Margaret Sanger

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Margaret Sanger en 1922.

Margaret Higgins Sanger (14 septembre 1879 - 6 septembre 1966) était une militante américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d'expression, ce qui l'amena à fonder l'American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui deviendra le planning familial américain sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistance, ses idées pour qu'une femme puisse décider quand et comment elle sera enceinte, gagnèrent peu à peu de l'audience, tant dans le public qu'auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur à un accès universel à la contraception et au contrôle des naissances, mais sa défense de l'eugénisme négatif en fait une personnalité controversée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle nait dans une famille ouvrière d'origine irlandaise, sixième des onze enfants d'Anne Purcell Higgins qui aura eu en tout 18 grossesses[1]. Avant 1914, elle travaille comme infirmière et sage-femme dans les quartiers les plus pauvres de New York et doit aider des femmes privées de leur santé et sexualité ou plus capable d'élever leurs enfants, et qui n'ont pas accès aux méthodes de contraception pourtant disponibles pour les plus éduquées, dans un système puritain ou même l'information sur la contraception par courrier est illégale[1]. Elle écrit une série d'articles « Ce que chaque fille devrait savoir », puis son journal « La femme rebelle » et établit ensuite des cliniques de proximité pour le contrôle des naissances qui est un terme de son invention[1]. Après un an d'exil en Europe pour échapper aux poursuites judiciaires elle fonde en 1921 l'American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui deviendra en 1942 le planning familial.

Sanger déclare en 1940 « donner mon argent, mon nom et mon influence auprès d'écrivains ou d'autres pour combattre la montée au pouvoir d'Hitler en Allemagne »[2] car elle condamne la politique antisémite de l'Allemagne Nazie et écrit en 1933: « Toutes les nouvelles d'Allemagne sont tristes et horribles, et pour moi plus dangereuses qu'aucune guerre ayant lieu où que ce soit, car il y a tant de gens bons qui applaudissent ces atrocités et disent que c'est bien. L'antagonisme soudain en Allemagne contre les juifs et la haine profonde contre eux se répand de manière cachée ici et est plus dangereuse que la politique agressive du Japon en Mandchourie... »[2]. Hitler de son côté fait brûler les livres de Sanger au côté de ceux de Freud[2].

Cependant, Margaret Sanger défend une forme d'eugénisme négatif, qui selon elle « améliorerait l'humanité » en évitant la reproduction des êtres « indésirables ».

« Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons la moindre maîtrise sur leur fécondité. »[3].

C'est dans cette optique qu'elle projette d'améliorer les conditions de vie des afro-américains en leur favorisant la contraception, ce qui n'a pas été accepté par tous les noirs américains. Certains militants noirs, particulièrement pendant les années 1970, ont considéré le planning familial comme une tentative de génocide à leur encontre[4].

À l'inverse, son action avait été saluée par Martin Luther King qui fait le parallèle entre son combat pour l'égalité raciale et celui de Sanger pour le droit à la contraception, mais aussi car elle a établi une tradition de lutte politique non-violente[5].

Aujourd'hui, selon le Bureau du Recensement des Etats-Unis (« U.S. Census Bureau », 2009), les femmes blanches en âge de procréer représentent 61 % de la population féminine et 36 % des avortements, tandis que les femmes noires représentent 14 % de la population en age de procréer et 30 % des avortements. Il y a chaque année 450 000 avortements dans la communauté afro-américaine. Selon le 'Center for Disease Control and Prevention', le manque a gagner en termes de naissances directes d'afro-américains s'élevait a 13.850.000 en 2007 depuis la légalisation de l'avortement (suivant une date différente par Etat). Le Bureau du Recensement a établi en 2008 que les noirs ont perdu leur position de principale minorité ethnique, mais s'abstient d'exprimer la corrélation.

En 1925, lors du VIe congrès du « birth control », elle invite l'anthropologue eugéniste français Georges Vacher de Lapouge.

Elle propose la stérilisation ou l'internement des groupes « dysgéniques » et reçoit à son domicile en septembre 1930 le conseiller d'Adolf Hitler en matière raciale, Eugen Fischer[6],[7].

En 1951, elle invite Gregory Pincus à mettre au point la contraception orale. C'est une de ses amies, Katherine Mac Cormick qui financera ces recherches[réf. nécessaire].

Hommages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres par Margaret Sanger en anglais[modifier | modifier le code]

Travaux par d'autres auteurs en français[modifier | modifier le code]

  • A. Durand-Vallot, Margaret Sanger et la croisade pour le contrôle des naissances, Lyon, ENS Editions, 2012 [2]

Travaux par d'autres auteurs en anglais[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Margaret Sanger : Her crusade to legalize birth control spurred the movement for women's liberation, Time Magazine, 13 avril 1998.
  2. a, b et c "The Sanger-Hitler Equation", The Margaret Sanger Papers Project, Department of History, New York University, hiver 2002.
  3. [1], cité dans « Margaret Sanger, father of modern society » par Elasah Drogin, New Hope, KY, U.S.A.1985.
  4. Birth control and the black community in the 1960s: genocide or power politics?, Bnet, Journal of Social History, 22/3/1998,Simone M. Caron .
  5. The Truth About Margaret Sanger, Planned Parenthood Federation of America, Octobre 2000
  6. François-Marie Algoud, La Peste et le choléra: Marx, Hitler, et leurs héritiers, Chiré, 2000, p.68
  7. Désiré Dutonnerre, La Marée noire de la pornographie, Chiré, 1992, pp.213-214

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