Mème

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Le terme de mème a été proposé pour la première fois par le biologiste Richard Dawkins dans Le Gène égoïste (1976)

Un mème (de l'anglais meme ; calqué sur gène, sans rapport et à ne pas confondre avec le français même) est un élément culturel reconnaissable répliqué et transmis par l'imitation du comportement d'un individu par d'autres individus. L'Oxford English Dictionary définit le meme comme « un élément d'une culture (prise ici au sens de civilisation) pouvant être considéré comme transmis par des moyens non génétiques, en particulier par l'imitation »[1].

Le terme anglais de meme a été proposé pour la première fois par Richard Dawkins dans Le Gène égoïste (1976) et provient d'une association entre gène et mimesis (du grec « imitation »). Dawkins construit également ce terme pour sa ressemblance avec le mot français « même » (bien que ce dernier ait une étymologie différente). Les mèmes ont été présentés par Dawkins comme des réplicateurs, comparables à ce titre aux gènes, mais responsables de l'évolution de certains comportements animaux et des cultures.

L'étude des mèmes a donné naissance à un nouveau discours : la mémétique.

Définition[modifier | modifier le code]

La définition que donne Dawkins correspond à une « unité d'information contenue dans un cerveau, échangeable au sein d'une société ». Elle résulte d'une hypothèse selon laquelle les cultures évolueraient comme les êtres vivants, par variations et sélection naturelle. À l'instar du gène, le mème serait l'unité de base dans cette évolution.

Mème et mémétique sont analogues à gène et génétique, appliqués aux éléments des cultures et non aux individus biologiques.

Le mème serait l'unité cognitive échangeable, permettant la réplication au sein d'un milieu social de complexes mémiques, appelés mémotypes, dont les variations de structure constitueraient l'équivalent des mutations connues en biologie. La manifestation de ce mémotype est alors le phémotype (terme utilisé par Robert Aunger), dont la distinction du mémotype est sujet à controverses, et conditionne le rattachement de l'évolution de ces entités à une évolution lamarckienne ou darwinienne. Les mèmes, éventuellement regroupés en complexes mémiques, ne se répliquent pas au sein des individus, mais suscitent leur réplication en provoquant l'imitation du comportement qu'ils confèrent à l'individu les hébergeant, par d'autres individus. Leur « survie » est donc bâtie sur leur capacité à provoquer un comportement imitable, et se trouve donc soumise à une sélection.

On parle par exemple de « communication virale » (William Seward Burroughs) pour la diffusion de bouche-à-oreille d'information et de concepts.

Selon cette hypothèse, toute culture est constituée d'unités échangeables, qu'elle véhicule d'un individu à l'autre, et se maintient ainsi au travers du temps en subissant toutefois des variations. Leur rôle peut être banal (par exemple : marque très connue…) ou crucial pour la vie en société (par exemple : paradigme, protocole…). Un mème peut être largement répandu car il tend à se diffuser par lui-même une fois franchie une masse critique d'utilisateurs du terme (percolation).

Une définition stable du mème n'existe encore pas clairement à ce jour. Selon les auteurs, la définition utilisée s'adapte le plus souvent à leurs propres travaux ou opinions. Une classification de ces différentes approches, est apportée par les travaux de Pascal Jouxtel et la société francophone de mémétique :

  • l'idée abstraite individuelle : le mème logique, comme instruction, choix, éthique personnelle, règle de conduite, algorithme ;
  • l'idée abstraite collective : le mème symbolique, comme symbole, dogme, idéologie, valeur, lien communautaire ;
  • l'objet concret individuel : le mème neuronal, comme schéma neuronal électrochimique ;
  • l'objet concret collectif : le mème pratique, comme langage, organisation, trait culturel, convention, procédé, schéma fonctionnel.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Traduit par Pascal Jouxtel dans Comment les systèmes pondent ? Introduction à la mémétique, Le Pommier, Paris, 2005.