Le ciel lui tombe sur la tête

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le ciel lui tombe sur la tête
33e album de la série Astérix
Scénario Albert Uderzo
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix

Éditeur Albert René
Première publication 2005
Albums de la série Astérix
Précédent Astérix et la Rentrée gauloise L'anniversaire d'Astérix et Obélix - Le Livre d'or Suivant

Le ciel lui tombe sur la tête est le trente-troisième épisode de la bande dessinée Astérix, dessiné et scénarisé par Albert Uderzo. Le 14 octobre 2005, huit millions d'exemplaires de l'album sortent dans 27 pays (dont 3,2 millions en France[1]) et en 13 langues. Les albums sont tous numérotés à l'imprimerie.

Album à part dans la série des aventures d'Astérix, Le ciel lui tombe sur la tête ne reprend pas la plupart des codes habituels des histoires du petit Gaulois, allant jusqu'à mettre en scène des ovnis et des super-héros américains dans le contexte pourtant antique de la Gaule des années -50.

C'est également l'album d'Astérix qui a reçu, de toute la série, le plus mauvais accueil de la part de la critique et du public.

Le scénariste Albert Uderzo s'inspire pour son titre d'un récit antique du IIe siècle d'Arrien concernant l'expédition victorieuse d'Alexandre le Grand en Thrace. Recevant une délégation de Celtes venus lui proposer une alliance, Alexandre leur demande ce qu'ils craignent le plus de toutes les choses mortelles. Ils avouent que c'est le ciel (considéré dans leur mythologie comme une sorte de couvercle solide posé sur la terre) alors qu'Alexandre s'attend à ce qu'ils lui répondent son propre nom[2].

Scénario[modifier | modifier le code]

Astérix et Obélix découvrent que tous les villageois ont été figés, excepté le druide Panoramix et Idéfix. Ils comprennent rapidement que c'est parce qu'ils ont bu de la potion magique et que cette paralysie est liée au vaisseau extraterrestre qui survole le village.

Références[modifier | modifier le code]

L'album décrit et parodie la lutte entre bande dessinée, comics et manga.

  • L'extraterrestre Toune est une parodie de Mickey Mouse; le mot « Toune » lui-même est un homophone de Toon. À un moment, le costume de Toune (qui a deux boutons jaunes comme la culotte de Mickey) devient noir, pour rappeler le vrai Mickey.
  • Dans cette scène, Astérix lui fait d'ailleurs remarquer que le noir lui va bien, référence à Le noir te va si bien, comédie anglo-saxonne, reprise avec succès dans les années 70 par des acteurs français.
  • Les clones qui l'accompagnent sont des parodies de Superman qui ont la tête d'Arnold Schwarzenegger[3]. Ils portent même un anneau à pierre verte brillante, analogie de Green Lantern. Toune ajoute qu'on peut les cloner en chauve-souris ou en araignée. C'est censé être une caricature des super-héros américains qui sortiraient tous du même moule (celui de Superman).
  • Toune et les super-clones viennent de la planète Tadsylwine (anagramme de Walt Disney) et le nom de leur chef et sage est « Hubs » (anagramme de Bush). De plus, leur État est constitué de cinquante planètes : il s'agit d'une référence aux cinquante États des États-Unis d'Amérique.
  • Les Tadsylwiniens se nourrissent de « chiens-chauds », qui ont l'apparence de hot-dogs (« chien-chaud » est une traduction littérale qui s'utilise au Québec). Ce jeu de mot a déjà été utilisé dans La Grande Traversée.
  • Lorsque le vaisseau des Tadsylwiens ordonne au Nagma de partir après avoir cassé son vaisseau, le chef Nagma dit : « Oui, mais elle va moins bien marcher maintenant ! ». Une petite case dans le coin précise que c'est un hommage au film Le Corniaud (1965).
  • Toune veut confisquer la potion magique des Gaulois car elle représente un danger pour l'univers si elle reste aux mains d'un peuple « primitif ». Son entreprise est une analogie avec l'affaire des armes de destruction massive en Irak en 2003. Toune, bien qu'amical et gentil, se montre aussi arrogant et enclin à la force lorsqu'il est en colère.
  • Les Nagmas représentent les Japonais. Leur nom est une anagramme de manga, comme leur planète "Gmana". On ne voit que le chef de l'invasion. Il est jaune aux yeux bridés, ce qui semble être une caricature d'Asiatique, mais il ressemble aussi beaucoup à Acidenitrix de l'album Le Grand Fossé, et porte une armure dorée ressemblant à celle portée par Les Chevaliers du Zodiaque. Son masque a de gros yeux bigarrés qui rappellent les yeux des personnages de manga. Son vaisseau-mère ressemble à Goldorak et peut cracher des robots volants qui ressemblent à Mickey Mouse mais s'appellent "Goelderas" (jeu de mots entre "Goldorak" et "gueule de rat"). Toune raconte aux Gaulois les raisons de leur belligérance : « Les Nagmas sont envieux et vindicatifs ! Ils nous copient, mais ils sont moins avancés que nous sur les connaissances scientifiques ! » C'est une référence à un vieux cliché selon lequel les Japonais copieraient les produits industriels des autres pays, par le biais d'espions se faisant passer pour des touristes.
  • Obélix dit qu'il n'aurait pas de problème pour grimper sur la fusée Nagma, en mentionnant comment il avait grimpé sur le Sphinx dans Astérix et Cléopâtre.
  • Tout comme Hergé dans Vol 714 pour Sydney, Uderzo met son album entre parenthèses dans l'histoire de la série Astérix en faisant oublier à tous les personnages du village les actions qui venaient de se passer, tout en reprenant le thème des extra-terrestres. Cela peut traduire une sorte d'œuvre à part dans la série.

Accueil[modifier | modifier le code]

Le ciel lui tombe sur la tête reçoit un accueil extrêmement critique dans la presse et parmi la quasi-totalité des lecteurs. "Le ciel lui est bien tombé sur la tête" et/ou "C'est sur sa propre tête que le ciel est tombé" sont les qualificatifs qui reviennent le plus souvent dans les micro-trottoirs. La plupart des lecteurs le qualifient de "pire album d'Astérix".

La Libre Belgique juge qu'Uderzo « s'égare » [4] tandis que la RTBF considère qu'il « dénature complètement l'univers d'Astérix et Obélix ».

En France, le 21 octobre 2005, Daniel Schneidermann affirme dans Libération que « le dernier album d'Astérix, hélas, est mauvais » avant d'étudier les causes possibles du silence supposé de la presse écrite et télévisée française sur ce fait (de nombreux reportages comportent pourtant des micro-trottoirs très critiques, comme ceux cités plus haut).

L'album a été critiqué par les amateurs de bande dessinée japonaise pour le côté jugé peu subtil de son message anti-manga. Sur ce dernier point, Uderzo admet qu'il a peu d'estime pour le manga, avec cependant une expérience très limitée, étant resté sur l'impression que lui a laissée un manga érotique[citation nécessaire].

En février 2006, dans une chronique parue dans Suprême dimension[5], Didier Pasamonik se moque de ces critiques en écrivant que cet album « n'abolira pas la réussite incontestable de cette série. » Il estime que le fait que Toune supprime tout souvenir de l'aventure dans la mémoire des Gaulois « est un méta-commentaire de l'album » : les lecteurs peuvent effacer cet album à thèse.

Selon les Éditions Albert-René, 800 000 exemplaires de cet album se sont vendus dans les trois jours suivant sa sortie.

Toujours selon l'éditeur, début 2006, il s'était écoulé 2 400 000 albums sur les 3 millions mis en place dans les rayons en France. Il semblerait que le chiffre réel, après retour des invendus, soit bien inférieur et n'ait pas dépassé la moitié de la mise en place (1 300 000 albums vendus)[réf. nécessaire]. Le 33e album d'Astérix s'avère donc être un échec commercial, en regard des chiffres de vente que cette série a l'habitude de faire[6],[7].

À noter[modifier | modifier le code]

La couverture de cet épisode est une représentation inversée de celui du premier album de la série, Astérix le Gaulois, le Romain étant remplacé par un éclair qui se transforme en boule de feu après avoir été frappé par le poing d'Astérix.

L'album brise trois règles (non écrites) d'Astérix :

Uderzo a fait à la première page de l'album un hommage à son frère, et écrit à la dernière page que cet album est un hommage à Walt Disney.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Livres Hebdo (17 mai 2013) avance le chiffre de 2,7 millions exemplaires vendus en français.
  2. Arrien, Anabase d'Alexandre, I, 4, 7
  3. L'encyclopedix : Superclonne.
  4. La Libre.be
  5. Didier Pasamonik, « Annus mangaphillis », chronique parue dans Suprême dimension n°1, Soleil Presse, Toulon, février 2006.
  6. http://infobd.over-blog.com/article-1703162.html
  7. Voir aussi l'article 2005 en BD, section « Meilleures ventes »

Voir aussi[modifier | modifier le code]