Théodule Ribot

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Théodule Ribot

Description de l'image  Théodule Ribot.jpg.
Biographie
Naissance 18 décembre 1839
Décès 9 décembre 1916 (à 76 ans)
Nationalité Française
Thématique
Formation Philosophie/ Psychologie
Approche Psychologie expérimentale
Travaux Travaux sur la mémoire
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Georges Dumas, Pierre Janet

Théodule Ribot, né à Guingamp le 18 décembre 1839 et mort à Paris le 9 décembre 1916, est un philosophe, généralement considéré comme le fondateur de la psychologie française. Il a créé et dirigé la Revue philosophique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Théodule Ribot étudie au lycée de Saint-Brieuc, puis entre dans l'administration. Deux ans plus tard, il abandonne ses fonctions et s'installe à Paris. En 1864, il est admis à l'École normale supérieure. Il est reçu agrégé en 1866, puis docteur en 1875.

Il est professeur de philosophie au Lycée Impérial de Vesoul (1875-1878), puis au Lycée de Laval (1878-1882). Las des insuffisances de l'enseignement officiel, il prend un congé, et retourne ensuite à Paris pour se consacrer à ses recherches en psychologie expérimentale. En 1885, il enseigne cette matière à la Sorbonne avant d'obtenir en 1889 la première chaire de psychologie expérimentale et comparée au Collège de France.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dans La Psychologie anglaise contemporaine (1870) et La Psychologie allemande contemporaine (1879), Ribot présente au public français les résultats de la psychologie expérimentale de l'époque et milite pour une séparation de la psychologie et de la philosophie et pour l'application des méthodes de la physiologie et des sciences naturelles aux phénomènes de l'esprit et des sentiments.

Théodule Ribot a réussi à obtenir que l'enseignement de la psychologie ait une reconnaissance universitaire en France. Sa thèse L'Hérédité des caractères psychologiques permet à la psychologie d’entrer à la faculté : il occupe ainsi dès sa création la chaire de psychologie expérimentale au Collège de France, et peut aider Henri Beaunis à créer le premier laboratoire français de psychologie expérimentale. Il crée la Revue philosophique de la France et de l'étranger, qui permet de faire connaître et de soutenir le développement de cette nouvelle science en France.

Il conçoit ainsi les sentiments comme des effets, ou mieux, selon lui, comme l'objectivation des activités de l'organisation physiologique lorsque celle-ci réagit par exemple à des représentations : le sentiment n'est pas ainsi la cause que nous rougissons, que notre cœur palpite, etc., il est cette activité de l'organisme en tant qu'elle est observable. Ribot s'oppose donc de cette manière entièrement aux conceptions intellectualistes, et pose l'hypothèse que la vie affective (physiologique) est première. Il pose la loi de progression de l’amnésie (appelée aussi loi de régression de la mémoire), qui va toujours « du plus nouveau au plus ancien, du plus complexe au plus simple, du volontaire à l’automatique, du moins organisé au mieux organisé ». Il différencie également la mémoire en différentes aptitudes (qu’il compare à des services d’une administration, tous chargés d’une tâche précise), par exemple la mémoire des savoir-faire et la mémoire des savoirs. Il entrevoit enfin les différences entre mémoire épisodique (instable) et mémoire sémantique, et logique affective et logique rationnelle (idées explorées par la suite par Endel Tulving et Antonio Damasio)[1].

Il consacre de nombreuses recherches à l'observation clinique dans les institutions psychiatriques qui débouchent sur la publication des Maladies de la mémoire (1881), des Maladies de la volonté (1885) et des Maladies de la personnalité (1883).

L'imagination créatrice[modifier | modifier le code]

Analysée dans son Essai sur l'imagination créatrice (1900). Il en distingue huit :

  • L'imagination plastique
  • L'imagination diffluente
  • L'imagination mystique
  • L'imagination scientifique
  • L'imagination pratique et mécanique
  • L'imagination commerciale
  • L'imagination militaire (à laquelle Ribot ne consacre que quelques pages, tout un insistant sur le fait qu'« il y aurait lieu de l'étudier, mais qu'il faudrait un homme de métier »)
  • L'imagination utopique

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • La Psychologle anglaise contemporaine (1870), [1], dernière réédition 2002
  • L'Hérédité. Étude psychologique (1873) [2]
  • La Philosophie de Schopenhauer (1874)
  • La Psychologie allemande contemporaine (1879), [3], dernière réédition 2003
  • Les Maladies de la mémoire (1881), dernière réédition 2005
  • Les Maladies de la volonté (1882), vingt-cinquième édition 1909 [4], dernière réédition 2002
  • Les Maladies de la personnalité (1885), dernière réédition 2001
  • La Psychologie du raisonnement : recherches expérimentales par l’hypnotisme (1886), dernière réédition 2005
  • La Psychologie de l'attention (1888)
  • Psychologie des grands calculateurs et des joueurs d’échecs (1894), dernière réédition 2005
  • La Psychologie des sentiments (1896)
  • L'Evolution des idées générales (1897) [5], cinquième édition 1919
  • Essai sur l'imagination créatrice (1900) [6]
  • La Suggestibilité (1900), dernière réédition 2005
  • Les Obsessions et la psychasthénie (1903), dernière réédition 2005
  • L’étude expérimentale de l’intelligence (1903), dernière réédition 2004
  • La Logique des sentiments (1904) [7]
  • Essai sur les passions (1906)
  • Problèmes de psychologie affective (1910) [8]
  • Les idées modernes sur les enfants (1911), dernière réédition 2001
  • La vie inconsciente et les mouvements (1914), [9] et sur Wikisource.
  • Les Médications psychologiques (1919), dernière réédition 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Ludovic Dugas, Le philosophe Théodule Ribot, Payot, 1924, 158 p.
  • Serge Nicolas, Théodule Ribot : Philosophe breton, fondateur de la psychologie française, L'Harmattan, 2005
  • Serge Nicolas, « Théodule Ribot (1839-1916). Le philosophe, la mémoire et l'imagination », Sciences humaines, hors-série spécial, no 7, septembre-octobre 2008

Article de Wikipédia[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Sources[modifier | modifier le code]

  • Pierre Janet. L'œuvre psychologique de Théodule Ribot, Journal de Psychologie, XII, mai-juin 1915, p. 165-193.
  • Pierre Janet. Nécrologie de Théodule Ribot. Annuaire de l'Association amicale des anciens élèves de l'École Normale Supérieure, 1919, 19-22.
  • Pierre Janet Pour le centenaire de Théodule Ribot. Discours prononcé à la Sorbonne le 22 juin 1939. Revue de Métaphysique et de Morale, Vol. 46, 1939 (p. 647-657).
  • G. Lamarque.Théodule Ribot. Choix de Textes et Étude de l'Œuvre, Paris, Rasmussen, s.d. (1925), (222 P.). Préface de Pierre Janet.
  • Laurent Mucchielli. Aux origines de la psychologie universitaire en France (1870-1900) : enjeux intellectuels, contexte politique, réseaux et stratégies d'alliance autour de la 'Revue Philosophique' de Théodule Ribot, Ann. Sci., 1998, 55, p. 263-289.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour le §, Renaud Persiaux, « Théodule Ribot (1839-1916), Alfred Binet (1857-1911) - Naissance des sciences de l’esprit », paru dans le Spécial no 6 de Sciences humaines, octobre-novembre 2007 Cinq siècles de pensée française