Gemma Galgani

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Gemma Galgani
Image illustrative de l'article Gemma Galgani
photographie de 1902
Sainte
Naissance
Borgo Nuovi di Camigliano en Toscane (Italie)
Décès   (25 ans)
Lucques (Italie)
Nationalité Italienne
Vénéré à Sanctuaire Sainte-Gemma, Lucques (Italie)
Béatification  au Vatican
par Pie XI
Canonisation
par Pie XII
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 11 avril[1]

Gemma Galgani (12 mars 1878, Borgo Nuovo di Camigliano - 11 avril 1903, Lucques), était une mystique italienne, particulièrement liée à la Congrégation de la Passion de Jésus-Christ. Elle a été canonisée en 1940 et ainsi reconnue sainte par l'Église catholique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Gemma Galgani naît le 12 mars 1878 à Borgo Nuovo di Camigliano, région de Lucques en Toscane. Elle est la cinquième d’une famille de 8 enfants, mais la première fille de la famille. Le 26 mai 1885, à l'âge de sept ans, elle reçoit le sacrement de confirmation. Sa mère meurt en septembre. Au cours de sa première locution surnaturelle, Jésus lui en aurait demandé le sacrifice.

Lors de sa première communion, le 19 juin 1887, jour de la fête du Sacré-Cœur de Jésus, à l'âge de neuf ans, vécue comme une expérience spirituelle intense : « En ces instants, je saisis que les délices du Ciel ne sont pas comme ceux de la terre. (…) Ce fut ce matin-là que Jésus me donna le grand désir d’être religieuse. » Deux ans plus tard, elle s'éloigne de l’amour de la communion mais se distingue par un amour intense pour les pauvres de la ville, vidant la maison de son père pour eux. Elle a 11 ans. Elle renonce à se soucier de ses vêtements et de son apparence.

Gemma Galgani durant les cours de la bienheureuse Hélène Guerra

Inscrite à l’école des Zitines (sainte Zita de Lucques) depuis 1887, sa maîtresse (qui n'est autre que Hélène Guerra) voyant son grand désir de connaître la Passion, lui en fait méditer tous les jours un point. Elle a alors 13 ans. En 1894, son frère Gina, celui de ses frères et sœurs qui lui était le plus proche, meurt à l'âge de 17 ans. Elle éprouve un immense chagrin et tombe malade quelque temps. Elle a alors 16 ans. Elle cesse de fréquenter l’école à partir de ce moment. Deux ans plus tard débute de nouvelles expériences surnaturelles. Elle voit pour la première fois son ange gardien qui lui demande un plus grand dépouillement de sa coquetterie afin de devenir « l’épouse d’un Roi crucifié ». Jésus lui aurait fait comprendre fortement ainsi qu’elle doit devenir religieuse. Elle a alors 18 ans.

En 1897, la disparition du père laisse la famille dans une misère noire. Elle vit quelques mois chez une de ses tantes à Camaiore avant de revenir à Lucques pour fuir les prétendants.

Vie mystique[modifier | modifier le code]

De 1898 à 1899, Gemma est atteinte d’une maladie « mortelle ». Elle se sent très entourée à cette occasion. Saint Gabriel de l'Addolorata lui apparaît pour la première fois. Tout le reste de sa vie elle éprouvera un amour irrésistible pour ce saint passioniste qui lui aurait été envoyé par Jésus pour l'aider à vivre la spiritualité de la Passion. Elle a pour confesseur Mgr Volpi (1860-1931).

Le 3 mars 1899 eut lieu la guérison miraculeuse de Gemma par l’intercession de sainte Marguerite-Marie Alacoque. Saint Gabriel de l'Addolorata lui apparaît chaque soir de la neuvaine pour prier avec elle. Commence pour elle une « vie amoureuse quotidienne » avec Jésus et une « familiarité surnaturelle » avec les saints. Deux mois plus tard (mai 1899), elle tente d’entrer chez les visitandines (Ordre de la Visitation), sans succès. Tout le reste de sa vie sera dominé par le désir de la vie consacrée.

Le jeudi 8 juin 1899, Gemma reçoit la « grâce » des stigmates. Elle les reçoit le soir, c'est-à-dire à la veille de la fête du Sacré-Cœur de Jésus qui se célébrait le lendemain. L’expérience dure jusqu’au vendredi à 15 h. Les stigmates se répéteront ensuite chaque semaine : du jeudi 20 h au lendemain 15 h.

Du 25 juin au 9 juillet 1899 eut lieu la mission des Passionistes à Lucques. En allant les écouter, elle reconnaît l’habit de saint Gabriel. Jésus lui aurait confié alors : « L’un de ces fils sera ton père ».

Le 8 septembre, Mgr Volpi la fait examiner par le docteur Pfanner : le simple nettoyage des plaies fait disparaître les stigmates. A la même période, les extases de Gemma commencent à être prises en notes : elle parle en effet tout haut dans ces moments.

Dernières années[modifier | modifier le code]

En 1900 Gemma est accueillie par la famille Giannini. En janvier débute sa correspondance avec le père Germano. Ce dernier habitait à cette époque à Rome (jusqu’à la mort de Gemma). Première rencontre en septembre avec le père Germano qu’elle a vu en vision et qui devient son directeur spirituel.

Entre juillet et septembre elle rédige son « Journal » sur ordre de Mgr Volpi. Le père Germano, qui avait conseillé à Mgr Volpi de faire cesser cette rédaction, demande cependant à Gemma de rédiger son « Autobiographie ».

À partir de la fête de la Pentecôte 1902, son état devient inquiétant. Jusqu’à la fin juin elle cesse de s’alimenter, ne prenant comme nourriture que la communion du matin et un peu d’eau. C’est une période d’intense « réparation » offerte au Sacré-Cœur et de particulière intercession pour le clergé. Le père Germano lui commande de prier Jésus de lui rendre la santé. Elle la recouvre à la fin juin, mais pour peu de temps : elle retombe malade 20 jours plus tard. Son rétablissement n’était qu’un signe temporaire destiné au père Germano.

Portique de la maison où mourut sainte Gemma.

En septembre apparaissent les premiers symptômes manifestes de la tuberculose. Elle est alors transférée dans une petite chambre d’un immeuble attenant à celui des Giannini. C’est là qu’elle meurt le 11 avril 1903, samedi saint, vers 13 h 30. Elle est alors âgée de 25 ans.

Les passionistes de Lucques[modifier | modifier le code]

Sanctuaire de Sainte-Gemma, où ses restes sont conservés sous le maître-autel.

En mars 1905 arrivèrent des premières religieuses passionistes à Lucques pour fonder le monastère tant désiré par Gemma. Venues du monastère de Corneto, sœur Palmira Armelini et une autre moniale débutent la fondation. Il n’existe alors que deux monastères de moniales passionistes dans le monde : Corneto en Italie (fondé en 1771, aujourd’hui Tarquinia) et Mamers en France (fondé en 1872). Ce sont les moniales de Lucques qui gardent aujourd’hui le sanctuaire de sainte Gemma, comme cette dernière l’avait prophétisé un peu avant sa mort : « Les passionistes, dit-elle, ne m'ont pas voulu vivante ; mais elles m'auront morte ».

Béatification et canonisation[modifier | modifier le code]

Fête liturgique fixée au 11 avril.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Biographies :

  • Germano et Félix, La stigmatisée de Lucques, Brunet (Arras) et Mignard (Paris), 1940.
  • Abbé Jean-François Villepelée, La Folie de la croix, sainte Gemma Galgani (1878 – 1903), Le Parvis, Hauteville (Suisse) et Paris. 3 tomes :

- L'Ascension d'une âme. 1977.

- La Contemplation du mystère. 1977.

- L'Effusion de l'amour. 1978.

Portraits spirituels :

  • Giuliano Agresti, Amoureuse du Crucifié - portrait de sainte Gemma Galgani (1878 – 1903) (traduit par Jean-Claude Delion), Nouvelle Cité, Paris, 1993.
  • Philippe Plet, Prier 15 jours avec Gemma Galgani, Nouvelle Cité, Paris, 2007.

Écrits de sainte Gemma Galgani :

  • Lettres et Extases (publiées par le père Joachim de l'Immaculée Conception, passioniste), Brunet (Arras) et Mignard (Paris), 1920.
  • Écrits de sainte Gemma Galgani (traduits par Anne-Marie Picard et le père Jean-Louis Picard), Téqui, Paris, 1988.
  • Lettres de sainte Gemma Galgani (traduites par Anne-Marie Picard et le père Jean-Louis Picard), Téqui, Paris, 1988.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]