Dissonance cognitive

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

En psychologie sociale, la dissonance cognitive est la simultanéité de cognitions qui entraînent un inconfort mental en raison de leur caractère inconciliable ; ou l'expérience d'une contradiction entre une cognition et une action. Dans sa théorie de la dissonance cognitive, Leon Festinger étudie les stratégies de réduction de la tension psychologique induite et de maintien de leur cohérence personnelle, y compris des stratégies d'évitement des circonstances identifiées comme source de dissonance.

Relations entre les cognitions[modifier | modifier le code]

Trois sortes de relations sont possibles entre deux cognitions ou entre une cognition et un comportement [1]:

  • Relation consonante : cas de deux cognitions ou actions cohérentes l'une avec l'autre ; par exemple, ne pas vouloir s'enivrer pendant une soirée et demander de l'eau à la place d'une boisson alcoolisée.
  • Relation non pertinente : cas de deux cognitions ou actions qui ne sont pas reliées ; par exemple, avoir l'intention de ne pas consommer d'alcool dans une soirée et lacer ses chaussures.
  • Relation dissonante : cas de deux cognitions ou actions qui sont incompatibles ; par exemple, ne pas vouloir s'enivrer tout en consommant six doses de tequila.

Ampleur de la dissonance[modifier | modifier le code]

L'ampleur de la dissonance cognitive ou de la tension subie dépend de deux facteurs :

  1. L'importance des cognitions pour le sujet : plus ces cognitions seront liées aux valeurs essentielles du sujet, plus la dissonance sera ample.
  2. La proportion des cognitions dissonantes : plus elles seront nombreuses par rapport aux cognitions consonantes, plus la dissonance sera ample.

L'effort pour réduire la dissonance est proportionnel à son ampleur[1].

Diminution de la dissonance[modifier | modifier le code]

La théorie de la dissonance cognitive repose sur l'hypothèse que les individus cherchent une cohérence entre leurs attentes et leur vie effective. Participe à cet effort la recherche d'une diminution de la dissonance par un rapprochement des cognitions et des actions. Cet ajustement permet une diminution de la tension psychologique et du désarroi. Selon Festinger, la diminution de la dissonance peut être obtenue de trois manières, qu'il illustre par l'exemple de la dissonance entre les attitudes et comportements suivants[1] :

  • Attitude : « Je vais commencer un régime et je dois éviter les aliments gras ».
  • Comportement : manger un beignet ou un autre aliment gras.
    1. Changement du comportement/de la cognition et respect de l'attitude. Par exemple : arrêter de manger des beignets.
    2. Justifier un comportement/une cognition en aménageant la cognition conflictuelle. Par exemple : « Je suis autorisé à tricher de temps en temps ».
    3. Justifier son comportement/sa cognition en ajoutant de nouvelles cognitions. Par exemple : « Je ferai 30 minutes de plus à la gym, pour compenser ».

Paradigmes majeurs des études[modifier | modifier le code]

La plupart des recherches sur la dissonance cognitive a pour cadre un paradigme majeur, de quatre sortes. Les recherches motivées par la théorie se sont intéressées aux conséquences de l'exposition à une information incompatible avec une croyance antérieure ; à ce qui arrive quand des individus agissent de façon non cohérente avec leurs attitudes antérieures ; aux décisions prises par des individus par rapport aux dissonances qu'ils vivent ; aux efforts fournis dans le processus.

Paradigme de l'infirmation des croyances[modifier | modifier le code]

La dissonance survient quand les personnes sont confrontées à une information qui n'est pas cohérente avec leurs croyances. Si la dissonance n'est pas réduite en changeant sa propre croyance, elle peut avoir pour effet la restauration de la cohérence au moyen d'une perception erronée de cette information non cohérente, du rejet ou de la réfutation de cette information, en recherchant le soutien d'autres personnes qui partagent les mêmes croyances, et en tentant d'en persuader les autres[2].

Une première version de la théorie de la dissonance cognitive apparaît dans le livre de Leon Festinger de 1956 L'Échec d'une prophétie qui raconte le renforcement de la croyance des adeptes d'un culte après l'échec d'une prophétie d'un atterrissage d'ovni imminent : ils se réunirent à un endroit et un moment convenus dans la certitude qu'ils seraient, dans ces conditions, les seuls à survivre à la destruction de la terre, mais il ne se passa rien d'exceptionnel. Ils se sont trouvés confrontés à une forte dissonance cognitive et réduits à des conjectures : Ont-ils été victimes d'une rumeur ? Ont-ils donné leurs possessions terrestres en vain ? Etc. La plupart a choisi de croire quelque chose de moins dissonant pour assimiler le fait que la réalité ne concordait pas avec leurs attentes. Ils imaginèrent que les extraterrestres avaient donné à la terre une seconde chance et que le groupe était maintenant rendu plus fort pour répandre l'idée que la destruction de la planète devait s'arrêter. Le groupe a augmenté de façon spectaculaire son prosélytisme en dépit du fait que la prophétie ait échouée[3].

Paradigme de la soumission induite[modifier | modifier le code]

En 1959, Festinger et Carlsmith ont demandé à des étudiants de perdre une heure à des tâches ennuyeuses comme tourner des chevilles en bois d'un quart de tour, encore et encore, choisies pour générer une attitude fortement négative. Une fois, cette tâche effectuée, les expérimentateurs demandèrent à certains d'entre-eux une simple faveur : parler à un autre participant (en fait un acteur) pour le persuader que la tâche était intéressante. Les participants étaient de trois types : certains étaient payés avec l'équivalent de 20 $ (l'équivalent de 160 $ actuels) pour ce service ; un autre groupe était payé seulement 1 $ (l'équivalent de 8 $ actuels) et la faveur n'était pas demandé au 3e groupe, le groupe contrôle.

Quand on demanda aux groupes d'évaluer les tâches effectuées (hors de la présence des autres participants), les sujets du groupe payé 1 $ avaient noté le test de manière plus positive (moins ennuyeuse) que ceux du groupe payé 20 $ ou du groupe contrôle. Ceci a été expliqué par Festinger et Carlsmith comme une preuve de la dissonance entre des cognitions incompatibles : "J'ai dit à quelqu'un que la tâche était intéressante." et "J'ai trouvé en fait cette tâche ennuyeuse". Quand ils étaient payés seulement 1 $, les étudiants se sentaient obligés d'être un peu en accord avec ce qu'ils avaient dit aux autres participants sur le test, car ils ne se trouvaient pas d'autre justification pour avoir agi de la sorte. Ceux qui étaient dans la situation 20 $, cependant, avaient une justification externe évidente de leur comportement et ont ainsi ressenti moins de dissonance[4].

Dans des expériences ultérieures, une autre façon d'induire des dissonances est devenue commune. Dans ce cadre, les expérimentateurs faisaient écrire aux participants des essais qui exprimaient des opinions contraires aux leurs. Les personnes étaient rémunérées par des sommes différentes (par exemple 1 $ ou 10 $). Les personnes moins rémunérées avaient moins de justifications externes du manque de cohérence avec leurs opinions habituelles, et elles devaient chercher une justification interne pour diminuer le haut degré de dissonance qu'elles ressentaient.

Une variante du paradigme de la soumission induite est le paradigme du jouet interdit. Une expérience d'Aronson et Carlsmith en 1963 a examiné l'auto-justification chez les enfants[5]. Dans cette expérience, les enfants étaient laissés dans une pièce avec différents objets, notamment une pelleteuse très attirante (ou un autre jouet), après qu'on ait expliqué à la moitié des enfants qu'ils seraient sévèrement punis s'ils jouaient avec le jouet en question et à l'autre moitié que ce serait une punition légère. Aucun des enfants dans l'étude n'a finalement utilisé le jouet[5]. Ensuite, quand on annonça aux enfants qu'ils pouvaient jouer avec ce qu'ils voulaient, les enfants qu'on avait menacés faiblement utilisèrent moins le jouet. Le degré de punition en lui-même n'était pas suffisamment fort, c'est pourquoi les enfants devaient se convaincre eux-mêmes que ce jouet n'était pas intéressant afin de résoudre la situation de dissonance cognitive entre l'attractivité et la faible menace[5].

Une étude de 2012 qui utilisait une version du paradigme du jouet interdit montra que diffuser de la musique réduisait la dissonance cognitive[6]. En l'absence de fond sonore musical, on disait au groupe contrôle des enfants de quatre ans d'éviter de jouer avec un jouet particulier. Après avoir joué tout seuls, les enfants ont dévalorisé plus tard le jouet interdit dans leur classement, ce qui est similaire à ce qui avait été trouvé dans les études précédentes. Cependant, dans le groupe jouant avec un fond sonore, les enfants n'ont pas dévalorisé ce jouet ensuite. Les chercheurs conclurent que la musique pourrait inhiber les cognitions, d'où une diminution de la dissonance[6]. La musique n'est pas le seul cas de facteur capable de diminuer la dissonance post-décisionnnelle. Une étude de 2010 a montré que le fait de se laver les mains avait le même effet[7].

Paradigme du libre choix[modifier | modifier le code]

Dans un autre type d'expérience mené par Jack Brehm, 225 étudiantes sont chargées d'évaluer une série d'appareils courants. Elles sont ensuite invitées à choisir un appareil parmi deux proposés et autorisées à l'emporter chez elles comme cadeau. Dans un deuxième temps, on procède à de nouvelles évaluations et on constate que les participantes augmentent le score de l'objet qu'elles ont choisi et diminuent celui de l'objet rejeté[8].

Ceci peut être expliqué en termes de dissonance cognitive. Quand on doit prendre une décision difficile, il y a toujours des aspects de l'option rejetée que l'on trouvait plaisants et ces caractéristiques sont dissonantes avec le fait d'avoir choisi autre chose. En d'autres termes, la cognition « J'ai choisi X » est dissonante avec la cognition « Il y a des choses qui me plaisent dans Y ». Des recherches plus récentes ont abouti à des résultats semblables avec des enfants de 4 ans et des singes capucins[9].

En plus des délibérations internes, la structuration des décisions parmi d'autres individus pourraient jouer un rôle dans les manières d'agir du sujet. Des chercheurs dans une étude de 2010 examinèrent les préférences sociales et les normes relativement à un salaire donné de manière linéaire à trois individus. Les actions du premier participant influencèrent le don du salaire du second. Les chercheurs ont proposé que la peur de l'inégalité est le paramètre le plus important des participants[10]

Paradigme de la justification de l'effort[modifier | modifier le code]

La dissonance est augmentée quand les sujets s'engagent volontairement dans une activité déplaisante pour atteindre un but. La dissonance peut être diminuée en exagérant la désirabilité du but. Aronson et Mills[11] ont étudié des individus qui suivaient une formation, difficile ou facile, pour devenir membre d'un groupe. Les individus dans les conditions d'initiation difficiles évaluèrent le groupe comme plus intéressant que le groupe avec une initiation facile.

Le fait de se laver les mains a été repéré comme réduisant la dissonance post-décisionnelle, probablement parce que la dissonance est souvent causée par une dévalorisation de soi, aussi associée au manque d'hygiène personnelle[12],[13].

Exemples[modifier | modifier le code]

Le Renard et les Raisins[modifier | modifier le code]

Le Renard et les Raisins, d'après la fable d'Ésope : lorsque le renard tente d'attraper les raisins et qu'il échoue, il décide qu'il ne les voulait pas après tout, un exemple de comportement pour réduire la dissonance cognitive[14].

Une illustration classique de la dissonance cognitive est donnée par la fable Le Renard et les Raisins d'Ésope. Dans cette histoire, un renard voit des raisins qui sont en hauteur et il veut les manger. Comme le renard est incapable de trouver un moyen de les attraper, il décide que finalement les raisins ne valent pas la peine d'être mangés, avec la justification que les raisins ne sont probablement pas mûrs ou qu'ils sont trop acides. (D'où la locution courante « les raisins sont trop verts »). Cet exemple suit ce schéma de comportement : si quelqu'un désire quelque chose, mais qu'il le trouve inatteignable, il réduit sa dissonance en le critiquant. Jon Elster appelle ce type de comportement « formation d'une préférence adaptée »[14].

Phénomènes associés[modifier | modifier le code]

On a montré que la dissonance cognitive apparaissait aussi quand des personnes cherchaient à :

  • Expliquer des sentiments inexplicables : quand une catastrophe se produit dans une communauté, des rumeurs irrationnelles de peur se répandent dans les communautés proches non concernées par la catastrophe, car elles ont besoin de ces rumeurs pour justifier leur anxiété[15].
  • Minimiser le regret des choix irréversibles : les parieurs hippiques ont plus de confiance pour le cheval qu'ils ont choisi juste après avoir fait leur pari car leur choix est définitif  ; les parieurs ressentent une dissonance post-décisionnelle"[16].
  • Justifier un comportement qui s'oppose à leur vision : des étudiants jugent la fraude moins sévèrement après avoir été incités à tricher à un test[17].
  • Harmoniser son point de vue sur une personne avec son comportement à son égard : l'effet Ben Franklin fait référence au cas de cet homme d'État qui après avoir accordé une faveur à un rival en vient à éprouver de meilleurs sentiments envers lui.
  • Réaffirmer des croyances antérieures : le biais de convivialité (congeniality) – aussi appelé « biais de confirmation » – désigne chez les individus le fait de lire ou de consulter des sources d'information les confortant dans leurs opinions aux dépens de celles qui les contredisent[18]. Par exemple, une personne qui est politiquement de droite lirait seulement des journaux et regarderait des commentaires de l'actualité avec un point de vue plus souvent conservateur. Ce biais apparaît être particulièrement sensible quand on est face à des croyances anciennes, par exemple, quand une personne a un engagement important conforme à ses croyances[18].

La dissonance cognitive influence la façon dont chacun voit les autres et notre façon de considérer notre propre identité. Par exemple, la théorie de maintien de l'autoévaluation suggère que les personnes ressentent une dissonance quand leurs compétences privilégiées ou leurs caractéristiques sont surpassées par des personnes proches socialement. Par exemple, Jill peint, mais ressent une dissonance face à une amie plus douée qu'elle. Jill peut se mettre à se désintéresser de la peinture ou résoudre son sentiment d'infériorité par d'autres moyens.

La théorie de l'équilibre suggère que les personnes ont en général tendance à chercher une cohérence entre leurs points de vue et les points de vue ou les caractéristiques des autres (par exemple un croyant en une religion peut sentir de la dissonance car sa partenaire n'a pas les mêmes croyances que lui, ceci motivant le croyant à justifier ou rationaliser cette situation étonnante). Les personnes peuvent réduire leurs chances de succès de telle façon qu'un échec à une tâche importante soit plus facile à justifier (par exemple, un étudiant qui boit la nuit avant un examen important en réponse à sa peur d'avoir une performance médiocre).

Applications[modifier | modifier le code]

La théorie de la dissonance cognitive a des applications dans divers champs.

Éducation[modifier | modifier le code]

Créer ou résoudre des dissonances cognitives peut avoir un impact déterminant sur la motivation des étudiants[19]. Par exemple des chercheurs ont utilisé le paradigme de la justification de l'effort pour augmenter l'enthousiasme des étudiants pour des activités éducatives en ne leur offrant pas de récompense pour leurs efforts : les élèves qui avaient complété des puzzles avec la promesse d'une récompense étaient moins intéressés par les puzzles après, par comparaison avec les élèves qui n'avaient pas eu de récompense[20]. Des chercheurs ont conclu que les étudiants qui peuvent attribuer leur efforts à une récompense arrêtent de travailler en absence de cette récompense, alors que ceux qui ne peuvent qu'attribuer leur travail à une motivation intrinsèque sont conduits à trouver la tâche véritablement agréable.

Des psychologues ont intégré la dissonance cognitive à des modèles de processus élémentaires d'apprentissage, notamment les modèles constructivistes. De nombreuses interventions éducatives ont été conçues pour favoriser la dissonance chez les étudiants en augmentant leur conscience des conflits entre croyances précédentes et nouvelles informations (par exemple, en demandant à des étudiants de défendre leur croyances) et ensuite en leur fournissant ou en les guidant vers des explications nouvelles et correctes qui peuvent résoudre ces conflits[21].

Par exemple, des chercheurs ont développé un logiciel éducatif comportant des guides facilitant le questionnement des étudiants sur des sujets complexes[22]. Des méta-analyses ont suggéré que des interventions qui provoquent une dissonance cognitive pour atteindre un changement conceptuel montrent à travers de nombreuses études qu'elles augmentent significativement l'apprentissage des sciences et de la lecture[21].

Thérapie[modifier | modifier le code]

Certains expliquent l'efficacité générale des psychothérapies en partie grâce à la théorie de la dissonance cognitive[23]. Certains psychologues sociaux ont argumenté que l'acte de choisir librement une psychothérapie spécifique, associé à un effort et à l'argent investi par le patient pour continuer cette thérapie, influence positivement l'efficacité de la thérapie[24]. Ce phénomène est démontré dans une étude avec des patients en surpoids, à qui l'on faisait croire qu'ils pouvaient choisir le type de thérapie. Cela a entraîné une plus grande perte de poids[25].

Dans un autre exemple, des individus avec une ophidiophobie (peur des serpents) qui avaient fait de grands efforts dans des activités sans effet positif sur leur maladie, mais qui avaient été présentées comme des thérapies parfaitement adaptées, ont montré une amélioration significative de leurs symptômes phobiques[26] Dans ces cas et peut-être dans des situations similaires, des patients arrivaient à se sentir mieux afin de justifier leurs efforts et de prouver la pertinence de leurs choix. Au-delà de ces effets observés à court terme, les efforts engagés dans la thérapie prédisent aussi les effets thérapeutiques à long terme[27].

Promotion de comportements sains et prosociaux[modifier | modifier le code]

On a aussi démontré que la dissonance cognitive pouvait être utilisée pour améliorer certains comportements comme l'utilisation du préservatif[28]. D'autres études suggèrent que la dissonance cognitive peut aussi être utilisée pour encourager les personnes à un comportement prosocial selon différents contextes tels que des campagnes contre les décharges sauvages[29], la stigmatisation des minorités raciales[30] ou la vitesse au volant[31]. La théorie peut aussi être utilisée pour inciter à la générosité envers les œuvres caritatives[32],[33].

Commerce[modifier | modifier le code]

L'étude de la dissonance cognitive chez les consommateurs révèle des potentiels en matière de pratiques commerciales. La littérature publiée suggère que les conditions existent pour l'augmentation de la dissonance cognitive dans les achats : la décision implique que l'achat doit être important, par son coût effectif ou un coût psychologique important ; est personnellement pertinente pour le consommateur ; le consommateur a la liberté de choisir parmi des alternatives ; enfin, la décision doit être irréversible[34].

Une étude conduite par Linsay Mallikin montre que quand les consommateurs font l'expérience d'un prix inattendu, ils adoptent trois méthodes pour diminuer la dissonance[35]. Les consommateurs peuvent employer une stratégie d'information ; ils peuvent avoir un changement d'attitude ou s'engager dans une relativisation. Les consommateurs emploient une stratégie d'information en s'engageant dans des biais et la recherche d'informations respectant leurs croyances antérieures. Les consommateurs pourraient chercher des informations à propos d'autres revendeurs. Sinon, les consommateurs peuvent montrer un changement d'attitude en réévaluant le prix grâce à des références extérieures ou justifier le prix par des considérations sur la qualité. Finalement, la banalisation peut apparaître et l'importance des éléments dissonants est diminuée : le consommateur a tendance à minorer l'importance de l'argent et par conséquent, à faire ses achats ailleurs pour investir son argent dans de meilleures affaires.

La dissonance cognitive est aussi utile pour expliquer et anticiper des questionnements survenant après l'achat. La carte de Hallmark annonce : "Faites bien attention à ne vous adresser que le meilleur" ; ce qui est un exemple de stratégie marketing qui crée un sentiment de culpabilité chez l'acheteur s'il part avec une carte moins chère. Le marketing agressif s'assure que le client est averti que le produit a un prix spécial ; ceci encourage le consommateur à acheter des cartes chères lors d'occasions spéciales [réf. nécessaire]

Ingénierie sociale[modifier | modifier le code]

L'ingénierie sociale appliquée à la sécurité est l'exploitation de différentes faiblesses psychologiques ou sociales chez les individus et les entreprises. Elle est utilisée parfois pour faire des tests d'intrusion afin de tester la sécurité d'un système informatique, mais plus souvent pour des objectifs plus malfaisants comme l'espionnage d'entreprises commerciales, d'organisations ou d'individus, typiquement afin d'obtenir un gain illégal, soit d'une information d'accès restrictif ou privé ou pour un gain monétaire via des méthodes de phishing pour obtenir l'accès à des comptes bancaires ou pour voler des identités, faire du chantage et ainsi de suite. Une des techniques utilisées par les auteurs de ces crimes est l'induction d'une dissonance cognitive, afin d'exploiter les faiblesses déclenchées par celle-ci (la victime cherchant à résoudre l'inconfort déclenché par la dissonance cognitive).

Défis et autres théories[modifier | modifier le code]

Alors que la théorie de la dissonance cognitive a été utilisée dans des expériences et est généralement (mais pas entièrement) acceptée par les psychologues, il existe des théories alternatives qui expliquent les attitudes des humains et leurs comportements.

La théorie de l'auto-perception (Bem)[modifier | modifier le code]

Daryl Bem est l'un des premiers à critiquer la théorie de la dissonance cognitive. Il a proposé que la théorie de l'auto-perception est une explication alternative plus fidèle aux résultats expérimentaux. D'après lui, les personnes ne pensent pas beaucoup à leurs attitudes, à moins que celles-ci ne soient en conflit. La théorie de l'auto-perception de Bem repose sur l'idée que les personnes développent des attitudes en observant leur comportement et leurs liens aux attitudes qui l'ont causé, particulièrement quand des indices sont faibles ou ambigus. Les individus sont considérés comme dans la même position qu'un observateur extérieur : ce qui signifie qu'ils doivent se baser sur des indices externes pour inférer leur propre état interne. La théorie de l'auto-perception suggère que les personnes adaptent leurs attitudes sans avoir accès aux cognitions ou aux états d'humeur[36].

Bem interpréta que les personnes, dans les études de Festinger et Carlsmith ou le paradigme de la soumission induite, déduisent leurs attitudes de leur comportement. Ainsi, quand on demande « Avez-vous trouvé la tâche intéressante ? », elles décident qu'elles doivent avoir trouvé cela intéressant, car c'est ce qu'elles ont dit à quelqu'un. Bem suggéra que les personnes payées 20 $ avaient un encouragement manifeste à leur comportement et étaient disposées à considérer l'argent comme une raison de dire que la tâche était intéressante, plutôt que de conclure qu'ils la trouvaient véritablement intéressante[37],[38].

Dans de nombreuses situations expérimentales, la théorie de Bem et la théorie de la dissonance cognitive de Festinger faisaient des prédictions identiques, mais seulement la théorie de la dissonance cognitive prédisait la présence d'une tension déplaisante ou d'un agacement. Les expérimentations de laboratoire avaient vérifié la présence d'excitations dans des situations dissonantes[39],[40].

En 1969, Elliot Aronson reformula la théorie en la reliant au concept de soi, ce qui clarifie la dissonance qui apparaît quand des conflits entre des cognitions quand ces conflits utilisent le paradigme de la soumission induite, déclarant que la dissonance cognitive provient de conflits entre des cognitions quand ces conflits menacent l'image de soi normalement positive de la personne. Ainsi, Aronso réinterpréta les découvertes des études originales de Festinger et Carlsmith en utilisant le paradigme de la soumission induite, qui déclare que la dissonance était entre deux cognitions : « Je suis une personne honnête » et la cognition « J'ai menti à quelqu'un en lui disant que la tâche était intéressante »[41]. D'autres psychologues ont argumenté que maintenir la consistance cognitive est un moyen de protéger l'image publique de soi, plutôt que le concept de soi privé[42]. Cependant, une étude récente [43] semble éliminer une telle explication en montrant une réévaluation des objets suivant un choix même quand les personne ont oublié leur choix.

La théorie de l'équilibre de Heider[modifier | modifier le code]

Fritz Heider a proposé une théorie de la motivation[44] reposant sur le maintien d'un équilibre psychologique, de ses valeurs et ses croyances au cours du temps. Selon la théorie de l'équilibre, il y a trois interactions : (1) vous (P) une autre personne (O) (3) un élément (X). Celles-ci sont positionnées à chaque pointe d'un triangle et partagent deux relations[36] :

  1. Une relation d'unité : les choses et les personnes ont des similarités, une proximité, un destin, etc.
  2. Des relations de sentiment : des évaluations de personnes et de choses (aimer, ne pas aimer).
    • En tant qu'individu, nous recherchons un état d'équilibre avec des relations harmonieuses entre ces trois positions (3 positives ou 2 négatives et 1 positive) : P = vous, O = John, X = le chien de John :
      • « Je n'aime pas John »
      • « John a un chien »
      • « Je n'aime pas le chien non plus »
    • Nous évitons aussi les états déséquilibrés (3 négatifs ou 2 positifs et 1 négatif) : P = vous, O = votre enfant, X = un dessin fait par votre enfant :
      • « J'aime mon enfant »
      • « Il m'a fait un dessin »
      • « J'aime ce dessin »

Analyse du coût-bénéfice (Dupuit)[modifier | modifier le code]

Jules Dupuit prétend que les comportements et les cognitions peuvent être compris d'un point de vue économique. On peut imaginer que les individus s'engagent dans un processus systématique de comparaison des coûts et des bénéfices d'une décision. Ce processus aide à justifier et à évaluer la faisabilité d'une décision et elle fournit une base pour la comparaison (déterminer si les bénéfices sont supérieurs aux coûts et jusqu'à quel point). Bien que l'analyse fonctionne bien dans des situations économiques, les humains ne sont pas efficients quand il s'agit de comparer des coûts et des bénéfices[45].

Théorie des divergences des représentations de soi (Higgins)[modifier | modifier le code]

E. Tory Higgins proposa que les individus ont 3 "soi" qu'ils comparent à eux-mêmes :

  1. Soi actuel - La représentation des attributs qu'ils croient avoir (concept de soi basique)
  2. Soi idéal - les attributs qu'ils aimeraient avoir idéalement (espoir, aspiration, ce qui vous motive à changer ou à vous améliorer)
  3. Soi dû - les attributs qu'ils devraient avoir (fonctions, obligations, responsabilités)

Quand ces guides de soi sont en contradiction, il apparaît un inconfort émotionnel. Les individus deviennent motivés pour réduire la divergence de soi (le fossé entre les deux guides de soi-même)[46]

Conséquences opposées ou divergence (Cooper & Fazio)[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1980, Joel Cooper et Russell H. Fazio ont affirmé que la dissonance était causée par des conséquences opposées, plutôt que par une divergence. D'après cette interprétation, la croyance que mentir est mauvais et blessant, par la divergence entre ces cognitions, est ce qui rend les sujets malheureux[47]. Cependant des recherches ultérieures ont montré que les personnes font l'expérience d'une dissonance même quand ils sentent qu'ils n'ont rien fait de mal. Par exemple, Harmon-Jones et ses collègues ont découvert que les sujets font l'expérience d'une dissonance même quand les conséquences de leurs affirmations sont bénéfiques - comme quand on arrive à convaincre des étudiants sexuellement actifs d'utiliser des préservatifs, quand eux-mêmes n'utilisent pas de préservatifs[48].

Critique du paradigme du choix libre (Chen et al.)[modifier | modifier le code]

Keith Chen et ses collègues ont critiqué le paradigme du choix libre et ont suggéré la méthode "rang, choix, rang" utilisée pour l'étude de la dissonance était invalide[49]. Ils ont soutenu que le design de recherche se base sur la supposition que si les sujets votent pour des options différentes dans une deuxième étude, alors les attitudes des sujets envers les optons ont par conséquent changé. Bien que quelques études de confirmation on trouvé des preuves soutenant les intérêts de Chen[50], d'autres études qui ont contrôlé les idées de Chen n'ont pas, au lieu de suggérer que le simple acte de faire un choix peut en fait changer les préférences[9],[51],[52]. Néanmoins, ce problème fait toujours l'objet de recherches actives[53].

Imagerie du cerveau[modifier | modifier le code]

En utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), Van Veen et ses collègues examinèrent les bases de la dissonance cognitive dans une version du paradigme de la soumission induite. Pendant qu'ils se trouvaient dans le scanner, les participants affirmèrent que l'environnement inconfortable de l'IRM était néanmoins une expérience agréable. Les chercheurs ont répliqué les découvertes basiques de soumission induite ; les participants d'un groupe expérimental ont préféré le scanner à ceux du groupe de contrôle simplement payés pour faire cette remarque[54].

De manière importante, répondre en contradiction de son attitude a activé la région dorsale du cortex cingulaire antérieur et le cortex insulaire antérieur. De plus, le degré avec lequel ces régions étaient activées est corrélé à la force de la contradiction. Van Veen et ses collègues ont soutenu que ces découvertes confirmaient la théorie originale de dissonance cognitive de Festinger, et supportait la "théorie du conflit" du fonctionnement du cortex cingulaire antérieur[54].

En utilisant le paradigme du choix libre, Tali Sharot et ses collègues ont montré qu'après un choix, l'activité dans le striatum change pour refléter la nouvelle évaluation du choix de l'objet, augmentant si l'objet a été choisi et diminuant si l'objet a été rejeté[55] Des études suivantes ont largement confirmé ces résultats[51],[56],[57].

D'autres études IRM, utilisant aussi le paradigme du choix libre, ont examiné le processus de prise de décision dans le cerveau. Une étude de 2010 a montré que durant les processus de prise de décision où les sujets essayaient de réduire leur dissonance cognitive, l'activité augmentait dans leur gyrus frontal inférieur droit, la région frontopariétale médiane et le striatum ventral, alors que l'activité diminuait dans l'insula antérieure[57]. Les chercheurs ont conclu que l'activité de rationalisation pouvait prendre place rapidement (quelques secondes) sans délibération consciente. Par ailleurs, les chercheurs ont montré que le cerveau pouvait s'engager dans des réponses émotionnelles au cours du processus de prise de décision[57].

Il pourrait y avoir des bénéfices du point de vue de l'évolution des espèces derrière la réduction de la dissonance cognitive. Des chercheurs, en 2007, ont étudié comment les enfants et les singes capucins réagissaient quand ont leur offrait le choix entre deux options similaires. Les chercheurs avaient fait choisir à deux groupes de sujets entre deux types d'autocollants ou sucreries. Après avoir choisi, on a offert aux deux groupes un nouveau choix entre l'objet non choisi et une option aussi attractive que la première. En accord avec la théorie de la dissonance cognitive, les enfants et les singes ont choisi la "nouvelle option" plutôt que la proposition initiale qu'ils n'avaient pas choisie, pourtant de valeur similaire. Les chercheurs ont envisagé des éléments liés au développement dans la théorie de la dissonance cognitive[58].

Théorie des réseaux neuronaux[modifier | modifier le code]

Les modèles des réseaux neuronaux de la cognition ont servi de base dans des recherches sur la dissonance cognitive visant à modéliser le choix des attitudes et leur changement[59].

Des modèles de réseaux neuronaux ont été développés pour prédire comment la dissonance cognitive pourrait influencer les attitudes et les comportements d'un individu. Ceux-ci incluent :

  • Les processus de contrainte de satisfaction parallèle[59] ;
  • le modèle méta-cognitif (MCM) des attitudes[60] ;
  • Le modèle connexionniste adaptatif de la dissonance cognitive[61] ;
  • Le modèle d'attitudes comme contrainte de satisfaction[62] ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Festinger, L. (1957). A Theory of Cognitive Dissonance. California: Stanford University Press.
  2. Harmon-Jones, Eddie, A Cognitive Dissonance Theory Perspective on Persuasion, in The Persuasion Handbook: Developments in Theory and Practice, James Price Dillard, Michael Pfau, eds. 2002. Thousand Oaks, CA: Sage Publications, p. 101.
  3. Festinger, L., Riecken, H.W., & Schachter, S. (1956). When prophecy fails. Minneapolis: University of Minnesota Press.
  4. Festinger, L., & Carlsmith, J.M. (1959). Cognitive consequences of forced compliance. Journal of Abnormal and Social Psychology, 58(2), 203–210.
  5. a, b et c Aronson, E., & Carlsmith, J.M. (1963). Effect of the severity of threat on the devaluation of forbidden behavior. Journal of Abnormal and Social Psychology, 66(6), 584–588.
  6. a et b « Music can reduce cognitive dissonance », Nature,‎ 2012 (lire en ligne)
  7. « Washing Away Postdecisional Dissonance », Science, vol. 328,‎ mai 2010 (S lire en ligne)
  8. Brehm, J. (1956). Post-decision changes in desirability of alternatives. Journal of Abnormal and Social Psychology, 52(3), 384–389.
  9. a et b Egan, L.C., Bloom, P., & Santos, L.R. (2010). Choice-induced preferences in the absence of choice: Evidence from a blind two choice paradigm with young children and capuchin monkeys. Journal of Experimental Social Psychology, 46(1), 204-207.
  10. « Peer effects in pro-social behavior: Social norms or social preferences? », CeDEx Discussion Paper Series series 2010-23, The University of Nottingham,‎ 2010 (consulté le 12 octobre 2012)
  11. Aronson, E. & Mills, J. (1956). The effect of severity of initiation on liking for a group. Journal of Abnormal and Social Psychology, 59, 177–181.
  12. Lee, S.W.S., & Schwartz, N. (2010) Washing away postdecisional dissonance. Science, 328(5979), 709.
  13. Zhong, C.B. & Liljenquist, K. (2006). Washing away your sins: Threatened morality and physical cleansing. Science, 313(5792), 1451-1452.
  14. a et b Elster, Jon. Sour Grapes: Studies in the Subversion of Rationality. Cambridge 1983, p. 123ff.
  15. Prasad, J. (1950). A comparative study of rumours and reports in earthquakes. British Journal of Psychology, 41(3-4), 129-144.
  16. Knox, R. E., & Inkster, J. A. (1968).Postdecision dissonance at post time. Journal of Personality and Social Psychology, 8(4), 319-323.
  17. Mills, J. (1958). Changes in moral attitudes following temptation.Journal of Personality, 26(4), 517-531.
  18. a et b « Feeling validated versus being correct: a meta-analysis of selective exposure to information. », Psychological bulletin, vol. 135, no 4,‎ 2009 (DOI 10.1037/a0015701)
  19. Aronson, E. (1995). The Social Animal. New York: W.H. Freeman and Co.
  20. Lepper, M. R. & Greene, D. (1975). Turning play into work: Effects of adult surveillance and extrinsic rewards on children’s intrinsic motivation. Journal of Personality and Social Psychology, 31, 479-486.
  21. a et b Guzzetti, B.J., Snyder, T.E., Glass, G.V., & Gamas, W.S. (1993). Promoting conceptual change in science: A comparative meta-analysis of instructional interventions from reading education and science education. Reading Research Quarterly, 28, 116-159.
  22. Graesser, A. C., Baggett, W., & Williams, K. (1996). Question-driven explanatory reasoning. Applied Cognitive Psychology, 10, S17-S32.
  23. Cooper, J. (2007). Cognitive dissonance: 50 years of a classic theory. London: Sage Publications.
  24. Cooper, J., & Axsom, D. (1982). Integration of clinical and social psychology. Oxford University Press.
  25. Mendonca, P. J., & Brehm, S. S. (1983). Effects of choice on behavioral treatment of overweight children. Journal of Social and Clinical Psychology, 1, 343-358.
  26. Cooper, J. (1980). Reducing fears and increasing attentiveness: The role of dissonance reduction. Journal of Experimental Social Psychology, 47, 452–460.
  27. Axsom, D., & Cooper, J. (1985). Cognitive dissonance and psychotherapy: The role of effort justification in inducing weight loss. Journal of Experimental Social Psychology, 21, 149 –160.
  28. Stone, J., Aronson, E., Crain, A. L., Winslow, M. P., & Fried, C. B. (1994). Inducing hypocrisy as a means for encouraging young adults to use condoms. Personality and Social Psychology Bulletin, 20, 116-128.
  29. Fried, C. B., & Aronson, E. (1995). Hypocrisy, misattribution, and dissonance reduction. Personality and Social Psychology Bulletin, 21, 925-933.
  30. Son Hing, L. S., Li, W., & Zanna, M. P. (2002). Inducing hypocrisy to reduce prejudicial responses among aversive racists. Journal of Experimental Social Psychology, 38, 71–78.
  31. Fointiat, V. (2004). "I know what I have to do, but…" When hypocrisy leads to behavioral change. Social Behavior and Personality, 32, 741-746.
  32. M. Kataria et T. Regner, « Honestly, why are you donating money to charity? An experimental study about self-awareness in status-seeking behavior », Jena Economic Research Papers,‎ 2012 (lire en ligne)
  33. K. Nyborg, « I Don’t Want to Hear About it: Rational Ignorance among Duty-Oriented Consumers », Journal of Economic Behavior and Organization, vol. 79, no 3,‎ 2010
  34. Ayantunji Gbadamosi, « Cognitive dissonance: The implicit explication in low-income consumers' shopping behaviour for "low-involvement" grocery products », International Journal of Retail & Distribution Management, vol. 37, no 12,‎ janvier 2009, p. 1077–1095 (DOI 10.1108/09590550911005038, lire en ligne)
  35. Lindsey J Mullikin, « Beyond reference pricing: Understanding consumers' encounters with unexpected prices », Journal of Products & Brand Management, vol. 12, no 3,‎ 2003, p. 140–153 (DOI 10.1108/10610420310476906, lire en ligne)
  36. a et b Heider, F. (1960). The gestalt theory of motivation. Nebraska symposium on motivation, 8, 145-172
  37. Bem, D.J. (1965). An experimental analysis of self-persuasion. Journal of Experimental Social Psychology, 1(3), 199–218.
  38. Bem, D.J. (1967). « Self-perception: An alternative interpretation of cognitive dissonance phenomena. » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-12-28 Psychological Review, 74(3), 183–200.
  39. Zanna, M., & Cooper, J. (1974). Dissonance and the pill: An attribution approach to studying the arousal properties of dissonance. Journal of Personality and Social Psychology, 29(5), 703–709.
  40. Kiesler, C.A., & Pallak, M.S. (1976). Arousal properties of dissonance manipulations. Psychological Bulletin, 83(6), 1014–1025.
  41. Aronson, E. (1969). The theory of cognitive dissonance: A current perspective. In L. Berkowitz (Ed.). Advances in Experimental Social Psychology, Vol. 4, p. 1–34. New York: Academic Press.
  42. Tedeschi, J.T., Schlenker, B.R., & Bonoma, T.V. (1971). Cognitive dissonance: Private ratiocination or public spectacle? American Psychologist, 26(8), 685–695. DOI:10.1037/h0032110
  43. Coppin, G., Delplanque, S., Cayeux, I., Porcherot, C., & Sander, D. (2010). I'm no longer torn after choice: How explicit choices implicitly shape preferences of odors Psychological Science, 21(8), 489–493. PMID : 20424088
  44. « La théorie de l'équilibre de Heider », in Patrick Gosling (dir.), Psychologie sociale, Bréal, Rosny-sous-Bois, 1996, p. 44-47
  45. Dupuit, J. (1969). On the measurement of the utility of public works. Readings in Welfare
  46. Higgins, F. (1960). Self-discrepancy: a theory relating self and affect. Psychological review, 94(3), 319.
  47. (en) Cooper, J., & Fazio, R.H. (1984). « A new look at dissonance theory », in L. Berkowitz (Ed.), Advances in experimental social psychology (Vol. 17, p. 229–266). New York: Academic Press.
  48. Harmon-Jones, E., Brehm, J.W., Greenberg, J., Simon, L., & Nelson, D.E. (1996). Evidence that the production of aversive consequences is not necessary to create cognitive dissonance. Journal of Personality and Social Psychology, 70(1), 5–16.
  49. Chen, M.K., & Risen J.L. (2010) How choice affects and reflects preferences: Revisiting the free-choice paradigm. Journal of Personality and Social Psychology, 99(4), 573-594.
  50. Holden, S. (In press). Do choices affect preferences? Some doubts and new evidence.
  51. a et b Izuma, K., Matsumoto, M., Murayama, K., Samejima, K., Sadato, N., & Matsumoto, K. (2010). Neural correlates of cognitive dissonance and choice-induced preference change. Proceedings of the National Academy of Sciences, U.S.A., 107(51), 22014-22019.
  52. Sharot, T., Velasquez, C. M., & Dolan, R. J. (2010). Do decisions shape preference? Evidence from blind choice. Psychological Science, 21(9), 1231-1235.
  53. Risen J.L. & Chen, M.K. (2010) How to study choice-induced attitude change: Strategies for fixing the free-choice paradigm. Social and Personality Psychology Compass, 4(12), 1151–1164.
  54. a et b Van Veen, V., Krug, M.K., Schooler, J.W., & Carter, C.S. (2009). Neural activity predicts attitude change in cognitive dissonance. Nature Neuroscience, 12(11), 1469–1474.
  55. Sharot, T., De Martino, B., & Dolan, R.J. (2009). « How choice reveals and shapes expected hedonic outcome » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-12-28 Journal of Neuroscience, 29(12), 3760–3765.
  56. Qin, J., Kimel, S., Kitayama, S., Wang, X., Yang, X., & Han, S. (2011). How choice modifies preference: Neural correlates of choice justification Neuroimage, 55(1), 240–246.
  57. a, b et c Johanna M. Jarcho, Elliot T. Berkman et Matthew D. Lieberman, « The neural basis of rationalization: cognitive dissonance reduction during decision-making », Social Cognitive Affective Neuroscience,‎ 2010 (DOI 10.1093/scan/nsq054)
  58. Egan, L.C., Santos, L.R., & Bloom, P. (2007). The origins of cognitive dissonance: Evidence from children and monkeys Psychological Science, 18(11), 978-983.
  59. a et b Read, S.J., Vanman, E.J., & Miller L.C. (1997). Connectionism, parallel constraint satisfaction processes, and Gestalt principles: (Re)Introducing cognitive dynamics to social psychology. Personality and Social Psychology Review, 1(1), 26–53.
  60. Petty, R.E., Briñol, P., & DeMarree, K.G. (2007). The Meta-Cognitive Model (MCM) of attitudes: Implications for attitude measurement, change, and strength. Social Cognition, 25(5), 657–686.
  61. Van Overwalle, F., & Jordens, K. (2002). An adaptive connectionist model of cognitive dissonance. Personality and Social Psychology Review, 6(3), 204–231.
  62. Monroe, B.M., & Read, S.J. (2008). A general connectionist model of attitude structure and change: The ACS (Attitudes as Constraint Satisfaction) Model, Psychological Review, 115(3), 733–759. PMID : 18729597

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vaidis, D., et Halimi-Falkowicz, S., 2007, « La théorie de la dissonance cognitive : une théorie âgée d'un demi-siècle », Revue électronique de Psychologie Sociale, 1.
  • (en) Festinger, L., 1957, A theory of cognitive dissonance, Stanford University Press.
  • Festinger, L., Riecken, H.W. et Schachter, S., 1956, When Prophecy Fails: A Social and Psychological Study of A Modern Group that Predicted the Destruction of the World, Harper-Torchbooks, janvier 1956, (ISBN 0-06-131132-4), (Version française : L'Échec d'une prophétie, PUF, 1993).
  • (en) Harmon-Jones, E., et Mills, J., 1999, Cognitive dissonance: a pivotal theory in social psychology, American Psychological Association.
  • Saillot, I., 2006, « Dissonance cognitive et langage inconsistant de Pierre Janet : rapprochement », Janetian Studies, vol.3.
  • Tavris, C. et Aronson, E., Les erreurs des autres : L'autojustification, ses ressorts et ses méfaits, Markus Haller, 2010.
  • Vaidis, D., 2011, La dissonance cognitive : approches classiques et développements contemporains, DUNOD PsychoSup, (ISBN 9782100557318).
  • Fointiat, V., Girandola, F., & Gosling, P., 2013, La dissonance cognitive : quand les actes changent les idées, Armand Collin.
  • (en) Gawronski, B., & Strack, F. (Eds.). (2012). Cognitive consistency: A fundamental principle in social cognition. New York: Guilford Press.
  • (en) Harmon-Jones, E., & J. Mills. (Eds.) (1999). Cognitive Dissonance: Progress on a Pivotal Theory in Social Psychology. Washington, DC: American Psychological Association.
  • (en) Matin, I., and Metin, S. (June 2011). « The Advances in the History of Cognitive Dissonance Theory », in International Journal of Humanities and Social Science, Vol. 1 No. 6.
  • (en) C. Tavris et E. Aronson, Mistakes were made (but not by me): Why we justify foolish beliefs, bad decisions, and hurtful acts, Orlando, FL, Harcourt,‎ 2007 (ISBN 978-0-15-101098-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]