Jean Hénaff SA

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Jean Hénaff SA

alt=Description de l'image Logo Henaff.png.
Création 1907
Fondateurs Jean Hénaff
Forme juridique SAS, créé en 1955
Slogan Donner le meilleur
Siège social Drapeau de France Pouldreuzic, Finistère (France)
Direction Jean-Jacques Hénaff (président), Loïc Hénaff (directeur général depuis 2010)
Actionnaires 3
Activité agro-alimentaire
Produits à base de viande (pâtés, rillettes, saucisses, viandes cuisinées appertisés)
Filiales 2
Effectif 217 personnes (2011)
Site web www.henaff.com
Fonds propres 5 040 000 €
Chiffre d’affaires 42,8 M € (2011)[1]
+ 5,2 % par rapport à 2010

Hénaff est une entreprise française familiale et indépendante fondée en 1907 par Jean Hénaff. La société Hénaff est située à Pouldreuzic (Finistère, Bretagne) et dispose d’un site industriel de 65 000 m2 et d’un abattoir intégré. En France, elle est la première marque de pâtés et rillettes appertisés avec plus de 26 % de parts de marché[2]. Son produit phare est le Pâté Hénaff, depuis 1915, quand Jean Hénaff met au point un pâté qui utilise les morceaux les plus nobles du porc (jambons, filets et rôtis). La société bretonne exporte dans une cinquantaine de pays dont les États-Unis (100 000 boites en 2009), en Asie, Russie, Afrique, Brésil, Chili, Chine, Japon…

Histoire[modifier | modifier le code]

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Le château d'eau de l'usine située à Pouldreuzic
L'entrée de l'usine en 2010.

En 1907, Jean Hénaff, paysan breton de 48 ans, construit avec deux partenaires une conserverie de petits pois et haricots verts à Pouldreuzic pour permettre aux agriculteurs de vendre localement leurs productions et créer des emplois. Après le retrait du fondateur A. Gantier en 1912, la société « Jean Hénaff et Cie » voit le jour, toujours avec Joseph S. Moreau de Lizoreux, mais qui se retire en 1917 et décède peu après[3]. L’activité est peu prospère, surtout en basse saison des récoltes pour les 80 employés. À l’instar du poisson en boîte, Jean Hénaff se lance dans la production de pâté en boîte en 1914 pour compléter son activité[4].

En associant tous les morceaux du cochon (jambons et filets) à un mélange d’épices, il donne naissance à la recette secrète qui en fait un pâté goûteux et de qualité. Ses débuts sont cependant très modestes. Bien que les produits sont un peu plus chers que les concurrents, Jean Hénaff souhaite payer un peu plus ses salariés pour « obtenir le meilleur »[5] et continuer de rémunérer les producteurs à un prix juste pour ne pas « se couper des gens de la terre »[6]. Une proximité qu'il conserve avec ses compatriotes quand il devient maire de Pouldreuzic pendant la guerre. Pendant la guerre 14-18, l'absence de plusieurs de ses fils partis au front n’empêche pas l'usine de tourner une partie de l'année, malgré des approvisionnements et expéditions difficiles. À la sortie de la guerre, ses fils prennent la tête d'une conserverie de poissons à Audierne[7]. Dans les années 1920, le nombre de porcs abattus dépassant le millier, il agrandit, modernise et mécanise son usine. En 1933, Jean Hénaff lègue son affaire à quatre de ses fils. En 1939, 492 tonnes de porc sont transformées en pâtés mais pendant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes occupant l'usine et la maison familiale, les frères Hénaff mettent aussitôt en sommeil la production du pâté, en cachant une partie des machines[8]. Jean Hénaff décède le 26 novembre 1942. À la Libération, les nouvelles lois réglementaires ne permettent pas à l'usine de relancer une partie de son activité[9]. Après 1949, la production du pâté reprend, la production des conserves de légumes se développe fortement et l'entreprise étend sa zone d'approvisionnement. La transformation de fruits et la fabrication de boîtes métalliques sont arrêtés[9].

En 1963, Jean-Jacques Hénaff, petit-fils du fondateur Jean Hénaff et fils de Michel Hénaff, rentre dans la société. En 1964, ils décident d’abandonner un projet d'usine de légumes dans l’Oise et concentrent plutôt leurs efforts sur l’usine de Pouldreuzic qu’ils renforcent et modernisent pour augmenter sa production. En 1969, la SARL créé en 1928 devient une SA, tout en gardant un capital exclusivement familial. Dès 1970, la production de petits pois et haricots est arrêtée. À la place, des plats cuisinés sont mis au point par Michel, le frère aîné de Jean-Jacques, avec l'aide de leur sœur Germaine pour l'assaisonnement. En 1972, l’entreprise lance sa première publicité télévisée, diffusée sur Antenne 2. En 1979, la production de conserves de poissons (sardines, thon, maquereaux) qui avait débutée en 1919 est arrêtée avec la fermeture de l'usine de Plouhinec-Audierne[10].

Dans les années 1980, l’entreprise augmente ses parts de marché de pâtés et rillettes, marché sur lequel elle est très peu présente en France. En 1981 elle élargie son offre (pâté de campagne, pâté de foie) à portée nationale. Durant ces années d’expansion, l’entreprise innove (salades à base de viande en barquette en plastique en 1984…) et étend son offre de plats cuisinés. Elle modernise également son outil de production en profondeur. Pour maîtriser totalement la fabrication du Pâté Hénaff, elle va concevoir un nouvel abattoir autour de ses spécificités. 40 000 porcs y sont abattus dès 1985[11].

1995 marque un tournant pour l’entreprise. Elle construit un atelier de produits frais et une seconde chaîne d'abattage. Elle lance alors une gamme de saucisses fraîches sur la base de la recette du Pâté Hénaff (filets et jambons du porc, sans colorant, sans conservateur, sans anti-oxygène, sans exhausteur de goût). En 1997, sa gamme de produits frais s’étend avec la création des Palets Frais, inspirée des patties américains (une nouveauté sur le marché français). Hénaff remporte le Trophée Gencod pour la traçabilité de ses unités logistiques.

Hénaff fête son centenaire en 2007 et réalisé la plus grande boîte de Pâté Hénaff au monde sur le château d'eau de Pouldreuzic. Dans l’ancienne ferme de Jean Hénaff, la "Maison du Pâté Hénaff" est inaugurée. 2010 marque l’arrivée à la direction générale de la société de la 4e génération : Loïc Hénaff, arrière-petit-fils de Jean, succède à son père Jean-Jacques. Hénaff obtient son 1er agrément Bio et lance en mai la production d’une terrine de campagne biologique (marque Ti mad certifiée Qualité France) et en 2011 des rillettes bio.

Développement[modifier | modifier le code]

Hénaff est membre de Produit en Bretagne

En participant au développement du territoire, Hénaff souhaite contribuer à la prospérité de la Bretagne. Pour cela, ses achats sont locaux et durables. En 2010, la société a reçu, en partenariat avec les magasins Leclerc, le Grés d'or du développement régional. Les 40 000 porcs utilisés par an sont tous issus de Bretagne et les boîtes de conserves de Douarnenez (à 20 km du site). 50 % des salariés habitent à moins de 10 km du site.

En 1993, l'entreprise obtient la certification ISO 9001. Cela s'inscrit dans une démarche qualité qui répond aux valeurs fondamentales d'Hénaff. Cette exigence lui a permis une reconnaissance internationale (International Food Standard Niveau Supérieur, United States Department of Agriculture 1972-2003, ré-obtenu depuis 2008). Dès ses débuts, le pâté Hénaff a signé un contrat avec l’armée française, partenariat qui a perduré grâce au certificat d'Homologation Vétérinaire (HVIA) obtenu en 2001.

L'entreprise a développé son réseau professionnel : Valorial (VALOrisation pour la Recherche et l’Innovation ALimentaire), FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France), FFICT (Fédération Française des Industriels Charcutiers Traiteurs), ADEPALE, UPPIA, le Pacte Mondial… Les trois axes du développement durable font partie de l'ADN de l'entreprise, en soutenant le développement économique et social du territoire, le pays Bigouden, et une sensibilité environnementale (RSE) en parallèle de l'activité (démarche ISO 14001 depuis 1998, chartes, règlement ECO-AUDIT). Son propre traitement de l'eau en circuit fermé est récompensé par le trophée de l'eau Loire-Bretagne 2007.

Au niveau des attentes des consommateurs, la traçabilité lui permet de les rassurer sur la provenance (HACCP depuis 1996[12]), initiative récompensée dès 1997 par le trophée Gencod. La nutrition est prise en compte par plusieurs adhésions : la charte d’engagements volontaires de progrès nutritionnel avec l’État, la filière Bleu-Blanc-Cœur (oméga 3), le règlement INCO. Quelques produits proviennent de l'agriculture biologique (label AB, Viande Bio de France, Bio Direct).

Marché[modifier | modifier le code]

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le marché des boites de conserves de pâtés et rillettes est très atomisé, avec la dominance des marques de distributeurs et de quelques grandes marques par rapport aux centaines d'entreprises présentes. L'offre est en effet très diversifiée, adaptée aux préférences locales ou régionales en fonction des modes de consommation[13]. Les petits producteurs régionaux se concentrent soit sur une seule marque produit, soit ils s'appuient sur une très vaste gamme mais très peu diffusée nationalement. Au niveau du comportement des français, le marché constate une érosion de la consommation des conserves mais aussi une recherche de proximité, quitte à devoir payer plus cher, ce qui favorise le « Made in France » et « made in régions », jusqu'au « locavorisme ». Hénaff est le leader du marché des pâtés et rillettes avec un quart de parts de marché alors que le numéro deux Arnaud suit avec 5%.

Le marché des saucisses est également très atomisé. Hénaff, distribué dans le Grand Ouest, y est leader avec 21,3% de parts de marché en 2013, ce qui la fait figurer parmi les premières marques de l'Hexagone[14]. Avec son rachat de licence de la marque américaine Johnsonville, Hénaff acquière une couverture nationale qui fait de l'entreprise un acteur majeur du marché des saucisses premium[15].

Concurrence[modifier | modifier le code]

Des marques agroalimentaires couvrent le marché français, telles que William Saurin, Raynal et Roquelaure, les verrines de la conserverie des Tuilières Arnaud, les terrines Jean Brunet... Depuis les années 1990, les Marques de distributeurs ont pris de l'ampleur. En Bretagne, d'autres PME captent la clientèle des pâtés en conserve, telle que la conserverie Larzul, située à 10 km d'Hénaff, les bocaux Mère Lalie et le pâté Stéphan du groupe Le Graët, le groupe Jean Floc'h...

Offre[modifier | modifier le code]

La production de conserves de légumes, vocation première de la maison Hénaff, s'arrête en 1972. La production de conserves de poissons commencée en 1919, concentrée dans l'usine d'Audierne, est stoppée à la même époque[16]. La fabrication du pâté de porc, débutée en 1915, se poursuit toujours. Fidèle à son exigence de qualité, Hénaff propose des saucisses utilisant toutes les parties du porc, garanties sans colorant ni conservateur[17]. Pionnière dans le domaine de la traçabilité des produits, l'entreprise va plus loin en 2005 avec une innovation unique en France : elle affiche sur ses saucisses une photographie des éleveurs pour continuer le lien social entres les parties prenantes.

Pâté Hénaff[modifier | modifier le code]

boîtes pâté Hénaff
boîtes pâté épicé
Les boîtes de Pâté Hénaff et sa déclinaison épicée.

Le Pâté Hénaff est le produit phare, avec près de 40 millions de boîtes produites par an. Le Pâté Hénaff existe en différents formats de boîte métal : 78 g, 156 g, 260 g, 390 g, 800 g et 1 kg.

Le Pâté Hénaff a conservé sa recette originale mise au point par Jean Hénaff en 1915. Il se compose exclusivement de porc (96 %), de fumet, d'un soupçon de sel, d'épices dont la recette du mélange est détenue par une seule personne. Seules des viandes fraîches sont utilisées (provenant de l'abattoir Hénaff) et les morceaux de porcs utilisés sont les jambons et les filets. Avant d’être expédié, il est conservé en réserve au minimum six semaines.

Le Pâté Hénaff est vendu en France en réseau GMS. Sa part de marché sur le marché des rillettes et pâtés appertisés dépasse les 70 % en Bretagne. La marque est connue par 99 % des consommateurs bretons et près d’un consommateur français sur deux.

De nouvelles saveurs sont créées en 2002 : cidre breton (abandonné) et oignons et petits lardons. En 2011, le Pâté Hénaff est produit dans un bocal en verre de 180 g. En 2014, une recette épicée est commercialisée.

Autres pâtés et rillettes[modifier | modifier le code]

Hénaff a élaboré plusieurs pâtés qui s'inscrivent dans la démarche nutritionnelle « Bleu-Blanc-Cœur » : les pâtés de foie, de campagne, de jambon. La terrine bretonne Hénaff est labellisée par Label Rouge. La terrine de campagne et les rillettes bretonnes sont déclinées en versions biologiques. En verrine, des saveurs différentes sont élaborées, par exemple la terrine forestière, le confit de foie à la fine champagne, la gamme Hénaff Sélection, etc. Depuis 2013, les rillettes en verrine existent à l’ancienne et au poulet rôti (en conserve depuis 2009).

Le canard est également transformé en mousses, terrines et rillettes. D'autres gibiers sont proposés en terrines : lapin, lièvre, chevreuil, sanglier. Hénaff lance en 2006-2007 trois gammes de produits conçues selon différentes habitudes de consommation : la gamme de pâtés à partager, les petits pâtés à découvrir en verrine et le Trio apéro[18].

Produits frais Hénaff[modifier | modifier le code]

Les saucisses fraîches Hénaff sont commercialisées en 1995, après une dizaine d'années de mise au point. Elles adoptent la même recette de base que le pâté Hénaff (tous les morceaux des porcs bretons), la même démarche de qualité et de traçabilité, avec un positionnement « premium », pour aboutir à un produit moins gras que les autres et une saveur reconnue par les consommateurs[19]. La gamme est élargie par des saveurs aux herbes, aux oignons, au goût épicé, à la tomate et même fumées aux algues de la Mer d’Iroise à partir de 2005. Les gros formats de saucisses (125 g) ont eux des déclinaisons aux oignons et fumées aux algues et les mini saucisses sont proposées aux herbes. Des plateaux de saucisses sont vendus en GMS et pour les professionnels sous la marque Hénaff Restauration.

Les palets complètent l'offre de produits frais en 1997, inspirés des « patties » américains. En 2002, Hénaff est la première marque à mentionner le nom de l’éleveur sur l’étiquette de ses produits frais, à laquelle s'ajoute en 2009 la photo de l'éleveur[20]. En 2006, elle lance une production de hachés (dont une déclinaison en forme de Mickey), mais elle est arrêtée ne trouvant pas leur clientèle en grande surface.

Autres produits[modifier | modifier le code]

Le saucisson Hénaff, nouveauté 2014.

En 2002, l’entreprise propose au rayon poisson une nouvelle gamme de salades à base de viande. En 2011, Hénaff s'associe à la société Daunat pour mettre sur le marché le premier sandwich baguette au pâté préemballé.

Les viandes cuisinées diversifient le rayon appertisé en proposant des langues de bœuf, accompagnées de différentes sauces (madère, piquante, muscadet, tomate), des émincés de rognons sauce moutarde, des langues de porc (sauces piquante, madère, tomate), du coq au vin. Elles obtiennent l'agrément Agriculture Biologique en 2013. La gamme « Faites-en tout un plat ça conserve… Hénaff ! » est conçue par Frederick e.Grasser-Hermé en 2009.

Au rayon épicerie, les sardines rappellent les débuts de l'entreprise. Le saucisson sec Hénaff est vendu en 2014, mis au point sur le même principe que les autres produits phares, qui est d'utiliser le porc entier.

Demande[modifier | modifier le code]

Locale[modifier | modifier le code]

Les personnes habitant ou ayant une attirance pour la Bretagne sont les principaux acheteurs. Leur motivation d'achat est liée principalement à l'attachement qu'ils ont pour les produits locaux ou issus d'un territoire proche bien identifié. Le Pâté Hénaff est en effet devenu un symbole de la gastronomie bretonne. La qualité de la fabrication, garantie par des certifications et des labels, est un autre facteur d'achat. Enfin, les personnes sensibles aux valeurs nutritionnelles et aux produits biologiques peuvent être attirés par la composition de certains produits. La diversification des gammes, avec des saveurs innovantes par exemple, permet de plaire au plus grand nombre.

Extérieure[modifier | modifier le code]

Hénaff étend sa présence dans le monde par l'approvisionnement de revendeurs qui distribuent les produits spécifiques dans les pays. Une cinquantaine de pays sont concernés par la mise en marché de produits qui bénéficient de l'image positive de la gastronomie française à l'internationale. Grâce à l'agrément USDA, obtenu en 2008 suite à une démarche qualité de trois ans, Hénaff bénéficie d'un avantage concurrentiel, étant la seule entreprise française à posséder cette certification de sécurité alimentaire[21]. Les barrières réglementaires ont donc pu être franchies pour exporter aux USA.

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs[modifier | modifier le code]

Hénaff possède une équipe d'une trentaine de commerciaux, répartis sur le territoire français. La supply chain regroupe une quinzaine de personnes, chargées en amont, de l'approvisionnement, et en aval, de la livraison au client final[22].

Le réseau de la grande distribution se divise en deux, entre les centrales d'achats (Carrefour, Auchan, Casino, Cora) et les groupements d'indépendants (Leclerc, Intermarché et Système U). La guerre des prix, pour laquelle les grandes marques sont mieux armées, impact le secteur agricole et les PME par des prix d'achat plus faibles[23].

Circuits[modifier | modifier le code]

Le réseau des GMS constitue le principal circuit de distribution. Hénaff diversifie ses réseaux de distribution, en renforçant sa présence en restauration avec une marque dédiée. La part d’activité hors grande distribution atteint 15 %, avec l’épicerie fine, les magasins de produits régionaux ainsi que la restauration hors domicile[24].

Autour de l'entreprise[modifier | modifier le code]

La Bretagne[modifier | modifier le code]

À travers l’association Startijenn Ar Vro Vigoudenn, Hénaff promeut le pays Bigouden. L'entreprise est également membre de nombreuses associations de la région : Produit en Bretagne, Investir en Finistère, l'Institut de Locarn, la marque Bretagne, les chargeurs de la pointe Bretagne (GIE), les maîtres salaisonniers bretons. Au niveau culturel, elle est partenaire de grands rendez-vous comme le Festival interceltique de Lorient, le Cornouaille Quimper, le Festival du Bout du Monde, les fêtes maritimes de Brest et de Douarnenez, etc.

La communication[modifier | modifier le code]

"Ration de survie" d'un Pâté Hénaff sous verre à briser en cas d'urgence !

En France, sa notoriété globale est de 47 % et de 99 % dans l’Ouest[25]. Du point de vue strictement marketing, le pari d’une boîte bleue aux codes couleurs rappelant ceux de la conserve de poisson n’était pas gagné. Pourtant, il séduit les consommateurs mais aussi les gourmets, les artistes, les sportifs[26].

A partir de 1953, Hénaff entame une campagne de location et décoration de vitrine dans les épiceries de Paris, permettant aux ventes de décoller doucement dans la capitale[27]. Dans les années 1960, la PLV (publicité sur le lieu de vente) est accentuée en dehors de la Bretagne et un représentant exclusif est présent à Paris avec une camionnette publicitaire[28]. Aux débuts des années 1970, après l'arrêt de la production de conserves de légumes, Hénaff concentre ses efforts sur le développement de la filière viande. C'est d'abord une campagne de publicité radio qui vante sur les ondes nationales le pâté maison. La première publicité télévisée date de 1972 avec Le grand père, une image originale basée sur la transmission intergénérationnelle et la tradition qui rassure et permet de se démarquer[29]. Jusqu’au début des années 1990, la marque s’appuie sur l’authenticité et l’ancienneté de sa recette pour communiquer : en 1979, le spot télévisé montre Jean-Jacques Hénaff dans l'usine, déclarant « Je certifie l'authenticité de la recette de ce pâté », en 1990, ce sont des consommateurs qui racontent leurs rencontre avec le pâté Hénaff[30].

Au début des années 2000, elle opte pour un ton plus décalé en misant sur la qualité des matières premières : cette fois ce sont les cochons les stars, au meilleur de leur forme en salle de sport. Puis la publicité audiovisuelle de masse est temporairement abandonnée au profit d’une communication plus régionale, de « proximité ». Hénaff et son « pâté des marins » parraine des événements nautiques et des sportifs : le skipper Loïc Blanken, qui s'illustre sur le voilier Hénaff lors de la course Transat 6.50 de 1992, la compétition de surf Aberrante, les associations (École de surf de Bretagne, École de voile des Glénans, Vagdespoir)[31]. En 2006, en s’appuyant sur l’image des sports de glisse et sur son partenariat avec Fabienne d’Ortoli (double championne du monde de kite surf), Hénaff veut séduire la nouvelle génération. En phase avec son époque, elle utilise Internet pour diffuser des spots décalés en mettant en scène Fabienne d’Ortoli et ses complices. Après son partenariat avec Kanabeach, marque de vêtements de surf, Hénaff s'associe à A l'Aise Breizh, mettant toujours l'humour en avant.

En 2006 est créé le Club des Amoureux du Pâté Hénaff, accueillant à l’origine des personnalités du monde de la culture, de la cuisine, du sport, puis ouvert à tous les adorateurs du Pâté Hénaff. En 2008, elle lance une campagne de pub télévisée nationale pour le Pâté Hénaff et une campagne régionale pour la Saucisse Hénaff, dont le packaging a été rendu plus attrayant. Elle montre Anna, une petite fille à table qui, en sentent les produits, s’exclame : « Il jambon ce pâté ! » et « Elle jambon cette saucisse ! » avec les tresses qui se soulèvent. En 2009, la campagne d’affichage pour la saucisse « Paris-New-York-Pouldreuzic », visible sur toute la Bretagne (Nantes incluse), est primée par le Grand Prix de la Créativité de l'Ouest. Les fans de la marque créent une page sur le réseau Facebook qui réunissait début 2012 près de 70 000 fans et près de 115 000 début 2014.

En 2010, Hénaff publie des recettes originales dans les magazines "Les vrais petits bonheurs" et sur son site. Elle utilise de nouveaux packagings : bocaux, barquettes recyclables à 70 %.

La Maison du Pâté Hénaff[modifier | modifier le code]

musée
boutique
Le musée et la boutique à Pouldreuzic

La Maison du Pâté Hénaff correspond à un espace muséographique qui a vu le jour en 2007 à l'occasion du centenaire de l'entreprise, près de l'usine à Pouldreuzic. Installé dans l'ancienne ferme de Jean Hénaff, route de Pendreff, le musée présente l'histoire de l'entreprise et du Pâté Hénaff mais aussi l'histoire du pays Bigouden, l'aventure Hénaff s’inscrivant pleinement dans son territoire[32]. Le lieu abrite également un espace d'exposition temporaire, un espace salon de thé et un espace loisirs. Au pied du château d'eau se trouve la boutique Hénaff, construite en 2010 afin de proposer aux fans de la marque l'ensemble de la gamme, les produits dérivés et des produits du pays Bigouden et du Finistère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ouest-France
  2. source IRI 2009
  3. Alle 2007, p. 36
  4. Alle 2007, p. 31
  5. Alle 2007, p. 19
  6. Alle 2007, p. 35
  7. Alle 2007, p. 37
  8. Alle 2007, p. 68-69
  9. a et b Lallouët 1986, p. 8
  10. Lallouët 1986, p. 9
  11. Bretagne : Produits du terroir et recettes traditionnelles, Albin Michel / CNAC, p. 134
  12. Traçabilité
  13. Caroline Faquet, « Un besoin de marques puissantes », LSA, 1er octobre 2010
  14. Hénaff. Information presse : point économique et marchés 2013
  15. Saucisses fraîches. Hénaff exploite la licence Johnsonville, Zepro, 15 mai 2014
  16. Alle 2007, p. 104
  17. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 38
  18. Clotilde Briard, « Le pâté Hénaff cultive l'esprit de famille », Les Echos, 26 juillet 2007
  19. Dossier de Presse HENAFF 2014, p.7
  20. Bernard Laurent, « La saucisse Hénaff a un visage », Paysan Breton, juin 2009
  21. Communiqué de presse, « L’entreprise Hénaff vient de recevoir l’agrément USDA, référence mondiale dans le domaine de la sécurité des aliments. », 28 avril 2008
  22. Olga Stancevic, « Directions commerciales et supply chain : deux services en interaction permanente », Action Commerciale, n°324, juin 2012
  23. Catherine Maussion, « C’est le pâté Hénaff qui finance la Knacki », Libération, 28 février 2014
  24. « Rattrapé par la crise, Hénaff dit garder « un temps d’avance », lequotidienlesmarches.fr, 5 avril 2013
  25. Sophie Lécluse, « Le pâté Hénaff refuse de s'encroûter », La Tribune, 12 février 2011
  26. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 47
  27. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 48
  28. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 52
  29. Arnaud Le Gal, « Hénaff, l'Astérix du pâté en boîte », L'Express, 25 septembre 2003
  30. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 54
  31. Histoires de cochons et bonnes recettes, p. 64
  32. Alle 2007, p. 80

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Alle, Hénaff, 100 ans d'histoire, Le Chasse-Marée,‎ 2007, 156 p. (ISBN 978-2-353 57023-2)
  • Hénaff, Histoires de cochons et bonnes recettes, Michel Lafon,‎ 2009, 190 p. (ISBN 978-2749910291)
  • Jean Lallouët (photogr. Michel Thersiquel), « Trois générations de Hénaff : une recette qui défie les modes », ArMen, no 2,‎ avril 1986, p. 2-17
  • Le Pâté Hénaff : dix façons de l’accommoder, Frederick e. Grasser Hermé, 2009, éditions de l’Epure (ISBN 978-2-352 55105-8)
  • « Hénaff a 100 ans. La petite boîte bleue et jaune se raconte », Nouvel Ouest, juin 2007, 9 pages
  • Gérard Alle, « Hénaff, un centenaire alerte », ArMen, n°161, novembre-décembre 2007, p. 18-23

Liens externes[modifier | modifier le code]