Bosniaques

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Bosniaques
Bošnjaci

Erzsébet és Mária királynők Nagy Lajos sírjánál.jpgStjepan Tomašević.jpgGazi husrev beg.png Husein Gradaščević.jpgIvan franjo jukic.jpg

Safvet beg Bašagić.jpgAlijaIzetbegovic1.jpgDino Merlin.jpg

Élisabeth_de_BosnieStefan Tvrtko Ier de BosnieÉtienne TomaševićGazi Husrev-begHusein GradaščevićIvan_Franjo_JukićSafvet BašagićAlija IzetbegovićDino Merlin
Populations significatives par région
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 2 159 508
Drapeau de la Turquie Turquie 2 000 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 280 000
Drapeau de la Serbie Serbie 170 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 160 000
Drapeau de l'Autriche Autriche 120 000
Drapeau du Monténégro Monténégro 90 000
Drapeau de la Suède Suède 64 000[réf. nécessaire]
Drapeau de la Suisse Suisse 46 000
Drapeau de l'Australie Australie 35 000
Drapeau de la France France 30 000
Drapeau du Canada Canada 30 000
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 25 000
Drapeau de la Slovénie Slovénie 21 500
Drapeau de la Belgique Belgique 21 000
Drapeau du Danemark Danemark 21 000
Drapeau de la Croatie Croatie 21 000
Drapeau de la Macédoine Macédoine 17 000
Drapeau de la Norvège Norvège 12 000
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 10 000
Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie
5 000
Drapeau du Luxembourg Luxembourg 5 000
Drapeau de l'Irlande Irlande 2 000
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 1 000
Population totale 5 millions.
Autres
Langues Bosnien
Religions Islam
Agnostisme
Athéisme
Catholicisme
Ethnies liées Slaves
Illyriens
Goths

Les Bosniaques (en bosnien, Bošnjak, pl. Bošnjaci, [bɔ'ʃɲaːt͡si]) sont un peuple slave du sud, de langue bosnienne, vivant majoritairement en Bosnie-Herzégovine et dans certaines régions de Serbie et du Monténégro comme le Sandjak. Il y a aussi des minorités bosniaques au Kosovo, en Autriche, en Allemagne, en Suède, en Turquie et en Croatie.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Origine du terme[modifier | modifier le code]

La plus ancienne appellation est le terme historique Bošnjanin (en latin : Bosniensis), qui désignait un habitant de l'État médiéval de Bosnie. Les bans (vice-rois) et rois de Bosnie ont toujours utilisé ce terme dans leurs missives pour désigner le peuple dont ils font partie. Les Ottomans reprirent cette dénomination qui devint Boşnak dans leur langue, le suffixe « ak » propre à la langue turque remplaçant alors le suffixe slave « anin ». Au cours du règne ottoman, les Slaves de Bosnie s'approprièrent la désignation turque qui devint Bošnjak (pl. Bošnjaci), toujours pour désigner n'importe quel habitant de Bosnie, quelle que soit sa confession.

C'est ce terme qui fut repris au XIXe siècle par les Allemands (« Bosniake »), les Français (« Bosniaque ») et les Anglais (« Bosniak ») pour nommer l'habitant de Bosnie. Il garda ce sens premier jusqu'à l'éclatement de la Yougoslavie dans les années 1990.

En Bosnie en revanche, la dénomination Bošnjak tomba en désuétude au début du XXe siècle pour céder la place à Bosanac, vu que les catholiques et les orthodoxes ne se reconnaissaient plus dans le terme « Bosniaque / Bošnjak ». Aujourd'hui encore, Bosanac désigne tout habitant de Bosnie-Herzégovine. Bien qu'il ait été traduit en français par « Bosniaque » jusque dans les années 1990, la résurgence de l'appellation Bošnjak pour désigner les seuls Slaves musulmans de Bosnie a conduit à l'utilisation en français du terme de « Bosnien » comme traduction de Bosanac.


Musulman par nationalité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musulmans (nationalité).

En 1918, lorsque la Bosnie est annexée par le Royaume de Yougoslavie, les Bosniaques deviennent des citoyens de seconde zone. Leur peuple n'est plus reconnu par le pouvoir en place et leurs droits sont baffoués. À cause de leur adhérence à l'islam, ils deviennent les boucs émissaires de la haine que certains peuples voisins avaient accumulée pour les Ottomans durant leur quatre siècles de règne dans la région. Cette situation perdure jusqu'en 1974, en Yougoslavie communiste, où les Bosniaques obtiennent finalement un semblant de reconnaissance. En effet, à ce moment, s'il existait officiellement les nationalités croate, macédonienne, serbe, monténégrine et slovène, la nationalité bosniaque n'avait pas de reconnaissance officielle et lors des recensements, la plupart des musulmans de Bosnie-Herzégovine en particulier et de Yougoslavie en général ne déclaraient pas d'appartenance nationale. En 1974 cependant, la nouvelle constitution yougoslave introduit la nationalité de Musulman (le M majuscule indiquant bien qu'il s'agit d'une nationalité), qui sera adoptée par la très grande majorité des musulmans slaves de Yougoslavie. Malgré la volonté des intellectuels bosniaques à un retour au nom historique Bosniaque, le président Tito refusa. Cette dénomination restera utilisée jusque dans les années 1990, lorsque les musulmans de Bosnie demandent la reconnaissance de leur peuple en tant que nation. Au début de la guerre en Bosnie, les dirigeants des Musulmans de Bosnie choisissent de substituer à l'appellation « Musulman » le terme historique de Bosniaque / Bošnjak.

Utilisation du terme aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les Bosniaques sont quelquefois désignés par le terme Bosniens, ou Bosniens musulmans. Cependant dans ce contexte, ces termes sont imprécis car Bosnien/ne(s) désigne les citoyens de Bosnie-Herzégovine, quelle que soit leur origine ethnique : Bosniaques, Serbes, Croates et les autres minorités de Bosnie-Herzégovine (Roms...) (Voir à ce sujet, l'article Bosniens). Quant au terme Bosnien musulman, il est souvent considéré comme péjoratif, car il implique une désignation religieuse malgré les revendications historiques des Bosniaques pour une reconnaissance en tant que nation.

En français, le terme Bochniaques (transcription phonétique du terme Bošnjak) est apparu parfois en raison de la confusion fréquente entre Bosniaque et Bosnien pour désigner les Bosniaques lorsqu'il est question de musulman slave de langue bosnienne n'habitant pas la Bosnie-Herzégovine, notamment dans le Sandjak de Serbie, au Monténégro et au Kosovo.

Selon le Congrès bosniaque mondial, tous ceux qui ont pour langue maternelle le bosnien sont, de fait, Bosniaques, peu importent leur religion ou leurs croyances[1].

Emblème[modifier | modifier le code]

FIAV historical.svg Premier drapeau de la République indépendante de Bosnie-Herzégovine (1992-1998) et symbole du peuple bosniaque.

Un symbole fréquent des Bosniaques est la fleur de lys représentant le lys bosniaque (ou Lilium bosniacum). Il était présent sur le premier drapeau de la Bosnie-Herzégovine indépendante mais ne figure pas sur le nouveau drapeau, plus ouvert vis-à-vis des autres composantes de la population de Bosnie-Herzégovine. Cet emblème est en fait le blason du premier roi bosniaque, Tvrtko Kotromanić.


Bosniaques célèbres[modifier | modifier le code]

  • Kulin Ban: ban de Bosnie qui donna une grande indépendance à son pays et écrivit une charte considérée comme le plus vieux document en langue bosnienne. Cette charte délimite de façon claire les frontières de la Bosnie.
  • Tvrtko Kotromanić: d'abord ban et devient ensuite le premier roi de la Bosnie. Il agrandit de façon notable le territoire de la Bosnie.
  • Muhamed Hevai Uskufi: écrivain et poète, auteur du premier dictionnaire en langue bosnienne (1632).
  • Husein Gradaščević (en): résistant bosniaque célèbre pour sa révolte contre les Ottomans et son désir d'indépendance pour son peuple.
  • Ivan Franjo Jukić: moine franciscain qui lutta pour l'éveil national et les droits des Bosniaques. Il était partisan d'un nationalisme bosniaque multiconfessionnel.
  • Mehmed Spaho: politicien qui défendait les droits des Bosniaques dans le Royaume de Yougoslavie. Il fut empoisonné par des Serbes à Belgrade en 1939 à cause de son objection à une partition de la Bosnie.
  • Muhamed Filipović: intellectuel et historien qui lutta pour le retour du nom historique Bosniaque. Il est également président de l'Académie bosniaque des sciences et des arts.
  • Alija Izetbegović: premier président (1992-2000) de la République indépendante de Bosnie-Herzégovine. Il est très aimé par les Bosniaques, car il a finalement redonné son indépendance à la Bosnie après cinq siècles d'occupations étrangères.
  • Edin Džeko: joueur professionnel de football de l'AS Roma en ligue italienne et de l'équipe nationale de Bosnie-Herzégovine.

Liens[modifier | modifier le code]

BosanskeHistorije: Histoire de la Bosnie

Références[modifier | modifier le code]