Transgendérisme

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Pictogramme des transgenres.
Article connexe : Enfant transgenre.

Le transgendérisme ou transgénérisme est le fait pour une personne de s'identifier au moins en partie au genre opposé à son sexe de naissance (dysphorie de genre) et d'en adopter le mode de vie ou la conduite. Une personne transgenre adopte ainsi une identité de genre différente de son sexe de naissance, sans nécessairement aller de pair avec une chirurgie de réattribution sexuelle.

Une personne transgenre est l'inverse d'une personne cisgenre.

Le néologisme «transgenre» est d'abord apparu au Québec[réf. nécessaire] où la transgenre Micheline Montreuil l'a popularisé tant devant les tribunaux que dans les médias. Il a par la suite fait son apparition en France. Il calque le mot anglais transgender. Au Québec, ce concept est pris en compte par les services sociaux travaillant avec la communauté transgenre[réf. nécessaire] et commencent à intégrer les disciplines académiques.

Identités transgenre[modifier | modifier le code]

Drapeau transgenre dessiné par Monica Helms.
Article détaillé : Transidentité.

Relevant d'expressions identitaires, la définition du terme transgenre ne peut se faire qu'en référence à ces expressions, qu'elles prennent la forme d'énoncés ou de pratiques. Celles-ci étant très variées et évolutives on ne peut prétendre les énumérer toutes ni en donner une définition figée. Les identités présentées ci-après, comme relevant des identités transgenres, sont donc nécessairement des repères schématiques.

Dans son sens le plus large, le mot transgenre regroupe plusieurs expressions identitaires dans lesquelles la personne considère que le genre attribué à sa naissance, en fonction des organes génitaux est une description fausse ou incomplète d'elle-même. Selon cette définition, une personne transgenre est donc une personne dont l’identité de genre, l’expression et/ou le comportement sont différents par rapport à ceux qui sont attendus par la société pour les gens de son sexe biologique.

Les transgenre au sens strict souhaitent vivre en tant que personnes de sexe opposé à leur sexe biologique, mais ne suivent pas de traitement ou de chirurgie de réattribution sexuelle, ou en sont dans l'attente, par choix, parce qu'ils sont trop jeunes ou pour toute autre raison.

Identités transsexuelles[modifier | modifier le code]

Les personnes revendiquant ou affirmant une identité transsexuelle expriment le sentiment profond d'être une femme ou un homme contrairement à l'identité associée à ses organes génitaux. La personne peut ou non avoir recours à des traitements hormonaux ou chirurgicaux visant à mettre en harmonie son corps et son identité. Elle peut avoir aussi recours à la chirurgie de réattribution sexuelle. Bien que dans de nombreux pays l'état de transidentité ne soit reconnu qu'à des personnes ayant eu recours à un traitement hormonal et chirurgical, cette conception est contestée par de nombreux individus et associations d'aide aux personnes transidentitaires. Ces dernières estiment qu'il n'appartient pas à une autorité administrative de décréter quelles interventions sur le corps d'une personne sont nécessaires à la mise en harmonie de son corps et de son identité. Elles réfutent les notions de parcours « complet » ou « partiel » parfois employé pour décrire les interventions dont une personne donnée souhaite bénéficier.

Toutes les personnes transsexuelles affirment une réelle « identité transsexuelle ». Elles considèrent que leur état de « transsexualisme » découle de l'erreur d'assignation faite à leur naissance et prend fin lorsqu'elles arrivent au terme de leur transition[1]. Elles peuvent alors, à la suite d'une opération génitale vivre en harmonie, dans leur identité de toujours, masculine ou féminine.

Identités travesties[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Travestissement.

Les personnes exprimant une identité travestie, ne vivent pas de manière conflictuelle le genre qui leur a été attribué à leur naissance. Elles éprouvent cependant le besoin (souvent irrépressible[réf. nécessaire]) de porter des vêtements et autres signes distinctifs considérés socialement comme étant inappropriés pour leur sexe. Elles considèrent que la part d'elles-mêmes qu'elles expriment à travers cette pratique est constitutive de leur personnalité profonde.

Toutes les personnes pratiquant le travestissement ne revendiquent pas une identité travestie.

Identités fluides, queer et autres[modifier | modifier le code]

Les termes anglais, marquant l'avancée des Gender Studies de quelques pays anglophones sur leurs homologues francophones, sont souvent utilisés pour définir cette situation particulière refusant le caractère arbitraire de l'assignation binaire. Parmi les désignations les plus fréquentes, on retrouve les termes fluide de genre, queer, troisième sexe, pangenre, androgyne et intergenre[réf. nécessaire].

Au sens large, ces personnes militent pour l’abolition des critères discriminatoires basés sur une conception binaire du genre, et contre l’obligation de stérilisation demandées par les tribunaux pour pouvoir avoir accès à un changement d’état civil. De fait, les discriminations liées aux refus de changement des documents administratifs d’une personne, parce que celle-ci n'entre pas dans une case préétablie, peuvent entraîner les mêmes dérapages que les mentions portant sur l'origine ethnique, la religion, la sensibilité politique ou la caste.

Pourtant, en 2006, les Principes de Jogjakarta sont établis pour la protection des droits humains des transgenres.

Limites et discussions[modifier | modifier le code]

Militante transgenre, Existrans, Paris, 1er octobre 2005, avec les lettres XY sur sa main.

Ces sous-groupes ne sont que des approximations impropres à rendre compte de l'extrême diversité des identités en conflit avec les normes sociales dominantes d'assignation des genres. De plus, ils mélangent les identités des personnes, les parcours et les pratiques qu'elles empruntent pour vivre harmonieusement leurs identités.

Malgré ces limites, une approche par les identités offre l'avantage d'énoncer clairement ce dont elle entend rendre compte. Elle se distingue en cela d'approches prétendument scientifiques qui dissimulent leurs a priori normatifs derrière de fausses catégories objectives (stigmatisantes et/ou pathologisantes) : transsexualisme. En effet, catégoriser les personnes suivant des registres de pratiques ou d'actions ne renvoie que les a priori avec lesquels sont constituées ces catégories, dès lors que ce classement fait l'impasse sur les raisons qui motivent ces pratiques et la signification que les sujets leur attachent.

Usage[modifier | modifier le code]

Le sens le plus répandu du mot transgenre est très large, regroupant des personnes telles que des travestis, des transsexuels, des personnes psychologiquement androgynes, etc. Cependant, certaines personnes transsexuelles récusent le terme transgenre, arguant du fait qu'elles ne changent pas de genre mais changent de sexe.

Presque sans exception, les personnes transgenres préfèrent être nommées selon le genre avec lequel elles s'identifient ou sous lequel elles se présentent plutôt que selon leur sexe biologique - ou le cas échéant celui qui leur a été attribué à la naissance, par exemple dans des cas d'intersexuation. Ainsi, une personne née de sexe masculin, mais qui s'identifie comme étant une femme, préférera l'usage des pronoms et des adjectifs féminins ; pour décrire son orientation sexuelle, elle emploiera le vocabulaire de son genre : hétérosexuelle si elle n'est attirée que par les hommes, lesbienne si elle n'est attirée que par les femmes et bisexuelle si elle attirée par les deux. Il en va de même pour une personne née de sexe féminin, qui se définira hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. Pour une personne transexuelle, l'usage des pronoms dépend sans exception au genre sexuel d'arrivée.

Rappelons que la transidentité n’est pas reliée à l'orientation sexuelle ; des personnes de diverses orientations sexuelles s'identifient comme étant transgenre[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sébastien Sengenès, « D’un genre à l’autre. », Terrain, no 42,‎ , p. 81-94 (DOI 10.4000/terrain.1748, lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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