Joseph Lister

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Joseph Lister

Lord Joseph Lister (5 avril 1827, Upton, Essex (aujourd'hui dans Newham, Londres) – 10 février 1912, Walmer, Kent), 1er baron Lister, est un chirurgien britannique, un des pionniers et le vulgarisateur le plus efficace de l'antisepsie dans la chirurgie opératoire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Lister vient d'une famille quaker prospère de l'Essex. Il est le fils de Joseph Jackson Lister, un pionnier du microscope.

Professeur de clinique chirurgicale à Glasgow, puis à Édimbourg et au King's College de Londres, il découvre en 1865 la théorie des germes formulée par Pasteur sur la putréfaction. Lister en conclut que l'apparition de pus dans une plaie n'est pas un facteur de cicatrisation, comme on le croyait alors, mais une preuve de la mortification des tissus (gangrène). Dans son Mémoire sur le principe de l'antisepsie, il rend hommage à Pasteur: « Quand les recherches de Pasteur eurent montré que l'atmosphère était septique, non à cause de l'oxygène mais du fait d'organismes minuscules qui s'y trouvent en suspension, j'eus l'idée qu'on pouvait éviter la décomposition de régions blessées sans supprimer l'air, en leur appliquant comme pansement une substance capable de détruire la vie des particules flottantes »[1]. Croyant que les infections étaient dues à des particules présentes dans l'air ambiant, Lister vaporisa du phénol (l'usage chirurgical du phénol, ou acide phénique, avait déjà été prôné en 1863 et en 1865 par Jules Lemaire et par Gilbert Déclat[2],[3],[4]). En traitant ses instruments, les blessures et les blouses au phénol, Lister parvient en 1869 à réduire le taux de mortalité opératoire de quarante à quinze pour cent[5]. Sa méthode, qu'il qualifie d'antiseptique, est d'abord accueillie avec scepticisme mais, dans les années 1880, elle est acceptée par tous. Il est lauréat de la Royal Medal en 1880 et de la médaille Copley en 1902.

Il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université jagellonne de Cracovie en 1900[6].

Les inventeurs de la Listerine, bain de bouche antiseptique, nommèrent leur produit ainsi par référence à Joseph Lister, qui protesta contre cette appellation sans obtenir gain de cause[7].

En 1940, un genre bactérien fut nommé Listeria en l’honneur de Lister.

Par son invention des pansements antiseptiques en soie huilée recouverte de dextrine[8], il fut le précurseur de l'invention du tulle gras Lumière par Auguste Lumière en 1917[9].

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Depuis quand ?", le dictionnaire des inventions, Pierre Germa, page 56.
  2. Jules Lemaire, De l'acide phénique, de son action sur les végétaux, les animaux, les ferments, les venins, les virus, les miasmes et de ses applications à l'industrie, à l'hygiène, aux sciences anatomiques et à la thérapeutique, 2e éd., Paris, 1865 (1re éd. en 1863).
  3. Gilbert Déclat, Nouvelles applications de l'acide phénique en médecine et en chirurgie, Paris, 1865.
  4. Voir F. Dagognet, Pasteur sans la légende, 1994, p. 317, ; Walter Sneader, Drug Discovery : A History, John Wiley and Sons, 2005, pp. 356-357 (ISBN 0-471-89980-1 et 978-0-471-89980-8), partiellement consultable sur Google Books.
  5. Joseph Lister (1827-1912) sur medarus.org
  6. (pl) Doktorzy honoris causa, sur le site de l'université jagellonne de Cracovie
  7. (en) Douglas Harper, « Listerine », Online Etymology Dictionnary (consulté le 4 octobre 2013) : « Lister objected in vain to the use of his name on the product. »
  8. (en) J. J. Connor et J. T. H. Connor, « Being Lister: Ethos and Victorian Medical Discourse », Medical Humanities, vol. 34, no 1,‎ 2008, p. 3-10 (lire en ligne).
  9. Auguste Lumière, Mes Travaux et mes jours, éditions du Vieux-Colombier, Paris, 1953, p. 44 et suiv.