Chardonneret élégant

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Carduelis carduelis

Le Chardonneret élégant (Carduelis carduelis) est une espèce de passereaux de la famille des fringillidés, partiellement migrateurs, petite et très bariolée.

Historique et dénominations[modifier | modifier le code]

L'espèce Carduelis carduelis a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758[1], sous le nom initial de Fringilla carduelis.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Dénominations en français[modifier | modifier le code]

Taxinomie[modifier | modifier le code]

Liste des Sous-espèces [4]
  • Carduelis carduelis carduelis (Linnaeus) 1758 — Europe occidentale et centrale ;
  • Carduelis carduelis balcanica Sachtleben 1919 — Balkans : Bulgarie, Grèce et Macédoine (y compris Carduelis carduelis schiebeli (Jordans & Steinbacher, 1943) de Crète) ;
  • Carduelis carduelis britannica (Hartert) 1903 — Grande-Bretagne & Irlande ;
  • Carduelis carduelis caniceps Vigors 1831 — Himalaya ;
  • Carduelis carduelis colchica Koudashev 1915
  • Carduelis carduelis frigoris Wolters 1953
  • Carduelis carduelis loudoni Zarudny 1906 — Iran septentrional et Azerbaïdjan ;
  • Carduelis carduelis niediecki Reichenow 1907 — Chypre, Rhodes, Moyen-Orient et Proche-Orient ;
  • Carduelis carduelis paropanisi Kollibay 1910 — Asie Centrale ;
  • Carduelis carduelis parva Tschusi 1901 — Espagne et Afrique du Nord;
  • Carduelis carduelis subulata (Gloger) 1833 — Turkestan ;
  • Carduelis carduelis tschusii Arrigoni degli Oddi 1902 (syn. Carduelis carduelis bruniventris Schiebel, 1934) — Corse, Sardaigne et Sicile ;
  • Carduelis carduelis ultima Koelz 1949 — Iran ;
  • Carduelis carduelis volgensis Buturlin 1906.

En France, seules certaines variétés sont considérées comme domestiques.

Ces sous-espèces ne sont plus valides : Carduelis carduelis brevirostris Zarudny, 1889 ; Carduelis carduelis major Taczanowski, 1879 ; Carduelis carduelis propeparva (Jordans, 1923).

Description[modifier | modifier le code]

Le chardonneret adulte et son juvénile ont le bec rose pâle, pointu et effilé, la queue fourchue, les yeux marron foncé et les pattes grises.

Aspect de l'adulte[modifier | modifier le code]

L'adulte a la face rouge écarlate, entouré de blanc et de noir (ou de gris chez trois sous-espèces), le dos et les flancs bruns, la queue noire avec des taches blanches et le croupion blanc. Le plumage de ses ailes est noir rayé d'une large bande d'un jaune vif. Le dimorphisme sexuel est peu marqué chez cette espèce : la femelle est un petit peu moins bariolée que le mâle, et le plumage rouge de sa face ne passe pas derrière les yeux contrairement au mâle. L'adulte mesure environ 20 à 25 cm d'envergure, 12,5 de cm de longueur et pèse de 14 à 18 g.

Aspect des juvéniles[modifier | modifier le code]

Le jeune est d'une couleur fauve-grisâtre un peu terne, et ne possède pas le rouge-blanc-noir de l'adulte sur la tête. Il est rayé sur le ventre et sur le dos avec une large bande alaire jaune et une queue noire. La distinction entre mâle et femelle à ce stade là est difficile.

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Chant et cri[modifier | modifier le code]

Son chant est un gazouillis fluide et répété dont les "sticlitt" et les "didelitt" s'entremêlent. Lorsqu'il est anxieux il lance un doux "èh-i" et des rafalements. Son agressivité se traduit par un "crrrr" guttural. le chardonneret possède un répértoire riche et mélodieux qu'on peut apprécier notamment en période d'accouplement avec son "chant nuptial". Nous pouvons distinguer clairement les chants d'autres oiseaux dans ce répertoire (allouette lulu, mésange charbonnière, ...). Ces cris sont repris par le chardonneret et correspondent souvent à ceux d'oiseaux de son entourage qu'il a entendu étant jeune.

Comportement[modifier | modifier le code]

Il est assez gracieux, très sociable et son vol est onduleux et dansant, mais très erratique.

Assez farouche surtout à la saison de la nidification, il se perche principalement à la cime des arbres.

Lors de la parade nuptiale, le chardonneret élégant étant très agressif, les disputes entre mâles ou entre un mâle et une femelle ne sont pas rares, et l'on entend leurs cris gutturaux très typiques.

En mars les mâles déjà en couple s'approchent du perchoir de la femelle en prenant une posture assez curieuse : ils bombent le dos, et se tournent de gauche à droite, en étirant soit une aile, soit la queue. Les scientifiques pensent que c'est fait pour exhiber la couleur jaune des plumes et les taches que le chardonneret possède sur les rectrices. Pendant ce temps la femelle tourne le corps d'un côté et de l'autre. Cette parade se termine par un apport de nourriture du mâle à la femelle qui pendant ce temps ouvre ses ailes en tremblotant tel un juvénile se faisant nourrir.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le chardonneret est exclusivement granivore.

  • Il recherche avant tout les graines de chardons (ce qui lui vaut son nom) et de bardanes car grâce à son bec effilé, il peut très bien les enlever sans se piquer et parvient à les décortiquer très habilement.
  • Il se nourrit aussi de graines de bouleaux et d'aulnes.
  • La fleur de cosmos (plante) en train de faner ou de sécher lui fournit une nourriture appréciée (il s'accroche aux tiges qu'il fait plier et extrait les akènes à grands coups de bec).

Reproduction[modifier | modifier le code]

Nidification[modifier | modifier le code]

Au printemps, la saison des nids commence et le chardonneret se fait très discret. Rares sont les prédateurs qui remarquent le nid construit par la femelle car elle le camoufle habilement. Elle recouvre les parois extérieures du nid avec des brindilles, des fines herbes et de la soie d'araignée. L'intérieur est garni de duvets végétaux : plumes, lichens...

Le chardonneret niche dans les arbres, souvent en bout de branche et parfois dans les haies, dans les pruniers, pommiers les cyprès ou les cerisiers. Si elle se trouve dans un jardin ou dans un parc, la femelle choisira plutôt les érables ou les peupliers. Une fois le nid fini, la femelle pond de quatre à six œufs blanchâtres tirant vers le bleu avec des taches brunes, d'une longueur de 15-20 x 12- 14 mm, qu'elle couve seule pendant 12 à 14 jours, tandis que le mâle la ravitaille au nid pendant ce temps.

Élevage des oisillons[modifier | modifier le code]

À l'éclosion des œufs, les oisillons sont - comme la plupart des autres oisillons - recouverts d'un léger duvet très long et très épais donc très chaud. Les parents nourrissent leurs petits avec des pucerons et ensuite avec des graines prédigérées. Au bout de deux semaines, lorsque les petits peuvent voler, ils quittent le nid, mais les parents les nourrissent encore pendant quelque temps. Ensuite les jeunes forment de petites bandes nombreuses qui vagabondent l'hiver.

Le chardonneret élégant produit deux à trois couvées par année.

Longévité[modifier | modifier le code]

Il vit une douzaine d'années, au maximum 15 ans.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Distribution géographique du Chardonneret élégant.

On trouve le chardonneret dans toute l'Europe (et aussi au Cap-Vert et à la Réunion), tous les pays qui bordent la Méditerranée, le Moyen-Orient sauf le Yémen, et dans toute l'Asie sauf l'Asie du Sud-Est et les Corées. Il a été introduit au Brésil, en Uruguay, en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux Açores. Exceptionnellement il a été observé en Argentine, au Japon et en Oman.

Seuls les individus nordiques sont considérés comme migrateurs.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le chardonneret vit dans les vergers, parcs, jardins et autres lieux cultivés, mais en automne et en hiver, il recherche les chardons, donc il préfère les bords des routes et les terrains en friche.

Dès le mois d'août il se regroupe en bandes de congénères de la même espèce, dans les espaces à découvert et les cultures, recherchant la proximité des mares et des ruisseaux. Mais il se regroupe aussi avec des individus d'autres espèces tels que des tarins des aulnes, dont leur alimentation très semblable les fait souvent se côtoyer.

Menaces et statut de conservation[modifier | modifier le code]

Les populations de chardonnerets élégants sont classées en danger. Leur nombre a fortement baissé durant le siècle dernier, pour deux raisons :

  • avec l'usage excessif des pesticides pour les mauvaises herbes, le chardonneret trouve de moins en moins facilement sa nourriture, composée quasi-exclusivement de graines ;
  • durant le XXe siècle le chardonneret a été beaucoup capturé pour devenir oiseau d'ornement.

Le nombre de chardonnerets en Europe est estimé entre 23 et 57 millions d'individus[5].

Protection[modifier | modifier le code]

Le Chardonneret élégant (sous sa forme sauvage) bénéficie d'une protection totale sur le territoire français depuis l'arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l'ensemble du territoire[6]. Il est donc interdit de le détruire, le mutiler, le capturer ou l'enlever, de le perturber intentionnellement ou de le naturaliser, ainsi que de détruire ou enlever les œufs et les nids, de détruire, d'altérer ou de dégrader son milieu. Qu'il soit vivant ou mort, il est aussi interdit de le transporter, colporter, de l'utiliser, de le détenir, de le vendre ou de l'acheter.

Le chardonneret dans la culture[modifier | modifier le code]

Le tableau de Raphaël.

Peinture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vierge au Chardonneret.

Un chardonneret est représenté dans la main de Jésus dans le tableau "La Vierge Marie avec Jésus et Saint-Jean Baptiste" de Raphaël, vers 1507-1508. D'ailleurs ce tableau s'appelle en italien (titre original) Madonna del cardellino ce qui signifie La madone au chardonneret. On retrouve également le chardonneret dans d'autres tableaux de la Renaissance italienne.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armoiries de la ville de Stehelčeves.

.

Il est représenté sur quelques armoiries telles que celles de la municipalité tchèque de Stehelčeves.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Le Chardonneret élégant figure également sur de très nombreux timbres.

Autres[modifier | modifier le code]

Son nom anglais « European Goldfinch » est également celui d'un site internet, europeangoldfinch.net, qu'utilisent les fugitifs de la série Prison Break pour communiquer. La Fox, la chaîne qui produit la série, avait réellement acheté le nom de domaine pour en faire une foire aux questions sur l'oiseau ainsi qu'un forum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, Tomus I. Editio decima, reformata. Holmiæ: impensis direct. Laurentii Salvii. i–ii, 1–824 pp : page 180
  2. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  3. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  4. D'après Alan P. Peterson
  5. IUCN Red List
  6. Le statut juridique des oiseaux sauvages en France, Ligue pour la protection des oiseaux

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Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Jiří Félix, Oiseaux des Pays d'Europe, Paris, Gründ, coll. « La Nature à livre ouvert »,‎ 1986, 22 cm × 30 cm, 320 p. (ISBN 2-700-01504-5), p. 294
  • Guy Mountfort et P.A.D Hollom, Guide des oiseaux de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé, coll. « Les guides du naturaliste», Paris, 1994.
  • Ottaviani, M. (2011). Monographie des Fringilles (carduélinés) – Histoire Naturelle et photographies, volume 2. Editions Prin, Ingré, France, 286 p.