austro-Hongrois rencontrent une résistance inattendue, devant livrer une série de combats qui culmine avec la prise de Sarajevo après dix-neuf jours de combats de rues. Dans les régions vallonnées environnantes, des actions de guérilla se poursuivent jusqu'à ce que le dernier retranchement rebelle ne tombe et que leur chef, Hadži Loja (en), ne soit capturé.

Contexte[modifier | modifier le code]

Carte de 1904 : Bosnie, Herzégovine et Novipazar.

Après la guerre russo-turque de 1877-1878 se tient le Congrès de Berlin, en présence de toutes les Grandes Puissances. L'article 25 du traité de Berlin, signé le , prévoit que la Bosnie et l'Herzégovine restent de jure sous souveraineté ottomane[3] mais permet à l'Empire d'Autriche-Hongrie d'occuper le vilayet de Bosnie, et ce pour une durée indéterminée, assurant son administration civile et militaire. Les Austro-Hongrois obtiennent également le droit d'occuper certains lieux stratégiques du sandjak de Novipazar :

« Les provinces de Bosnie et d'Herzégovine seront occupées et administrées par l'Autriche-Hongrie. Le Gouvernement d'Autriche-Hongrie ne désirant pas se charger de l'administration du sandjak de Novipazar qui s'étend entre la Serbie et le Monténégro dans la direction sud-est jusqu'au-delà de Mitrovitza, l'administration ottomane continuera d'y fonctionner. Néanmoins, afin d'assurer le maintien du nouvel état politique ainsi que la liberté et la sécurité des voies de communication, l'Autriche-Hongrie se réserve le droit de tenir garnison et d'avoir des routes militaires et commerciales sur toute l'étendue de cette partie de l'ancien vilayet de Bosnie.

À cet effet, les Gouvernements d'Autriche-Hongrie et de Turquie se réservent de s'entendre sur les détails[4]. »

Bien que les Ottomans émettent des protestations quant à l'occupation de Novi Pazar, le Ministre austro-hongrois des affaires étrangères (en) Gyula Andrássy leur assure que cette occupation « devait être considérée comme provisoire »[5]. L'expansion austro-hongroise vers le sud aux dépens des Ottomans était permise pour limiter l'extension de l'influence russe dans la région, et d'empêcher la réunion de la Serbie et du Monténégro.

Les Austro-Hongrois n'attendaient aucune résistance à leur occupation. Selon les termes d'Andrássy, ce devait être « une promenade en fanfare »(« Spaziergang mit einer Blasmusikkapelle »). Mais cette interprétation passait à côté de plusieurs éléments, d'une part que les Serbes venaient d'obtenir leur indépendance par les armes (en) face aux Ottomans, et que l'Herzégovine s'était soulevée récemment contre le pouvoir turc. La résistance opposée à l'occupation austro-hongroise provient principalement des Serbes orthodoxes (43% de la population) des Bosniaques musulmans (39%), et dans une moindre mesure des Croates catholiques (en) (18%)[6]. Les Musulmans constituent la part de la population qui avait le plus à perdre dans ce changement de puissance occupante, chrétienne. Les résistants étaient considérés par le gouvernement austro-hongrois comme « non civilisés » (« unzivilisiert ») et (« traîtres » (« verräterisch »)[7].

Forces armées[modifier | modifier le code]

Le 17e régiment d'infanterie franchissant la Save, par Karl Pippich (de) (1905).

L'armée austro-hongroise se prépare à l'opération d'occupation en réalisant une grande campagne de mobilisation[8], regroupant d'ici à la fin de une force de 82 113 hommes, 13 313 chevaux et 112 canons, constituée des 6e, 7e, 10e et 18e divisions d'infanterie (de), ainsi qu'une armée d'arrière-garde, rassemblée sur le territoire du royaume de Dalmatie[9]. Le commandant en chef est Josip Filipović (en) ; la 18e division d'infanterie, constituant l'avant-garde, est sous le commandement de Stjepan Jovanović, tandis que l'armée d'arrière-garde en Dalmatie est commandée par Gavrilo Rodić (en)[10]. Les manœuvres d'occupation de la Bosnie-Herzégovine commencent le et s'achèvent le [11].

La présence militaire ottomane à cette époque en Bosnie-Herzégovine est constituée d'environ 40 000 hommes et 77 canons, à laquelle il faut ajouter les milices locales, fortes d'environ 93 000 hommes[12]. Les Austro-Hongrois se sont attendus à une forte résistance de la part des Musulmans, lorsqu'ils ont réalisé que cette occupation allait représenter pour eux une perte des privilèges établis sur leur religion[3].

Occupation[modifier | modifier le code]

La bataille de Jajce, peinte par Karl Pippich

La première troupe d'occupation, le 13e corps d'armée (de) du général Filipović, franchit la Save entre Kostajnica et Gradiška. Les différentes Abteilungen sont rassemblées à Banja Luka et progressent sur la route longeant la rive gauche de la Vrbas[13]. Ils rencontrent pendant leur trajet la résistance des Musulmans menés par le derviche Hadži Loja (en), appuyés (presque sans s'en cacher) par les troupes ottomanes qui se replient[14]. Le , des hussards sont pris en embuscade près de Maglaj sur la Bosna, poussant Filipović à instituer la loi martiale. Le , une bataille rangée se déroule près de Jajce où les Austro-Hongrois perdent 600 hommes.

La seconde troupe d'occupation, forte des 9 000 hommes de la 18e division d'infanterie du général Stjepan Jovanović, quitte ses bases de la Dalmatie autrichienne pour avancer en longeant la Neretva[15],[16]. Le , la division prend Mostar, capitale de l'Herzégovine[15],[16]. Le , plus de 70 officiers et hommes de troupe hongrois sont tués à Ravnice. Face à cela, l'Empire mobilise les 3e, 4e et 5e corps d'armée (de)[17].

Assaut sur Livno, le , par Karl von Blaas.

Les troupes austro-hongroises rencontrèrent dans cette région une forte opposition, tant de la population musulmane que de la population orthodoxe, livrant batailles dans les environs de Čitluk, Stolac, Livno et Klobuk[18]. Malgré les difficultés face à Maglaj et Tuzla, la région de Sarajevo est occupée en [19].

Le mufti de Tuzla, Mehmet Vehbi Šemsekadić, organisa la résistance locale et, le , il rassembla dans la ville environ 1 000 soldats, venus pour certains de Kladanj, Srebrenik, Lukavac et Zvornik[20]. Ces hommes furent vaincus par les troupes autro-hongroises qui, le , entrèrent dans Tuzla[20].

« Prise d'assaut du château de Sarajevo », illustration du Graphic (1878).
« La Bataille pour Sarajevo », par Godefroy Durand, dans le Graphic (1878).

Le , la capitale bosnienne, Sarajevo, qui comptait alors 50 000 habitants, est capturée. Il aura fallu déployer pas moins de 52 canons et conquérir la ville rue par rue[15],[7]. La veille, Filipović avait arrêté l'ancien gouverneur de la ville, Hafiz Pasha[7]. Le rapport de l'état-major austro-hongrois (en) mentionne que « les petites fenêtres et les nombreux creux dans les toitures ont permis de tirailler dans différentes directions tout en assurant un couvert très efficace », et que « les insurgés se ruaient vers les maisons les plus proches, barricadaient toutes les entrées et engageaient un tir mortel contre l'infanterie d'assaut »[note 1]. La ville est fortement endommagée[22].

Selon le propre rapport de Filipović : « Il s'ensuivit une des plus terribles batailles que l'on puisse concevoir. La troupe était la cible de tirs venant de chaque maison, de chaque fenêtre, de chaque porte entrouverte ; et même les femmes y prenaient part. Presque à l'entrée ouest de la ville, l'hôpital militaire était rempli d'insurgés malades et blessés.[14] » Les forces d'occupation déplorèrent 57 tués et 314 blessés parmi les 13 000 soldats déployés lors de l'opération. Elles estimèrent les pertes parmi les insurgés à environ 300 morts, sans prendre toutefois la peine d'estimer les victimes civiles. Les jours qui suivirent, de nombreux jugements sommaires expédièrent devant le peloton d'exécution des personnes accusées d'avoir participé à la rébellion[7].

Après la chute de Sarajevo, le gros des forces insurgées se replièrent dans les régions montagneuses par-delà de la ville, et ils y poursuivirent leurs actions de résistance pendant plusieurs semaines[14]. Hadži Loja se rendit le au 37e régiment d'infanterie (« k.u.k. Infanterieregiment „Erzherzog Joseph“ Nr. 37 »), dans le canyon de la Rakitnica. D'abord condamné à mort, sa peine est par la suite commuée en une peine de cinq ans de prison[23]. Dans le nord-ouest, le château de Velika Kladuša se rendit le [17], marquant la fin de la campagne militaire.

Toutefois, les tensions restèrent vivaces dans certaines parties de la région occupée, particulièrement en Herzégovine. Elle connut une émigration de masse, principalement de Musulmans dissidents. Néanmoins, une stabilité toute relative fut rapidement atteinte, permettant bientôt aux autorités austro-hongroises de se lancer dans de nombreuses réformes sociales et administratives, désirant faire de la Bosnie et de l'Herzégovine une « colonie modèle ». Ayant pour objectif d'introduire dans la province un modèle de stabilité politique qui permettrait de dissiper l'ascension du nationalisme parmi les Slaves du Sud, le pouvoir des Habsbourg s'attache à codifier les lois, à introduire de nouvelles pratiques politiques, et à subvenir aux besoins de modernisation de la région.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L'Empire austro-hongrois a été contraint, pour mener à bien cette opération, d'employer cinq corps d'armée, rassemblant 153 300 hommes[5][15] et 112 canons pour soumettre la Bosnie et de l'Herzégovine. L'état-major estime à 79 000 le nombre des insurgés armés qui leur ont fait face, appuyés illégalement par les 13 800 hommes de l'armée ottomane[2] et ses 77 canons. Les pertes austro-hongroises s'élèvent à 5 000 hommes[24] : 946 morts, 272 disparus et 3 980 blessé[25]. Quant aux pertes subies par les insurgés et leurs soutiens ottomans, il n'existe aucun décompte précis.

Les pertes importantes du côté des Austro-Hongrois, et la forte opposition rencontrée parmi la population à cette action militaire ont donné suite à des échanges vifs entre commandement militaire et chefs politiques[26]. Pendant la campagne, un article dans le journal hongrois de langue allemande Pester Lloyd, critiquant le manque de préparation de l'armée pour une occupation militaire, a été censuré sur ordre de l'empereur-roi François-Joseph[15]. Poussé à bout, Gyula Andrássy, critiqué pour avoir accepté la Bosnie, préfère démissionner le [27].

Mémoire[modifier | modifier le code]

Le musée d'histoire militaire de Vienne présente une exposition concernant la campagne de 1878. Elle comporte plusieurs objets personnels ayant appartenu au général Filipović, une bannière des insurgés et des armes prises aux Ottomans[28],[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Der ganze äußere Umkreis Sarajevos war stark besetzt. Aber auch im Inneren der Stadt gestatteten die engen Gassen mit ihren vielen Häusergruppen und einzelnen in den Erdgeschossen leicht zu verrammelnden Gebäuden, deren kleine Fenster der Stockwerke und zahlreiche Dachlücken die Abgabe des Feuers nach verschiedenen Richtungen zuließen, die nachhaltigste Verteidigung. Von der Umfassung der Stadt vertrieben, warfen sich die Insurgenten meist in die nächsten Häuser, verbarrikadierten alle Eingänge und unterhielten ein vernichtendes Feuer gegen die nachstürmende Infanterie.[21]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Clodfelter 2017, p. 196.
  2. a et b Plaschka 2000, p. 99–100.
  3. a et b Zovko 2007, p. 13.
  4. Grands traités politiques, Congrès de Berlin de 1878 hébergé par l'université de Perpignan.
  5. a et b Matsch 1982, p. 213.
  6. Džaja 1994, p. 37.
  7. a b c et d Gabriel 2011.
  8. Oršolić 2000, p. 289-291.
  9. Oršolić 2000, p. 299.
  10. Oršolić 2000, p. 294.
  11. Oršolić 2000, p. 304.
  12. Oršolić 2000, p. 301.
  13. Richter 1907, p. 455–457.
  14. a b et c Plaschka 2000, p. 45.
  15. a b c d et e Lackey 1995, p. 78–79.
  16. a et b Zeinar 2006, p. 402–403.
  17. a et b Klaic 1885, p. 454–455.
  18. Oršolić 2000, p. 302-303.
  19. Rothenberg 1976, p. 101-02.
  20. a et b Vlada Tuzlanskog Kantone 2018.
  21. Plaschka 2000, p. 44.
  22. Roksandić 2007.
  23. Plaschka 2000, p. 97.
  24. Calic 2010, p. 46.
  25. Plaschka 2000, p. 102.
  26. Rothenberg 1976, p. 101-102.
  27. Kwan 2013, p. 214.
  28. Popelka 1988, p. 52.
  29. Rauchensteiner et Litscher 2000, p. 59.

Annexes[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Luigi Albertini et Isabella M., trans. Massey, The Origins of the War of 1914, Volume 1, Oxford, Oxford University Press,
  • (en) László Bencze, The Occupation of Bosnia and Herzegovina in 1878, vol. 126, New York, Columbia University Press, coll. « East European Monographs »,
  • (de) Marie-Janine Calic, Geschichte Jugoslawiens im 20. Jahrhundert, Munich, Beck, (ISBN 978-3-406-60645-8). 
  • (en) Michael Clodfelter, Warfare and Armed Conflicts : A Statistical Encyclopedia, , 4e éd. 
  • (de) Srećko M. Džaja, Bosnien-Herzegowina in der österreichisch-ungarischen Epoche (1878–1918): Die Intelligentsia zwischen Tradition und Ideologie, vol. 93, Munich, Verlag Oldenbourg, coll. « Südosteuropäische Arbeiten », (ISBN 3-48656-079-4)
  • (de) Martin Gabriel, « Die Einnahme Sarajevos am 19. August 1878. Eine Militäraktion im Grenzbereich von konventioneller und irregulärer Kriegsführung », Kakanien Revisited,‎ , p. 1–6 (lire en ligne)
  • (de) Vjekoslav Klaic, Geschichte Bosniens von den ältesten Zeiten bis zum Verfalle des Königreiches, Leipzig, Friedrich, . 
  • (en) Jonathan Kwan, Liberalism and the Habsburg Monarchy, 1861-1895, Palgrave Macmillan, (ISBN 9781137366924, présentation en ligne). 
  • (en) Scott Lackey, The Rebirth of the Habsburg Army. Friedrich Beck and the Rise of the General Staff, ABC-CLIO, (ISBN 0313031312). 
  • (de) Erwin Matsch (dir.), November 1918 auf dem Ballhausplatz. Erinnerungen Ludwigs Freiherrn von Flotow, des letzten Chefs des Österreichisch-Ungarischen Auswärtigen Dienstes 1895–1920, Vienna, Böhlau Verlag, (ISBN 3-205-07190-5). 
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  • (hr) Slavko Pavičić, Hrvatska vojna i ratna poviest i Prvi svjetski rat, Zagreb, Hrvatska Knjiga,
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  • (de) Das Heeresgeschichtliche Museum in Wien, Graz, Verlag Styria, (ISBN 3-222-12834-0). 
  • (de) Eduard Richter, « Beiträge sur Landeskunde Bosniens und der Herzegowina », Wissenschaftliche Mitteilungen aus Bosnien und der Hercegowina, vol. 10,‎ , p. 383–548 (lire en ligne). 
  • Drago Roksandić, « Les quatre destructions de Sarajevo (1480, 1697, 1878, 1992) », Cités, vol. 4, no 32,‎ , p. 17-28. 
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  • (de) Hubert Zeinar, Geschichte des Österreichischen Generalstabes, Vienna, Böhlau Verlag, (ISBN 3-205-77415-9). 
  • (hr) Ljubomir Zovko, Studije iz pravne povijesti Bosne i Hercegovine: 1878. - 1941., University of Mostar, (ISBN 978-9958-9271-2-6). 

Liens externes[modifier | modifier le code]