Henri Hayden

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Henri Hayden est un peintre d'origine polonaise, né le 24 décembre 1883 à Varsovie, mort à Paris le 12 mai 1970.


Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études d'ingénieur à Varsovie, Hayden y étudie les beaux-arts.
En 1907, il s'installe à Paris dans un atelier du boulevard Saint-Michel. En 1908, il fréquente l'académie de peinture La Palette et passe l'été en Bretagne, notamment à Pont-Aven.
En 1909, Hayden participe pour la première fois au Salon d'automne.
En 1910, il fait la connaissance d'André Salmon.
Sa première exposition personnelle se tient en 1911 à la galerie Druet à Paris. À partir de 1912 son admiration pour Cézanne est telle que l'on qualifiera sa production jusqu'en 1914 de période « cézannienne ».

À partir des années 1914-1915, Hayden fréquente les cubistes et, recommandé par Juan Gris, signe en 1915 un contrat d'exclusivité avec la galerie de L'Effort Moderne que dirige Léonce Rosenberg, ardent défenseur des cubistes[1]. Sa signature autographe figure sur l'un des feuillets signés par les convives du banquet mémorable donné le 31 décembre 1916 en honneur d'Apollinaire à l'Ancien Palais d'Orléans de l'Avenue du Maine[2].

Sous l'occupation allemande, Henri Hayden se réfugie dans un premier temps en Auvergne où il rencontre son ami Robert Delaunay. Ils rejoignent Mougins sur la côte d'Azur, mais l'avancée allemande de 1943 amène Hayden à se réfugier à Roussillon d'Apt (Vaucluse) où il se lie d'amitié avec Samuel Beckett[3].

De retour à Paris en 1944, Hayden découvre son atelier pillé.

Les différentes « périodes » de l'artiste[modifier | modifier le code]

On peut distinguer - au moins - quatre « périodes » dans la production artistique de Henri Hayden[4].

L'œuvre lithographique[modifier | modifier le code]

Henri Hayden va également produire de nombreuses estampes, surtout dans les dix dernières années de son existence. Une première série de lithographies - six marines de Cherbourg - a été réalisée en 1948 à partir de gouaches exécutées après la Seconde Guerre mondiale (1946-1947)[6]. Les lithographies suivantes, qui reproduisent les œuvres de sa maturité, ont été produites à partir du début des années 1960[7].

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • 1960. Exposition rétrospective, Musée de Lyon.
  • 1962. Exposition rétrospective, Waddington Galleries, Londres.
  • 1968. Exposition rétrospective, « Hayden. Soixante ans de peinture 1908-1968 », Musée national d'art moderne, Paris.
  • 1970. Exposition rétrospective à la maison de la culture de Bourges.
  • 1977. Exposition rétrospective des « Paysages de la Marne », Musée d'art moderne de la ville de Paris.
  • 1979. Exposition rétrospective, « Henri Hayden.1883-1970 », musées des Beaux-arts de Rennes et du Havre.
  • 1994. Exposition rétrospective, musée d'Art moderne, Troyes.
  • 2013. Exposition rétrospective, musée Villa la Fleur, Konstancin-Jeziorna, Pologne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Albert Cartier, « Henry Hayden 1883 », Les cahiers d'art-document, Genève, Pierre Cailler, no 22,‎ 1955, p. 18
    Une photographie de l'artiste et sept photographies en noir et blanc.
  • Jean Selz, Hayden, Genève, Pierre Cailler, coll. « Peintres et sculpteurs d'hier et d'aujourd'hui »,‎ 1962, 48 p.
    103 illustrations dont 9 en couleurs.
  • Christian de Bartillat, Deux amis. Becket et Hayden, Etrepilly, Les presses du village,‎ 2000, 128 p.
  • Philippe Chabert, Christophe Zagrodzki, Hayden, Paris, Fragments éditions,‎ 2005, 201 p. (ISBN 2-912964-84-9)

Catalogues d'expositions[modifier | modifier le code]

  • Hayden (1960) Musée de Lyon, Lyon. Introduction de Jean Cassou. Non paginé. 115 œuvres référencées. 11 reproductions N&B, 2 planches en couleurs.
  • Henri Hayden (1962) Waddington Galleries, London. 22 novembre - 22 décembre. Non paginé. 39 reproductions en noir et blanc, 39 œuvres référencées.
  • Hayden. Soixante ans de peinture 1908-1968 (1968). Musée National d'Art Moderne, Paris. 3 mai au 2 juin. Introduction de Jean Cassou. Non paginé.
  • Hayden (1970) Musée de Bourges, Bourges. 20 mai - 10 juillet. Introduction de Jean Goldman. Non paginé. 60 œuvres référencées, dont plusieurs "variations gouachées". 10 reproductions N&B.
  • Henri Hayden. Paysages de la Marne (1977) Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris. Février-mars. Non paginé. 20 reproductions en noir et blanc, 6 planches couleurs, 77 œuvres référencées dont 18 gouaches et 9 dessins.
  • Henri Hayden.1883-1970. Rétrospective (1979) Musée des beaux-arts de Rennes, Musée des beaux-arts du Havre. 14 mars - 14 mai 1979 (Rennes), 12 septembre - 15 octobre 1979 (Le Havre). 48 pages. (19 reproductions en noir et blanc, 4 planches couleurs, 55 œuvres référencées).
  • Henri Hayden (1994), Rétrospective au Musée d'Art Moderne, 29 juin - 26 septembre, Troyes ; 92 p.
  • Henri Hayden. 1883-1970 (1997), Musée Thomas Henry, Cherbourg ; 123 p.
  • Henri Hayden, Œuvres cubistes, 1914-1921. 2005 à la galerie Zlotowski à Paris.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Trois Pierrots (1914). Musée du Petit Palais, Genève.
  • Les Trois musiciens (1919-1920). Musée national d'art moderne, Paris.
  • au Musée d'Art moderne de Troyes :
    • Nature morte cubiste de 1918
    • Vue sur Sameron de 1966
    • Nature morte au coquillage rouge de 1963

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Henri Hayden sur le site de Nadine Nieszawer
  • Henri Hayden à la Tate Gallery [2] (Londres). Saisir "Henri Hayden" dans la rubrique "Search". Site en Anglais.
  • Documentaire (extraits) Avec toi, sans toi sur la vie tumultueuse de Josette Géraud Hayden, l'épouse du peintre, par Francesca Ragusa, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce contrat prévoit la livraison d'un certain nombre de points qui correspondent environ à trois toiles par mois. Pour cela Hayden perçoit 3 500 francs par trimestre (source : Pierre Cabanes). La séparation des deux hommes va être fracassante, Rosenberg ne pardonnant pas à Hayden d'abandonner le cubisme et liquide son stock en inondant les salles de ventes. Les toiles cubistes d'Hayden s'adjugent alors à 45/50 francs ; la plus chère (en 1923) « monte » à 75 francs (témoignage d'Hayden, in Troyes, 1994).
  2. Détail de la vente aux enchères d'un lot comportant le menu du banquet en honneur d'Apollinaire et huit pages remplies de signatures autographes sur le site de la Maison Brissonneau consulté le 30 mai 2014.
  3. Samuel Beckett est l'auteur d'un texte commentant la dernière période de l'artiste - Henri Hayden, homme-peintre (janvier 1952) ; on retrouve ce texte dans de nombreux catalogues du peintre, notamment ceux consacrés à des rétrospectives de son œuvre. Le texte figure également dans la monographie publiée en 2005 aux éditions Fragments.
  4. Ces périodes sont distinguées par différents auteurs, on les trouve sous ces termes dans Henri Hayden. 1883-1970. Rétrospective. (1979) musée des beaux-arts de Rennes, Musée des beaux-arts du Havre. 14 mars - 14 mai 1979 (Rennes), 12 septembre - 15 octobre 1979 (Le Havre).
  5. Les rétrospectives cataloguent toujours quelques œuvres de cette période (souvent, un portrait de Madame Zborowska vers 1922-1924 ou encore un paysage intitulé Roussillon d'Apt, 1944), mais ces quelques œuvres cataloguées restent marginales et ne donnent qu'un aperçu limité de trente années de production (durant lesquelles Hayden continue pourtant d'exposer et de vivre de sa peinture). Sans aucun doute, la terra incognita de la carrière du peintre.
  6. « Henri Hayden. 1883-1970 », musée Thomas Henry, Cherbourg, 1997 ; p. 76.
  7. Un peu moins d'une quinzaine de ces lithographies sont référencées et accessibles sur le site internet de la Tate Gallery [1].