Charlotte Chauchet-Guilleré

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Charlotte Chauchet-Guilleré
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Charlotte Chauchet-Guilleré, née le 5 décembre 1878 à Charleville (Ardennes) et décédée le 13 mars 1964 à Paris, est une artiste française. Elle a été peintre puis s’est consacrée aux arts décoratifs comme créatrice mais aussi en contribuant à une meilleure exposition et à une meilleure connaissance de l’art déco par le grand public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlotte Stéphanie Henriette Chauchet est né en décembre 1878 à Charleville (Ardennes) de Léon Prosper Chauchet, brasseur, alors âgé de 22 ans, né à Raucourt (Ardennes) et de Louise Amélie Henriette Michon, 19 ans, son épouse. Léon Prosper Chauchet est de la même génération qu'Arthur Rimbaud et Ernest Delahaye : «Nous nous grisâmes-z-un jour royalement ensemble» écrit ainsi Ernest Delahaye[1]. Ses parents habitent rue d'Aubilly, à deux pas de la Place Ducale[2].

Après des études en Ardennes, elle poursuit à Paris, bénéficiant notamment des enseignements de Benjamin Constant, et Jean-Paul Laurens. Elle se lance comme peintre et ses toiles sont admises dans plusieurs salons, exposant ainsi au Salon des artistes français, ou encore à l'Exposition des femmes peintres et sculpteurs. un de ses tableaux, Marée, est présenté Au Salon des artistes français, elle reçoit en 1901 une Mention honorable Mention honorable en 1901, en 1902 une médaille en 1902, et en 1904 une Bourse de voyage[3]. L'État acquiert trois de ses œuvres en 1901, 1904 et 1906 : Intérieur de cuisine. Intimité et Fillette à la pomme. Le musée de Charleville la sélectionne également et acquiert quatre tableaux pour ses collections[3],[4].

Le 17 mars 1906, à Paris[2], elle épouse un avocat, René Guilleré, amateur d’art et de musique, collectionneur d’art nègre, poète, auteur dramatique, collaborateur à différentes revues, et membre fondateur, en 1901, de la Société des artistes décorateurs (S.A.D.) dont il est secrétaire général[3]. Ils se font construire une demeure en briques et en ardoises, avec une façade sans ostentation mais pourtant singulière et élégante, au 13 rue Eugénie Gérard à Vincennes[5]. Tout en continuant son activité de peintre, Charlotte Chauchet-Guilleré devient membre actif de cette société. Elle expose des panneaux décoratifs, au Salon d'automne de 1910 à 1913, et au Salon des indépendants de 1911 à 1913[3]. Elle est sollicitée à la même époque par Hector Guimard pour exécuter une fresque dans la salle à manger de l’hôtel Mezzara (1910-1911).

À partir de 1909, elle crée avec René Guilleré, et grâce à l'appui de la famille Laguionie, à la direction du Printemps, un rayon d'art décoratif dans ces Grands magasins. En janvier 1913, toujours au sein du Printemps, ils prolongent cette première étape en lançant une structure nouvelle, Primavera, consacrée encore au mobilier et aux arts décoratifs[3]. Ce sont des Ateliers d'art, avec des lieux de fabrication en banlieue et en province s'ajoutant à la sollicitation d'artisans, des modèles exclusifs, des créateurs et un espace spécifique d'exposition en magasin. Travail du bois, des tissus, du verre, du papier et de la céramique[6]. Des objets en céramique qui rencontrent un succès rapide[7]. Cette structure Primavera diffuse vers le grand public un mobilier et des objets de décoration modernes, gommant les cloisonnements entre l'art, l'artisanat et la grande distribution[8]. À un moment où la critique boude encore le cubisme et ses maîtres, Juan Gris, Georges Braque et Pablo Picasso, René Guilleré et Charlotte Chauchet-Guilleré s'inspirent de leurs œuvres, puis puisent dans d'autres sources d'inspiration lorsque les meubles géométriques envahissent le marché[6]. Leurs collections s'inscrivent dans le mouvement de l'Art déco. René Guilleré est le premier directeur de Primavera. Charlotte Chauchet-Guilleré en assure la direction artistique de 1922 à 1937. Les autres grands magasins copient la formule : ainsi, les Galeries Lafayette sollicitent Maurice Dufrêne pour animer la Maîtrise, et Paul Follot anime Ponome au Bon Marché[9].

En 1931, René Guilleré meurt. Un des grands créateurs de mobilier de l'équipe Primavera, Louis Sognot, seconde Charlotte Chauchet-Guilleré qui assure cette direction de Primavera jusqu'en 1937, puis se retire. Elle meurt le 13 mars 1964 à Paris[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par date de parution décroissante.

  • Primavera, naissance de la céramique moderne, Galerie Anne-Sophie Duval (lire en ligne) :
    • Julie Blum, « Avant-Propos », dans Primavera,  ;
    • Karine Lacquemant, « Préface », dans Primavera,  ;
    • Antoine Candau, « Naissance de la céramique moderne », dans Primavera, .
  • Anne Lajoix, « Colette Guéden (1905-2000), Primavera et la céramique », Les Dossiers de la faïence fine., no 27,‎ (lire en ligne).
  • (it) Alastair Duncan, Déco: mobili, decorazioni d'interni, design, pittura, grafica, scultura, arti applicate, gioielli, Electa, , 544 p., p. 349.
  • (en) Alastair Duncan, Art Deco Complete: The Definitive Guide to the Decorative Arts of the 1920s and 1930s, Thames & Hudson, , 544 p., p. 210, 351, 469.
  • (en) Mel Byars, The Design Encyclopedia, , 832 p., p. 134.
  • (en) Élisabeth Hardouin-Fugier et Françoise Dupuis-Testenoire, Les peintres de natures mortes en France au XIXe siècle, Amateur, , 318 p., p. 292.
  • Bernard Marrey, « Grands Comptoirs. Les débuts du marketing », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • (en) Maurice Dufrêne et Alastair Duncan, Authentic art deco interiors: from the 1925 Paris exhibition, Antique Collectors' Club, , 223 p., p. 53, 55, 126.
  • (en) Malcolm Haslam, Art deco, , 168 p., p. 40.
  • (en) Clara Erskine Clement Waters, Women in the Fine Arts, from the Seventh Century B.C. to the Twentieth Century A.D., Library of Alexandria, , 395 p. (lire en ligne), « Chauchet Charlotte », p. 331.
  • Philippe Thiébaut, Guimard, Réunion des Musées Nationaux, , 451 p., « Charlotte Chauchet-Guillere », p. 331.
  • J. A., « Primavera ressuscité », Le Monde,‎ (lire en ligne).

Articles de journaux et revues contemporains[modifier | modifier le code]

Par date de parution décroissante.

Webographie[modifier | modifier le code]