Arnica

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Arnica est un genre d'environ 30 espèces de plantes pérennes, herbacées, appartenant à la famille des Asteraceae. Ce genre montagnard se développe essentiellement dans les régions tempérées néarctiques (Amérique du Nord). Seules deux espèces sont natives des régions paléarctiques (Eurasie) : Arnica angustifolia et Arnica montana.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les espèces du genre Arnica ont une hampe florale peu ramifiée. Elles portent des feuilles duveteuses, opposées vers l'apex de la tige. Ces feuilles sont ovoïdes, tannées. Les basales forment une rosette.

Elles développent de grands capitules jaunes ou orange de 6-8 cm de largeur avec 10-15 longs fleurons ligulés en rayons et de nombreux fleurons tubulés au centre. Les bractées poilues sont chacune associées à un capitule. Carl von Linné, au XVIIIe siècle, donne pour caractères distinctifs des espèces d'Arnica, toutes les semences aigrettées, et cinq filaments stériles dans les demi-fleurons. Les fleurs ont une odeur aromatique légère.

Le fruit semblable à la graine est surmontée d'un pappus lui-même plumé de soies brun, rousses, blanches ou pâles.

Usages médicinaux[modifier | modifier le code]

En médecine traditionnelle, l'usage de l'arnica des montagnes est décrit dans des pharmacopées européennes pour son usage sur le traitement de petits traumatismes comme les hématomes ou les troubles menstruels légers. Si des études de pharmacologie ont suggéré un effet analgésique et anti-inflammatoire, il n'existe pas d'étude clinique ayant confirmé la présence de tels effets chez les humains[1]. Les études sur les préparations homéopathiques n'ont pas montré d'efficacité supérieure à un placebo[2]. Afin de fournir les laboratoires pharmaceutiques, dont la demande européenne annuelle est estimée à 50 tonnes de capitules secs, cette arnica est cueillie à l'état sauvage. Cependant, cette demande croissante en produits phytothérapeutiques et homéopathiques et sa rareté semblent antinomiques. En effet, devant la raréfaction des stations sauvages, la cueillette tend à se concentrer sur quelques sites et à les surexploiter. De plus, sa culture reste à l'heure actuelle aléatoire tant ses exigences sont nombreuses. Néanmoins, des alternatives se mettent en place : la recherche sur sa culture avance, l'Allemagne et la communauté européenne ont ouvert leur pharmacopée pour accueillir une plante thérapeutiquement équivalente originaire d'Amérique du nord (Arnica chamissonis subsp. foliosa) tandis que d'autres mettent en place des conventions entre les différentes parties en jeu afin de concilier économie et écologie.

Dans la partie occidentale de l’Amérique du Nord, de l’Alaska et au nord du Mexique, on trouve également trois espèces d'Arnica : Arnica fulgens, Arnica sororia et Arnica cordifolia que les amérindiens utilisaient pour traiter les blessures, les ecchymoses et les entorses[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie de « arnica » est mal connue, ce nom proviendrait peut-être de l'arabe comme il en était l'usage à l'époque mais il est plus probable qu'elle vienne d'une altération latine du grec ancien πταρμική « ptarmique » (plante dont les fleurs font éternuer) du substantif πταρμός « éternuement », du verbe πταίρω forme moyenne πτάρνυμαι « éternuer ». La forme moyenne explique la substitution de n à m dans la forme grecque qui est à l'origine de la forme latine. L'amuïssement de pt s'explique par le fait que le latin ne connaît pas ce groupe de consonne à l'initiale. Cette étymologie fait clairement allusion aux propriétés sternutatoires de l'arnica. Par ailleurs, Jean-Michel Fehr la recommande en 1678 comme poudre à priser et à éternuer purgeant le nez[4],[5].

Histoire scientifique[modifier | modifier le code]

D'après Pierandrea Mattioli, dans la Grèce antique, la plante nommée par Dioscoride alcimos, c'est-à-dire « salutaire » serait l'arnica des montagnes. Selon Paul Victor Fournier, ce serait Matthaeus Silvaticus, au XIVe siècle, qui serait le premier à l'avoir nommé « ptarmica». Cependant la plante est confondue avec le genre Alisma ou Damasonium. Ce nom sera repris par Conrad Gesner au XVIe siècle, puis transformé par le médecin allemand Jean-Michel Fehr en « arnica » au XVIIe siècle[4]. Par la suite de nombreuses dénominations se succédèrent. En effet, la proximité du genre Arnica avec le genre Doronicum souleva de nombreuses polémiques entre le XVIIe siècle et le XIXe siècle. Joseph Pitton de Tournefort, au XVIIe siècle, l'insère pour la première fois dans le genre Doronicum et la nomme « Doronicum plantaginis folio alternum ». Carl von Linné, au XVIIIe siècle, donne pour caractères distinctifs de l'arnica, toutes les semences aigrettées, et cinq filaments stériles dans les demi-fleurons. Il crée donc des genres distincts et nomme l'espèce selon sa méthode binomiale « Arnica montana ». À la même époque, Jean-Baptiste de Lamarck classe le genre Arnica au sein des Doronic et la nomme « Doronicum oppositifolium ». De même, selon Bernard de Jussieu et Pierre Jean François Turpin, le premier des caractères de Linné est trop peu important pour établir une distinction générique et le second n'existerait pas. D'autres noms voient alors le jour comme « Doronicum montanum » en 1786 et « Doronicum arnica » en 1804. Un genre intermédiaire entre Arnica et Doronicum voit même le jour : le genre Aronicum, aujourd'hui caduc et dont la totalité des espèces se situe au sein du genre Doronicum. La classification actuelle retiendra celle de Carl von Linné[6].

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maguire, B. 1943 A monograph of the genus Arnica (Senecioneae, Compositae). Brittonia 4: 386–510
  • Wolf, S.J. & K.E. Denford. 1984. Taxonomy of Arnica (Compositae) subgenus Austromontana. Rhodora Journal of the New England Botanical Club 86(847): 239 - 309.
  • Nordenstam, B. 1977 Senecioneae and Liabeae—systematic review. In V. H. Heywood, J. B. Harborne, and B. L. Turner [eds.], The biology and chemistry of the Compositae, vol. II, 799–830. Academic Press, London, UK
  • Baldwin, B. G. 1999 New combinations in Californian Arnica and Monolopia. Novon 9: 460–461
  • Lyss, G., T. J. Schmidt, H. L. Pahl, and I. Merfort. 1999 Anti-inflammatory activity of Arnica tincture (DAB 1998) using the transcription factor NF-kappaB as molecular target. Pharmaceutical and Pharmacological Letters 9: 5–8
  • Wolf, S. J., and K. E. Denford. 1984 Taxonomy of Arnica (Compositae) subgenus Austromontana. Rhodora 86: 239–309

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Organisation mondiale de la santé, Monographs on selected medicinal plants, VOLUME 3, WHO Library Cataloguing in Publication Data, pp.1-390 (2007) [PDF] Texte complet
  2. (en) NCBI : Ernst E, Pittler MH. Efficacy of homeopathic arnica: a systematic review of placebo-controlled clinical trials.Arch Surg. 1998 Nov;133(11):1187-90. ([PDF] Voir plus de détails sur cette étude)
  3. (fr) fiche Arnica montana sur Passeport Santé
  4. a et b Définitions lexicographiques et étymologiques de « Arnica » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  5. Trésor de la langue française informatisé : Arnica
  6. Flore médicale, par François-Pierre Chaumeton, publié 1814 C.L.F. Panckoucke