Haybes

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Haybes
Hôtel de ville
Hôtel de ville
Blason de Haybes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Arrondissement de Charleville-Mézières
Canton Canton de Fumay
Intercommunalité Communauté de communes Ardennes Rives de Meuse
Maire
Mandat
Benoît Sonnet
2014-2020
Code postal 08170
Code commune 08222
Démographie
Population
municipale
2 054 hab. (2011)
Densité 73 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 00′ 37″ N 4° 42′ 24″ E / 50.0103, 4.706750° 00′ 37″ Nord 4° 42′ 24″ Est / 50.0103, 4.7067  
Altitude 299 m (min. : 110 m) (max. : 488 m)
Superficie 28,05 km2
Localisation

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Haybes est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne.

Haybes est aussi appelée Haybes la Jolie ou Haybes la Rose en raison des couvertures en ardoise, dont l'extraction fit, ainsi que sa commune voisine Fumay, la réputation du bourg. La ville, détruite au tout début de la Première Guerre Mondiale, fut entièrement reconstruite dans les années 1920.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Haybes, située à 35 km au nord de Charleville-Mézières, s'est développée en rive droite de la Meuse. La ville s'étend tout d'abord en longueur le long du fleuve depuis sa limite avec la commune de Fumay jusqu'au lieu-dit de Moraypré et s'appuie sur les contreforts du massif schisteux le long de la rue de Madame de Cormont à partir de laquelle se construisent des secteurs pavillonnaires. Cette disponibilité de terrains constructibles fait de Haybes une des rares communes de la pointe des Ardennes à présenter une croissance démographique positive.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Hargnies
Fépin/Montigny-sur-Meuse Vireux-Wallerand Hargnies
Fumay Hargnies Hargnies
Fumay Revin Hargnies

Histoire[modifier | modifier le code]

La mention de Haybes la plus ancienne connue à ce jour date de 919. C'est également au cours de ce Xe siècle qu'on relate la construction, sur une île faisant face au bourg, d'un château. Haybes est alors une dépendance du comté de Lomme. Elle le reste jusqu'en 1342, année de son rattachement au comté de Namur que Philippe le Bon, duc de Bourgogne achète en 1421 et sera, par voie d'héritage transmis à la branche des [Habsbourg] d'Espagne.

Ville frontalière entre la France et les Pays-Bas, Haybes, comme les autres bourgs formant le « doigt de Givet », connaîtra plusieurs épisodes d'occupations militaires, et de destruction. Aussi, en 1554, lors du raid orchestré par le duc de Nevers, sur l'ordre de Henri II, roi de France, le village et son château sont détruits. De nouveaux mouvements de troupes sont enregistrés au moment du traité de Nimègue : Haybes est occupée en 1679, Haybes par l'armée espagnole avant d'être enlevée l'année suivante par les Français. En 1697, le traité de Ryswick rend le territoire de Haybes aux Pays-Bas espagnols. Deux ans plus tard, le village, avec le bourg voisin d'Hargnies, est rattaché à la France lors de la signature du traité de Lille. Haybes pourra néanmoins conserver ses lois, us et coutumes du diocèse de Namur.

Ancienne clôture en dalles d'ardoise

Au XIXe siècle, l'histoire de la commune est essentiellement marquée par l'essor économique et la modernisation des axes de communication. En 1840, le gué séparant Haybes à Fumay est remplacé par un pont, lequel sera détruit aux deux Guerres Mondiales. En 1852, débutent les travaux d'aménagement de la route menant de Haybes à Hargnies, l'actuelle route départementale no 7. En 1878, débute la construction des écoles, l'ouverture d'une poste en 1879. Un nouvel hôtel de ville est inauguré en 1883.

En août 1914 Haybes est entièrement détruite par l'armée allemande et une partie de la population massacrée[1]. L'avance allemande s'est, en effet, accompagnée d'exactions nombreuses contre les populations civiles, notamment à Dinant, en Belgique. Haybes marque la fin de ces violences : les croyants de Fumay attribueront cette accalmie à l'intervention de Notre-Dame de Diversmonts, renforçant ainsi la dévotion ancienne. Haybes, comme l'ensemble des Ardennes, est occupée durant 4 ans. La reconstruction, débutée en 1919, s'achève en 1926. Le nouvel hôtel de ville, situé à l'emplacement de l'ancienne église, est construit en 1923, la nouvelle église en 1927.

La reconstruction a favorisé, comme à Fumay, une reprise d'activité rapide des ardoisières. La Nouvelle Espérance se dote, sous l'impulsion de son directeur, M. Devauchelle, d'équipements destinés à favoriser la vie des ouvriers et de leur propre société de secours. Mais la crise économique vient briser ces démarches paternalistes, entraînant la disparition de nombreux emplois. En 1956, des effondrements souterrains conduisent à la fermeture de la dernière exploitation de la commune : Belle Rose, site qu'occupe aujourd'hui une importante scierie.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 10 avril 2014)
Benoît Sonnet PS Conseiller général
Réélu pour le mandat 2014-2020[2]

La commune de Haybes appartient au canton de Fumay et, au plan intercommunal, est membre de la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse.

Haybes a adhéré à la charte du parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 054 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
670 762 910 965 1 102 1 127 1 259 1 466 1 583
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 781 1 843 1 989 2 097 2 107 1 981 2 021 2 099 2 145
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 216 1 600 2 267 2 243 2 029 1 921 2 186 2 317 2 150
1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 -
2 081 2 096 2 071 2 092 2 078 2 061 2 051 2 054 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Haybes

Les armes de Haybes se blasonnent ainsi :

d’argent aux deux clefs passées en sautoir cantonnées, en chef d’une couronne royale fermée, le tout d’or[6].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La ville[modifier | modifier le code]

Du fait de sa quuasi-totale destruction en 1914 et de sa reconstruction sitôt après la guerre la ville de Haybes présente une très intéressante unité architecturale témoin des "années 20", oeuvre de plusieurs architectes locaux dont Joseph BIGOT, architecte à Fumay.

le monument aux morts[modifier | modifier le code]

Vue sur les personnages du Monument aux morts

Un arc de triomphe réalisé en pierre blanche de France, et portant la liste des victimes de la commune, encadre, par ses extrémités semi-circulaires, une scène centrale. Des personnages, réalisés en fonte bronzée, se meuvent sur un fragment du globe représentant la France. La scène symbolise, sous les traits d'un adolescent, le peuple français. Celui-ci porte, dans son bras gauche un ensemble de livres représentant le Droit et la Science et brandit, de la main droite, le flambeau de la liberté. Protégé par un lion, il marche sous l'aile de la Victoire qui le guide dans sa route. L'ensemble repose sur un socle de pierre bleue, le calcaire de Givet, sur lequel sont fixées trois plaques, également en bronze. La première représente la Grande Rue du bourg en flammes après les exactions commises par l'ennemi. La seconde, plus allégorique, montre la Patrie s'inclinant devant une tombe. La dernière plaque, quant à elle, montre une section de mitrailleurs placés en rive gauche du fleuve et regardant en direction de Haybes. L'œuvre est signée de L. Rauner.

le Domaine de Moraypré[modifier | modifier le code]

Le domaine de Moraypré, propriété d'un Institut Médical Éducatif, est un ancien domaine comprenant une ancienne entreprise de tannerie et une maison de maître construite en 1870. Propriété du roi des Belges, le site accueillit, dans les années 1900, de nombreux artistes et fit fonction, durant la Seconde Guerre Mondiale, d'hôpital militaire allemand.

Dans l'ancien parc de la propriété, on peut encore observer un étang ainsi qu'un moulin restauré servant d'hébergement de groupes pour le CLIP (Centre de Loisirs et d'Initiation Permanent) installé également à proximité.

Le parc abrite également, mais enterré pour des questions de conservation et de sécurité, un ancien haut-fourneau daté du XVIe siècle et classé aux Monuments Historiques.

les ardoisières[modifier | modifier le code]

ancienne entrée d'une petite ardoisière.

Comme pour Fumay, Haybes compte à la fois des exploitations ayant employé de quelques ouvriers à plusieurs dizaines à l'exemple de Belle Rose ou de l'Espérance, comme quelques personnes. Les exploitations les plus modestes se sont développées, le plus souvent, dans des secteurs géologiques plus contraignants avec des niveaux de schiste de qualité moindre à l'exemple des sites répartis le long de la vallée de Mohron, aménagée en sentier de randonnée.

On cite, ci-après, les noms d'exploitations qui nous sont parvenus par les archives et la mémoire populaire: Ancienne Espérance, Belle Joyeuse, Belle Rose, Folemprise (nouvelle), Folemprise (ancienne ou « Fosse des 17»), L’Union, La Providence ou Fosse de l’Isle, Le Charnois, Liémery, Montauban, Nouvelle Espérance, Raymond de Bellevue, Saint Antoine, Saint Jean ou les Ardennais, Saint Lambert, Saint Pierre, Saint Paul ou du Fond d’Oury, Saint Roch (Fond de Morhon), Saint Roch ou Trou Trotte ou du Vivier, Saint Wladimir, Sainte Barbe, Sainte Blanche de Landenelle ou Trou Salomon, Sainte Marguerite, Trou Davreux, Trou Evrard, Trou Fouday, Trou Gigot.

Les exploitations les plus anciennes sur le territoire de Haybes sont datées du XVIIe siècle. Si des entrées restent visibles, voire accessibles, on déconseillera aux promeneurs de s'y aventurer, ces sites étant potentiellement dangereux.

la fonderie "la fagne"[modifier | modifier le code]

Sur la rive gauche de la Meuse la fonderie "la fagne" a été établie en 1875 par Gabriel TOUSSAINT, âgé de 25 ans. Féru de modernité et métallurgiste intransigeant il fut le premier dans la partie Nord de la France, à installer une turbine sur la Meuse fournissant l'électricité à l'usine. La fonderie Toussaint eut l'honneur de fabriquer les plaques de fonte du trottoir roulant de l'Exposition Universelle de Paris en 1900. Reprise pas le fils du fondateur la fonderie a été ensuite vendue et demeure une des dernières fonderies de la vallée en activité.

sites et légendes[modifier | modifier le code]

la Roche de Madame de Cormont[modifier | modifier le code]

Madame de Cormont est une personnalité de Haybes ayant vécu à cheval sur les 17e et 18e siècles. Les de Cormont, gros propriétaires fonciers, demeuraient dans un château, aujourd'hui disparu, situé sur les hauteurs du bourg. Un matin, le sire de Cormont, contrairement à ses habitudes, proposa à sa femme une chevauchée dans les bois. Mais, à peine passait-il sous la porte cochère du château qu'il éperonna le cheval qui les emmenait, faisant bondir l'animal. Madame de Cormont, qui n'eut pas le temps de s'abaisser, frappa violemment les poutres métalliques de la poterne et tomba. Son mari, quant à lui, disparut. Madame de Cormont revint à la vie grâce aux soins prodigués par les habitants. Aussi, lorsqu'elle décéda, en 1729, elle légua son or aux pauvres de la commune et ses terres aux moines Jéroministes de Fumay. Ces derniers lui érigèrent, en forêt, une chapelle sur le sentier appelé aujourd'hui sentier de Cormont. L'édifice fut brûlé à la Révolution. La légende raconte que, « pendant l'incendie se grava sur un rocher, faisant face à chapelle, la figure de madame de Cormont qui protestait ainsi, contre cet odieux vandalisme ».

source: Albert Meyrac, Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes, Les éditions de la Grande Fontaine, 1997, réédition de l'édition originale de 1890.

la pierre Saint-Martin[modifier | modifier le code]

La légende raconte qu'on demanda à Saint-Martin, passant par Haybes, de se rendre à Charleville pour aller chercher des bouteilles et des noix. Au retour, un violent orage le frappa sur les hauteurs du village, éparpillant et détruisant les marchandises. Voyant là un avertissement de la puissance céleste, Saint Martin tomba à genoux sur une pierre et pleura sept années durant. Aujourd'hui, on peut encore voir[Où ?], sur cette pierre, l'empreinte faite par les genoux et les coudes du Saint, et aussi la petite cavité creusée par ses larmes qui, nuit et jour pendant ces sept années, ne cessèrent de couler.

source: Albert Meyrac, Traditions, coutumes, légendes et contes des Ardennes, Les éditions de la Grande Fontaine, 1997, réédition de l'édition originale de 1890.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Marie Louise Dromart[modifier | modifier le code]

Marie-Louise Dromart, née Grès, est un auteur de poésie reconnu. Née à Haybes le 29 juillet 1880, elle publie son premier ouvrage, intitulé le Front Voilé, en 1912 après des études au lycée Sévigné de Charleville.

Durant la Première Guerre mondiale, son attitude héroïque lui vaudra d’être décorée de la Légion d’honneur au « péril de sa vie ». Elle sera également citée deux fois à l’ordre de la Nation et recevra la médaille de la Reconnaissance française. En 1925, elle reçoit le prix Archon-Despérouses décerné par l’Académie Française, pour « Le Bel Été » et, en 1928 pour « sur mes pipeaux fleuris ».

Elle meurt à Paris le 23 octobre 1937. Elle sera inhumée dans le cimetière de Haybes le 26 octobre, en présence d’une foule nombreuse et d'Henri Dacremont, représentant la Société des Écrivains Ardennais qui prononcera son éloge funèbre.

Œuvres:

Buste funéraire de Louis Adolphe Hamaide, cimetière de Haybes
  • 1912: Le Front Voilé
  • 1913: Les feuilles tombent
  • 1920: Sur le chemin du calvaire
  • 1925: Le bel été
  • 1928: Sur mes pipeaux fleuris
  • 1929: Dans le sillage de l'oiseau blanc
  • 1929: Dans la pantoufle de cendrillon
  • 1930: L'allée aux fantômes

Louis Adolphe Hamaide[modifier | modifier le code]

Louis Adolphe Hamaide (1833-1905) est un des premiers médecins français à avoir étudié, dans les détails, les symptômes de la maladie des ardoisiers, que le docteur Debieuvre appellera, dans sa thèse, soutenue au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la schistose (forme de silicose). Il publia ses premiers travaux dans un ouvrage publié à Paris en 1861, intitulé « De l'influence des causes morales dans les maladies ». Également, la Famille Hamaide est l'une des plus importantes de Haybes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Nivet, La France occupée 1914-1918, Paris, Armand Colin, 2011 (ISBN 978-2-200-35094-9), p. 187
  2. « Benoît Sonnet désigné maire de la cité par l’ensemble des élus », La Semaine des Ardennes, no 239,‎ 10 avril 2014, p. 26
  3. Création du PNR des Ardennes
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  6. Banque du Blason

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]