Rimogne

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Rimogne
La mairie
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Blason de Rimogne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Rocroi
Intercommunalité Communauté de communes Val et Plateau d'Ardenne
Maire
Mandat
Noëlle Devie
2008-2014
Code postal 08150
Code commune 08365
Démographie
Gentilé Rimognats
Population
municipale
1 430 hab. (2011)
Densité 379 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 50′ 29″ N 4° 32′ 19″ E / 49.84147, 4.538684 ()49° 50′ 29″ Nord 4° 32′ 19″ Est / 49.84147, 4.538684 ()  
Altitude Min. 194 m – Max. 282 m
Superficie 3,77 km2
Localisation

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Rimogne est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne.

Ses habitants sont appelés les Rimognats.

Rimogne est un village autrefois important pour avoir été un des plus grands bassins ardoisiers français et cela dès son origine. L'ardoise y a été extraite de 1158 à 1971, soit pendant 813 ans. À l'image du destin des mineurs de Zola dans Germinal, la vie du village est intimement liée à celui de l'extraction ardoisière. C'est à travers cette histoire que se sont dessinés la plupart des aspects de la vie sociale, de la vie économique, de la vie culturelle.

Si aujourd'hui toute activité ardoisière a cessé, il n'en reste pas moins que Rimogne est un village au riche passé industriel. Ces exploitations ont en effet tellement façonné ce village que le monde de l'ardoise et tout ce qui s'y rattache sont encore très présents dans le quotidien.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Vue aérienne de Rimogne (au centre), Charleville-Mézières se trouve au sud-est

Rimogne se situe sur le plateau de Rocroi, à 17 kilomètres au nord-ouest de Charleville-Mézières. Le village a une étendue de 353 hectares et culmine à une altitude de 252 mètres. Son relief présente de nombreuses côtes et l'on a d'ailleurs longtemps distingué « deux Rimogne » : le Rimogne du bas et le Rimogne du haut. Le bas étant le plus rural et le haut, où passe la route nationale 43, le plus riche. Cette réalité s'est également longtemps traduite dans le nom des rues. Les rares noms de rues du XIXe siècle étaient par exemple : rue d'En-Bas, rue d'En-Haut ou encore Près la Chaussée Royale. Dans sa Géographie illustrée des Ardennes, Albert Meyrac dira d'ailleurs que Rimogne « se divise en Rimogne-Haut, Rimogne-Bas et l'Enclos[1]. »

Rimogne se découpe en plusieurs lieux-dits, noms qui sont aujourd'hui pour la plupart disparus : le Grand Terne, le Sauvoy, le Gard, la Hourbise, le Lairy, Hubert-Champ, l'Enclos, Bonne Fontaine ou encore la Poule Noire. Le bourg se découpe en plusieurs grands axes qui pour la plupart le traversent de part en part. Le premier axe que l'on peut citer est la route nationale. Les autres axes sont les rues principales de villages : la rue du Mellier, la rue Jean-Baptiste Clément, la rue Jules Guesde, la rue du Gard.

Les communes limitrophes sont : Le Châtelet-sur-Sormonne, Harcy, Murtin-et-Bogny. Les territoires se mêlent jusqu'à en devenir flou par endroit dans l'imagination des habitants. On peut en trouver un exemple simple à l'ancienne gare de Rimogne. Une fois les rails traversés, on se retrouve sur le territoire de la commune d'Harcy. Il en est de même pour la Richolle. Si elle fait partie de l'histoire de Rimogne, cet écart se situe sur le territoire de la commune d'Harcy. Il en est de même pour l'étang Doby (ou d'Oby).

Panorama du centre de Rimogne avec de gauche à droite : le chevalement du Puits Saint Quentin, l'église Saint Brice, la route nationale dans le fond, la Maison de l'Ardoise et l'école maternelle Henri Biston.

Géologie et hydrologie[modifier | modifier le code]

La Rimogneuse

Le sous-sol de Rimogne, qui appartient au Cambrien, se caractérise par une alternance de bancs quartzites et de schistes parmi lesquels plusieurs niveaux ardoisiers dont le principal atteint 25 mètres de puissance, noté comme plus gros bancs d'ardoise à toit qu'il y ait en Europe en 1784[2]. Ces terrains présentent un pendage de 40 degrés. L'ardoise de Rimogne est de deux sortes : l'ardoise grenue et l'ardoise bleue. L'ardoise grenue, le plus souvent gris-bleuâtre, présente une multitude de cristaux de fer oxydulés. L'ardoise bleue qui ne présente pas ces cristaux est beaucoup plus facile à travailler.

Le ruisseau qui traverse Rimogne s'appelle la Rimogneuse. Il prend sa source, avec le ruisseau de la Richolle, dans les marais d'Ambeuval au lieu-dit Blanc-Marais. Il forme ensuite l'étang de Rosainrue (ou Rosainruz) qui se situe au nord du village. À l'est du village, les eaux de l'étang de Rosainrue et de l'étang de Doby se rejoignent pour former la Rimogneuse qui s'écoule vers l'ouest du village pour rejoindre les étangs de Pierka avant de se jeter dans la Sormonne. La rivière, aujourd'hui gros ruisseau, alimentait au XIXe siècle les moulins de Rimogne et du Châtelet-sur-Sormonne. On compte deux ponts principaux et un autre de dimension plus modeste, tous situés dans la partie basse du village.

La commune compte donc plusieurs étangs. Le plus grand d'entre eux est celui de Rosainrue. Avec une superficie de sept hectares, il fut utilisé par la Compagnie des ardoisières afin d'alimenter des chutes d'eau faisant tourner des turbines et ainsi produire de l'électricité.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le climat de Rimogne est celui du plateau de Rocroi, un climat plutôt rude. Les températures moyennes relevées à Rocroi sont à peu de choses près les mêmes qu'à Rimogne : 0 °C en janvier et 15,9 °C en juillet[3]. Cependant, la climatologie la plus proche que l'on puisse citer est celle de Charleville-Mézières.

La pluviosité sur le plateau de Rocroi est très importante et s'étend sur 200 jours environ[3]. Le total annuel de 950 millimètres correspond à peu de choses près à la pluviométrie de Bordeaux.

Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 4,1 4,7 8,9 14 18 23 28,8 20 22,9 17,4 11,6 7,2 15,05
Températures minimales moyennes (°C) -3,2 -1 -0,3 2,4 8,4 9,6 14,4 11,4 11,1 8,9 4 0,9 5,55
Températures moyennes (°C) 0,4 1,8 4,3 8,2 13,2 16,3 21,6 15.7 17 13,1 7,8 8,1 10,3
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 28 70,8 100,6 56,6 136,8 29,2 59 142,8 15,4 81,8 93 135,8 950
Source : Climatologie mensuelle - Charleville-Mézières, France

Réseau de communication et transports[modifier | modifier le code]

Le principal axe de communication traversant la commune est la route nationale 43 reliant Sainte-Ruffine à Calais, autrefois dénommée « Chaussée royale » ou « Route royale ». Au niveau du bourg, elle se confond avec la route nationale 51. Une fois dans le village, elle se découpe en rue Pasteur et rue Jean Jaurès. De nombreux poids lourds empruntent cet axe. La réalisation du « Y » autoroutier ardennais devrait désengorger ce point de passage. Une des variantes envisagées pour la construction de cette autoroute présente cependant des risques dus au sous-sol du village. Les anciennes ardoisières au sud-ouest présentent des risques d'effondrement[4].

La gare assurait la communication entre Hirson et Charleville-Mézières. Elle n'existe plus depuis les années 1970. Deux lignes de bus assurent la navette entre Rimogne et Charleville-Mézières. La Régie départementale des transports des Ardennes (RDTA) propose en effet une ligne partant de Signy-le-Petit et une autre partant de Rocroi avec deux liaisons le matin et deux l'après-midi. Deux arrêts sont présents dans le village, un à l'entrée ouest et un autre au centre, près de la Maison de l'Ardoise. Une société de taxis est installée à Rimogne, il s'agit tant de transports médicaux que de transports à caractère personnel.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Rimogne
Rimogne
  • De gueules à l'aigle au vol abaissé d'argent

Le blason de la commune est celui de la famille De Robert du Chatelet dont Rimogne fut la propriété jusqu'en 1789 date à laquelle le dernier seigneur de Rimogne devint maire de la commune.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon une étymologie plaisante : deux ouvriers ardoisiers étaient en train de manger. Le premier, étranger au village, se mit à se moquer du second qui rigolait la bouche pleine en disant « Voyez voyez y ri et mougne » (voyez voyez il rit et mange), donnant ainsi son nom au village[5].

En réalité, le nom est attesté sous les formes Rieumogne, Rimegne, Rumogne, Rimoigne (Rimonium) puis Rimogne[réf. nécessaire].

Les toponymistes Auguste Longnon, Auguste Vincent, Albert Dauzat, Charles Rostaing et Ernest Nègre n'ont pas étudié ce toponyme, sans doute parce qu'ils n'ont pas trouvé d'explication satisfaisante.

On note dans la région jusqu'en Wallonie, la fréquence d'une finale toponymique -ogne : Bastogne, Hogne, Chevetogne, Logne, etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le nom de Rimogne apparaît pour la première fois dans un acte signé par Pierre de Montcornet, seigneur du lieu en 1158. Il consiste en une concession de terrain accordée aux religieux de Signy pour l'exploitation d'une ressource minérale, l'ardoise. Selon l'abbé Champsaur, Rimogne n'était alors qu'un simple hameau dépendant d'un village plus au nord : Farigny où se trouvait un château qui fut détruit vers 1436 par les Liégeois[6]. Pierre de Montcornet, fils de Hugues de Montcornet, leur renouvelle cette autorisation avant de l'étendre, en 1220, aux religieux de Signy. Les religieux de l'abbaye de Foigny entrent dans l'exploitation de l'ardoise la même année. Les religieux se partageront les ressources jusqu'au XVIe siècle, date à laquelle ils vendent leurs possessions. Les laïcs entrent en jeu. Le souvenir des moines est encore présent dans le village à travers le lieu-dit et la rue de Bonne-Fontaine.

Le temps des seigneurs (1245-1899)[modifier | modifier le code]

Croix de l'ancienne église

Rimogne a longtemps été la possession de seigneurs. À son origine, Rimogne faisait partie de la châtellenie du Châtelet, relevant elle-même de la baronnie de Montcornet. Nicolas de Montcornet fut le premier à recevoir le titre de Seigneur de Rimogne en 1245. Après le mariage de sa petite-fille avec Jean de Jeumont, la seigneurie de Rimogne change de main jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Outre le château du Châtelet, les seigneurs de Rimogne disposaient d'un autre château situé au lieu-dit l'Enclos, entouré de fossés et comportant une tour.

C'est au XIIIe siècle qu'est édifiée l'église, au lieu-dit du Gros Caillou. L'église, de style ogival, comporte une grande nef, deux chapelles latérales et un clocher ajouté en 1697. Le chœur gothique est percé de deux fenêtres. Le cimetière est contigu à l'église. À cette époque, Rimogne n'est pas encore une paroisse, il ne l'est devenu qu'en 1801. Le village dépend de la paroisse de Murtin-Bogny.

La famille Hénin-Liétard règne jusqu'en 1603, puis c'est la famille des De Robert du Chatelet, originaire du Béarn[7], qui règnera jusqu'en 1789. En 1634, selon l'abbé Champsaur, Rimogne aurait compté 40 feux y compris les veuves soit environ 250 habitants. En 1714, le village en compte le double. La Révolution française et la Terreur n'ont pas fait de victimes à Rimogne, les seigneurs de l'époque ayant été bons pour la population, celle-ci n'a exigé d'eux qu'une seule chose : qu'ils retranchent la particule de leur nom. Le dernier seigneur de Rimogne fut Jean Baptiste Louis De Robert. Né en 1724, il devient le premier maire de Rimogne en 1793. Il se rattache à la période révolutionnaire un épisode particulier. Le marquis de La Fayette s'est en effet arrêté à Rimogne en juillet 1792, là où se dressait auparavant le château de Farigny (la division Vandamme s'y arrêta également quelques années plus tard pour se rendre à Waterloo)[8].

Carte de Cassini vers 1780

Si la Révolution a fait cesser les privilèges, Rimogne est resté sous la coupe d'une famille longtemps encore : les Rousseau de Rimogne. Originaire de Bourgogne[9], cette famille s'est implantée à Rimogne avec Jean Louis Rousseau vers 1779. Les Rousseau régnèrent en maître sur le village. Ces derniers possédant en effet la presque totalité des tréfonds de la commune[10]. Habitant une riche bâtisse surnommée le château Rousseau, on les retrouve alliés à la famille De Noirfontaine et à la famille De Vaillant de Monchy.

Le point commun à toutes ces familles est l'ardoise. Les différentes ardoisières ont en effet été leurs possessions au fil des siècles. On ne peut pas déterminer avec précision quels ont été les seigneurs à un moment donné car chaque famille a gardé une part d'intérêt dans ces ardoisières. L'histoire de Rimogne semble vouloir ne se résumer qu'à cette vie ardoisière. C'est autour de ce schiste que se sont cristallisés tous les aspects de la vie sociale, économique et politique du village.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

École primaire de Rimogne

Tout au long du XIXe siècle, l'accroissement de la population s'accompagne par le développement des services et des infrastructures. En 1839, un bureau de poste est ouvert. Tout d'abord bureau de distribution, il devient bureau de direction en 1845. On construit également des halles non loin de la poste, sur la Grand Place du village, actuelle place de la République, permettant d'organiser des marchés et des foires. Ces halles seront détruites au début du XXe siècle.

L'école, qui jusqu'en 1841 était dispensée dans la sacristie de l'ancienne église, a désormais lieu dans un grand bâtiment construit dans le haut du village sur un terrain octroyé par la Compagnie des ardoisières après que la commune lui a donné le droit d'exploiter l'ardoise sous les rues du village[11]. Elle accueille une classe de filles et une classe de garçons au rez-de-chaussée. À l'étage se trouve la salle de la mairie et les logements des instituteurs. Le premier instituteur à y habiter est Jean-Baptiste Buridant. L'école enfantine sera créée en 1900.

Église Saint Brice

L'ancienne église où étaient inhumés les seigneurs du lieu est vendue puis rasée. Ses murs ne permettaient en effet plus d'accueillir la population de Rimogne grandissante. C'est le 11 mai 1845 que les travaux de la nouvelle église dédiée à saint Brice commencent au lieu-dit Le Gard. Construite sur les plans de l'architecte Louis Clément Labarre, l'église est consacrée le 13 octobre 1847 par l'archevêque Gousset. L'église abrite les reliques de saint Brice et de sainte Chantal. Le cimetière situé près de l'ancienne église est abandonné vers 1825, le nouveau cimetière est créé (on ouvrira une deuxième section de ce cimetière en 1937).

Une autre des modernisations du village, et non des moindres, est la construction d'une gare ferroviaire sur la ligne qui relie Charleville à Hirson. Les travaux débutent en 1867 et la gare est opérationnelle deux ans plus tard. Il y aura sur le territoire de la commune trois postes de garde-barrières, un situé près de la gare, un situé au lieu-dit Pont d'Arrête-Eaux et un situé près d'Hubert-Champ. La gare a permis le développement des ardoisières. L'acheminement des ardoises fabriquées était en effet fastidieux en carrioles. Le train a permis d'augmenter la productivité. Dans les années 1940, trois trains circulaient par jour : un train de voyageurs le matin et le soir et un train de marchandises.

La fin du XIXe siècle voit également arriver à Rimogne les conduites d'eau. Plusieurs bornes-fontaines sont installées dans le village. Un employé est chargé de fermer les eaux tous les soirs et de les rouvrir le lendemain. La conduite principale se situe sous la route nationale. Ces adductions d'eau ont sans conteste amélioré les conditions de vie de la population de Rimogne composée en majeure partie d'ardoisiers. Plusieurs lavoirs viennent compléter ce dispositif dans plusieurs endroits de la commune.

C'est également au XIXe siècle que s'est installée une communauté de religieuses à Rimogne. Ces sœurs étaient de l'Ordre du Très Saint Sauveur. Elles habitaient une maison non loin du presbytère. Cette communauté restera à Rimogne jusque dans les années 1960. Les sœurs s'occupent avec le curé de la vie religieuse du village en encadrant par exemple les loisirs des jeunes filles lors du patronage ou en dispensant les soins infirmiers dans le village.

Rimogne et les guerres[modifier | modifier le code]

Détail du monument aux morts de 1870

De par sa situation géographique, Rimogne s'est trouvé sur le passage des armées lors des trois dernières grandes guerres. La guerre franco-allemande de 1870 est la première d'entre elles. L'armée prussienne bombarde le village trois fois entre le 16 novembre et le 22 décembre[12]. Le général Boulanger indique dans son ouvrage sur l'invasion de 1870 que la population rimognate est effrayée par l'annonce de l'arrivée des uhlans et des volontaires surveillent la voie de chemin de fer. Le lendemain, l'armée ordonne l'occupation de la gare[13]. Avant l'invasion du village par les Prussiens, Rimogne accueille également une ambulance pour soigner les soldats français. Cette ambulance logée dans le château du bois Châtelain est entre autres prise en charge par l'abbé Champsaur qui est emmené comme otage lors de l'invasion, Charles Thiébault, syndic d'ardoisières, Antoine Théophile Philippot, l'instituteur et Sébastien Wautier, le directeur des ardoisières. Six soldats blessés lors de la bataille de Sedan meurent à l'ambulance.

Monument aux morts des deux guerres

En 1914, Rimogne est de nouveau être envahi. Les Allemands entrent dans le village très vite après le déclenchement du conflit : le 26 août 1914 ils défilent sur la route nationale. Les Rimognats, au courant de l'avance des armées de Guillaume II, partent dans un exode forcé, le village se vide petit à petit. Une ambulance militaire est installée dans le château Rousseau. La population civile peut s'y faire soigner par des médecins allemands. La Kommandantur est située non loin de là dans la maison et les bureaux du directeur des ardoisières. Une Sous-Kommandantur est installée dans la maison des Mas/Normand au 31 de l'actuelle avenue Pasteur. Un Syndicat d'émission de Bons communaux a été instauré le 16 février 1916 pour émettre des bons payables un an après la fin de la guerre. Le président de ce syndicat était le docteur Desplous, médecin de la commune. Le 6 novembre 1918 au matin, la Kommandantur est évacuée. Le docteur Desplous, qui s'était dévoué aux villageois restés au village, meurt d'épuisement. Il est déclaré mort pour la France « des suites de ses fatigues du dur régime qu'il dut subir pendant 50 mois »[14]. Cinquante quatre personnes sont inscrites au monument aux morts du village, six d'entre elles sont des victimes civiles.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Rimogne abrite le poste de commandement de la 61e division d'infanterie du général Vauthier pendant la drôle de guerre[15]. Cette dernière prend fin lorsque le 10 mai 1940 les Allemands déclenchent leur offensive générale à l'ouest, ce qui est marqué à Rimogne le jour même par un bombardement de la Luftwaffe alors que le poste de commandement de la 61e DI vient de quitter le village[15]. Rimogne est à plusieurs reprises la cible des bombes allemandes. Plusieurs personnes sont tuées et plusieurs autres blessées. Des bâtiments sont soufflés dont le château des De Monchy ainsi que la maison Sinniger, patron de l'usine d'émail. Les cibles des bombardements étaient non seulement les axes de communication mais également un état-major médical en poste dans plusieurs maisons du village. Beaucoup de Rimognats se sont comme en 1914 lancés sur les routes de l'exode pour se rendre pour la plupart en Vendée et dans le Rhône. Une fois les Allemands entrés à Rimogne, les terres des agriculteurs sont réquisitionnées pour être mises en commun afin de produire pour le Reich. Un chef de culture est en poste dans le château de l'Enclos. Les soldats allemands mettent également en place deux postes d'observation : un dans le clocher de l'église et un au lieu-dit la Poule Noire. Les habitants restés dans la zone interdite mènent une vie très difficile. Rimogne est libérée le 4 septembre 1944 par les Américains. Les noms des dix-sept victimes rimognates sont portés au monument aux morts. Neuf d'entre elles ont été victimes des bombardements du 10 mai 1940.

De 1945 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

L'après-guerre marque à Rimogne le début de son déclin économique. Les années les plus critiques sont les années 1970. Le 15 juillet 1971, les ardoisières ferment leurs portes. Il en est de même pour la gare qui est reconvertie en logement. En 1973, l'usine des Émaux ferme à son tour ainsi que la dernière brasserie. L'activité économique du village est réduite au quasi-néant. Il reste l'usine de broyage d'ardoise située près de la gare. Toutefois cette dernière étant située sur le territoire de la commune d'Harcy, les retombées fiscales ne profitent pas à Rimogne.

Les commerces et les artisans sont également touchés. Le dernier cordonnier ferme en 1980 alors que l'on en comptait au moins 11 au XIXe siècle[16]. Les derniers bouchers ferment, eux qui étaient 12 au siècle dernier. La modernisation des industries a également fait disparaître petit à petit les maréchaux-ferrants. On en comptait 27 entre 1800 et 1900. Les commerces d'alimentation et de fournitures, très nombreux au XIXe siècle ont fermé un à un. Au début des années 1990, il n'en restait plus que deux, aujourd'hui fermés et remplacés par une supérette.

Rimogne qui avait longtemps eu une brigade de douane et une brigade de sapeurs pompiers en est aujourd'hui dépourvu. La brigade de gendarmerie est depuis le 1er janvier 2003 en communauté de brigade avec celle de Renwez. Il ne reste plus qu'une permanence. La poste, fondée en 1839, ne trie plus le courrier, ce qui est désormais fait à Maubert-Fontaine. Aujourd'hui ce sont les écoles et le collège qui permettent de garder une activité du fait que de nombreux élèves des communes alentour les fréquentent. Rimogne est devenu un village de services qui se tourne progressivement vers le tourisme.

Rimogne et l'ardoise[modifier | modifier le code]

Histoire de l'exploitation de l'ardoise[modifier | modifier le code]

Exploitation jusqu'au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Fosse Pierka

La première exploitation de l'ardoise, autrefois appelée écaille, remonte à 1158. Elle se fait alors à ciel ouvert et ce sont les moines de trois puissantes abbayes qui font exploiter ces ardoisières : l'abbaye de Foigny, l'abbaye de Bonnefontaine et l'abbaye de Signy. L'abbaye de Foigny obtient une concession de Hugues de Montcornet dans une concession dite l'Escaillère et en mai 1230, les moines de Signy reçoivent une charte. Quant à ceux de Bonne-Fontaine ils en recevront une en juillet 1273, dans laquelle on peut lire : « Nous Nicoses de Montcornet chevalier de Rimogne et Basile sa femme, faisons savoir à tous ceux qui ces présentes lettres verront et auront, que nous avons octroyé et octroyons purement et simplement à l'église de Bonnefontaine cinquante pieds de pierre pour faire écaille qui sont ci Grande Fosse de Rimogne entre les écaillères de cette même église et les écaillères de Signy et Foygny[17] ». L'ardoise sert essentiellement à la couverture des bâtiments.

En 1358, Jean de Jeumont, alors seigneur de Rimogne, déclare « toutes leurs escaillères de Rimogne franches et exemptes de vinage ». En 1470, les moines de Bonne-Fontaine rachètent un terrain à Pierquat Caigneaux, fondant ainsi ce qui est devenu une des plus vieilles ardoisières de Rimogne : l'ardoisière de Pierka. Si les moines de Bonne-Fontaine se retirèrent de l'exploitation de l'ardoise en vendant leurs possessions pour aider au rachat de François Ier prisonnier à Pavie, il semble qu'ils aient gardé de l'importance jusqu'au XVIe siècle[18]. Les laïcs qui exploitaient auparavant de minuscules parcelles, peuvent profiter du départ des religieux. C'est en 1663 que Charles d'Ambraine, receveur du grenier à sel d'Aubenton, rachète pour quarante ans une concession aux moines à la Hallevoye, alors la fosse la plus importante.

En 1702, Jean Baptiste Collart de Boutancourt succède à Charles d'Ambraine à la Hallevoye avant d'exploiter quelques années plus tard la Grande Fosse. À la mort de Jean Baptiste Collard, la Grande Fosse, alors seule fosse exploitée, connaît ses premières grandes difficultés. Antoine Collard de Ville, le neveu de Jean Baptiste, hérite en effet de l'ardoisière puis la lègue à son fils en 1773 qui la saccage par manque d'expérience et par volonté de profit[19].

À l'autre bout de Rimogne, Pierka est rouverte par le sieur Châtelain en 1767.

L'avènement des Rousseau[modifier | modifier le code]

Planche de l'Encyclopédie montrant la Grande Ardoisière de Rimogne

L'exploitation de l'ardoise à Rimogne va être révolutionnée avec l'arrivée de Jean-Louis Rousseau et le rachat de la Grande Ardoisière en 1779. C'est à cette époque que la machine industrielle se met véritablement en marche. La « Grande Fosse » était une des fosses les plus importantes de France[20] et Jean-Louis Rousseau va lui faire retrouver son rang. Avant d'arriver à Rimogne, Jean-Louis Rousseau avait été concessionnaire général des mines de charbon de la province du Forez. La première machine hydraulique avait été mise en place en 1775. Rousseau va continuer à travailler à l'épuisement des eaux, améliorant les conditions de travail et par là même la productivité. Sept millions d'ardoises sont produites en moyenne chaque année[21]. C'est à cette époque que les encyclopédistes s'intéresseront à l'exploitation de l'ardoise à Rimogne afin de rédiger l'article intitulé Ardoiserie de la Meuse. Rimogne et ses exploitations ont en effet servi d'exemple. L'inspecteur Vialet note dans tous les détails l'exploitation de l'ardoise à Rimogne à cette époque.

L'ancienne Hallevoye devenue fosse Saint-Quentin est reprise par plusieurs partenaires (en 1776 Pillon s'allie à Bruslé, Dagneau et Cochart) et devient la concurrente directe de la Grande Fosse. À la veille de la Révolution, plus de 5 millions d'ardoises restent invendues. Les dirigeants des différentes ardoisières se mettent d'accord alors sur le pourcentage de production accordé à chaque exploitation. La Grande Fosse obtient la production de 50 % du marché, Saint-Quentin elle, n'en aura que 25 %, le reste étant laissé aux ardoisières de Deville et Monthermé. L'avance que prend Jean-Louis Rousseau sur les autres est décisive. À part de cette date, la dynastie des Rousseau est fondée. Elle règnera sur Rimogne pendant plus d'un siècle. Jean-Louis Rousseau a 4 fils qui vont l'aider à mener l'entreprise jusqu'à sa mort le 27 avril 1788. En 1817, les Rousseau rachètent les autres fosses. C'est le début de la Compagnie des ardoisières de Rimogne qui est fondée quelques années plus tard en 1831.

La Compagnie des ardoisières de Rimogne[modifier | modifier le code]

Wagon ou baril pour remonter l'ardoise du fond
Carte des exploitations ardoisières

La Compagnie des ardoisières de Rimogne et de Saint-Louis-sur-Meuse est fondée le 14 octobre 1831[22]. La Compagnie règne en maître sur le village, ses statuts font apparaître des propriétés immenses, son fonds social est évalué à 1 080 000 francs[23]. Les parts de la société sont réparties entre 9 membres de la famille et il est précisé que les actions sont indivisibles même par suite de succession. Il est également précisé que les actionnaires veulent, autant que possible, éviter l'introduction d'étrangers dans la société. À partir de 1839, la Compagnie participe aux expositions universelles[24].

Si la société possède presque tous les tréfonds de la commune, il reste des endroits où l'exploitation est encore possible. Ils le seront par plusieurs sociétés : celle de Truffy et Pierka créée en 1836, celle de la Fosse aux Bois créée en 1839, celle de la Rocaille en 1840 et celle de la Richolle en 1842. La Compagnie les rachètera toutes une par une, ne souffrant aucune concurrence. En 1843, un puits de 120 mètres est foré à la fosse Saint-Quentin pour le passage de la pierre dans les barils. Le rendement de toutes les exploitations de Rimogne s'élève à 51 200 000 ardoises[25]. Ce n'est pas le puits le plus profond, en 1826, un puits de 170 mètres avait été creusé aux abords de la Grande Fosse dans le même but.

Rimogne avait connu plusieurs grèves, en 1825, 1869, 1874, 1878, 1887 avec à chaque fois comme revendications une hausse des salaires. Les ardoisiers vivent dans la misère. Le 9 avril 1888 éclate l'une des plus grandes grèves. 340 ardoisiers sur 390 se mettent en grève. Les revendications sont les suivantes : 10 % d'augmentation c'est-à-dire 4 francs pour les fendeurs et 5 pour les mineurs ainsi que la restitution des fonds de la caisse de retraite à la chambre syndicale[26]. Jean-Baptiste Clément vient à Rimogne le 20 avril (une rue du village portera son nom par la suite). La Compagnie n'accorde rien et les meneurs sont licenciés. Ces derniers iront rouvrir l'ancienne ardoisière de Risquetout, tentative qui ne durera pas à cause des frais énormes à débourser. Une grève similaire aura lieu en 1901, elle durera trois mois.

Entre 1893 et 1895, on installe les premiers compresseurs et en 1903, on ouvre la fosse Saint-Brice pour suppléer la Grande Fosse qui commence à s'essouffler.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, 600 ouvriers sont employés par la Compagnie. Les deux conflits mondiaux vont ralentir la production qui sera arrêtée par moments. En 1920, on ouvre un atelier de fendeuses et une école de formation pour apprentis. En 1945, les fosses sont noyées partiellement, il faut tout remettre en état.

Fin des ardoisières[modifier | modifier le code]

Ancien treuil de la fosse Saint-Brice
Chevalement du puits Saint-Quentin

L'ardoise qui sert essentiellement à la couverture perd du terrain, son prix à l'achat est beaucoup plus élevé que d'autres matériaux. De violents éboulements se produisent en 1936 dans la Grande Fosse, la remontée de la pierre est bloquée. La Grande Fosse ferme en 1948. On essaie de redynamiser le bassin en rouvrant la fosse Saint-Quentin. On y installe un chevalement en acier, en fait un ascenseur qui permettait aux mineurs de descendre et de monter mais également facilitait la remontée des wagons chargés d'ardoise. L'inauguration a lieu le 4 décembre 1961.

En 1965, la Compagnie des ardoisières de Rimogne achète la société des ardoisières de Fumay où travaillent environ 150 personnes. Léon Voisin écrira à ce sujet: « Faute de réussir la modernisation souhaitable, sinon nécessaire, il est possible d'imaginer que la Compagnie, devenue une société à responsabilité limitée (SARL) a voulu, en 1965, assurer son avenir en éliminant définitivement toute concurrence proche par le rachat de la Renaissance et de Saint-Joseph à Fumay[27] ». L'exploitation de l'ardoise connaît toutefois ses dernières années. La société dépose le bilan en 1969. Après Fumay, en avril 1971, la dernière fosse en activité de Rimogne, la fosse Truffy ferme à son tour quelques semaines plus tard. 1971 est l'année où toutes les installations encore en activité ferment. Huit siècles s'étaient écoulés depuis l'extraction de la première ardoise du sol de Rimogne et des Ardennes.

L'exploitation de l'ardoise perdure toutefois sous la forme d'une entreprise de broyage, la SICA (Société industrielle et commerciale ardennaise). Cette société de broyage avait été ouverte en 1934 par la Compagnie. Elle extrait l'ardoise dans une carrière à ciel ouvert (sur le territoire de la commune d'Harcy) pour la réduire en particules à la granulométrie pouvant aller de quelques microns à plusieurs millimètres. Ces poudres sont destinées à la fabrication de chapes d'étanchéité, dans les bitumes, mastics. Cette usine entraîne par ailleurs de profonds problèmes d'environnement. Le dégagement de beaucoup de poussière d'ardoise rend les paysages alentour blancs. La forêt et les maisons environnantes sont recouverts par cette poussière grisâtre.

Aspects sociaux de l'exploitation ardoisière[modifier | modifier le code]

Vie des ardoisiers[modifier | modifier le code]

Ardoisiers de la Fosse Saint Brice s'éclairant à la bougie

Il est difficile aujourd'hui de s'imaginer ce qu'a pu être la vie des ardoisiers à Rimogne. L'ouvrier qui se laissait glisser sur l'échelle afin de rejoindre son ouvrage d'exploitation, s'engouffrait petit à petit dans le silence et l'obscurité. Vers 1750, l'ingénieur Vialet écrit à ce sujet : « Les ouvriers se servent de chandelle pour éclairer leur travail du dedans de la fosse, mais ils portent leurs faix sans aucune lumière, soit dans les galeries, soit sur les échelles, à force de passer par le même endroit il se forme dans les galeries des espèces d'augets dans lesquels les ouvriers sont couler leurs piés, ce qui les dirige dans leur marche »[28].

Jusque dans les années 1920, l'éclairage dans des profondeurs pouvant aller jusqu'à plus de 600 mètres n'était assuré que par des chandelles fabriquées sur place dans le village. Les ouvriers plongés dans cette nuit forcée accueilleront avec soulagement le progrès qu'a constitué la lampe à acétylène ou lampe à carbure[29]. Les conditions de travail des ouvriers devant porter des charges excédant les 50 kilos sur leur dos, à peine protégés par un cousin de paille appelé bassat, étaient très difficiles. Les outils des années 1900 étaient très semblables à ceux des années 1700.

De plus, les ouvriers du fond comme du jour sont exposés à une maladie respiratoire appelée schistose (c'est la silicose des mineurs de charbon). Les poussières d'ardoise respirées par les ardoisiers se déposaient peu à peu dans les poumons. Il fallut attendre 1949 pour voir cette maladie reconnue comme maladie professionnelle.

Cette vie très difficile est rythmée par les blessures et les accidents. Les coupures, les fractures, les entorses et les plaies ponctuent le quotidien des ouvriers. Les accidents mortels se produisent plus ou moins régulièrement et les causes sont très diverses, allant le plus souvent du décès par écrasement à la suite de la chute d'un bloc, au décès dû à une chute ou au décès dû à une explosion mal maîtrisée. Cinquante neuf accidents mortels sont recensés de 1753 à 1970. La plus jeune victime avait 13 ans, la plus ancienne en avait 71. À chaque accident, une sirène appelée gueulard placée à la Grande Fosse retentissait dans Rimogne faisant cesser toute occupation. La population attendait alors avec angoisse de savoir qui était la ou les victimes. On peut en effet constater que la plupart du temps, le travail se faisant en communauté, un accident faisait plusieurs victimes à la fois comme en 1787 où cinq ardoisiers trouvent la mort, en 1905 (quatre victimes). Si seulement 59 accidents mortels dans les fosses sont recensés en un peu plus de deux siècles, il faut aussi noter que les blessures entraînaient souvent la mort et l'on oublie donc de comptabiliser ces ouvriers.

Ferveur et traditions religieuses[modifier | modifier le code]

Vitrail de sainte Barbe
Sainte Barbe de la descenderie de la Voute

L'un des autres impacts de l'exploitation ardoisière à Rimogne a été l'impact religieux. La patronne des ardoisiers, sainte Barbe, est omniprésente. On la retrouve à l'entrée de chaque descenderie, veillant sur la vie des ouvriers. On retrouve aujourd'hui pas moins de quatre statues de sainte Barbe différentes. La première est exposée à la Maison de l'Ardoise, les trois autres se trouvent dans l'église. C'est d'ailleurs dans l'église que se trouve l'expression la plus concrète de l'impact religieux des ardoisières. Des deux chapelles situées dans les bras du transept l'église, celle de droite est consacrée à sainte Barbe. De la grille d'entrée de la chapelle jusqu'aux plus petits détails, tout rappelle l'importance de la sainte. L'autel de la chapelle présente dans un bas relief les outils des ardoisiers, les outils du jour et les outils du fond. Les outils sont également présentés dans un des vitraux. Le vitrail présente le Christ donnant l'Eucharistie à sainte Barbe et dans le fond ont été représentés différents monuments du village.

Les ouvriers perpétuèrent également le culte de sainte Barbe au sein d'une confrérie qu'ils fondèrent en 1851, association de piété présente lors des grandes manifestations. Si sainte Barbe est très présente, les grands propriétaires des ardoisières ont joué un grand rôle dans la vie religieuse. Une simple visite de l'église laisse apparaître cet état de fait. La famille Rousseau a donné plusieurs des vitraux ou encore les deux grottes représentant Bernadette Soubirous. Le monde des ardoisières a marqué l'église de la nef aux cloches, l'une d'entre elles a pour parrain un des directeurs de la Compagnie. Armand Moreaux, maire de Rimogne et directeur des ardoisières offre même la balustrade en fer forgé disposée devant les orgues installées en 1878.

Emprise de la Compagnie dans la vie locale[modifier | modifier le code]

Château des Rousseau de Rimogne

Outre le fait que les propriétaires des ardoisières possédaient la presque totalité des tréfonds de la commune et donc pour ainsi dire possédaient le village, ils avaient la mainmise sur une multitude de choses dans le village. Le logement entre dans ce cadre. Les ouvriers ardoisiers étaient logés par la Compagnie, le plus souvent dans des cités ardoisières dont les plus anciennes situées dans le quartier de la Grande Fosse ont été construites vers 1825. Mais le plus grand ensemble de cités, un alignement de maisons en briques à un étage, a été construit le long de la route nationale. Les habitations sont exiguës mais les ouvriers ont à leur disposition un morceau de terrain situé derrière duquel ils peuvent tirer leur subsistance. L'emprise de la Compagnie sur les logements est énorme. En 1932, elle possédait 192 logements dans le village.

La Compagnie des ardoisières a également été très présente dans la vie politique et associative. Depuis 1789, huit maires ont joué un rôle au sein des ardoisières. Le premier d'entre eux fut Pierre Joseph Bétry, régisseur, tout comme son successeur Jean Baptiste Péridon qui sera maire par deux fois. Vincent Adolphe Rousseau de Rimogne, petit-fils de Jean Louis Rousseau, est maire de Rimogne en 1837 et cela jusqu'en 1848. Plusieurs autres dirigeants ce sont succédé : Louis Pierre Teissier, Constant Beuret, Ferdinand Aubriot ou encore Armand Moreaux, petit-fils du général René Moreaux. La Compagnie est omniprésente. Elle l'est également au sein des associations. L'harmonie municipale fondée en 1892 a longtemps eu les dirigeants des ardoisières comme directeurs. M. Gilloteaux, directeur des Ardoisières réunies à Rimogne était Président d'honneur de l'Union sportive en 1922. M. le comte de Monchy, actionnaire principal de la compagnie, est membre de la société de chasse fondée en 1929. Il en est de même pour l'Espoir de Rimogne, association sportive fondée en 1932, dont l'un des vice-présidents était le directeur Alfred Derancourt.

Démographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie de Rimogne.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués périodiquement dans la commune depuis 1793. Le chiffre de 1856 est absent. Grâce à la monographie de l'instituteur Buridant, on sait qu'en 1855, le nombre d'habitants s'élevait à 1894. Après avoir crû au XIXe siècle et atteint un maximum en 1846 avec 1 935 habitants, la population de la commune décroît du début du XXe siècle jusque dans les années 1950 puis reste relativement stable.

La population de Rimogne s'est petit à petit accrue grâce aux emplois fournis par les ardoisières. Il y eut deux vagues d'immigration. La première qui a eu lieu après la Première Guerre mondiale a essentiellement concerné les Italiens. La seconde vague d'immigration qui a suivi la Seconde Guerre mondiale a vu arriver des Polonais en majeure partie dans le village. Aujourd'hui Rimogne n'a plus de concentrateur d'emploi comme l'étaient les ardoisières, les motivations de la venue des nouveaux habitants sont principalement un cadre de vie agréable ou encore les racines familiales.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
716 783 842 972 1 147 1 246 1 705 1 935 1 898
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 834 1 780 1 919 1 914 1 878 1 844 1 906 1 745 1 692
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 639 1 522 1 566 1 530 1 583 1 372 1 499 1 533 1 477
1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 - -
1 327 1 388 1 323 1 416 1 420 1 427 1 430 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2004[31])
Histogramme de l'évolution démographique

Logement[modifier | modifier le code]

En 1999, Rimogne comptait 535 logements dont 501 étaient des résidences principales. La même année, 67,5 % des résidents étaient propriétaires de leur logement contre 28,5 % de locataires[32]. Le parc immobilier du village est composé de maisons assez anciennes. 60,7 % des maisons ont été construites avant 1949 et 239 des 501 résidences principales ont été construites avant 1915. 6,8 % des logements ne disposaient en 1999 ni de baignoire ni de douche.

Toujours en 1999, 74,1 % des logements étaient composés de quatre pièces, suivis par les logements de trois pièces (16,2 %), puis ceux de deux pièces (9 %) et enfin, les studios représentant 0,8 % du parc. Depuis quelques années, de nombreuses zones jusqu'alors non habitées se sont construites (zones situées près de la rivière, du cimetière ou encore les verdoux). La désertification rurale semble moins toucher Rimogne surtout du point de vue de l'habitation.

Rimogne compte une zone de logement gérée par l'OPAC. Cette zone est située dans le château du Bois Châtelain et dans des pavillons tout autour. Ce sont en tout 17 logements du T1 au T4 qui sont proposés à la location.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Rimogne fait partie de la communauté de communes Val et Plateau d'Ardenne et a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[33].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie de Rimogne

Longtemps, Rimogne a été gouverné par de riches notables, en particulier par des grands propriétaires terriens, des propriétaires d'ardoisières, de brasseries, etc. Le début du XXe siècle a marqué un changement dans cette situation, en particulier après la Première Guerre mondiale.

De nombreux ardoisiers sont devenus maires. Le meilleur exemple de ces ouvriers devenus maires est Henri Biston, maréchal-ferrant qui a rempli deux mandats. Le village a été par la suite dirigé par des maires socialistes. Les noms de rues témoignent de la tendance politique : rue Jean-Baptiste-Clément, rue Jean-Jaurès, rue François-Mitterrand ou encore rue Jules-Guesde.

Liste des maires successifs[34]
Période Identité Étiquette Qualité
2008   Noëlle Devie[35] UMP  
2001 2008 Jean-Marie Baudoin PS Ancien professeur
1983 2001 Jacques Beaufils PS Professeur
1961 1983 René Petit SFIO puis PSU Directeur du collège
1949 1959 Henri Biston SFIO Maréchal-ferrant

Budget municipal et fiscalité[modifier | modifier le code]

Le budget municipal 2006 s'élève à un total de 1 860 000 €. Les recettes de fonctionnement se montent à : 327 319 € d'impôts et taxes, 700 428 € de dotations et participations (DGF, taxe professionnelle), 37 518 € de revenu des immeubles, 75 388 € de travaux en régie effectués par le personnel d'entretien, 4 577 € de produits financiers et exceptionnels, 104 867 € de remboursement sur rémunérations du personnel et 57 061 € provenant des produits des services.

Toujours en 2006, les dépenses de fonctionnement se répartissent en : 617 532 € de charges de personnel, 430 465 € de charges générales, 1 055 € de charges exceptionnelles, 138 523 € de charges de gestion courante, 29 086 € de charges financières et de 90 498 € d'excédent de fonctionnement reporté[36].

L'endettement de la commune au 31 décembre 2006 s'élève à 1 049 000 €[37].

Les principaux investissements en 2006-2007 concernent principalement la construction de la médiathèque (700 000 € auxquels s'ajoutent les honoraires de l'architecte) et le remboursement des emprunts (129 335 € pour 2006 et 112 188 € pour 2007).

En 2007, le taux de la taxe d'habitation est de 18,43 % (en comparaison, le taux départemental est de 8,66 %). On peut constater une baisse de ce taux qui s'élevait en 2002 à 30,78 %[38]. Le taux de la taxe sur le foncier bâti et de 33,31 % (celui de la taxe sur le foncier non bâti de 53,61 %) et celui de la taxe professionnelle de 10,53 %.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Ste Barbe dans sa tour

L'église Saint-Brice construite en 1845. Cette église de style néoclassique n'a pas de cachet extérieur particulier[39]. Elle renferme toutefois quelques intéressantes curiosités. L'église est un bon témoin de l'histoire ardoisière du village. La famille Rousseau de Rimogne a offert trois vitraux ainsi que les deux grottes de part et d'autre de l'autel dont la partie plane est constituée de plaques tombales prélevées dans l'ancienne église. Une chapelle est dédiée à la patronne des ardoisiers : sainte Barbe. L'autel de la chapelle et ses vitraux sont ornés des outils des ardoisiers qui ont également offert un vitrail. Le peintre Eugène Damas exécute trois toiles situées dans la chapelle du Sacré-Cœur. À voir également un lutrin du XVIIIe siècle en forme d'aigle ainsi qu'une statue très particulière de sainte Barbe dans sa tour.

Château de l'Enclos du XIIIe siècle

Le monument aux morts de 1870 sculpté par Aristide Croisy se situe dans le cimetière. Inauguré le 24 octobre 1904, il représente un mobile, soldat de 1870, en train de charger. À l'origine brute, la statue a été peinte aux couleurs de l'uniforme d'alors.

Le monument aux morts des deux guerres mondiales est inauguré le 7 mai 1922 par, le député des Ardennes Henri Philippoteaux, il est situé sur la place de l'église et de l'école primaire.

Une plaque apposée sur les murs du carreau de l'exploitation Saint Quentin reprend les noms des ouvriers ardoisiers tués lors des deux conflits mondiaux. On y peut en dénombrer trente.

Il existe ou a existé plusieurs châteaux à Rimogne. Le premier d'entre eux, le château dit de l'Enclos, a été vendu en 1529 pour participer à la rançon de François Ier de France. Pendant de longues années, une brasserie était établie en ses murs. C'est aujourd'hui une ferme. Il subsiste la tour du château ainsi que la grande salle.

Le deuxième château, est celui du Bois Châtelain où résidait autrefois le marquis de Bérulle et la famille Teissier, propriétaire des ardoisières, avant lui. Situé à la sortie du village, il fut brûlé en 1944 et reconstruit à l'identique. Il abrite aujourd'hui des logements.

Le château des Rousseau, demeure historique des propriétaires des ardoisières, est situé le long de la route nationale. Tout près se situait également la maison de Monchy, bombardée en mai 1940.

Verdoux et soutènements[modifier | modifier le code]

Détail d'un mur

L'ardoise règne en maître dans le paysage rimognat. Là où se trouvait les anciennes fosses, se dressent encore à de nombreux endroits les verdoux. Ce sont des lieux où étaient entreposés les déchets d'exploitation, formant à certains endroits de véritables collines. Lorsque l'école maternelle actuelle a été construite, l'ancien verdoux de l'ardoisière Truffy a dû être arasé.

Une spécificité de Rimogne réside dans les murs gigantesques réalisés en ardoise qui ne tiennent que par l'empilement des différentes pièces d'ardoise qui le composent. Le plus haut de ces murs se situe rue du Mellier et plus long se situe dans la rue de la Fosse Truffy. Ces murs sont d'une importance capitale car si l'on regarde leur structure, on se rend compte qu'ils sont composés de deux parties disposées dans deux sens différents, permettant ainsi de soutenir les terrains. Cela permet également d'avoir pu construire sur des terrains surélevés par rapport aux rues comme c'est la cas entre le niveau de la Grande Fosse et celui de la rue de la Fosse Truffy ou encore entre le niveau de l'endroit où est construit le chevalement du Puits Saint Quentin et celui de la rue du Mellier.

Les friches industrielles[modifier | modifier le code]

Chevalement de la Fosse Truffy

Lorsque les ardoisières ont fermé, toutes les structures industrielles ont été abandonnées telles quelles. À part la Grande Fosse qui abrite la Maison de l'Ardoise, les autres fosses sont restées en l'état. Même si les bâtiments abritant les descenderies ont été murés, les carreaux sont toujours accessibles.

La construction la plus symbolique est le chevalement du puits Saint-Quentin construit en 1961. Cette construction métallique est l'ancien ascenseur qui permettait de descendre et de remonter les ouvriers ardoisiers de la fosse Saint-Quentin. Il avait été construit pour assurer un renouvellement du bassin ardoisier, il est aujourd'hui la preuve de sa chute.

La baraque des fendeurs de Saint Brice, la descenderie et le treuil, le carreau de l'ardoisière Truffy, le carreau de Saint Quentin, la descenderie de la Voûte ou les immenses murs d'ardoise de Pierka font vivre le passé ardoisier. Cela n'est pas sans danger. Les bâtiments des fendeurs de Saint Quentin ont en effet été détruits par un incendie accidentel.

Ardoise et pierres funéraires[modifier | modifier le code]

Détail d'une tombe

Si l'ardoise sert à faire des murs ou à recouvrir des toits, elle a également longtemps servi à confectionner les pierres tombales. L'utilisation de l'ardoise pour confectionner des pierres tombales est une particularité que l'on trouve non seulement à Rimogne mais également dans d'autres villes ardoisières comme Fumay ou Haybes. Les deux types d'ardoise, la grenue et la bleue, étaient utilisés pour la fabrication. Les pierres réalisées en pierre grenue s'effritent plus rapidement que celles en pierre bleue.

À Rimogne, on en trouve encore quelques exemples dans le cimetière du village. La tombe la plus singulière peut-être est celle de l'ancien directeur des ardoisières Sébastien Wautier. Sa plaque tombale est en effet gravée, reproduisant des outils comme le compas ou l'équerre. On trouve également des tombes plus modestes où une ardoise arrondie toute simple se dresse à la tête[40].

Économie[modifier | modifier le code]

En 1999, le taux de chômage à Rimogne était de 14,3 % et celui de la population active de 41 %. Les revenus moyens par ménage étaient de 12 844 euros par an soit près de 2 200 euros de moins que la moyenne nationale. Rimogne est un village en grande partie d'ouvriers. Ces derniers représentent 42,8 % des habitants. Ils sont suivis par les employés à 32,4 %. Les artisans, commerçants, chefs d'entreprise ne représentent par contre que 3,4 % de la population active. Rimogne comptait autrefois plusieurs agriculteurs, ceux-ci ne sont que 0,7 % de la population active en 1999. 27,3 % des Rimognats sont des jeunes scolarisés[41].

Si l'exploitation ardoisière a occupé la majeure partie de la scène économique de Rimogne, on peut également faire mention d'autres industries. En 1881, Auguste Rifflart ouvre la première usine d'émail. Il travaille à partir de 1890 en collaboration avec Louis Lens qui possèdera par la suite sa propre usine. Les Emaux Rifflart fermeront après la Seconde Guerre mondiale. Quant aux Emaux Lens puis Sinniger, ils fermeront en 1973. Rimogne a également compté plusieurs brasseries, une fonderie, une clouterie et une briquèterie.

Bien que Rimogne soit un village, il compte encore aujourd'hui malgré la fermeture de nombreux commerces depuis les années 1970 de nombreux services. Il dispose d'une supérette (Shopi), d'un bazar, de deux boulangeries, de deux coiffeurs, d'un bureau de tabac-presse, d'une fleuriste, d'une agence bancaire, d'une pharmacie, de trois médecins, d'une orthophoniste, d'un kinésithérapeute, d'un dentiste, d'une infirmière, d'une auto-école, d'un bar-restauration et d'une permanence de la gendarmerie. À noter qu'une déchèterie est disponible. Cette accumulation de services s'explique en partie par le passé économique de Rimogne.

Enseignement[modifier | modifier le code]

École maternelle Henri-Biston

Rimogne dispose d'une école maternelle, d'une école primaire ainsi que d'un collège d'enseignement général. L'école maternelle fondée en 1900 est l'école Henri-Biston, du nom d'un maire de Rimogne. Tout d'abord située dans les bâtiments de l'actuelle mairie, la nouvelle école maternelle se situe rue de la Fosse Truffy et a été construite en 1992 sur un ancien verdou. À la rentrée 2007, elle compte cinq sections : une classe de grande section avec 24 élèves, une classe intermédiaire composée de 8 élèves de grande section et 13 de moyenne section, une classe de moyenne section de 21 élèves et une classe de petite section formée par 19 petits et 5 tout-petits. L'école accueille donc 90 élèves en tout.

L'école primaire Jules-Desplous se situe sur la place de l'église. Construite en 1839, elle a accueilli une école de garçons et une école de filles. Mixte depuis, à la rentrée 2007, elle accueille 160 élèves. La répartition des classes est la suivante : une classe de CP de 25 élèves, une classe de CE1 de 23 élèves, une classe double niveau CE1-CE2 de 18 élèves, une classe de CE2 de 25 élèves, une classe double niveau CE2-CM1 de 22 élèves, une classe double niveau CM1-CM2 de 22 élèves et une classe de CM2 de 25 élèves soit 7 classes[42].

Le collège du Blanc-Marais se situe dans le haut du village, il a succédé à un collège en préfabriqué construit dans les années 60 près de l'église. Menacé de fermeture en 2005, il a été maintenu. De par sa position géographique, le collège accueille de nombreux élèves des communes alentour. Sur 330 élèves en 2006, 273 étaient demi-pensionnaires[43]. En 2005-2006, le collège comptait trois classes par niveau (de la 6e à la 3e) ainsi que quatre divisions de SEGPA. Depuis 1975, un échange entre le collège de Rimogne et le Städtisches Gymnasium d'Übach-Palenberg est organisé. Le foyer socio-éducatif propose de nombres clubs : chorale, informatique, cirque, théâtre et l'UNSS permet aux élèves de participer à différentes compétitions sportives[44].

Sports[modifier | modifier le code]

Terrain de football de Rimogne

Le club de football de Rimogne (le FCR) a été fondé en 1936. Les équipes jouent en promotion de première division et en deuxième division. L'équipe dispose de deux terrains de football : un terrain principal herbeux et un terrain en stabilisé permettant par exemple les entraînements lorsque le premier est détrempé. Des bâtiments en dur abritent les vestiaires des joueurs et des arbitres.

Le FJEP est l'association la plus importante de Rimogne. De nombreuses activités sportives sont proposées : tennis, tennis de table, tir, volley, musique, badminton, musculation, gymnastique (enfants, adultes et troisième âge), atelier création et savoir-faire, handball, randonnée. Le FJEP possède une salle où le tir est par exemple dispensé : le Mille Club. Il y a également à Rimogne un club de judo créé en 1986 qui accueille tous les ans 125 personnes.

Le COSEC (complexe sportif évolutif couvert) est une structure où ont lieu les cours de sport des collégiens. Il permet également aux associations sportives du village de pratiquer leurs activités. Le matériel entreposé et les équipements permettent de nombreux sports : basket-ball, football, handball, volley, athlétisme, gymnastique, etc. À côté du COSEC se trouve un boulodrome.

Pendant le mois de juillet, un centre de loisirs est mis à disposition des habitants du village et des villages alentour. Ouvert aux enfants de 3 à 16 ans, il est ouvert de 9h à 17h. Les enfants peuvent jouer à des jeux intérieurs et extérieurs, participent à des balades en forêt et de nombreuses autres activités. Ce centre de loisirs découle de la ruche fondée en 1974 par Rosemonde Chateau.

Culture[modifier | modifier le code]

La Maison de l'Ardoise.

La Maison de l'Ardoise, musée sur le passé ardoisier de Rimogne, est installée dans les bâtiments de l'ancienne Grande Fosse et de la centrale électrique. Elle retrace en plusieurs salles ce qu'a été la vie ardoisière du village avec par exemple la salle du treuil. Différents objets, témoins de ce passé, sont présentés au visiteur : anciens outils, cartes postales, maquettes, statues. Le point d'orgue de la visite est le puits vertical de 185 mètres sur lequel a été posée une vitre, permettant ainsi de voir l'endroit par où les wagons pleins de pierre remontèrent jusqu'en 1937. Le musée est remanié[45] mais la commune décide de le fermer au début de l'année 2009. Après des négociations menées avec le directeur des ardoisières, la mairie de Rimogne parvient à racheter l'ensemble des vestiges des ardoisières pour l'euro symbolique en avril 2011[46]. Des travaux d'aménagement sont alors entrepris, le carreau de l'ardoisière Saint-Quentin est défriché et embelli, la Voûte est rasée pour laisser place à un belvédère et la Maison de l'ardoise est rouverte au public.

Rimogne compte également parmi ses associations le seul club de Questions pour un champion des Ardennes. Une médiathèque portant le nom d'Eugène Damas a ouvert le 8 octobre 2008. À noter que Rimogne est un village fleuri récompensé par une fleur depuis le 21 mars 2007.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Eugène Damas, né à Rimogne le 9 mars 1844, peintre, fonde l'Union artistique des Ardennes avec Alphonse Colle.
  • Jules Desplous, né le 26 septembre 1852 à Liart, Jules Desplous était docteur en médecine. Il soutient sa thèse en 1879. Le 28 juillet 1889, il est élu membre du conseil d'arrondissement pour représenter le canton de Rocroi. Il est élu conseiller général le 11 juillet 1893. On lui doit le prolongement de la ligne de chemin de fer de Rocroi vers Brûly-de-Couvin. Jules Desplous fut maire de Rimogne de 1899 à 1905 et de 1908 à 1912). Il meurt le 30 avril 1919. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume.
  • L'abbé Gridaine, né à Rimogne le 29 octobre 1764, il entre au séminaire puis est nommé vicaire de Rethel. Lorsque la Révolution éclate, il part en exil en Suède où il devient précepteur à la Cour puis vicaire apostolique. Il meurt en Suède en 1832.
  • Armand Polèse, né à Rimogne le 31 octobre 1922, résistant. Agent de liaison puis chef de groupe au Maquis du Banel, il est assassiné par les Allemands le 18 juin 1944. Il repose dans le cimetière du village.
  • De nombreuses familles nobles ont vécu et ont fait l'histoire du village : De Robert du Châtelet, Hénin-Liétard, Rousseau de Rimogne, Bodson de Noirfontaine, Le Vaillant de Monchy, Habert de Montmort.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stéphane Ceccaldi, Eugène Damas : Peintre des Ardennes, Citedis,‎ 2003 (ISBN 2-911920-23-6).
  • L'abbé Champsaur, Monographie de Rimogne,‎ 1870
    disponible aux Archives départementales des Ardennes
  • Marie-Pierre Charpail, Ardoise en Ardennes, Épernay, ORCCA,‎ 1995 (ISBN 2-909983-03-X)
  • Gracia Dorel-Ferré (sous la dir.), Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne. Les racines de la modernité, Reims,‎ 2005 (ISBN 2-86633-418-3)
  • L'abbé Hubignon, Les ardoisières de Rimogne et des environs depuis le XIIe siècle
    disponible aux Archives départementales des Ardennes
  • Léon Voisin, Les Ardoisières de l'Ardenne, Charleville-Mézières, éditions Terres Ardennaises,‎ 1987 (ISBN 2-905339-06-3)
  • N. Watrin, Les ardoisières des Ardennes. Description et exploitation du schiste ardoisier, fabrication des ardoises, lever des plans d'ardoisières, Charleville,‎ 1897

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albert Meyrac, Géographie illustrée des Ardennes, 1900, p.437.
  2. Abbé Rozier, Observations sur la physique, sur l'histoire naturelle, sur les arts avec des planches en taille douce dédiées à Mgr le comte d'Artois, 1784, p. 86.
  3. a et b Fiche climatique sur le site de la DDAF
  4. [PDF] DDE de la Marne
  5. Jean Baptiste Buridant, Notice historique de l'instituteur pour l'inspecteur des écoles de Rocroi, 1855.
  6. Abbé Champsaur, op. cit..
  7. M. de Saint-Allais ; avec le concours de MM. de Courcelles, l'abbé de l'Espines, de Saint-Pons, Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume. Tome quatrième, p. 217.
  8. Albert Meyrac, op. cit., p. 439.
  9. M. de Saint-Allais, op. cit., Tome troisième, p. 333.
  10. Léon Voisin, Les Ardoisières de l'Ardenne, éditions Terres Ardennaises, Charleville-Mézières, 1987, p. 157.
  11. Léon Voisin, op. cit., p. 157.
  12. Le général Boulanger, L'Invasion allemande : guerre franco-prussienne de 1870-71, 1888-1891, p. 2278.
  13. Le général Boulanger, op. cit., p. 2278.
  14. Fiche individuelle sur le site Mémoire des Hommes
  15. a et b Jean-Yves Mary, Le corridor des Panzers, tome I, p. 114, Heimdal, 2009
  16. Registres de l'État-Civil de Rimogne.
  17. Droits de terrage accordés à l’église de Bonnefontaine, donation de Nicoses de Moncornet sieur de Rimogne, 1273, copie ms de 1777, Médiathèque de Sedan, Fonds Gourjault, Carton 194.
  18. Léon Voisin 1987, p. 149
  19. Léon Voisin, op. cit., p. 149.
  20. Matthieu Guillaume Delvenne, Biographie du Royaume des Pays-Bas, ancienne et moderne, ou histoire abrégée, par ordre alphabétique […], Liège, 1829, p. 318.
  21. Léon Voisin, op. cit., p. 151.
  22. Ordonnance du roi portant autorisation de la société anonyme de la Compagnie des ardoisières de Rimogne et de Saint-Louis-sur-Meuse (IX, Bull. O. CXXII, n. 3415).
  23. Bulletin des lois du Royaume de France, IXe série, Règne de Louis-Philippe Ier, Roi des Français, Tome III, 1832, p. 545.
  24. Exposition universelle de 1851, Travaux de la commission française sur l'industrie des nations, Paris 1855, p. 71.
  25. Annales des travaux publics de Belgique, Tome III, 1845, p. 338.
  26. Dominique Petit, Socialisme et anarchisme : de la cohabitation au divorce, 1881.1891, Terres Ardennaises no 41.
  27. Léon Voisin, op. cit., p.166.
  28. Rapport de l'ingénieur Vialet dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.
  29. Léon Voisin, op. cit., p. 99.
  30. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  31. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  32. - Logements à Rimogne  : les occupants
  33. Création du PNR des Ardennes
  34. État-civil de la commune
  35. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin 2008 (fichier au format PDF)
  36. Bulletin d'information communal no 18.
  37. Comptes sur le Minefi
  38. Impots.gouv.fr
  39. Champsaur la qualifie de lourde et massive.
  40. Gracia Dorel-Ferré (sous la dir.), Atlas du patrimoine industriel de Champagne-Ardenne. Les racines de la modernité, Reims, 2005.
  41. INSEE- Catégories socioprofessionnelles
  42. Bulletin d'information communal.
  43. Fiche sur le site de l'académie
  44. Site du collège
  45. Les Ardennes en marche, Le magazine du Conseil général des Ardennes, octobre 2007, p. 21.
  46. [1]
Cet article est reconnu comme « article de qualité » depuis sa version du 4 janvier 2008 (comparer avec la version actuelle).
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