Edmond-Marie Poullain

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Edmond-Marie Poullain
Edmond-Marie Poullain A.jpg

Edmond-Marie Poullain en 1908

Naissance
Décès
(à 73 ans)
Granville
Nationalité
Activité

Edmond-Marie Poullain, né le à Montebourg (Normandie) et mort le à Granville, est un magistrat, peintre-graveur et aquafortiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lorsqu’Edmond-Marie Poullain débarque à Paris en 1902 ou 1903,« il est censé, écrit Jacqueline Gojard, faire des études de droit. [...] Aux bancs de la faculté, il préfère les académies libres que sont alors les cafés où fraternisent peintres et poètes. [...] Inscrit à l'Académie Colarossi de la rue de la Grande-Chaumière, il se veut peintre plus que juriste. »[1] C'est le 22 juin 1903 au cours d'une des soirées de la Plume, la revue littéraire dirigée par Karl Boès, au Caveau du Soleil d’or, place Saint-Michel, qu'il se lie d'amitié durable avec Guillaume Apollinaire et André Salmon.

Très attiré par cette existence nouvelle qui le libère du joug parental, Edmond-Marie Poullain, participe alors aux activités de la bohème artistique du Quartier latin, du bistrot du Père Jean, rue de Seine, à la Closerie des Lilas (où il rencontre Picasso et Paul Fort), et noue les grandes amitiés qu’on lui connaît, surtout avec Apollinaire, Max Jacob et André Salmon.

C’est dans son atelier de la rue de Seine, que Poullain aime à recevoir ses amis lors de soirées artistiques auxquelles prennent part de jeunes femmes peu farouches, et où l’on parle peinture et poésie. André Salmon a conté dans ses Souvenirs sans fin, comme personne ne pouvait mieux la faire, ce que furent les réunions dans l’atelier de Poullain, avec des personnages comme Mécislas Golberg, le peintre Edvard Diricks, le poète Nicolas Deniker, le pacifiste Arne Hammer, le touche-à-tout Jean Mollet dit le « baron », le sculpteur Manolo Hugué et quelques autres.

En 1905, dans son atelier de la rue Campagne-Première, Poullain ébaucha le portrait d’Apollinaire, un bien curieux portrait à moustaches (il réalisa deux autres portraits, dont l’un, au fusain, qui se trouve au Musée de Stavelot en Belgique). En 1905 également, Poullain rencontra Matisse, année à partir de laquelle il exposa au salon des indépendants.

Très tôt, Edmond-Marie Poullain perçoit le danger que représente le cubisme, si contraire à sa peinture qu’il sent menacée. Alors il renonce à l’aventure, fuit Paris un jour de 1906, se réfugiant au plus profond de sa Normandie ancestrale à Vauville. Inscrivant sa peinture dans un régionalisme fervent, souffrant de son isolement, il regrette ces moments privilégiés de sa jeunesse et de la « bande à Picasso ».

De 1907 à 1919, il est avocat à Valognes. Il est nommé juge de paix en 1919.

En 1911, on arrête Guillaume Apollinaire que l’on accuse d’être à l’origine du vol de la Joconde. Contrastant avec l’attitude de Picasso, Poullain soutient son ami Guillaume, enfermé à la Prison de la Santé. Il use alors de son talent juridique pour réconforter le poète. Confiant, Apollinaire lui livre certaines confidences dans des lettres de prison.

C’est en 1925 qu’André Salmon et Fernand Fleuret se déplacent chez le peintre à Bréhal et se rendent ensemble à la Foire de Lessay retrouver Louis Beuve. Edmond-Marie Poullain recevra également dans sa maison de Bréhal, à plusieurs reprises, son amie Louise Hervieu, dont-il fera un superbe portrait.

En 1942, il entre dans la Résistance intérieure française, intégré au réseau Marland[2]. En 1946, il accueillera chez lui André Salmon, condamné à une période de cinq ans d’indignité nationale (condamnation très rapidement amnistiée).

Il épousera Odette Cabart-Danneville[3] avec qui il aura deux enfants, Marie-Odette en 1922 qui épousera Ralph Messac et Marthe en 1923.

Edmond-Marie Poullain n’avait pas la prétention d’être un grand peintre mais il avait conscience de son talent.

Edmond-Marie Poullain est inhumé à Granville.

Plaque se trouvant sur le dernier domicile d'Edmond-Marie Poullain à Granville.
Tombe d'Edmond-Marie Poullain dans le cimetière de Granville.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Gojard, « Ecce Homo », préface à Max Jacob, Edmond-Marie Poullain, Correspondance 1920-1940, Paris, Éditions ex nihilo, 2015, pp. 7-8.
  2. Voir Maurice Marland sur Wikimanche.
  3. Voir Cabart-Danneville.

Bibliographie et références[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l’exposition Edmond-Marie Poullain - Éditions Arts et Cultures 1986
  • Laurent Clément, Edmond-Marie Poullain n’est plus, Ouest-France et La Manche libre, 6 juillet 1951.
  • Fernand Vatin, Edmond-Marie Poullain, peintre et aquafortiste, Le Réveil, 20 septembre 1951.
  • André Salmon, Edmond-Marie Poullain, l’ami des peintres et poétes parisiens, La Manche libre, 12 février 1962.
  • Laurent Clément, Edmond-Marie Poullain, la Revue de l’Avranchin, no 262 de mars 1970.
  • Pierre Leberruyer, Le peintre Edmond-Marie Poullain préféra la Hague à Montmartre, La Presse de la Manche, 23 mai 1975.
  • Exposition rétrospective Edmond-Marie Poullain de juin à octobre 1986 à Cherbourg, Granville, La Lucerne-d'Outremer.
  • Vidéo Edmond-Marie Poullain - Arts et Culture 1986 - Edmond-Marie Poullain, André Salmon, Fernand Fleuret et Louis Beuve à la Foire de Lessay.

Photos de l’artiste[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres (reproduction interdite)[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]