Soi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article homophone, voir SOI.

Soi se rapporte à « on » comme « moi » se rapporte à « je » :

«  il indique un rapport du sujet avec lui-même[1] »

  • Appliqué à la personne humaine le terme soi renvoie à l'individu, à la distinction de celui-ci, ou à la conscience qu'il peut avoir de lui-même.
  • Appliqué à un objet quelconque, le terme soi renvoie à la chose en soi, et au questionnement sur son existence propre, indépendamment de la conscience que l'on peut en avoir.
  • Appliqué à la totalité de ce qui est, le terme soi renvoie au spirituel, à un concept lié au divin.

Linguistique[modifier | modifier le code]

Étymologiquement le mot soi dérive du latin Sei[2].

Grammaticalement le mot est généralement utilisé comme le pronom réfléchi de la troisième personne indéfinie. Il peut aussi être employé comme un nom, « le soi », quand il se rapporte à l'individualité. On le rencontre comme substantif, « en soi », pour renvoyer à l'existence, à "ce qui est". Enfin, il se trouve différencié par une majuscule, « Soi », quand il traduit une notion plus spirituelle, en particulier en traduction de notions de la philosophie indienne.

Sens psychologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (psychologie).

En psychologie, le soi est une notion importante issue de la psychanalyse. Créée par Carl Gustav Jung dans les années 1910 en psychologie analytique, la notion rejoint celle de sujet dans la psychanalyse freudienne. Quant au petit soi de l'enfance, il est développé et étudié par Michael Fordham avec le soi primaire et par Donald Winnicott avec le vrai et le faux self (psychanalyse).

Ce sens est né de concepts antérieurs notamment philosophiques.

Sens philosophique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (philosophie).

En philosophie, si le soi était déjà étudié sous l'angle de la Conscience de soi au XIXe siècle, dans le XXe siècle le terme renvoie plutôt à des questionnements liées à l'Existentialisme qui traite du principe d'existence de l'individualité de l'homme.

Pour la scolastique la qualité du soi a été étudiée sous le terme de Seité dans par opposition à l'aséité ou quidité. Kant distingue la Chose en soi qu'il fait synonyme de noumène. Il défend une existence propre indépendamment de ce qui peut en être perçu. Sartre expose une comparaison dans L'Être et le Néant : « l'homme existe pour lui-même, il doit lui même donner un sens à sa vie en s'imaginant dans le futur, il se distingue ainsi des objets qui n'existent qu'en eux-mêmes[3] ». Pour-soi et en-soi sont, donc, deux expressions ontologiques, une de l'homme en son existentialité, l'autre des choses de la nature.

Sens spirituel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (spiritualité).

Dans l'exploration spirituelle, c'est un sujet central où « Soi » peut renvoyer à l'expression de Dieu selon maître Eckhart par exemple, mais aussi du Tao, ou de Brahman ou encore de l'Ātman dans la philosophie hindoue reprise en psychologie par Carl Gustav Jung.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le soi renvoie (...) précisément au sujet il indique un rapport du sujet avec lui-même » : Jean Paul Sartre, citation utilisée pour définir le mot soi dans le dictionnaire Le Robert (le nouveau petit Le Robert, édition 1996)
  2. Voir définitions lexicographiques et étymologiques de « soi » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  3. Fiche de lecture de Françoise Cabané : (source : esquisse d'une théorie des émotions)