Affect

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L'affect correspond à tout état affectif, pénible ou agréable, vague ou qualifié, qu'il se présente sous la forme d'une décharge massive ou d'un état général. L'affect désigne donc un ensemble de mécanismes psychologiques qui influencent le comportement. On l'oppose souvent à l'intellect.

En philosophie[modifier | modifier le code]

En grec pathos, désigne ici les perceptions et les émotions provoquées par le monde extérieur, seules réalités crédibles selon le scepticisme : Le sceptique donne son assentiment aux affects qui s'imposent à lui à travers une impression ; par exemple, il ne dira pas, alors qu'il a chaud ou qu'il a froid, « il me semble que je n'ai pas chaud ou que je n'ai pas froid » (Sextus Empiricus, Esquisses pyrrhoniennes - I, 13).

En latin, affectus désigne traditionnellement un état de l'âme, un sentiment. Selon Spinoza, (Éthique III, définition III), il s'agit plus précisément d'une modification du milieu ( une cause extérieure ) qui influe par les sens, le corps en même temps que dans le mental (mens), modification par laquelle ma puissance d'agir est augmentée ou diminuée. Ainsi une modification ou affection (affectio) me laissant indifférent n'est pas un affect au sens de affectus. Les affects "déterminent" donc les individus, ce qui est la base de la philosophie spinoziste, qui tend à se libérer des affect "tristes" (diminuant notre puissance d'agir ), en les transformant en affects positifs (augmentant notre puissance d'agir) par la connaissance des rapport de causalité du déterminisme des affects sur l'esprit. Spinoza dénonce ce que nous appellons "libre arbitre" disant que nous ignorons les causes qui déterminent nos actes et nos pensées, et lui oppose la "libre nécessité", qui se comprend comme la compréhension de sa place dans l'ordre universel du monde. L'Homme pourrait alors sortir de l'illusion d'être "un empire dans un empire", s'imaginant comme au-dessus des rapports de causalité en action dans la nature, dans le Tout, ce que Spinoza appelle Dieu.

Martin Heidegger emploie très souvent le terme affect pour signifier la disposition [1].

En sciences cognitives[modifier | modifier le code]

À l'origine des sciences cognitives et notamment en psychologie, le domaine de l'affectivité a souvent été opposé à la cognition entendue comme les capacités de raisonnement rationnel. Mais les progrès dans l'étude des comportements humain et animaux ont remis en cause cette dichotomie trop simpliste. Il est en effet apparu que dans bien des cas, les processus affectifs contribuaient de façon positive à l'adaptation de l'individu à son milieu et faisaient donc partie intégrante de sa cognition. On est donc venu à parler d'une cognition chaude qui repose à la fois sur la pensée rationnelle et sur les processus émotionnels en l'opposant à la cognition froide qui inspira les premiers travaux en intelligence artificielle, basées sur la métaphore du cerveau-ordinateur qui cherchait à modéliser la pensée humaine comme le résultat d'un pur calcul rationnel, l'affect n'étant vu que comme un dysfonctionnement de ce système.

À la fin du XXe siècle, au sein des sciences cognitives, on a vu émerger un nouveau champ scientifique baptisé les sciences affectives dont l'objectif affiché est de comprendre à la fois les mécanismes sous-jacents à l'affect mais aussi comment l'affect et les émotions contribuent au comportement et à la pensée.

En psychanalyse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affect (psychanalyse).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article Affect dans Le Dictionnaire Martin Heidegger, p. 35

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]