Damier de la succise

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Euphydryas aurinia

Damier de la succise
ou
damier des marais

Description de cette image, également commentée ci-après

Euphydryas aurinia

Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe Insecta
Ordre Lepidoptera
Sous-ordre Ditrysia
Famille Nymphalidae
Sous-famille Nymphalinae
Genre Euphydryas

Nom binominal

Euphydryas aurinia
(Rottemburg, 1775)

Statut de conservation UICN

( VU )
VU A1cde : Vulnérable

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 04-02-1977
Euphydryas aurinia

Le Damier de la succise ou Damier des marais (Euphydryas aurinia) est un lépidoptère appartenant à la famille des Nymphalidae, à la sous-famille des Nymphalinae et au genre Euphydryas.

Il tire l'origine de son nom d'une de ses plantes hôtes dénommée succise des prés (Succisa pratensis).

Dénomination[modifier | modifier le code]

Euphydryas aurinia S. A. von Rottemburg, 1775.

Synonymes : Eurodryas aurinia (Rottemburg, 1775), Melitaea beckeri (Herrich-Schäffer, 1851), Melitaea debilis (Oberthür, 1909), Melitaea glaciegenita (Verity, 1928), Melitaea provincialis (Boisduval, 1828), Melitaea valentini (Nitsche, 1928), Papilio merope (de Prunner, 1798)[1]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

Le Damier de la Succise ou Artémis ou Damier printanier ou Mélitée des marais ou Mélitée de la Scabieuse ou Damier des marais se nomme Marsh Fritillary en anglais, doncella de ondas en espagnol et Skabiosen-Scheckenfalter ou Goldene Scheckenfalter en allemand.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • Euphydryas aurinia aurinia dans le centre et le sud de l'Europe et l'ouest de la Sibérie.
  • Euphydryas aurinia banghaasi (Seitz, 1908).
  • Euphydryas aurinia barraguei (Betz, 1956) en Algérie.
  • Euphydryas aurinia beckeri (Lederer, 1853) au Maroc.
  • Euphydryas aurinia bulgarica (Fruhstorfer, 1916) dans les Carpates.
  • Euphydryas aurinia debilis Oberthür, 1909 ; dans les zones montagneuses comme Pyrénées et Alpes.
  • Euphydryas aurinia ellisoni (Rungs, 1950) à Ifrane au Maroc[2].
  • Euphydryas aurinia laeta (Christoph, 1893) dans le centre de la Sibérie[3].
  • Euphydryas aurinia provincialis (Boisduval, 1828) dans le sud-est de la France et le nord de l'Italie[4].

Des études conduisent à penser que le Damier de la succise est une super-espèce en voie de différenciation avec des taxons isolés géographiquement et en fonction des plantes hôtes. C'est ainsi que les chercheurs ont créé différentes sous-espèces[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le Damier de la succise est un papillon marron à damiers orange séparés par les nervures et organisés en lignes, dont la coloration et l'ornementation sont variables. Aux ailes postérieures les damiers orange de la ligne submarginale sont centrés par un point noir caractéristique visible sur les deux faces.

Revers d' Euphydryas aurinia

Le revers est orange orné de damiers clairs avec aux postérieures la même ligne de damiers orange centrés d'un point noir sur cette face cerclé de blanc. L'espèce connaît une différence de taille avec une femelle plus grande et les spécimens peuvent présenter des différences importantes suivant le lieu[6],[4].

Biologie[modifier | modifier le code]

Les œufs sont posés en plaques et ont un temps d'incubation de 3 à 4 semaines.

Période de vol et hivernation[modifier | modifier le code]

Durant l'hiver, les chenilles hivernent en groupe dans un nid jusqu'au printemps.

Il vole en une seule génération et apparaît dès la fin avril au sud et au début juillet dans le nord de son aire de répartition[6],[4].

Plantes hôtes[modifier | modifier le code]

Les plantes hôtes des chenilles varient en fonction des sous-espèces. Euphydryas aurinia aurinia apprécie la Succise des prés (Succisa pratensis), la Scabieuse colombaire Scabiosa columbiara, rarement le Chèvrefeuille d'Étrurie (Lonicera etrusca), la Gentiane asclépiade (Gentiana asclepiadea) et la Valériane dioïque (Valeriana dioica) en Autriche. Euphydryas aurinia provincialis apprécie Cephalaria leucantha, Centranthus angustifolius. Euphydryas aurinia debilis apprécie la Gentiane des Alpes (Gentiana alpina)[6]. Au Maroc Euphydryas aurinia beckeri et les autres sous-espèces ont pour plantes hôtes le Chèvrefeuille d'Étrurie (Lonicera etrusca), mais aussi les autres chèvrefeuilles présents, Lonicera biflora, Lonicera implexa, Lonicera periclymenum et Lonicera kabylica[2].

Parasitisme[modifier | modifier le code]

Cotesia bignelii est un parasite de la chenille du papillon (trois générations du parasite peuvent exister durant une génération du papillon) [5].

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Le Damier de la succise est présent en Algérie, au Maroc, dans presque toute l'Europe de l'Espagne au sud de la Finlande (jusqu'au 62°N), en Turquie, dans l'ouest et le centre de la Sibérie et en Asie tempérée[3]. Il est absent du sud de l'Italie, de la Grèce et de toutes les iles Méditerranéennes.

Il est présent au Luxembourg et dans le sud de la Belgique mais disparu de Flandre depuis 1959[6]. En France métropolitaine il est présent dans tous les départements excepté la Corse[7].

Euphydryas aurinia beckeri

Biotope[modifier | modifier le code]

Le papillon apprécie les prairies pauvres, les tourbières jusque 2 500 mètres d'altitude, les prairies, les lisières de feuillus[6],[4].

Protection[modifier | modifier le code]

Suite à la Convention de Berne du 19 septembre 1979 annexe 2, il figure sur la liste rouge mondiale des espèces menacées.

En Europe il figure sur la liste des espèces animales d'intérêt communautaire de la Directive Habitat, annexe II.

En France il figure sur la liste des espèces protégées par arrêté du 23 avril 2007 article 3[8].

C'est une espèce très menacée et en forte régression qui fait l'objet de plans de restauration (dont projet Life européen au Danemark en 2005[9] et en Belgique de 2009 à 2014[10].)

Euphydryas aurinia aurinia

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. INPN taxonmie
  2. a et b parc naturel d'Ifrane
  3. a et b funet
  4. a, b, c et d (Tolman et Lewington 1997)
  5. a et b (fr) Tristan Lafranchis, Les Papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Éditions Biotope,‎ 2000 (ISBN 2-9510379-2-9), p.403
  6. a, b, c, d et e (fr) Tristan Lafranchis, Les Papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Éditions Biotope,‎ 2000 (ISBN 2-9510379-2-9), p.402
  7. lepinet
  8. INPN protection
  9. Communiqué européen référence IP/05/1155 du 19 septembre 2005 intitulé « LIFE Nature 2005 : la Commission fournit 69 millions d'euros pour 54 projets de conservation de la nature dans 20 pays  »
  10. Projet européen Life Papillons en Belgique

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tom Tolman et Richard Lewington, Guide des papillons d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé,‎ 1997 (ISBN 978-2-603-01649-7)