Sérendipité
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
|
Cet article ou cette section doit être recyclé.
Une réorganisation et une clarification du contenu est nécessaire. Discutez des points à améliorer en page de discussion.
|
La sérendipité est la caractéristique d'une démarche qui consiste à trouver quelque chose d'intéressant de façon imprévue, en cherchant autre chose, voire rien de particulier. Cette approche est issue d'une démarche heuristique. Il s'agit de l'observation d'une anomalie stratégique qui n'a pas été anticipée, et qui peut être « à l'origine d'une nouvelle théorie ».
[modifier] Histoire du mot
[modifier] L’émergence du terme serendipity
Le mot anglais serendipity fut créé par Horace Walpole le 28 janvier 1754 dans une lettre à son ami Horace Mann, envoyé du roi George II à Florence.
Il fait mention d'un conte persan, les Trois Princes de Serendip, publié en italien[1] en 1557 par l'éditeur Vénitien Michele Tramezzino et traduit dès 1610 en français. Serendib ou Serendip était l'ancien nom donné au Sri Lanka en vieux persan.
L'histoire raconte que le roi de Serendip envoie ses trois fils à l'étranger parfaire leur éducation. En chemin, ils ont de nombreuses aventures au cours desquelles, ils utilisent des indices souvent très ténus grâce auxquels ils remontent logiquement à des faits dont ils ne pouvaient avoir aucune connaissance par ailleurs. Ils sont ainsi capables de décrire précisément un chameau qu'ils n'ont pas vu : « J'ai cru, seigneur, que le chameau était borgne, en ce que j'ai remarqué d'un côté que l'herbe était toute rongée, et beaucoup plus mauvaise que celle de l'autre, où il n'avait pas touché ; ce qui m'a fait croire qu'il n'avait qu'un œil, parce que, sans cela, il n'aurait jamais laissé la bonne pour manger la mauvaise ».
Walpole précise dans sa lettre que les jeunes princes font simplement preuve de sagacité, et que leurs découvertes sont purement fortuites.
[modifier] Vertu poétique du mot serendipity
Dans un essai remarqué publié en janvier 2004, La Peau de l'ombre, Joël Gayraud consacre un chapitre au terme serendipity, envisagé du point de vue, non de l'historien des sciences ou du scientifique lui-même, mais du poète et du philologue. Voici le passage : «Il est certains mots étrangers qui s'imposent à notre mémoire par leur seule vêture sonore, mais dont la signification continue de nous rester opaque, soit que nous ne parvenions pas à la fixer en nous, soit que nous n'entreprenions rien pour la rechercher. Ainsi en fut-il longtemps pour moi du mot anglais serendipity qui sonnait comme un composé bizarre de sérénité et de compassion. Des années durant, je conservai serendipity dans ma tête, me refusant d'en aller consulter le sens dans le dictionnaire, sans doute par crainte d'être déçu par une définition qui, en un brusque retour au principe de réalité, ruinerait tout le charme des syllabes étrangères. Mais il y a peu de temps, retrouvant ce mot dans un texte et ne pouvant parvenir à en deviner le sens, malgré le contexte et peut-être à cause d'un obscurcissement de l'esprit dû à ce charme même, j'ai dû me résoudre à recourir au dictionnaire. Quelle n'a pas été alors ma surprise de découvrir qu'il n'existe pas de terme français correspondant à serendipity et qu'il convient de le rendre selon le contexte par au moins deux périphrases : « découverte heureuse ou inattendue »; « don de faire des trouvailles ». Ce mot désigne donc aussi bien l'objet trouvé si cher aux surréalistes, que la faculté, par eux développée au plus haut point, de découvrir ces objets. Et la révélation de cette double signification sonna en moi comme une trouvaille qui en redoubla le charme phonétique et, déjouant mes craintes, échoua à l'effacer.» (Joël Gayraud, La Peau de l'ombre, p. 235; éditions José Corti, Paris, 2004.)
[modifier] L'usage en sciences
En 1878, une lectrice demande la signification de ce mot au rédacteur de la revue littéraire Notes and Queries, Edward Sollyle. Un ancien chimiste et bibliomane répond. Le mot sérendipité était alors employé par les documentalistes et les chimistes. Walter Cannon, physiologiste et professeur à la faculté de Médecine de Harvard, utilise ce mot en 1945 dans le chapitre Gains of serendipity de son livre The Way of the Investigator. Un autre américain, Robert Merton, lance le mot en sociologie des sciences en 1957. Pour lui, il s'agit de l'observation d'une anomalie stratégique qui n'a pas été anticipée, et qui peut être « à l'origine d'une nouvelle théorie ». Et, en 1959, Alex Osborn, l'inventeur du brainstorming, lui consacre un chapitre entier dans son livre L'Imagination constructive. Mais le mot passe inaperçu.
Le mot est attesté en français dès 1954 dans le Vocabulaire de la Psychologie d'Henri Piéron.
[modifier] Quel adjectif correspondant en français ?
L'anglais dispose de l'adjectif serendipitous, très courant. En français, on pourrait avoir « sérendipiteux » (une découverte sérendipiteuse), « sérendipitant » (proposé par Jean-Michel Briet) ou « sérendipien » (proposé par Sylvie Catellin du CNRS, une découverte sérendipienne). D'usage plus courant est l'adjectif fortuit, du latin fors, le hasard, d'où vient aussi le substantif fortune.
[modifier] La sérendipité : concept interdisciplinaire
Peu à peu, la sérendipité devient un concept éclairant dans de nombreuses disciplines : littérature, anthropologie, paléontologie, physique, chimie, économie, management, sciences cognitives, sociologie. Une branche de la sociologie, la sociologie de l'espace urbain, représentée par Arnaldo Bagnasco introduit la sérendipité dans son analyse. L'espace urbain fournit un cadre d'espacement social avec des interactions de communications. La sérendipité est le révélateur des synthèses personnelles et imprévisibles de lieux urbains. Elle est composée d'éléments qui ont l'apparence de l'antithèse et qui, en réalité correspondent à la révélation profonde de l'Homme, comme l'accessibilité et l'intimité, la ressemblance et la diversité.
[modifier] Définition de la sérendipité
En fait, la sérendipité est une découverte, provoquée par une attitude d'esprit, qui consiste à rebondir sur les conséquences d'une aventure, d'une rencontre, d'une recherche ou d'une expérience.
[modifier] L’happenstance : être là au bon moment
Bien souvent la sérendipité est donnée comme synonyme de la chance, de fortuité, de coïncidence ou de hasard. Par exemple, Ambroise Paré, médecin de guerre des troupes françaises au XVIe siècle, s'aperçoit durant le siège de Turin que les blessés par les coups de feu se rétablissent mieux lorsqu'on ne verse pas sur la plaie de l'huile de sureau ébouillantée. Or cette pratique était celle qui était préconisée jusqu'alors. Et cette découverte, il l'a faite précisément parce qu'il était à court d'huile de sureau.
Mais, associer la sérendipité au hasard ou à la surprise n'apporte rien à sa compréhension, sinon son côté pittoresque. Le hasard n’intervient qu’à titre mystificateur. La sérendipité est aussi l'œuvre de l'action humaine. Dans son approche moderne, et particulièrement dans les laboratoires, la notion de hasard a complètement disparu dans l'attribution des caractéristiques de la sérendipité, remplacée par la sérendipité expérimentale ou procédure d'essais et erreurs. Ainsi les travaux de Paul Ehrlich ou de Marie Curie sont considérés comme des recherches sérendipitantes. C'est leur ouverture à l’expérience, à la nouveauté, aux idées originales, différentes et inhabituelles qui leur ont apporté cette réussite.
Ehrlich testa un par un les composants arseniques organiques pour soigner la syphilis. Et il ne trouva la solution, "la balle magique", l'arsphénamine (Salvarsan), qu'au bout du 606e essais d'un travail titanesque. L'auteur Royston Roberts en conclut à la nécessaire séparation entre la sérendipité, qui garde sa partie de hasard, et la pseudo-sérendipité qui donne un résultat aléatoire à partir d'une démarche de recherche volontaire et organisée.
Certains auteurs comme Denrell, Fang et Winter introduisent la notion d'effort dans leur définition de la sérendipité. Or, bien que l'effort, le travail acharné et la ténacité peuvent certainement conduire à des résultats surprenants, il n'en demeure pas moins que la sérendipité apparait également sans effort physique prononcé. Par exemple, Galilée ou Newton était au bon endroit, au bon moment sans effort physique important.
Les anglo-saxons ont un terme précis pour cette « chance » et cette « surprise » de se retrouver au bon endroit au bon moment. Ils l'appellent l’happenstance. Florian Mantione illustre ce terme dans son livre "Mais qui se souvient d'Érostrate ?". Né en Tunisie puis émigré en France, Florian Mantione revient à Tunis quelques années plus tard en compagnie de sa famille. Là, il veut faire voir sa maison natale. Placé devant celle-ci, un homme se rapproche d'eux et lui demande : « Monsieur, est-ce que vous êtes à la recherche de vos souvenirs ? ». Par indices, il avait vu juste. À quatre jours de son anniversaire, il l'invita à manger chez lui car il s'agissait du nouveau propriétaire, Hédi Balegh. Homme bien connu en Tunisie : enseignant, écrivain, journaliste, animateur de télévision et professeur agrégé de français. Or, quelles que fussent ses qualités professionnelles, l'happenstance s'est réalisé dans ce cadre d'interaction sociale et cognitive parce qu'il y avait fusion de disponibilité, de convivialité et de chaleur humaine. Ces éléments là sont fortement porteurs en sérendipité.
[modifier] L’inflexion et la sagacité
Jean-Louis Swiners, spécialiste français de la sérendipité, présente ce concept sous l'angle du hasard malheureux et de l'inflexion dans la gestion de sa recherche. S'il insiste pour définir la sérendipité comme étroitement liée au malheur, cette notion sert plus à mettre en exergue les faveurs du résultat nouveau plutôt qu'à une appréciation objective de la découverte. La sérendipité est
- la compréhension instantanée et l'exploitation concomitante des conséquences heureuses et inattendues d'un concours imprévu de circonstances malheureuses.
Il reconnait à la sérendipité, la flexibilité mentale « à reconnaître immédiatement que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on cherchait et à abandonner son ancien objet de recherche pour se consacrer au nouveau ».
Cependant, la sérendipité n'est pas redevable à la simple incertitude ou au caractère accidentel et malheureux des circonstances. La sérendipité se manifeste parce qu'il y a un être humain doté de certaines qualités, dont la sagacité, le flair, la vigilance (alertness) et la perspicacité qui agit. On le nomme inventeur, aventurier, créateur ou traqueur d'indices. Il reconnait les anomalies, les différences, les inconsistances et les exceptions qui n'obéissent à aucune règle ou loi standard. Selon un dicton connu, « des milliers de gens avaient déjà vu tomber des pommes avant Isaac Newton et aucun n'en avait imaginé pour autant la gravitation universelle »[réf. nécessaire]. Selon Paul Valéry : « Il fallait être Newton pour apercevoir que la Lune tombe, quand tout le monde voit bien qu'elle ne tombe pas. »[2]. Faut-il en conclure au génie ou au divin ? Pas forcément comme l'atteste le poète Wilhelm Wilims (God speaks)
- All things are meaningless accidents, works of chance unless your marveling gaze, as it probes, connects and orders, makes them divine…
- Toutes les choses sont des accidents sans importance ou des fruits du hasard à moins que votre regard émerveillé qui les sonde, les connecte et les ordonne, ne les rende divins...
En science, il n'existe donc pas de hasard. Comme le déclare Yoshio Bando, créateur du nanothermomètre, « Seul un chercheur avec une expérience et une connaissance appropriées peut voir au travers d'un phénomène. La capacité du chercheur doit être jugée à sa capacité à voir au travers des choses. » (JAPAN NANONET BULLETIN - 18th Issue - 13 mai 2004) Comme le note, également la revue science en 1963, la sérendipité répond à un critère de méthode. "En général, le chercheur n'obtient guère plus de ses expérimentations que ce qu'il a pu y insérer par les moyens de la pensée, de la préparation, de la performance et de l'analyse. La sérendipité est un bonus pour le scientifique préparé et perceptif, ce n'est pas un substitut pour un travail acharné". Les personnes qui sont les plus expérimentées en sérendipité (sans le savoir bien souvent), sont celles qui font preuve de curiosité constructive et celles qui se sentent gênées face à un manque de compréhension d'un phénomène. Comme le rappelle le chercheur A. Storr, il faut se retrouver dans ces cas là dans l'inconfort de la dissonance cognitive. Tous les jours, nous sommes confrontés à une masse éparpillée d'informations. Le rôle du sérendipitant est de sélectionner parmi celles-ci celles qui sont les plus importantes et de les interpréter.
[modifier] La praxéologie et l'abduction
Certains chercheurs contestent à Horace Walpole la pertinence de ses exemples pour définir la sérendipité. Ils lui reprochent d'utiliser un raisonnement déductif similaire aux exploits littéraires de Sherlock Holmes. Dans sa lettre, Horace Walpole finit en déclarant, « un des plus remarquables exemples de la sagacité accidentelle provient du Lord Shaftsbury, qui, arrivant au diner du chancelier Lord Claredon, découvrit le mariage entre le duc de York et madame Hyde, en remarquant le respect que la belle-mère entretenait auprès de sa belle-fille ». Cet exemple est éloigné de la découverte par hasard aboutissant à la création d'un nouveau produit. Mais il est conforme à la sérendipité, dans la mesure où il repose sur un principe de découverte d'indices, procédé mental indispensable à la découverte. Thomas H Huxley parle, dans ce cadre de figure, d'un procédé littéraire et scientifique dénommé la prophétie rétrospective [3]
En fait, la sérendipité procède en trois temps. Dans un premier temps, elle procède d'un raisonnement praxéologique, c’est-à-dire d'une logique déductive. On ne peut comprendre la sérendipité que parce qu'elle émane de l'action de l'individu. C'est parce que l'être humain agit, fait des expériences, des rencontres, etc. qu'il aboutit à des conséquences ou à des résultats particuliers. L'être humain agit parce qu'il a un but, même si celui-ci se modifie en cours de route. La sérendipité nait de l'action. Peu importe d'ailleurs les raisons de la motivation. Pour certaines inventions, comme le Polaroid, l'origine de la motivation provient d'une réflexion de la fille d'Edwin Land. Âgée d'à peine plus de 3 ans, la petite fille demanda à son père pourquoi elle devait attendre plusieurs jours avant de voir le résultat de la photo prise par son père. L'inventeur piqué au vif se lança alors dans ses recherches. Sans cette petite fille, est-ce que le développement de la photo instantanée aurait émergé ?
L'observation, l'approche empirique ou l'inflexion de celui qui découvre la sérendipité procède de l'abduction, deuxième étape de la sérendipité. L'approche abductive conduit à émettre des hypothèses à partir de l’observation de faits singuliers. Le raisonnement inductif, lui, infère des lois à partir de l’observation répétée de faits expérimentaux. Or, la sérendipité intervient à son origine d'un cas unique. La reproduction peut être réalisée dans la mesure où le chercheur analyse tous les composants de la réalisation du phénomène. L’abduction, elle, recherche des causes, émet des hypothèses, à partir de l’observation de faits isolés et surprenants. Ce n’est que dans une phase ultérieure que l’on peut tester ces hypothèses, si cela est possible, et utiliser l’induction pour en déduire des lois, dans une démarche hypothético-déductive. La répétition rigoureuse d'une première observation, aléatoire, permet d'établir qu'il s'agit d'un fait réel, puis d'en étudier les mécanismes.
[modifier] L’économie de la sérendipité
[modifier] L’entrepreneur et la sérendipité
En 1997, l'économiste Daniel B. Klein, analyse la liberté d'entreprendre dans une société de marché à partir de l'article de 1950, d'Armen Alchian, bien que ce dernier n'ait pas traité directement de la théorie de l'entrepreneur. Selon ce dernier, les individus tendent à s'adapter de façon adéquate aux opportunités et les survivants sur le marché « apparaissent comme ceux qui se sont adaptés à l'environnement, alors que la vérité peut bien être que ce soit l'environnement qui les ait adoptés » Armen Alchian, 1950.
Armen Alchian utilise une métaphore balistique en expliquant que le succès ne s'explique pas par une théorie de convergence de la balle vers le centre de la cible. Le tireur couvre l'ensemble de la cible. Et, certaines balles se rapprochent plus que d'autres du centre. Les individus dans la société ont des comportements d'imitation, de risque aventureux, d'innovation, de curiosité, de créativité et d'aptitude d'essais et d'erreurs. C'est pourquoi, cette approche est qualifiée de rationalité évolutionniste car elle permet aux entrepreneurs de trouver la sérendipité, c’est-à-dire une solution meilleure que la précédente sans connaître la solution idéale au départ. Comme le définit Daniel B. Klein « La sérendipité est une découverte majeure qu'une personne ne recherchait pas, qui modifie sa propre interprétation de ce qu'il était en train de faire, et qui se révèle évidente au découvreur ». Il différencie la sérendipité, de l'épiphanie de l'économiste Israel Kirzner car elle n'est pas basée sur la vigilance (alertness) préalable ni sur l'intuition. Toutefois, c'est l'audace et le sens du risque qui font des entrepreneurs sérendipitants.
[modifier] De l’utilité de rebondir sur l’erreur
Comme Israel Kirzner, Armen Alchian analyse l'erreur comme bénéfique, car un grand nombre de pionniers et de leaders ont fait des découvertes en se trompant dans leur imitation. Et Daniel B. Klein ajoute, qu'il ne s'agit pas d'un phénomène particulier et rare dans nos sociétés. « Parce que la liberté économique presse les entrepreneurs à établir des contacts et à réaliser des expérimentations avec leur environnement, elle est la meilleure pour générer la sérendipité »." S'il est certain que nombres de découvertes et d'inventions se sont produites dans un contexte d'erreur, cet aspect ne reflète pas la même attention aujourd'hui. La façon de considérer l'erreur en didactique[4] ou dans la vie de tous les jours a fortement évolué au cours du temps. Auparavant, l'erreur était sanctionnée sévèrement. Elle était synonyme de non intelligence avec son revers de représentation négative. Aujourd'hui, les erreurs sont considérées comme des indices pour comprendre le processus d'apprentissage. Les enseignants les utilisent comme des marqueurs cognitifs afin de repérer les difficultés des élèves et leur faire comprendre leurs difficultés. En sérendipité, le chercheur peut facilement s'adonner à la production d'erreurs, rebondir sur ses expériences et découvrir quelque chose qui l’intéresse.
[modifier] La sérendipité managériale
Dévolue, dans un premier temps au monde des laboratoires, la sérendipité intéresse de plus en plus les économistes et les managers d'entreprise. Melissa Graebner explique comment il est important de comprendre le résultat des processus de concentration et de fusion-acquisition en mettant en valeur la sérendipité. Bien souvent, les économistes ont tendance à observer un rachat d'une entreprise du point de vue de l'acquéreur. Or, il suffit de se positionner du point de vue de l'acheté pour comprendre que cette organisation révèle des aspects attendus mais également inattendus. En effet, les firmes obtiennent des gains technologiques pour les rendre plus compétitives sur le marché mondial en achetant leurs rivales. Mais les managers acquis défendent leur autonomie tout en facilitant leur intégration. Ces leaders permettent à leurs organisations d'expérimenter simultanément deux formes de changements souvent conflictuelles : l'exploration et l'exploitation sérendipitantes. Autrement dit, lorsqu'une entreprise achète une autre, elle ne fusionne pas avec un clone ou une entreprise-bébé, elle incorpore dans son organisation des sources de découvertes sérendipitantes. Et, ce sont les entreprises acheteuses, en fonction de leur qualité à faire émerger des sources de sérendipité, qui réaliseront la meilleure plus-value.
Certains coachs utilisent la sérendipité dans un cadre de développement de la créativité. L'expression « L'exploitation créative de l'imprévu » provient de Jean-Louis Swiners, en avril 2005 dans un article de Automates intelligents. Il exprime cette faculté d’exploiter de manière positive, créative et féconde qu'ont de nombreux inventeurs.
La société de coaching yellowideas, d'un autre côté, insiste sur la méthodologie à adopter afin d'inviter la surprise au sein de l'entreprise. La référence à la sérendipité est d'ordre cognitif. Le décideur économique est constamment entouré d'opportunités. Or, la plupart de celles-ci sont ignorées. Le thomisme managérial qui consisterait à s'appuyer sur ce que l'on voit pour croire en son marché risque de laisser échapper les bonnes opportunités. Ces dernières existent même si on ne les voit pas toujours. L'humilité est la deuxième qualité d'un décideur sérendipiteux. En effet, d'importantes sources de progrès proviennent des erreurs et des imprévus. Mais, pour cela, il faut remettre en question les habitudes, les certitudes et les normes usuelles. Le troisième élément, la sérendipité ne prend pas de rendez vous avant d'intervenir dans l'entreprise. Elle est soudaine et imprévisible dans son mode et sur son lieu d'intervention. Être prêt à la recevoir sans avoir une date dans son agenda ni un lieu de rendez-vous est une qualité essentielle pour un management sérendipitant. Enfin, croire en une planification dans les moindres détails avec un chiffrage très précis et une stratégie rigide n'est pas compatible avec la sérendipité.
[modifier] La sérendipité en stratégie et en intelligence économique
D'après Yves-Michel Marti et Bruno Martinet(ca. 1995) in [5], la sérendipité est l'art de trouver la bonne information par hasard. En intelligence économique, « elle permet d'identifier les « points aveugles » d'une stratégie, ou les croyances non fondées mais communément acceptées, qui peuvent aider un concurrent ou un nouvel entrant à créer la rupture sur un marché.»
[modifier] La sérendipité organisationnelle
L'organisation n'exclut pas d'adopter un mode de gestion invitant la sérendipité dans nos entreprises. Pour cela, certaines sociétés établissent des règles afin de percevoir les attitudes à prendre face à la sérendipité. La bonne circulation de l'information dans les entreprises est un facteur déterminant de réussite pour celles-ci. Nathan Eagle met en valeur le “syndrome du silo ”, lorsque des employés de différents services tendent à garder secrètes certaines informations. Ceci mène à des occasions manquées ou à des inefficacités. La tendance actuelle mène les organisations à une meilleure sérendipité grâce à deux facteurs. Le premier est le changement de l'ordinateur de bureau à l'ordinateur portable. Le second est le développement des logiciels collaboratifs. Les nouvelles organisations dans les entreprises innovantes fondent les bases d'une rencontre réussie avec la sérendipité :
[modifier] 1) Le rôle du hasard ou de la 'pure chance'
Les entreprises construisent informatiquement des générateurs de rencontres aléatoires d'informations. L'auteur, Nathan Eagle, s'interroge sur la possibilité de planifier la sérendipité. Pourtant, certains chercheurs considèrent la sérendipité comme un bien économique rare. Par conséquent, il faut penser à sa production comme tout bien économique. L'obsolescence de la sérendipité est plus ou moins rapide en fonction des retombées économiques. Et, il est donc important de ne pas laisser pourrir le fruit de la sérendipité sur la vigne vierge. C'est pourquoi, la société DuPont a breveté un processus de création de sérendipité (un générateur de sérendipité), à partir d'une base de données, qui croisent sans cesse les technologies existantes et naissantes pour laisser apparaître des technologies qui peuvent s'adapter aux marchés économiques du moment.
Certains managers parlent de coïncidence, de contingence, d'autres de chance ou de hasard sans oublier la notion de foi. La nature joue, bien souvent son rôle (l'eau, le froid, le feu). Dans d'autres cas, la fatigue ou le manque de concentration du découvreur déclenche l'effet de sérendipité. Généralement, l'effet coïncidence est lié avec l'effet boomerang.
L'invention du Nutella est un effet de contingence en deux fois. Une première fois, les noisettes sont substituées au cacao, plus nombreuses dans sa région. La deuxième fois, l'inventeur bénéficie de la canicule qui fait fondre sa crème.
Si Francis Petit Smith ne casse pas l'hélice de bateau en faisant ses essais dans l'eau, il n'aurait pas, d'une certaine manière, déposé un tel brevet. La même chose pour le micro-ondes si Perry Spencer n'avait pas eu une barre de chocolat dans sa poche. Dans le domaine commercial, il n'est pas rare de surprendre une conversation dans les couloirs ou dans les revues donnant des informations intéressantes pour la sérendipité commerciale. Dans une bibliothèque, il arrive fréquemment de trouver un livre passionnant à proximité d'un livre recherché.
[modifier] 2) Le principe de Pasteur
Selon la phrase célèbre de Pasteur, « le hasard favorise l'esprit préparé ». Dans ce cas, les organisations facilitent la sérendipité en implémentant dans leurs systèmes informatiques, un profil d'utilisateur de référent. C'est ainsi que de nombreux sites internet offrent la possibilité à des utilisateurs novices de faire connaissances avec de nouveaux produits ou de nouveaux artistes grâce à la lecture de fiches d'autres utilisateurs plus aguerris qui servent de référents.
[modifier] 3) L’effet Merton
Le manager est attentif à ce qui lui semble anormal. Soit, parce que tous les éléments sont présents pour la réussite, mais rien ne fonctionne. Soit, dans le cadre de l'effet Merton, tout semble a priori aller vers un échec, pourtant les résultats sont positifs. Par exemple, un commercial n'a pas le look de l'emploi ou n'est pas à l'heure à ses rendez-vous. Pourtant il fait partie des meilleurs vendeurs. Quel est son truc ? Les anomalies et les exceptions lorsqu'elles sont remarquées servent de bases d'inflexion à la réflexion de nouvelles découvertes. Généralement, les organisations essaient de découvrir ces anomalies en implémentant dans leur système d'informations un processus graduel de similarité. Ce système va analyser par comparaison les niveaux de similitude (de 0 à 100%).
[modifier] 4) L'aptitude à la réactivité
De nombreuses organisations sont impuissantes lorsqu'une nouvelle donnée vient réformer leur schéma tactique. Seules celles qui ont mis en place un système de réactivité par l'apprentissage de leurs collaborateurs s'en sortent le mieux.
[modifier] a) L’effet rebond
Le manager est vigilant par rapport aux erreurs étonnantes ou aux accidents inexpliqués (Louis Pasteur, Arthur Fleming). Dans le domaine technico-marketing, la sérendipité part d'une erreur apparente technique dont la solution est d'ordre marketing. Par exemple, Arthur Fry de chez 3M s'interroge sur ce qu'il peut faire avec « une-colle-qui-ne-colle-pas », la réponse est le post-it.
L'effet rebond peut très bien s'accompagner d'une réussite première mais qui entraîne un autre effet positif. Cela exige d'être créatif face à l'imprévu et d'être flexible pour changer rapidement de cap (Pfizer se rend compte que son médicament pour soigner l'angine de poitrine est prometteur. Mais, le Viagra a des retombées financières plus importantes pour une autre application masculine). Dans le domaine commercial, la technique de la vente additionnelle est un exemple de sérendipidité positive avec effet de rebond. Le vendeur se sert de l'expérience positive récente pour entamer une nouvelle négociation commerciale.
Dans une certaine mesure, l'effet papillon ressemble à l'effet rebond. Sauf, que le deuxième y insère une part d'action humaine que le premier n'inclut pas forcément.
[modifier] b) L’effet boomerang
La sérendipité managériale exige dans certains cas que le décideur agisse ou de ne pas agir (ce qui est une action performative également). En écoutant ses collaborateurs, ses clients, ses fournisseurs et ses partenaires, le décideur se donne des éléments de veille informative. La sérendipité lui revient en écho. Comme l'explique Armen Alchian, ce ne sont pas les chefs d'entreprises qui visent le mieux la cible de marché qui réussissent, mais ceux qui se sont fait adopter par le marché.
[modifier] c) L'effet relais
Il arrive quelquefois que celui qui fait émerger la sérendipité à un plus large public ne soit pas celui qui l'a expérimenté. Il bénéficie de témoignages (cas de la vaccination de la variole), de révélations plus ou moins légendaires (cas de la quinine, bêtises de Cambrai, tarte Tatin) ou d'expérimentations non terminées (cas de l'oxygène avec Priestley et Lavoisier).
[modifier] La sérendipité en tant que process organisationnel
L'auteur, Miguel Pina E Cunha, construit son modèle de sérendipité organisationnel en mettant en valeur les points d'activation du processus de sérendipité. L'objectif est d'accroître les probabilités de découvertes. Celui-ci repose sur des conditions précipitantes : un heureux hasard temporel (temporal happenstance), un apprentissage actif et des relations. Le deuxième point repose sur une problématique : la solution à trouver et sur une méthode.
En tant que processus de créativité, la sérendipité s'associe très bien avec d'autres méthodes : le brainstorming d'Alex Osborn, la synectique de William Gordon, la pensée latérale d'Edward de Bono, la carte mentale de Tony Buzan, le « circept » ou concept circulaire de Michel Fustier, les flashs d'intuitions, les illuminations, l'analyse, l'improvisation, les démarches oniriques, l'identification, la relaxation hypnagogique, la méthode Triz qui propose, par comparaison ou benchmarking, de partir de ce qui a fonctionné ailleurs pour trouver une solution à son propre problème sans oublier les techniques projectives. Parmi les techniques projectives favorables à la sérendipité, on compte l'analogie (cas de la découverte du benzène) dont la bionique créative (transposition entre des phénomènes naturels et des mécanismes biologiques dans le monde industriel ou scientifique, cas du Velcro), l'analogie personnelle (par le questionnaire du portrait chinois), l'analogie symbolique (les métaphores) qui, outre leurs qualités heuristiques montrent des performances didactiques) et l'analogie morphologique de Fritz Zwicky avec les matrices de découvertes d'Abraham Moles. Souvent, les nouvelles inventions ne sont qu'une association de techniques déjà connues, qui intégrées l'une à l'autre en fait un nouveau produit. Le résultat d'une bissociation ou d'une multissociation, d'Arthur Koestler ou association forcée, en elle-même, n'est pas une sérendipité. C'est le processus qui peut nous permettre d'en connaître la nature séridipitante. Par exemple, le walkman est une bissociation entre un lecteur de musique et des écouteurs. L'action de l'ingénieur n'est pas un acte de sérendipité car il n'est pas surpris du résultat technologique. Par contre, le walkman est une sérendipité pour des raisons de communication et de marketing par l'effet Merton. Car, la majorité des journalistes et des observateurs économiques s'attendaient à un échec retentissant de cet alliage entre un lecteur musical avec des énormes écouteurs. Pourtant, ce fut un succès en raison même de l'échec annoncé. L'équipe marketing a tout fait pour convaincre de l'utilité du walkman en exagérant médiatiquement son usage. Ainsi, les publicitaires ont accentué à outrance la fonction mobilité de cet objet au point d'en faire un ustensile utilisable uniquement par les roller-skaters, hyperbole qui attira l'attention du grand public qui l'adopta massivement et rapidement.
Être là au bon endroit ou la synchronicité, comme la dénomme Carl Gustav Jung joue aussi favorablement pour la sérendipité. Autre élément positif, la sérendipité est le résultat de connexions et d'interactions sociales. Miguel Pina E Cunha cite l'exemple de Jes Olsen, dirigeant de la société Oticon au Danemark. Celui-ci cherchait une solution pour un microprocesseur qui soit suffisamment petit et puissant pour s'ajuster à l'intérieur de l'orifice auditif. En prenant un verre avec des amis, en ville, l'un d'entre eux lui donna une piste de recherche efficace. Il travaillait chez Microtronic, spécialisée en micro-mécanique, et il avait entendu parler d'une telle innovation au sein d'un laboratoire de recherche de son entreprise.
Comme le rappellent les chercheurs Nahapiet et Ghoshal, les rencontres ou les évènements sociaux impromptus développent le capital intellectuel et social d'une entreprise, ceci grâce à la sérendipité. Afin de faire germer la sérendipité, il est important de faire croiser les organisations et donc se faire rencontrer le personnel. L'étude des organisations les plus propices aux découvertes sérendipitantes sont celles où l'action facilite l'apprentissage et la découverte des membres de l'organisation. Comme la sérendipité ne peut pas être planifiée, les entreprises ne peuvent que créer les conditions favorables et vraisemblables à son émergence.
Selon la sociologie cognitive proactive (Albert Bandura, Austin) les organisations favorisent la chance lorsque les gens sont activement curieux (inquisitive), entreprenants (venturesome) et tenaces (persistent). Les structures trop fortement bureaucratiques inhibent la sérendipité. Selon les chercheurs Foster et Ford, l'interaction sociale entre des gens de différents types de connaissance peut être aussi nécessaire et facilitée par des relais (gatekeepers). La proximité physique, la création de moments de contacts entre des personnes aux spécialités différentes et des filtres relais efficaces facilitent les découvertes accidentelles. La compagnie aérienne Southwest Airlines, par exemple, a établi un programme "Mind the Gap" qui consiste dans la création d'équipes transfonctionnelles afin de développer l'esprit d'équipe et de renforcer les idées neuves.
L'humilité est une arme absolue dans la sérendipité, elle doit être poussée à son paroxysme. Car, le relais ou gatekeeper peut apparaître à tout moment. Une légende dans le monde des affaires présente l'histoire suivante. Les cadres marketing et commerciaux de la société Colgate Palmolive étaient réunis en séminaire spécial pour savoir comment accroître la vente des tubes de dentifrice. Plusieurs jours passèrent sans que d'idée géniale n'émerge. Puis, un soir, épuisé et désabusé, un responsable demande à la femme de ménage qui passait par là pour nettoyer les bureaux, à une heure où d'habitude plus personne ne la voit, ce qu'elle ferait, elle, à sa place. Et, là un grand tonnerre de sérendipité s'abattit. Vous n'avez qu'à élargir l'orifice d'ouverture ! Son idée permit de faire croître rapidement les ventes. En effet, les gens, habitués à une certaine pression sur le tube avait gardé leur geste quotidien et consommaient donc plus de dentifrice.
[modifier] La veille informationnelle par la sérendipité
[modifier] Le zapping
L'utilisation de la technologie, liée à la consommation des médias, est source de sérendipité : télécommande de la télévision, changement au hasard des stations de radio ou parcours de page en page sur internet. En 2005, trois chercheurs australiens, LEONG Tuck W, VETERE Frank et HOWARD Steve, ont fait une étude sur l'impact du shuffling, à partir du livre de J. McCarthy et P. Wright (Technology as Experience). Ils mettent en valeur la sérendipité et l'apprentissage qu'ont les individus à interagir avec la technologie. Certains fabricants comme Apple ont inséré dans leur produit (ipod), un procédé qui choisit au hasard des morceaux de musique sur une liste préétablie (bibliothèque musicale). Selon leur étude, le shuffling provoque chez les interviewés, l'impression de surprises auditives « comme dans une caverne d'Ali Baba ». Ces expériences ressenties reposent sur des aspects sensuels, émotionnels, de volition et d'imagination de dialogue. Ce procédé provoque ainsi plaisirs et dépendances car il met en relation le consommateur avec une découverte non anticipée et infinie.
[modifier] L’heure de l'ordinateur et de l’hypertexte
Avec le développement des T.I.C (Technologies de l'information et de la communication), la sérendipité a pris une dimension toute particulière dans la recherche documentaire actuelle sur ordinateur et particulièrement sur Internet. JF Smith en se basant sur les travaux de K. Merton invente le terme de « sérendipité systématique » lorsqu'un chercheur utilise la découverte de la connaissance à partir de l'outil informatique. Les chercheurs d'information n'hésitent pas à naviguer, voire à se perdre au sein des liens hypertextes pour trouver au hasard d'une page, au détour d'un lien, au cœur d'un nœud, une information leur étant utile… alors même qu'ils ne savaient pas qu'ils la cherchaient vraiment. Ainsi la notion de sérendipité prend ici tout son sens comme « Découverte, par chance ou par sagacité d'informations qu'on ne cherchait pas exactement ».
[modifier] La fugacité de la sérendipité
Le problème qui se pose alors est la gestion de cette sérendipité. Dans le domaine de la recherche documentaire, la sérendipité est encouragée. Jean-Michel Valette, documentaliste, justifie cette démarche car
- 'La grande route de la découverte emprunte parfois des chemins de traverse.'
Cependant, une des caractéristiques clé de la sérendipité est sa fugacité, il est quasiment impossible de retrouver le chemin qui a conduit à l'information sérendipienne (il nous reste à créer l'équivalent de l'adjectif anglais usuel serendipitous). Il faut l'enregistrer immédiatement et l'indexer en clair systématiquement.
[modifier] La prise de conscience du besoin d’information
André Tricot, spécialiste de psychologie cognitive, met en avant "la prise de conscience du besoin d'information". Il s'interroge sur les conditions et les facteurs qui poussent au besoin d'information. Pour que le processus de sérendipité se mette en place, il est nécessaire que l'acteur humain ait des connaissances préalables (méta-connaissances) et qu'il ressente une insatisfaction cognitive, c’est-à-dire qu'il doute sur le choix de sa décision. A. Fergusson, dans un article paru dans la revue Forbes en 1999, se réjouit de l'avancée des technologies, dont internet, fournissant de plus en plus d'informations. Toutefois, il met en garde sur les choix que tout individu doit réaliser. Le problème n'est pas tant ce que l'on cherche ou ce que l'on trouve mais la façon ou les chemins qui nous mènent à cette découverte. La recherche par sérendipité nous permet de prendre conscience des itinéraires pas nécessairement linéaires pour trouver une solution.
[modifier] Les vocations sociales et professionnelles par la sérendipité
Le sociologue Albert Bandura a analysé l'impact que peut avoir dans nos vies personnelles (privée et professionnelles) une rencontre particulière. Ces évènements ou accidents de la vie nous ouvrent de nouvelles voies ou nous rappellent des éléments importants qui président à une décision de changement de cap. Le cadre qui décide de tout plaquer pour vivre à la campagne, l'étudiant qui suit les cours d'un enseignant mentor sont des déclencheurs de sérendipité sociale et professionnelle.
Dans le domaine artistique et sportif, les exemples sont légions. Les footballeurs (Zinédine Zidane), les chanteurs, les comédiens etc. Le chercheur Díaz de Chumaceiro a rassemblé un nombre important de cas de sérendipité dans la carrière de comédiens ou de chanteurs d'opéra.
[modifier] Découvertes,inventions et vocations sérendipiennes
|
La pertinence du contenu de cet article est remise en cause.
Considérez le contenu de cet article avec précaution. Discutez-en ou améliorez-le !
|
La sérendipité remonte jusqu’à la création de l'humanité. La création du feu est-elle une découverte sérendipitienne ? Les témoignages ou les documents nous manquent pour l'attester. Mais, on suppose que oui, soit par l'observation de la foudre ou de l'entrechoquement de deux silex. Le pain et le vin (vinaigre de xérès, vin de madère, sont aussi caution à l'interrogation de découvertes sérendipiteuses. Sur tous les continents, le phénomène de la sérendipité est présent. Elle s'immisce là où on ne l'attend pas toujours.
[modifier] Les découvreurs
[modifier] Sur mer et sur terre
- L'Amérique, découverte par Christophe Colomb alors qu'il cherchait à rallier l'Inde.
- La ruée vers l'or : James Wilson Marshall, Charpentier, construit une scierie dans le Sierra Nevada en 1848 sur l'American River, à Coloma pour le compte de John Sutter. Le 24 janvier, il inspecte le cours d'eau au bord de son atelier. Il a soudain l'œil attiré par un scintillement au fond de la tranchée. Et, il déclenche, malgré lui, la ruée vers l'or de l'ouest américain.
- La découverte du plus vieil arbre sur terre, le WPN-114 ou "Prométhée" par Donald Currey
- La découverte, par Katy Paine, de la communication des éléphants par infrasons. Katy Paine, étudiante en biologie, chantait dans la chapelle de l'université de Cornwell. Alors qu'elle se trouve à côté de l'orgue, elle entend une vibration de l'air. Pourtant l'organiste vient de terminer de jouer. Plus les notes étaient basses, plus l'impression de vibration était courte. Par contre, plus les notes étaient aigues et plus les vibrations étaient longues. Elle comprend qu'elle ressent ce qu'elle ne peut pas entendre.
- Trente années plus tard, elle se trouve à côté des éléphants. Et, elle est surprise de retrouver les mêmes sensations kinésiques et auditives de sa jeunesse. Elle vient de découvrir la communication infrason des éléphants.
- Les cheminées hydrothermales en 2000 (Terrain hydrothermal de Lost City) par Kelley, Karson et Gretchen Früh-Green, engagés dans une expédition afin d'étudier comment la montagne Atlantis s'était formée et déformée depuis ces deux millions d'années. Le 4 décembre, à la fin de l'expédition, grâce à la caméra optique, ils observent une fracture dans le manteau rocheux, une cheminée hydrothermale.
[modifier] De l'espace : l’astronomie
- La découverte
- de (2) Pallas par Heinrich Olbers en 1802,
- des pulsars, par Jocelyn Bell et Antony Hewish en 1967,
- des lunes de Pluton,
- des anneaux d'Uranus,
- La théorie de la création par le Big Bang,
[modifier] Du passé : l’archéologie et la paléontologie
Les archéologues ont bénéficié, très souvent de la sérendipité pour découvrir des témoignages du passé : les barrages qui ont eu des effets inattendus, des lacs qui se sont asséchés, l'action des bombes, le creusement de tunnels par des enfants, le terrassement pour de nouvelles constructions, l'attention de promeneurs etc.
- La Vénus de Milo
- Les cavernes de la Florentine Valley, en Tasmanie découvertes en 1980
- La pierre de Rosette,
- Les manuscrits de la Mer Morte,
Le 29 novembre 1947, le Professeur A. Sukenik, spécialiste de paléographie judaïque à Jérusalem fait une annonce à propos d'une découverte archéologique exceptionnelle. Le même jour, l'ONU décide du partage de la Palestine entre Juifs et Arabes. Sans réelle connexion, le professeur A. Sukenik présente ce jour les Saints Manuscrits de la mer Morte, découverts fortuitement par deux jeunes Bédouins dans la région de Qumran (désert de Judée) quelques semaines auparavant. Dans de nombreuses grottes surplombant la mer Morte, les fouilles ont révélées près de 100'000 fragments de vieux textes juifs, répartis en 870 manuscrits différents, dont 220 sont des textes bibliques de l'Ancien Testament. Les plus récents de ces écrits daterait du IIIe siècle av. J.-C.. Outre les textes bibliques, de manuels ou de livres cantiques, les manuscrits présentent des extraits de l’Ancien testament. Le Livre d’Isaïe, le plus important des rouleaux découverts, relate l’histoire du peuple juif.
- Les ruines de Pompéi,
- Machu Picchu,
- L'homme de Néanderthal
- L'homme de la Ferrassie
Les premières découvertes au Grand Abri de La Ferrassie datent de 1895, suite au terrassement d'une route nationale (RN 12). Il faut attendre 1909, pour que Denis Peyrony découvre le premier squelette humain de La Ferrassie (Dordogne)
- Le site d'Aurignac
En 1852, un ouvrier agricole, Monsieur Bonnemaison occasionnellement carrier, à la recherche de cailloux pour empierrer la route, découvre une cavité dans le vallon de Rodes (ou Rhodes) à Aurignac. Il retire un os assez long en plongeant le bras dans l'orifice. Il soupçonne la présence d'une cavité souterraine. Il creuse alors dans le talus pendant plusieurs heures. Il découvre un certain nombre de squelettes humains. Le géologue Edouart Lartet, entreprend huit ans plus tard de montrer que cette découverte prouve l'existence de l'homme avant le déluge.
- La ville d’Herculanum est ensevelie par le Vésuve en 79. Ses ruines sont découvertes par hasard en 1709.
- Découverte des iguanodons de Bernissart, 1er avril 1878. Des mineurs à Bernissart en Belgique font la découverte de 29 squelettes d'iguanodons à 322 mètres de profondeur. Les reptiles dinosauriens sont en parfait état et mesurent près de 10 mètres de long. Ils sont exposés à l'Institut royal de sciences naturelles de Bruxelles.
- en 1887, les tablettes de Tell el-Amarna sont déterrées par un paysan en Égypte. Il découvre plusieurs centaines de tablettes portant des inscriptions cunéiformes. Il s’agit d’une correspondance vers 1360 avant JC entre Akhénaton et les dirigeants de la Syrie et de la Palestine ainsi qu’avec les rois de Babylone, d’Assyrie et du Mitanni.
- La découverte fortuite de Tanis en 1939 par Pierre Montet qui cherchait Pi-Ramsès (capitale de la XIXe dynastie égyptienne) et Avaris (capitale des Hyksôs). Cet événement fut occulté par le déclenchement de la seconde guerre mondiale et le souvenir du trésor de Toutânkhamon.
- Découverte de la grotte de Lascaux, le 12 septembre 1940. grâce à leur chien qui s'était engouffré dans un trou, quatre jeunes périgourdins découvrent la grotte de Lascaux près de Montignac. Stupéfaits de trouver des peintures sur les parois, ils alertent leur instituteur Léon Laval. Quelques jours plus tard, le préhistorien Henri Breuil atteste qu'il s'agit de peintures rupestres. Il baptise alors la grotte : "La chapelle Sixtine du Périgordien". Le 27 décembre 1940, le site est classé monument historique.
- Le 11 juillet 1975, 3000 statues de soldats sont découvertes en Chine par des paysans en creusant un puits. Il s'agit de la découverte d'un immense tombeau (20 000 m²) du premier empereur du pays Qin Shihuangdi près de Xi'an. Il contient les statues de plus de 6000 soldats et chevaux en terre cuite grandeur nature. Entamé en 221 avant Jésus-Christ, le chantier aurait duré 36 ans et près de 700 000 ouvriers y auraient travaillé. Les guerriers ont tous des visages différents et sont armés, disposés en ordre de bataille.
- Le 20 septembre 1991, deux grimpeurs allemands, Erika et Helmut Simon, découvrent "Otzi". C'est dans les Alpes italiennes, à 3 210 mètres d'altitude, qu'ils aperçoivent un bâton dépassant de la glace. Il s'agit d'un homme, vieux de plus de 5 300 ans et conservé par le froid. Cet ancêtre alpin, aurait mangé pour dernier repas du bouquetin et des céréales. Il est actuellement exposé au musée archéologique de Bozen en Italie. En septembre 2002, les chercheurs concluent qu'il n'avait pas été tué par le froid mais par une flèche.
- Le 18 décembre 1994, découverte de la grotte Chauvet. Jean-Marie Chauvet, Éliette Brunel et Christian Hillaire découvrent par hasard une grotte préhistorique sur le cirque d’Estre en Ardèche. La grotte est ornée de peintures du paléolithique et jonchée d’ossements animaliers.
- En 1997, découverte de Nécropolis. Jean-Yves Lempereur est appelé en renfort le 27 juin par le directeur des Musées et des sites archéologiques d'Alexandrie. La construction de l'autopont qui doit relier le port ouest de la ville à la route du Caire fournit cette découverte fortuite de la cité des morts d'Alexandrie. Le plan d'ensemble de la ville antique avec le tracé de ses artères apparaît alors, conforme à la trame des rues dessinée par Dinocrate de Rhodes, le premier architecte urbaniste.
- En 1991, le plongeur Henri Cosquer a découvert par hasard la grotte qui porte son nom dans les fonds sous-marins de Marseille.
- Découverte de l'astrolabe dit de Champlain. Il a été découvert par hasard, en août 1867, par un garçon dénommé Edward George Lee. Un vieux pin rouge est tombé dans un ruisseau. Le père du garçon avait tronçonné l'arbre en trois billots. Grâce à ses bœufs il tire sur un billot pour l'extirper de terre. Sa surprise est de découvrir un objet rond jaune avec des figures dessus, une arme, pointu à un bout et émoussé à l'autre bout.
- Une pyramide Maya (Chiapas, Mexique) est découverte par hasard en 1952 par l’archéologue A.R. Lhuillier.
[modifier] Les chimistes
[modifier] Des résultats fondamentaux
- La structure cyclique du benzène par le chimiste allemand Friedrich Kekulé von Stradonitz. Il eut l'intuition de la formule structurelle du benzène en imaginant des serpents dans le feu, où l'un d'entre eux formait un anneau en se mordant la queue. (cité par McKelvey, 2002).
- L’oxygène par Joseph Priestley.
- La découverte de l'iode par Bernard Courtois en 1811.
- L'électron hydraté. La découverte et l'analyse du rôle des fragments de courte vie, tel que l'électron hydraté ont permis une meilleure compréhension de la chimie radioactive. Cette découverte du "nouvel ion", on la doit à un chimiste, Edwin Hort, de la société Argonne, qui en 1963, en compagnie d'un collègue britannique réalisaient des expériences sur la raduiation pulsée de l'eau. À un moment donné, ils observèrent une bande d'absorption bleue sur le spectophotomètre, c'était la signature de l'électron hydraté.
- L'hélium-3 Superfluide par Osheroff.
- Le protonium.
[modifier] Les plastiques
Les polymères organiques artificiels furent utilisés depuis des siècles sous la forme de résine ou de Shellac. Léonard de Vinci fit même des expériences à ce niveau en recouvrant différentes matières naturelles ou manufacturées. À la fin du XIXe siècle, le caoutchouc naturel, tiré de l'arbre, l'hévéa sous la forme d'une substance appelée le scrap, était largement utilisé. Finalement, les inventeurs ont appris à améliorer les polymères naturels. Le caoutchouc naturel était sensible à la température, devenait collant et exhalait une odeur désagréable dans les fortes températures et devenait friable dans le froid.
- La vulcanisation du caoutchouc par l'américain Charles Goodyear. Par mégarde, il pose "un morceau de caoutchouc recouvert de fleur de soufre] sur un poêle à charbon. Le produit finit par s'enflammer". Dépité par sa maladresse, il jette le résultat par la fenêtre dans la neige. « Au matin, ramassant l'objet, il constate que le matériau possède une grande élasticité. » (Euréka, avril 1998, p.66). La vulcanisation consiste donc à cuire du caoutchouc avec du soufre. Par rapport au caoutchouc naturel, celui-ci est plus fort, plus résistant à l'abrasion, plus élastique, moins sensible à la température, imperméable aux gaz et fortement résistant aux produits chimiques et au courant électrique.
- Le Celluloïd. Un Anglais nommé Alexander Parkes, chimiste et métallurgiste, développa un « ivoire synthétique », la "pyroxline" en 1856, qu'il commercialisa sous le nom de "Parkesine". Celui-ci était fabriqué à partir de la cellulose traitée avec de l'acide citrique et un solvant. Le produit se durcissait en un matériau ressemblant à de l'ivoire qui était moulable lorsque chauffé. Afin d'atteindre une échelle suffisante pour abaisser ses coûts, Alexander Parkes devait construire une grande usine, ce qu'il n'arriva pas à réaliser. De plus, le matériau était fortement inflammable.
- De son côté, un imprimeur américain du nom de John Wesley Hyatt s'étant coupé un jour le doigt, ouvrit son armoire à pharmacie afin d'apposer du collodion (solution de nitrate de cellulose dans de l'éther et de l'alcool) pour refermer sa blessure. La bouteille s'était renversée mais il observa qu'un résidu solide restait après l'évaporation du solvant. Il choisit, avec son frère Isaiah, de continuer ses recherches avec le nouveau solvant sur le nitrate de cellulose. Par la suite, ils utilisèrent le camphre, obtenu à partir du camphrier.
- Puisque la cellulose était le composant principal, il appela la nouvelle synthèse le "celluloïd" en 1863. Son utilisation servit à fabriquer des produits comme les boules de billard, des peignes, des barrettes, des touches de piano, des empreintes de dents, des pellicules de films ou des vêtements. Le celluloïd était moins coûteux que ses concurrents directs comme l'ivoire naturel, la coque de tortue et les os.
- Le rayonne, développé à Paris en 1884 par Louis Marie Hilaire Bernigaut, comte de Chardonnet, qui cherchait une façon de fabriquer de la soie. Il étudia le ver à soie et fit l'hypothèse qu'il pouvait trouver une formule liquide afin de faire expulser la fibre au travers de petits orifices. Il fit étrangement la même découverte que Hyatt à propos du collodion, et l'utilisa comme base de ses premières fibres. Il fabriqua son premier vêtement en 1884 qu'il présenta à l'exposition de Paris en 1891. Il appela ce nouveau matériau le rayon en 1924.
- La bakélite. Leo Baekeland, chimiste à New York, commença à faire des expériences avec des réactions incluant du phénol et du formaldehyde. Il découvre rapidement que la condensation produit un résidu qui ne peut plus être enlevé des tubes à essais.
- Le nylon par Wallace Carothers et Julian Hill chez DuPont de Nemours en 1935.
- Le polyéthylène est un cas de coïncidence induite. Il fut synthétisé, « par accident », par un chimiste allemand Hans von Pechmann, en chauffant en 1898 du diazomethane. L'idée était de tester l'effet de la combinaison de la pression et de la température sur certains gaz. En utilisant, dans leur série d'investigations le gaz ethylène, comme dans le cadre de la découverte du Téflon, ils s'aperçoivent de la production d'un produit résiduel. Ses collègues Eugen Bamberger et Friedrich Tschirner ont analysé la substance blanche et cireuse, ils ont reconnu des longues chaînes -CH2- et la dénommèrent polyéthylène.
Ils n'avaient pas la moindre idée de la possibilité d'utilisation de ce déchet. Cependant, un jour, la sérendipité met en valeur ce nouveau polymère. J.N. Dean, un dirigeant de la société "British Telegraph Construction and Maintenance Company" a entendu parler de ce nouveau plastique polymère. Il le testa pour l'isolation des lignes téléphoniques. Le succès probant permit de renforcer les recherches sur ce produit.
- Les polymères conducteurs d'électricité (Polyacétylene)
Jusqu'en 1967, les matières plastiques étaient considérées comme des isolants. Un groupe de chercheurs japonais étudient la polymérisation de l'acétylène en plastique. C'est, au cours, d'une mauvaise manipulation, qu'un chercheur en formation se trompe dans les proportions de catalyseur. Il augmente de 1000 fois la dose idéale. Cependant, il obtient un film à reflets métalliques, de couleur argenté et brillant. Il a l'apparence du métal mais il n'est pas encore conducteur de l'électricité. Toutefois, cette sérendipité rapporta le prix Nobel de Chimie en 2000. Car, dix plus tard, la collaboration entre le physicien Alan Heeger et les chimistes MacDiarmid et Hideki Shirakawa, ont conduit à des expériences d'oxydation du film en utilisant la vapeur de diiode. À ce moment là, ce nouveau plastique est conducteur d'électricité.
- Le caoutchouc synthétique : le néoprène par Collins et le Thiokol par Patrick.
- Le polypropylène crystalline par J.Paul Hogan et Robert L. Banks en 1951.
[modifier] La chimie organique
- La synthèse chimique de l'Urée par Friedrich Woehler.
- Les composés organometalliques par Edward Frankland
- Les composés carbonyle-métaux tels que Ni(CO)4 découverts par Ludwig Mond
[modifier] La chimie naturelle
- Découverte du 'Diatomaceous Earth', insecticide d'origine biologique.
[modifier] Les colorants et les teintures chimiques
- La mauvéine en 1856 par William Perkin. En 1845, la reine Victoria visite l'Allemagne. Le prince invite le scientifique August Hofmann à venir à Londres. Quelques années plus tard, donc, en 1856, August Hofmann demande à un jeune étudiant de 18 ans, William Perkin]de synthétiser la quinine par le procédé de l'oxydation d'aniline. Mais, il découvre la mauvéine, une nouvelle teinture qui trouve un franc succès auprès de la reine et de la cour d'Angleterre. La mode de couleur des vêtements de la cour royale devient cette année-là le mauve.
- L'indigo en 1897 par Sapper
- Le bleu monastral A.G. Dandridge en 1928 en Écosse.
[modifier] Les physiciens
[modifier] Les classiques
- La poussée d'Archimède.
- Le traité du centre de gravité des corps solides et l'invention de la balance hydrostatique par Galilée. Selon la légende, c'est dans la cathédrale de Pise, à l'âge de 19 ans, que Galilée aurait été surpris par l'oscillation d'une lampe accrochée au plafond. En calculant grâce au battement de son cœur, il remarqua que les séquences d'oscillations étaient de durée égale, quelle que soit l'amplitude. Ainsi, il découvrit la nature isochrone du pendule, qu'il vérifia par la suite par des expériences.
- La loi de la gravitation universelle par Isaac Newton
- Le principe de la puissance de la vapeur. L'Écossais James Watt découvrit la force de la vapeur alors qu'il attendait son thé. Il vit la bouilloire d'eau s'ébrouer alors qu'elle chauffait et le clapet du couvercle se levait et se refermait à grande vitesse. Même si ce n'est pas lui qui a inventé le moteur à vapeur, il a amélioré la puissance du prototype, ce qui donnera l'élan vital à la révolution industrielle.
[modifier] La physique nucléaire
- Les rayons X par Wilhelm Röntgen. Il découvre lors de ses expériences sur les propriétés de faisceaux d'électrons, à l’université de Wurtzbourg (Allemagne), qu'un tube de Crookes émet un rayonnement. Röngten les baptise : « rayons X ». Ils ont le pouvoir de traverser un papier opaque enveloppant le tube de Crookes et font scintiller un écran fluorescent situé sur une table voisine. En éclairant la main de son épouse par ses rayons, il observe en arrière plan, l'image nette de ses os et de son alliance. Ainsi, les rayons X traversent la peau et la chair sans dommage, mais ils sont arrêtés par les os et le métal.
- La radioactivité par Henri Becquerel. Suite à la découverte de Wilhelm Röntgen, Henri Becquerel effectue des recherches sur les liens entre rayons X et fluorescence. Il dépose du sel phosphorescent d'uranium sur des plaques photographiques enveloppées dans du papier noir. Un jour où Paris est ensoleillé, il expose le tout à la lumière. En développant les plaques, il remarque l'image des cristaux de sel d'uranium. Il pense que cela est dû aux rayons X de Röntgen. Il fait la déduction que l'énergie solaire est absorbée par l'uranium avant d'être réémise sous forme de rayons X. Il recommence ses expériences. Mais, le ciel parisien est couvert. Il interrompt ses essais et range ses plaques photographiques imprégnées de sel d'uranium dans un placard. Quelques jours plus tard, le ciel est bleu. Becquerel choisit de sortir ses plaques. Là, il est surpris car il voit que les plaques ne sont plus vierges. Il distingue même l'image négative d'une croix de cuivre qui se trouvait entre l'uranium et l'une des plaques photographiques. Il en conclut qu'en l'absence de source d'énergie extérieure (comme le soleil), une substance inerte se montre capable d'émettre des rayons qui traversent le papier mais sont arrêtés par le métal. Henri Becquerel découvre donc la radioactivité, c'est-à-dire l'émission spontanée de radiation par un matériau.
- La radioactivité artificielle. Les époux Joliot-Curie (Frédéric Joliot-Curie et Irène Joliot-Curie) étudiaient la réaction de l'aluminium avec des particules alpha. Ils remarquèrent que la cible d'aluminium continuait à émettre des radiations même quand la source des particules était enlevée.
- Le noyau atomique par Ernest Rutherford
- Le rayonnement fossile ou rayonnement thermique cosmologique, par Arno Penzias et Robert Woodrow Wilson en 1965.
- Le neutron par James Chadwick [6] en 1932. Il tentait d'étudier les lois physiques de l'interaction entre des particules alpha sur le beryllium. Il nota qu'un rayon gamma « dur » accompagnait la réaction. En explorant le sujet un peu plus, il trouva qu'il n'avait pas à faire à des rayons gamma mais à des neutrons.
- Le baryum par la fission d'uranium par Otto Hahn et Fritz Strassmann en 1939. Quelques années plus tôt, Enrico Fermi et son équipe ont irradié de l'uranium avec des neutrons et pensaient avoir trouvé des éléments transuranic. Reprenant ces travaux Otto Hahn et Fritz Strassmann pensaient que cela devait être du radium. Une première étape dans l'isolation du radium est la coprécipitation du radium et du sel de baryum. Plus tard, la mixture est recrystallisé et les deux éléments peuvent être séparés. Mais dans les produits provenant de l'uranium la radioactivité précipitée avec le baryum ne pouvait plus être séparée de celle-ci. Ils avaient donc produit du baryum à partir de l'uranium. C'est en se posant une question de départ : est-ce que le radium est un produit d'irradiation de l'uranium ? qu'ils ont créé un ensemble appropriés d'expériences pour répondre à cette problématique. C'est l'observation qui leur a donné raison de rebondir sur la réponse négative et de continuer leur juste démarche.
[modifier] La nanotechnologie
- Les Fullerènes
- Le nanothermomètre carbone par Yoshio Bando de 85 nm de diamètre qui s'étend en proportion de la température. C'est en étudiant les nanotubes, formes de fullèrenes qu'il a découvert sans intention de le faire initialement ce phénomène[7].
- En 1987, cinq années après avoir observé les fullerènes ou C60, mais sans en comprendre véritablement la portée scientifique, Sumio Iijima reprend son observation. Il observe une forme d'épingle générée par la décharge des arcs d'électrode utilisés pour synthétiser le C60. Il nomme ce matériau le « nanotube carbone ».
[modifier] Les autres découvertes
- L'électromagnétisme par Hans Christian Oersted
- L'infrarouge en 1800 par William Herschel
[modifier] Les médecins et les pharmaciens
William Reeves, spécialiste en épidémiologie et en virologie, explique comment, en assistant à un film dans un cinéma, il eut l'idée de marquer les moustiques avec une poudre fluorescente pour étudier leur nombre; leur durée de vie et leurs mouvements. Au cours du film, en effet, un inspecteur enquêtait sur un vol de caisse dans un magasin. Il avait rempli la caisse avec de la poudre. Puis, au moment de l'effraction de la caisse, il demanda à chaque employé de mettre leurs mains sous une lampe fluorescente. Il dévoila facilement le voleur au sein du personnel. Aussi, surprenant que cela puisse paraître le septième art s'est révélé l'élément de sérendipité pour la découverte de nombreux virus sur la planète.
William Harvey, médecin anglais du XVIIe siècle a établi une analogie entre la circulation sanguine et l'irrigation des canaux à partir de son observation fortuite du fonctionnement du drainage de l'eau dans les canaux hollandais à son époque. Le rôle du cœur dans la circulation sanguine est conçu par analogie avec l'utilisation des pompes pour capter et refouler l'eau dans les canaux.
À la fin des années 40, Christopher Polge et ses collègues de l'Université de Cambridge découvrirent accidentellement les capacités protectrices du glycérol quand ils ont utilisé des bouteilles chimiques dont les étiquettes ne correspondaient pas avec leur contenu. Cette découverte accidentelle leur permit de cryogénéiser les spermatozoïdes des poulets et du bétail.
Deux professeurs de physiologie au Collège de France, François Magendie et son étudiant Claude Bernard sont considérés comme les pères de la pharmacologie. Ils utilisèrent un emetic extrait de l'ipecacuanha afin de comprendre les mécanismes du vomissement, pratique médicale courante à l'époque. Claude Bernard étudia les effets du curare sur le système nerveux. Ceci lui permit de découvrir que les systèmes moteurs et sensoriels fonctionnent de façon indépendante.
[modifier] La pharmacologie botanique
L'extraction de produits naturels
- Découverte de la digitaline en 1785, contenue dans les feuilles de digitales, par William Withering (1741-1799), médecin et botaniste britannique.
- La quinine par George Cleghorn (1716 - 1794), chirurgien de l'armée, découvrit que l'écorce de quinine soignait la malaria. Entre 1820 et 1840, les scientifiques ont isolé des centaines d'alcaloïdes et autres éléments chimiques à partir de plantes. Ils ont évalué leurs propriétés physiques. Les français Pierre Jo