Parc naturel régional de Millevaches en Limousin

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Parc naturel régional de Millevaches en Limousin
Image illustrative de l'article Parc naturel régional de Millevaches en Limousin
Tourbière, prairies et forêt (Meymac)
Catégorie UICN V (paysage terrestre/marin protégé)
Identifiant 193411
Pays Drapeau de la France France
Régions Limousin
Départements Corrèze, Creuse et Haute-Vienne
Coordonnées 45° 40′ 02″ N 2° 01′ 33″ E / 45.66725724, 2.02582622 ()45° 40′ 02″ Nord 2° 01′ 33″ Est / 45.66725724, 2.02582622 ()  
Superficie 3 143 km2
Population 37 673 habitants en 2011
Création 18 mai 2004
Administration Fédération des parcs naturels régionaux de France
Nombre de communes 113
Site web site officiel

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Parc naturel régional de Millevaches en Limousin
Carte des communes du Parc

Le parc naturel régional de Millevaches en Limousin est un parc naturel régional français créé en 2004, situé à cheval sur les trois départements de la région Limousin (Corrèze, Creuse, Haute-Vienne). Il est, dans l'ordre chronologique, le deuxième parc naturel du territoire régional ; le premier, celui du Périgord-Limousin, date de 1998. Il est présidé par le conseiller régional Christian Audouin (PCF).

S'étendant sur 3 143 km2, ce qui en fait le sixième PNR par la superficie, le parc s'organise autour du plateau de Millevaches, vaste ensemble hercynien de nature granitique de la périphérie occidentale du Massif central, qui s'étage entre 400 et 1 000 mètres d'altitude et plusieurs plateaux et petits massifs périphériques. Le plateau est représentatif d'une diversité de paysages humides de façade océanique (landes, tourbières, espaces boisés et prairies agricoles).

Le parc est peuplé de 37 673 habitants[1] répartis sur 113 communes[a 1].

La maison du parc se situe à Gentioux-Pigerolles (Creuse). Meymac, en Corrèze, et Nedde en Haute-Vienne accueillent deux antennes décentralisées[a 2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Logo du parc.

Le territoire du parc s'étend sur la partie centrale et orientale du Limousin, dont il occupe près de 19 % de la superficie totale. La majeure partie du parc (1 708 km2 soit 54 %) est située dans le département de la Corrèze, la partie creusoise s'étend sur 1 007 km2 (32 %), la partie haut-viennoise représentant 428 km2 (14 %).

Le territoire est constitué de milieux naturels souvent humides car bien arrosés par une pluviométrie propre à l'ambiance océanique véhiculée par les flux d'ouest. Ces milieux sont bien définissables. Y alternent tourbières (6 500 hectares au total[a 3]), landes sèches à bruyères (2 300 hectares au total[a 3]), forêts de feuillus, forêts de pente, prairies, gentiane, qui lui valent d'ailleurs le nom de « Patagonie française »[2].

Cent quatre-vingt-sept espèces rares ou protégées sont recensées dans le parc, dont soixante-quatorze espèces faunistiques[a 1].

Carte des unités paysagères définies par la DREAL, sur le territoire du parc.

Le parc se découpe en sept unités paysagères, définies dans le projet de charte du futur PNR en 2003, résultant d'interactions entre homme et nature, définies selon des critères géomorphologiques, anthropiques et hydrologiques[a 4] :

Vallée de la Vienne et ses affluents (entre 300 et 750 mètres d'altitude) ; un espace de transition entre le plateau limousin et la « montagne » proprement dite, principalement drainé par trois cours d'eau : la Vienne, la Maulde et la Combade. Le territoire est partagé entre vallons boisés et prairies et petits plateaux agricoles.
Pays de Vassivière (entre 700 et 800 mètres) ; autour des deux grands plans d'eau de Vassivière et Lavaud-Gelade, entre vallons tourbeux à l'abandon et grands espaces forestiers. Cette unité, cloisonnée au nord par une forte rupture de pente, est marquée par une nette déprise agricole.
Massif des Monédières (entre 400 et 900 mètres) ; un massif largement forestier mais partiellement tourbeux, qui se détache brusquement du relief, en particulier vers l'ouest, dominant le plateau d'Uzerche.
Sources (entre 700 et 1 000 mètres) ; unité centrale et culminante du territoire, nettement plus ouverte que les unités périphériques (landes, tourbières de grande taille, larges espaces pastoraux), bien que gagnée par la forêt résineuse. Nombreuses sources.
Plateau de la Courtine (entre 600 et 850 mètres) ; plateau massif, forestier, à terminaison septentrionale collinéenne, et présence persistante d'une agriculture herbagère voire bocagère au nord.
Vallées de Haute-Corrèze (entre 500 et 850 mètres) ; espace contigu au haut plateau des « Sources », agriculture de fond de vallées encaissées et forêt souvent ancienne.
Plateaux d'Eygurande à Flayat (entre 650 et 850 mètres) ; espace initialement bocager, feuillu, cloisonné à l'est par les gorges du Chavanon.

Le plateau de Millevaches à proprement parler regroupe les entités des Sources, du pays de Vassivière et des vallées de Haute-Corrèze.

Si les unités citées précédemment sont le fruit d'études du PNR, la direction régionale de l'environnement (DREAL), en partenariat avec l'université de Limoges, a défini dans son Atlas des paysages du Limousin[3] trente-deux unités de paysage recouvrant l'ensemble de la région. Le territoire du PNR est occupé par plusieurs de ces unités paysagères, qui sont donc principalement fondées sur des aspects géomorphologiques et naturels[1].

Population[modifier | modifier le code]

Au recensement INSEE de 2011, le parc était peuplé de 37 673 habitants, en baisse de 2,64% par rapport au recensement de 2007. Cette décrue enclenchée avec l'exode rural se tasse depuis la fin du XXe siècle, à l'instar du redressement démographique observé en Limousin depuis 1999. Cependant, le plateau de Millevaches reste un espace isolé et rural, où le solde naturel reste nettement négatif et la moyenne d'âge bien plus élevée que la moyenne d'âge régionale. À titre d'exemple, 35,1 % de la population du parc sont âgés de 60 ans ou plus, contre 28,5 % pour la région Limousin et 21,1 % à l'échelle nationale. À l'inverse, 25,4 % de la population du parc sont âgés de moins de 30 ans, contre 31,0 % en Limousin et 37,6 % en France.

Évolution de la population du territoire du PNR de Millevaches en Limousin entre 1968 et 2007.

Évolution de la population
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007
? 53 087 48 558 44 964 41 726 39 044 38 815 38 696
(Sources : Base de données Insee[1])

La plus peuplée des communes du parc est Meymac, en Corrèze, avec 2 464 habitants au recensement de 2011. Seules sept communes dépassent le millier d'habitants, la commune-type du parc étant peuplée d'environ 340 habitants. 23 communes ont une population inférieure à 100 habitants.

Principales communes du Parc

Relief[modifier | modifier le code]

Carte physique du parc naturel régional de Millevaches en Limousin.

En termes de relief, le territoire du parc se partage entre quatre zones plus ou moins distinctes :

  • dans la partie centrale, ne couvrant en vérité qu'environ 40 % de sa superficie, le plateau de Millevaches dans son acception la plus précisément géographique, entre 800 et 977 mètres d'altitude, s'étendant de Felletin au nord aux Monédières au sud, suivant un arc légèrement ouvert en amphithéâtre vers l'ouest, et d'où émergent plusieurs grands cours d'eau comme la Vienne et la Vézère. Cette partie est la plus élevée du parc, on y trouve plusieurs sommets au-delà de 900 mètres d'altitude, dont le Mont Bessou, point culminant du parc et du Limousin.
  • à l'est, le plateau de la Courtine, entre 700 et 932 mètres d'altitude.
  • au nord, les collines du pays de Vassivière et du plateau de Gentioux, entre 500 et 800 mètres d'altitude.
  • à l'ouest, la partie la plus basse du parc, qui est en fait la bordure orientale du plateau limousin, entre 350 et 731 mètres d'altitude.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le plateau est souvent décrit comme un « château d'eau »[4], sur lequel onze cours d'eau de longueur supérieure à 50 kilomètres prennent leur source : Vienne, Creuse, Vézère, Taurion, Corrèze, Tardes, Maulde, Luzège, Briance, Chavanon et Diège.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat du territoire est de type océanique, à mi-chemin entre la nuance parisienne au nord, plus fraîche, et, au sud, la nuance aquitaine, plus douce. L'altitude modère cette influence océanique, conférant au territoire un climat légèrement montagnard, avec des chutes de neige possibles jusqu'en avril.

Relevé météorologique à Peyrelevade (Corrèze) (alt. +/- 800 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −2,7 −2,5 −0,8 1,2 4,8 7,5 9,6 9,5 7,3 4,5 0,4 −1,6
Température maximale moyenne (°C) 4,9 6,1 8,9 11,7 15,9 19 21,8 21,4 18,7 14,5 8,8 5,8
Précipitations (mm) 132,6 121,2 104,4 104,7 117 103,7 72,5 99,2 114,3 119,5 132,5 152,8
Source : SOPHY[5]
Relevé météorologique à Peyrat-le-Château (alt. +/- 450 m)
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) −1,4 −1,2 0,3 2,1 5,6 8,7 10,3 9,8 7,7 4,6 1,2 −0,5
Température maximale moyenne (°C) 6,9 8,1 11 13,7 17,9 21,2 24,3 23,4 20,5 16,1 10,4 7,5
Précipitations (mm) 123,7 108,8 96,3 97,4 111 96,7 74,8 91,1 109,1 113,2 115,3 136,1
Source : SOPHY[6]


Milieu naturel[modifier | modifier le code]

Faune[modifier | modifier le code]

Le parc abrite des espèces animales sensibles : loutre, moule perlière, papillons rares, linottes, circaète, truite fario... et constitue une terre d’étape des oiseaux migrateurs.

Flore[modifier | modifier le code]

Protection[modifier | modifier le code]

La tourbière du Longéroux est un site naturel emblématique de la région et du Parc naturel régional, géré par le conservatoire régional des espaces naturels du Limousin, abrité par la ZPS du plateau de Millevaches. Il s'agit d'un des 28 sites d'intérêt écologique majeur du PNR.

Plusieurs textes de loi réglementent la gestion des espaces naturels jugés remarquables et appelant une protection spécifique. Différents statuts existent ; sur le territoire du parc naturel de Millevaches en Limousin, on retrouve :

À noter que le conservatoire régional des espaces naturels du Limousin (CRENL), par ailleurs gestionnaire de la réserve nationale de la tourbière des Dauges, dans les monts d'Ambazac, s'occupe aussi de la protection de milieux qui comme la tourbière du Longéroux[7], la plus grande du Limousin[Note 1], sont déjà abrités par le réseau Natura 2000. Globalement, le CRENL s'occupe de plusieurs sites de taille variable sur le territoire du PNR[8].

Réseau Natura 2000[modifier | modifier le code]
Article connexe : réseau Natura 2000.
La haute vallée de la Vienne fait l'objet d'une protection en Zone spéciale de conservation, entre la source et en aval la commune de Saint-Léonard-de-Noblat, hors PNR.

Cinq sites ont reçu dans le parc (qui les cogère) la classification d'intérêt communautaire du réseau Natura 2000. Parmi eux, on dénombre quatre ZSC (zones spéciales de conservation), présentant un fort intérêt pour le patrimoine naturel exceptionnel qu'elles abritent. Ces quatre ZSC sont :

  • la ZSC de la haute vallée de la Vienne[a 5], créée en 2007, qui s'étend sur 1 318 ha sur 15 communes (5 en Corrèze, 1 en Creuse, 9 en Haute-Vienne dont 5 extérieures au PNR).
  • la ZSC de la tourbière de Négarioux-Malsagne[a 6], créée en 2003, qui s'étend sur 201 ha sur la commune corrézienne de Peyrelevade.
  • la ZSC des landes des Monédières[a 7], créée en 2009, qui s'étend sur 244 ha sur les communes corréziennes de Chaumeil et Saint-Augustin.
  • la ZSC des tourbières et fonds tourbeux de Bonnefond et Péret Bel Air[a 8], créée en 2007, qui s'étend sur 506 ha sur les communes corréziennes d'Ambrugeat, Bonnefond, Davignac, Péret-Bel-Air et Pérols-sur-Vézère.

La dernière des zones protégées au sein du réseau Natura 2000 est une ZPS (zone de protection spéciale), au titre de la directive oiseaux et visant la protection et la gestion des populations d'espèces d'oiseaux sauvages. Il s'agit de la ZPS du plateau de Millevaches[a 9], créée le 25 avril 2006. 42 espèces d'intérêt communautaire y sont connues, telles l'alouette lulu, la chouette de Tengmalm ou la pie-grièche écorcheur[a 9]. Son territoire s'étend sur 29 communes du PNR (14 en Creuse, 13 en Corrèze, 2 en Haute-Vienne).

ZNIEFF[modifier | modifier le code]
Article connexe : ZNIEFF.

Le parc abrite environ 110 zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique, pour certaines à cheval sur deux ou trois départements. Elles sont 68 en Corrèze[9], 41 en Creuse[10], 8 en Haute-Vienne[11].

Sites du littoral[modifier | modifier le code]
Rivage du lac de Vassivière, sur la commune de Royère-de-Vassivière, protégé par le conservatoire du littoral.

Le conservatoire a la charge de plusieurs rivages lacustres français, en plus de nombreux rivages maritimes. Propriétaire d'espaces bien définis, il possède un périmètre d'intervention plus large qui lui permet de gérer au mieux des milieux humides dans leur globalité. En Limousin, il a délégué au syndicat mixte de Vassivière la gestion de deux sites, en bordure du lac de Vassivière, au sein du PNR :

Réserves naturelles[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucune réserve naturelle nationale au sein du parc naturel de Millevaches en Limousin. En revanche, on y trouve deux réserves régionales :

Sites d'intérêt écologique majeur[modifier | modifier le code]
Panneau co-implanté par le PNR, situé au départ du sentier d'accès au Mont Gargan, présentant le site comme un site d'intérêt paysager (SIP).

Le PNR a défini 28 sites d’intérêt écologique majeur (SIEM), censés « [représenter] un "échantillon" du patrimoine naturel remarquable du territoire du parc[a 3] » ; il ne s'agit pas d'une règlementation supplémentaire. Le conservatoire botanique national du Massif central se charge de cartographier les sites, dont le PNR assure la surveillance toujours en collaboration avec les acteurs locaux (agriculteurs notamment) et/ou organismes tels que le CRENL (pour la tourbière de l'étang du Bourdeau par exemple), l'État, etc.[a 3]. Ces sites associent diversité biologique et nécessité de conservation d'espaces fragiles. Ils sont doublés de sites d'intérêt paysager (SIP), tels le lac de Lavaud-Gelade, le mont Gargan, le lac des Bariousses ou le massif des Monédières, recoupant en partie les sites du réseau Natura 2000.

Liste des SIEM du Parc naturel régional de Millevaches en Limousin[a 10] :
  • Tourbière du Longéroux
  • Tourbière de la Ferrière
  • Ribières de Gladière
  • Tourbière de Négarioux Malsagne
  • Tourbière de Longerade
  • Landes d'Ars
  • Landes de Marcy
  • Landes de Sénoueix
  • Etang des Oussines
  • Etang de Grattadour
  • Tourbière de l’étang du Bourdeau
  • Étang et Tourbière de Chabannes
  • Tourbière et Landes de la Mazure
  • Landes et Tourbière de Giat
  • Landes de Gioux
  • Sources de la Vienne
  • Lac de Servière et tourbière de Beyrbeyrolles
  • Landes des Roches Brunagères et Bois de Crozat
  • Vallée du ruisseau de l’Echameil
  • Vallée de la Gioune
  • Forêt de Châteauvert
  • Forêt de La Cubesse
  • Forêt de Mirambel
  • Hêtraie du Petit Confolent
  • Montagne de Bay
  • Gorges du Chavanon
  • Gorges de la Vézère
  • Rochers de Clamouzat

Géologie[modifier | modifier le code]

Histoire du parc[modifier | modifier le code]

Panneau placé à l'entrée de toutes les communes adhérentes (ici Davignac).

Dès la fin des années 1960[4], l'idée d'un parc naturel régional sur le territoire du plateau de Millevaches est avancée.

Elle est relancée en 1987 par Robert Savy, élu président du Conseil régional du Limousin[14]. En 1989, la région charge le bureau d'accueil de la Montagne limousine (BAM) de réaliser une étude d'opportunité et de faisabilité, qu'elle cofinance avec la DATAR. En 1991, le périmètre d'étude et le comité de pilotage présidé par le socialiste corrézien Yves Terrieux, sont définis, ne parvenant pas dans un premier temps d'atténuer les craintes de certains agriculteurs et défenseurs de l'environnement. L'élaboration du projet (« PNR Millevaches[15] ») porté par la région, les conseils généraux de Haute-Vienne et Corrèze et plusieurs élus locaux dont le maire de Gentioux-Pigerolles[16], se heurte également au scepticisme du président RPR du conseil général de la Creuse, Bernard de Froment. Une séance plénière du conseil régional est consacrée au projet en septembre 1993. La mise en place en 1996 du syndicat de préfiguration est l'objet de vives querelles politiques. Il est finalement présidé par le maire de Gentioux, Pierre Derozier, remplacé en 2002 par Christian Audouin[14].

Le projet de la première charte du futur parc a été présenté en juin 2003[a 11].

Le parc est finalement créé par décret du 18 mai 2004[17].

En 2010, des dissensions se font sentir entre la direction du parc et le conseil général de la Haute-Vienne, quand ce dernier vote son retrait de la structure en tant que partenaire[18].

Le parc s'attèle en 2013 à la révision de sa charte pour la période 2016-2028, qui prévoit notamment l'extension du périmètre à 16 nouvelles communes (14 en Creuse et 2 en Corrèze)[19].

Gestion et missions du parc[modifier | modifier le code]

Les missions du PNR revêtent divers aspects, et recouvrent de multiples domaines : patrimoine naturel et culturel, développement économique, agriculture, etc.

Selon un décret en date du 1er septembre 1994 relatif aux parcs naturels régionaux[20],[21], ces derniers ont comme but :

  • de protéger le patrimoine, notamment par une gestion adaptée des milieux naturels et des paysages ;
  • de contribuer à l’aménagement du territoire ;
  • de contribuer au développement économique, social, culturel et à la qualité de la vie ;
  • d’assurer l’accueil, l’éducation et l’information du public ;
  • de réaliser des actions expérimentales ou exemplaires dans les domaines cités ci-dessus et de contribuer à des programmes de recherche.

Les finalités du parc naturel régional de Millevaches en Limousin sont régies par une charte, qui « détermine pour le territoire du parc naturel régional les orientations de protection, de mise en valeur et de développement et les mesures permettant de les mettre en œuvre[22] ».

Environnement[modifier | modifier le code]

La charte forestière du PNR a entre autres permis l'aménagement de sentiers dans la douglaseraie des Farges.

Le contrat de parc 2008-2010 comprend la mise en place d'un plan local agri-environnemental (PLAE), à mission gestionnaire et conservatoire de milieux et espèces naturels fragiles (landes à bruyères, milieux humides). Ce plan doit permettre l'entretien des landes de montagne en limite des zones Natura 2000, et le maintien de l'ouverture paysagère, c'est-à-dire veiller à ne pas cloisonner les différents espaces (par exemple en restaurant les lisières pour pérenniser le lien paysager entre milieux dits ouverts et espaces forestiers)[a 13].

La charte forestière du territoire (CFT)[a 14] détermine la stratégie forestière du parc à travers un programme d'actions[a 15], en observant une démarche rigoureusement axée sur le développement durable et ses trois piliers :

  • social : accueil et sensibilisation du public (notamment réaménagement des sentiers comme dans la douglaseraie des Farges) ;
  • environnemental : gestion durable des exploitations (mise à disposition de kits de franchissement des cours d'eau pour les engins[a 16], mise en place d'un plan d'approvisionnement territorial sous forme d'état des lieux du contexte sylvicole[a 17]) ;
  • économique : soutien et développement de la filière bois.

C'est aussi dans le cadre de cette charte que s'est mise en place l'opération programmée d’amélioration foncière et environnementale (OPAFE), qui cherche la réorganisation de l’espace, avec, comme objectif, la mise en place durable d'une gestion responsable et cohérente des forêts et la stabilité de l'équilibre en milieu forestier et milieu agricole. Ses trois missions sont :

  • la réorganisation de l’espace et l’amélioration foncière (acquisition parcellaire avec résorption d’enclaves);
  • l’amélioration paysagère et la préservation des milieux remarquables (reconversion de parcelles forestières) ;
  • le développement d’une sylviculture adaptée aux caractéristiques paysagers et écologiques du territoire (raisonnée mais diversifiée)[a 18].

Le thème de l'eau fait l'objet d'actions coordonnées de la part du parc (politiques préventives comme la protection du « patrimoine eau », ie les milieux humides, la réduction de l'impact des activités sylvicoles sur les rivages, et la mise en valeur des paysages de vallées et espaces humides, dans le cadre de l'action test Adour-Garonne, du contrat territorial Vienne amont et du plan d’action territorial du bassin du Chavanon et de ses affluents), suivant les prérogatives de sa charte, en association avec différents partenaires que sont l'État et l'agence de l’eau Adour-Garonne[a 19].

Les missions du parc comprennent aussi une dimension éducative. Ainsi, le PNR possède un service éducatif s'efforçant de sensibiliser les publics en particulier aux problématiques du développement durable, organisant des actions à destination des scolaires (création des « classes parc » proposant lectures du paysage, enquêtes toponymiques...)[a 20] et du grand public (programmation du « cycle Biodiver'ciné », avec tenue de débats/documentaires dans les villes portes du parc (Eymoutiers, Meymac, Felletin, sur les thèmes des abeilles, des pesticides ou les chauve-souris)[a 21].

Culture[modifier | modifier le code]

  • Dans son livre Du pays et de l'exil, un abécédaire de la littérature du Limousin, paru aux Ardents Éditeurs en 2008, l'écrivain Laurent Bourdelas évoque des auteurs issus du plateau, ayant écrit à son sujet et/ou s'y étant installés (postface de Pierre Bergounioux).

Économie[modifier | modifier le code]

Billes de bois près de Nedde.

Le parc soutient l'artisanat et le commerce du territoire. Les secteurs du bâtiment et, dans une moindre mesure, de l'alimentation, sont les fers de lance de l'artisanat du PNR, au sein duquel en 2009 travaillaient 1 632 employés de l'artisanat. Les particularités effectives du secteur au sein du parc (moyenne d'âge plus élevée des chefs d'entreprises artisanales, quasi-totalité des établissements en zone rurale) conduisent les autorités du parc à engager des politiques spécifiques[23]. Dans ce sens, le PNR promeut une démarche collective territorialisée (DCT), dispositif d’accompagnement des projets des petites entreprises artisanales, commerciales et de services intervenant essentiellement sur un marché de proximité[a 22].

En ce qui concerne le secteur primaire, encore très présent sur le territoire (17,7 % des actifs en 2006[14]) en particulier à travers l'élevage, le PNR s'est engagé à soutenir du mieux possible les productions locales, notamment en faveur du miel, avec la création de la marque « Parc Miel », et la valorisation des circuits courts[a 23].

Enfin, comme dit précédemment, le secteur forestier est soutenu à travers la charte forestière, mais aussi le groupement de développement forestier (GDF) du plateau de Millevaches, association basée à Bugeat, composée de 200 membres[a 24]. Par ailleurs, un programme de sensibilisation des élus sur la construction en bois a été mis en œuvre en 2009 et 2010, en partenariat avec l'union régionale des communes forestières Auvergne-Limousin et l'association Pôle interprofessionnel bois Limousin[a 25].

Tourisme et loisirs[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le lac de Vassivière est le principal atout touristique du parc.

L'essentiel de l'activité touristique du PNR est lié aux différentes formes du tourisme en lien avec le milieu naturel : tourisme vert, tourisme sportif et tourisme rural.

Le parc abrite trois stations de ski de fond : Gentioux-Pigerolles en Creuse, Saint-Setiers et Bonnefond en Corrèze[24].

Depuis le déclassement de Treignac, il n'existe plus aucun « plus beau village de France » dans le parc.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le PNR abrite 6 stations vertes de vacances : Bujaleuf, Eymoutiers, Meymac, Peyrat-le-Château, Royère-de-Vassivière et Treignac[25].

Hébergement[modifier | modifier le code]

Le territoire du parc regroupe en 2009[17] :

  • 23 hôtels classés (0 à 3 étoiles) pour 347 chambres ;
  • 36 campings pour 2 321 emplacements.

Par ailleurs, le chiffre de la part de résidences secondaires dans le nombre total de logements par commune est révélateur de la vocation touristique de séjour saisonnier du Parc. En effet, 32,9 % des résidences du territoires sont des résidences secondaires ou logements occasionnels, contre 9,7 % à l'échelle nationale[1].

Accès[modifier | modifier le code]

Malgré un relief peu favorable et une faible densité démographique, le territoire couvert par le parc avait été doté d'un réseau ferré relativement important. Plusieurs liaisons sont à présent fermées.

La ligne Limoges-Ussel, qui traverse le parc selon une diagonale nord-ouest/sud-est, constitue la colonne vertébrale ferroviaire du parc. Récemment, elle a bénéficié d'importants travaux de modernisation qui ont permis d'appréciables gains de vitesse. Les deux principales villes du parc -Eymoutiers et Meymac- sont à 45 minutes l'une de l'autre par le rail. Huit allers-retours quotidiens circulent entre Limoges et Eymoutiers et quatre entre Eymoutiers et Ussel. Cinq localités du parc sont dotées d'une gare sur cette ligne.

Sur une diagonale sud-ouest/nord-est, l'autre transversale ferroviaire -axe (Lyon) Clermont-Ferrand/Brive/Bordeaux- a connu un important trafic, aujourd'hui très diminué. D'Eygurande à Corrèze, trois localités du parc possèdent une gare sur cette ligne. Quatre allers-retours quotidiens relient Corrèze à Meymac et trois circulent entre Meymac et Eygurande. Deux allers-retours Ussel-Eygurande-Clermont-Ferrand sont maintenus.

Enfin, la ligne (Busseau-sur-Creuse) Guéret-Aubusson-Felletin-Ussel, qui desservait des secteurs particulièrement arides et isolés du nord du périmètre du parc, n'a plus qu'un trafic très réduit. Elle avait été construite principalement pour permettre l'exploitation des mines de charbon de Lavaveix-les-Mines et aussi pour raccorder l'important camp militaire de La Courtine au réseau national. Mais les mines de Lavaveix font fermées depuis 1969 et le camp de La Courtine n'a plus qu'une activité restreinte. Sur cette ligne, il n'existe plus aucun trafic entre Felletin et Ussel (les voies ont même été déposées entre Felletin et La Courtine). Le trafic marchandises est maintenu au nord de Felletin. Le trafic voyageurs se résume à un aller-retour quotidien Felletin-Guéret-Limoges (sauf le week-end) en deux heures de trajet.

Le territoire du parc est longé au sud-est par l'autoroute A89, dite Transeuropéenne, reliant Bordeaux à Lyon via Clermont-Ferrand, ouverte entre 2000 et 2003, par laquelle il est accessible depuis les sorties 20 (Tulle-Centre), 21 (Tulle-Est), 22 (Egletons), 23 (Ussel-Ouest) et 24 (Ussel-Est). L'autoroute A20 reliant Vierzon à Montauban via Limoges passe à proximité du parc, à l'ouest.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

  • La villa des Cars, IIe siècle, un des vestiges des multiples propriétés gallo-romaines du plateau des Millevaches. Ces vestiges gallo-romains se composent de deux édifices funéraires et d'une vaste habitation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La tourbière du Longéroux s'étend sur 190 hectares, sur les communes de Meymac, Saint-Merd-les-Oussines, Chavanac et Saint-Sulpice-les-Bois

Références[modifier | modifier le code]

  • Autres
  1. a, b, c et d Recensements INSEE
  2. Documentaire Passion patrimoine : du Lot-et-Garonne à la Corrèze de Marie Maurice et Franck Dhelens, émission Des racines et des ailes, 13 avril 2011.
  3. DREAL Limousin - Atlas des paysages du Limousin
  4. a et b Y. Miras & F. Surmely (dir.), Environnement et peuplement de la moyenne montagne du tardiglaciaire à nos jours, Presses universitaires de Franche-Comté, 2006
  5. SOPHY - Banque de données botaniques et écologiques, « PEYRELEVADE, Données climatologiques moyennes, Période 1948-1999 » (consulté le 4 juillet 2011)
  6. SOPHY - Banque de données botaniques et écologiques, « PEYRAT-LE-CHÂTEAU, Données climatologiques moyennes, Période 1948-1999 » (consulté le 4 juillet 2011)
  7. Conservatoire régional des espaces naturels du Limousin - La tourbière du Longeyroux
  8. Liste des sites gérés par le CRENL
  9. DREAL Limousin - Liste des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), département de la Corrèze
  10. DREAL Limousin - Liste des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), département de la Creuse
  11. DREAL Limousin - Liste des zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et Ffloristique (ZNIEFF), département de la Haute-Vienne
  12. DREAL Limousin - réserve naturelle régionale de l'étang Coudert
  13. DREAL Limousin - Réserve naturelle régionale du domaine de Gioux
  14. a, b et c Robert Savy, Émergence d'une région : le cas du Limousin (1986-2004), Éditions L'Harmattan, 2010
  15. a et b Philippe Bernard-Allée, Marie-Françoise André, Ginette Pallier, Atlas du Limousin, Limoges, Presses universitaires de Limoges, 1994.
  16. L'Express - Voyage au centre de la France, 6 août 1998
  17. a, b et c Décret du 18 mai 2004 portant classement du parc naturel régional de Millevaches en Limousin, 18 mai 2004
  18. Le Populaire du Centre - Parcs naturels régionaux. La réaction de Christian Audouin, 5 juillet 2010
  19. Avant-projet de charte du PNR, sur chartepnrmillevaches.files.wordpress.com, mai 2014 (consulté le 17 juillet 2014)
  20. Décret n°94-765 du 1er septembre 1994 pris pour l'application de l'article L. 244-1 du code rural et relatif aux parcs naturels régionaux
  21. Portail documentaire du ministère de l'Écologie, du Développement Durable des Transports et du Logement - Extrait du Journal officiel de la République Française du 2 septembre 1994
  22. Fédération des parcs naturels régionaux - Loi no 2006-436 du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux parcs naturels régionaux.
  23. Chambre des métiers et de l'artisanat du Limousin - L’artisanat du PNR Millevaches en Limousin, chiffres-clés 2009.
  24. Détours en Limousin - Ski de fond sur le plateau de Millevaches
  25. Stationverte.com - Les stations vertes du Limousin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]