Big Five (psychologie)

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En psychologie, les Big Five sont cinq traits centraux de la personnalité empiriquement mis en évidence par Goldberg (1990). Ils constituent non une théorie mais un repère pour la description et l'étude théorique de la personnalité[1].

Définition[modifier | modifier le code]

Il est parfois question du « modèle OCEAN » suivant les différentes dimensions du modèle[1].

  • (O) ouverture à l'expérience - appréciation de l'art, de l'émotion, de l'aventure, des idées peu communes, curiosité et imagination ;
  • (C) conscienciosité - autodiscipline, respect des obligations, organisation plutôt que spontanéité ; orienté vers des buts ;
  • (E) extraversion - énergie, émotions positives, tendance à chercher la stimulation et la compagnie des autres, fonceur ;
  • (A) agréabilité - une tendance à être compatissant et coopératif plutôt que soupçonneux et antagonique envers les autres ;
  • (N) névrosisme ou neuroticisme - contraire de stabilité émotionnelle : tendance à éprouver facilement des émotions désagréables comme la colère, l'inquiétude ou la dépression, vulnérabilité.

Signification pratique[modifier | modifier le code]

Les Big Five ne classent pas les personnes en cinq catégories mais les évaluent cinq fois différemment : chacun d'entre elles est plus ou moins extraverti (E) ; et cela, sans préjuger si elles sont agréables ou non (A) ; et indépendamment de ces aspects relationnels, chacun d'entre elles est d'humeur plus ou moins égale (inverse du neuroticisme, N) ; et tout cela, sans préjuger de l'ouverture à la nouveauté, aux possibilités (O) ; et sans que tout ceci leur dise si elles sont consciencieuses ou non (C), qui est encore un autre aspect d'elles-mêmes[1].

Ces cinq dimensions constituent un minimum pour décrire dans son entier le caractère d'une personne, car les traits qu'ils désignent s'avèrent indépendants : la recherche montre que l'ouverture à l'expérience (O) d'une personne ne présume en rien de sa stabilité émotionnelle (ou son neuroticisme, N), que son degré d'extraversion (E) n'est lié ni à l'une ni à l'autre, pas plus que sa gentillesse (agréabilité, A) ou son caractère consciencieux (C) ; et car tout aspect perçu d'une personnalité est soit synonyme/antonyme d'un des 'Big Five' (comme scrupuleux, minutieux, de consciencieux (C), ou au contraire méchant, odieux, de agréable (A)), soit s'avère dans les faits lié à un ou plusieurs de ces cinq traits. Par exemple, il a été montré que le côté travailleur est positivement corrélé à de l'extraversion (E) plus de l'ouverture à l'expérience (O), mais plutôt antagoniste de l'agréabilité (A)[2].

Par conséquent, je connais une personne si - et seulement si - je suis capable de la jauger sur chacun de ces cinq aspects ; si je ne sais rien de plus, alors j'ai d'elle une idée approximative, sans lacune majeure, une image entière mais floue : sur tout aspect de sa vie professionnelle et personnelle, sur ses rapports à l'argent, au travail, à la famille, au sexe, je peux me faire quelque idée plus ou moins (in)certaine parce que des a priori, des probabilités plus ou moins fortes ont été mesurés[1].

Signification scientifique[modifier | modifier le code]

Les Big Five ont une origine empirique, ils ont émergé de l'observation et de l'analyse statistique : dans l'ensemble des descriptions que des participants à une expérience donnent d'eux-mêmes ou d'autrui, tel qualificatif (par exemple, « expansif ») apparaît, est nié (« peu expansif », « pas du tout expansif ») ou accentué (« assez expansif », « très expansif ») de manière similaire ou opposée à tel autre (par exemple, « très énergique », « peu indépendant ») ; l'analyse statistique a mesuré ces liens et dégagé cinq groupes de qualificatifs[1].

Des ensembles équivalents sont obtenus à partir de descriptions proposant des comportements à coter (entre « pas du tout » et « tout à fait »), comme « Je remplis facilement mes heures de loisirs » ou « Je conserve dans tous les milieux mes manières habituelles ». Les Big Five sont en fait cinq termes, existants ou nouveaux (neuroticisme), qui désignent les centres de ces ensembles statistiques, qui les synthétisent[1].

Applications et limites[modifier | modifier le code]

Les Big Five servent de base à la recherche : un questionnaire standard, le NEO PI-R, permet de les mesurer dans de nombreuses langues, et toutes les questions « grand public » sur la personnalité ont fait l'objet d'études s'appuyant sur eux (voir ci-dessous La personnalité sous l'angle des Big Five)[1].

Nombre de chercheurs néanmoins ont souligné les limites des Big Five. Ils sont légèrement redondants, et pas tout à fait complets. Ils restent à expliquer. Leur existence même est contestée : ils transparaissent dans des réponses subjectives à des questionnaires non dépourvus d'arbitraire ; et pas dans toutes les langues. Ils n'excluent pas d'autres modèles à plus ou moins de facteurs[1]. (voir ci-dessous Défauts)

Description détaillée[modifier | modifier le code]

Il faut distinguer les différents tests et faire preuve de précautions. Le NEO-PIR précise bien que des dimensions en intensité (plutôt beaucoup ou peu de névrosisme) sont mesurées par rapport à une norme. Une note faible en extraversion ne veut pas forcément révéler une introversion. Il faut faire attention lors de l'interprétation de tels tests. Une note faible peut révéler une dimension opposée ou une indifférence par rapport à cette dimension. C'est pourquoi il est toujours essentiel d'échanger avec la personne sur son positionnement quant à la dimension mesurée[1].

Extraversion[modifier | modifier le code]

L'extraversion est marquée par d'intenses interactions avec le monde extérieur. Les extravertis aiment être avec des gens, sont pleins d'énergie et ressentent souvent des émotions positives. Tournés vers l'action, ils tendent à se montrer enthousiastes et à vivement approuver les projets excitants. En groupe ils aiment parler, s'affirment et attirent l'attention à soi[1].

Les introvertis n'ont pas l'exubérance, l'énergie et le niveau d'activité des extravertis. Ils sont plutôt calmes, effacés, et moins dépendants de la vie sociale. Leur peu d'engagement social ne doit pas être interprété comme de la timidité ou de la dépression ; l'introverti a simplement besoin de moins de stimulation que l'extraverti et de plus de temps pour recharger ses batteries[1].

Névrosisme[modifier | modifier le code]

Le névrosisme, auquel il est souvent référé par son opposé : la stabilité émotionnelle, désigne une disposition aux émotions négatives. Ceux dont les descriptions font état d'un fort névrosisme éprouvent facilement un sentiment négatif comme l'anxiété, la colère, la dépression. Ces personnes sont émotionnellement réactives : elles s'émeuvent face à des événements qui n'affectent pas la plupart des gens, ou en tout cas beaucoup moins. Elles ont plus tendance à ressentir des situations ordinaires comme menaçantes, et des frustrations mineures comme insurmontables. Leurs réactions négatives durent plus longtemps, au point qu'elles sont souvent de mauvaise humeur. Leurs émotions peuvent entraver leur capacité à raisonner, à prendre des décisions, à faire face aux situations stressantes.

À l'opposé, un faible névrosisme désigne des personnes calmes, émotionnellement stables, qui n'éprouvent pas d'humeur négative de manière persistante. Peu de sentiments négatifs n'est pas synonyme d'émotions positives fréquentes, c'est là une caractéristique de l'extraversion[1].

Agréabilité[modifier | modifier le code]

L'agréabilité (en) transparaît dans le désir de coopération et d'harmonie sociale. Les individus agréables portent de l'importance à la cohésion avec autrui et se montrent pleins d'égards, amicaux, serviables, généreux et prêts à transiger pour concilier leurs intérêts avec ceux des autres. Les personnes agréables ont aussi une vision optimiste de la nature humaine. Elles pensent que les gens sont foncièrement honnêtes, fiables, "bien"[1].

Les individus non 'agréables' mettent leur intérêt personnel avant la cohésion avec autrui. Ils sont généralement peu soucieux du bien-être des autres et de ce fait peu enclins à faire un effort pour eux. Parfois leur scepticisme quant aux motivations d'autrui les rend soupçonneux, inamicaux, fermés à toute coopération.

Le caractère agréable est à l'évidence un avantage pour devenir et rester populaire. Les personnes agréables sont plus aimées que les personnes non agréables. D'un autre côté, le caractère agréable n'est pas favorable dans des situations qui requièrent des décisions dures ou absolument objectives. Les personnes non agréables peuvent faire d'excellents scientifiques, critiques, ou soldats.

Il faut éviter de rattacher au caractère agréable les termes "altruiste" et "égoïste" parce qu'"altruisme" est un terme en usage en biologie évolutionniste avec un sens fondamentalement différent de l'agréabilité[1].

Caractère consciencieux[modifier | modifier le code]

La conscienciosité (en) décrit comment l'individu contrôle, régule et dirige ses impulsions. Les impulsions ne sont pas mauvaises en soi : occasionnellement des contraintes temporelles exigent une décision immédiate, et suivre notre élan premier peut être une réponse efficace ; et dans un contexte ludique ce peut être plus amusant[1].

Les individus impulsifs peuvent être perçus comme hauts en couleurs, boute-en-train. Certains leur reprochent cependant de manquer d'ambition, de ne pas pouvoir compter sur eux et de ne pas savoir respecter les limites.

Les avantages d'un fort caractère consciencieux sont évidents. Les individus consciencieux évitent les ennuis et réussissent avec brio en cernant et planifiant leurs objectifs et en maintenant leur ligne de conduite. Ils sont également perçus positivement par autrui, comme intelligents et fiables. Côté négatif, ils peuvent être des perfectionnistes compulsifs et des bourreaux de travail. Des individus extrêmement consciencieux peuvent être considérés comme ternes et ennuyeux[1].

Ouverture à l'expérience[modifier | modifier le code]

L'ouverture à l'expérience (en) distingue les personnes imaginatives et créatives des personnes terre-à-terre et conventionnelles. Une personne « ouverte » est curieuse intellectuellement, apprécie l'art, est sensible à la beauté. Elle est, plus qu'une personne « fermée », consciente de ses sentiments. Elle possède souvent des convictions peu conventionnelles et individualistes, même si ses actions se conforment à l'usage[1].

Une personne peu « ouverte » a plutôt des intérêts restreints, communs. Elle préfère le simple, le direct, l'évident au complexe, à l'ambigu, au subtil. Elle peut porter aux arts et aux sciences de la suspicion, considérant ces activités comme abstruses ou sans utilité pratique. Elle préfère la familiarité à la nouveauté ; elle est conservatrice et hostile au changement. L'ouverture est corrélée fortement avec la créativité (mesurée par des tâches comme imaginer différents usages pour un objet). D'autre part, une personne « ouverte » donne l'impression d'être intelligente, car elle est curieuse et cultivée. Cependant, cette dimension est indépendante du quotient intellectuel. Cela signifie qu'une personne avec un fort QI peut avoir une ouverture faible et que son expertise sera centrée sur un domaine particulier. (v. ci-dessous La personnalité sous l'angle des Big Five)[1].

Les psychologues associent souvent l'ouverture à une bonne santé mentale et à la maturité. Les styles de pensée « ouvert » et « fermé » ont pourtant chacun leur avantage dans un certain contexte : l'aspect intellectuel de la personne ouverte peut être bénéfique à un professeur, mais la recherche a montré qu'à une pensée fermée répondent de meilleures performances professionnelles dans la police, la vente et un certain nombre de services.

Relations des Big Five entre eux[modifier | modifier le code]

Beaucoup d'études font apparaître une corrélation négative entre extraversion et névrosisme : qui éprouve aisément des émotions négatives se montre moins social, moins enclin au dialogue[1].

Personnalité sous l'angle des Big Five[modifier | modifier le code]

Les Big Five ont servi de base à l'étude des grandes questions sur la personnalité : a-t-elle des racines biologiques, est-elle héréditaire, est-elle liée au sexe ou à l'intelligence, quel impact a sur elle la culture dans laquelle grandit et vit la personne, évolue-t-elle ?

Pour les chercheurs cependant, la question première est : de quelle manière les différences de personnalité, à situation égale, produisent des différences de conduite [1]?

Mesures par test au comportement observé[modifier | modifier le code]

Dans un certain nombre de méta-analyses, des corrélations entre les mesures des Big Five et divers aspects du comportement peuvent être établies  :

  • performance professionnelle - le caractère consciencieux lui est associé, quel que soit le métier et quels que soient les critères d'évaluation[3], tandis que l'extraversion est un facteur positif dans les métiers impliquant beaucoup d'interactions, et l'ouverture plus spécialement pour les formateurs (Barrick et Mount, 1991, 1998) ;
  • troubles de la personnalité - à chacune des dix catégories du Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux (DSM) correspond un profil unique sur les Big Five ; ces profils ont en commun un névrosisme élevé et une faible agréabilite (Saulsman et Page, 2004) ;
  • habitudes de vie - le tabagisme, corrélé à un haut niveau de névrosisme et un bas niveau d'agréabilite et de caractère consciencieux ; l'écoute de différents styles de musique, très lié à l'ouverture.

Personnalité et biologie[modifier | modifier le code]

L'extraversion a été associée à une plus grande sensibilité du système dopaminergique mésolimbique aux gratifications (Depue & Collins, 1999). Ceci explique en partie le fort taux d'émotions positives observées chez les extravertis, puisqu'ils ressentent plus intensément l'excitation d'une récompense. Cela suggère par ailleurs que l'apprentissage par renforcement serait plus efficace chez les extravertis, ce renforcement étant plus fort.

L'ouverture a été associée à l'activité du système dopaminergique ascendant et aux fonctions du cortex préfrontal dorsolatéral (De Young, Peterson et Higgins, 2005), zone du cerveau qui se trouve être particulièrement activée par les tests de QI.

Hérédité[modifier | modifier le code]

Chacun des cinq facteurs laisse apparaître une influence et des gènes et de l'environnement. Les études de jumeaux suggèrent que ces effets sont à peu près égaux (Kerry Jang, 1996).

L'ouverture a été trouvée héréditaire avec un facteur 0.4 (0 : pas d'hérédité, 1 : les enfants reproduisent exactement les valeurs des parents). L'accès aux études universitaires constitue un facteur environnemental positif.

Personnalité et intelligence[modifier | modifier le code]

L'intelligence est légèrement corrélée à l'ouverture (v. ci-dessus #Ouverture à l'expérience). Il se trouve que certaines propositions visant à mesurer l'ouverture sont aussi des éléments de mesure du quotient intellectuel (par exemple, "J'ai un vocabulaire riche").

Personnalité et culture[modifier | modifier le code]

Les valeurs moyennes des Big Five dans différents pays varient en fonction de la culture, comme a pu le montrer la recherche en les mettant en rapport avec les traits culturels de Geert Hofstede: individualisme, différences de pouvoir, masculinité, évitement de l'incertitude. L'extraversion moyenne est plus élevée dans une société valorisant l'individualisme, alors qu'au sein d'une culture admettant des relations de pouvoir très inégalitaires, les gens montrent un caractère consciencieux quelque peu plus élevé.

Développement et changement[modifier | modifier le code]

Le début de l'âge adulte voit évoluer la personne en moyenne sur les cinq aspects, son agréabilité et son caractère consciencieux augmentant et son extraversion, son neuroticisme et son ouverture à l'expérience diminuant.

Passés trente ans, la personnalité est stable en règle générale. Aussi bien les études longitudinales, qui suivent des personnes sur une longue période, que les données transversales, qui comparent différentes tranches d'âge, montrent une remarquable stabilité à l'âge adulte (McCrae et Costa, 1990). Cela ne signifie pas que la personne ne peut pas changer sur ces cinq aspects, de par les aléas de la vie ou le travail sur soi, mais que dans les faits la plupart des gens après trente ans ne changent guère[1].

Défauts[modifier | modifier le code]

Valeur descriptive[modifier | modifier le code]

Les Big Five ne sont pas totalement indépendants les uns des autres (#Relations des Big Five entre eux), donc une description qui évalue quelqu'un sur chacun d'eux est partiellement redondante.

Ils ne sont pas non plus totalement complets, non seulement les corrélations observées avec la religiosité, le caractère économe, l'honnêteté ou le caractère manipulateur, n'expliquent pas ces traits, mais certains termes relatifs à la personnalité ne semblent significativement corrélés à aucun d'eux : le snobisme, le sens de l'humour, la masculinité / féminité, l'identité, l'idée de soi, la motivation. Ce serait des aspects moins apparents de la personnalité, ou plus dépendants du contexte, les Big Five indiquant des traits aisément observables chez un inconnu - de sorte qu'ils ont pu être appelés "psychologie de l'étranger" (McAdams, 1995).

Faiblesses méthodologiques[modifier | modifier le code]

La méthode utilisée pour mettre en évidence les Big Five, l'analyse factorielle, engendre plusieurs ensembles possibles de facteurs, mais les Big Five sont le seul ensemble reproduit dans des études variées. Toutefois, les données sur lesquelles s'applique cette analyse, les réponses à des questionnaires sur soi-même ou sur une connaissance, sont subjectives.

Beaucoup d'applications à la recherche se sont appuyées uniquement sur des auto-descriptions, et dans le cas d'études comparatives comme celles entre sexes et entre cultures (v. ci-dessus), les écarts observés pourraient refléter surtout des différences dans la façon de répondre aux questions.

Application pratique pour le recrutement[modifier | modifier le code]

Recherches en cours et à venir[modifier | modifier le code]

Personnalité sous l'angle des Big Five[modifier | modifier le code]

Il est demandé quel trait de la personnalité influence quoi dans la vie de l'individu. La recherche continue d'étudier les relations entre Big Five d'une part, performance professionnelle et habitudes de vie d'autre part (v. ci-dessus #Mesures par test au comportement observé). Leur impact est mesuré sur les postes de direction, de vente, et une liste croissante d'autres métiers.

Cette lacune quant au développement de la personnalité (v. ci-dessus Développement et changement) durant l'enfance commence juste à être comblée : un questionnaire adapté à l'évaluation de cette tranche d'âge a été récemment publié, le Five Factor Personality Inventory - Children (McGhee, Ehrler & Buckhalt, 2007). La recherche a cependant déjà mis au jour des relations entre les Big Five et l'adaptation sociale et émotionnelle de l'enfant (Ehrler, Evans et McGhee, 1999), ainsi qu'avec les résultats scolaires (Ehrler, 2005).

En cause[modifier | modifier le code]

La mise en évidence des Big Five n'est pas universelle : faute peut-être d'un lexique suffisamment varié, les études ne trouvent pas aux Hongrois de facteur Agréabilité simple (Swirmak et De Raad, 1994), ou le trouvent mais pas d'autres facteurs (De Fruyt, McCrae, Szirmak et Nagy, 2004).

Elle n'est pas non plus exempte de préalables théoriques : les données traitées par analyse factorielle sont en partie un choix du chercheur, et peuvent donner sept facteurs (Cloninger, Svrakic et Przybeck, 1993), ou dix-huit (Livesley et Jackson, 1986), ou seulement trois (CITE). Les ensembles à sept et dix-huit facteurs ont montré des forces et des faiblesses pour ce qui est de refléter des symptômes psychiques chez des sujets non hospitalisés (Bagby, Marshall, Georgiades, 2005) et chez des patients psychiatriques (De Fruyt, de Clercq, van de Wiele, van Heeringen, 2006).

Constat et explication[modifier | modifier le code]

Les qualificatifs qui décrivent la personnalité se regroupent par corrélation. Par exemple, il est demandé quelle structure mentale peut sous-tendre, quel mécanisme peut rendre compte à la fois de la méticulosité du sens de l'organisation, tous deux aspects du caractère consciencieux. Plusieurs théories tentent de l'expliquer, dont la Théorie de l'Investissement Social, et la Théorie des Cinq Facteurs (TCF) de Costa et McCrae.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t et u McCrae, R. R. & Costa, P. T. (1990). Personality in adulthood. New York: The Guildford Press.
  2. (en) Bozionelos, N. (2004). The big five of personality and work involvement. Journal of Managerial Psychology, 19, 69-81.
  3. Dans le langage courant, on parle de « conscience professionnelle » pour évoquer ce trait de personnalité orienté résultat ou performance.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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