Attaque du train postal Glasgow-Londres

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51° 52′ N 0° 40′ O / 51.867, -0.67

Attaque du train postal Glasgow-Londres
Nature du crime Vol
Type de crime Braquage de train
Pays de lieu du crime Grande-Bretagne
Date du crime 8 août 1963
Jugement
Statut Affaire jugée, membres du gang pour la plupart condamnés à trente ans de prison

L’attaque du train postal Glasgow-Londres est un célèbre braquage, commis en 1963 et considéré à l'époque comme le casse du siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Bridego Bridge, lieu du braquage.

Le 8 août 1963 vers trois heures du matin, un gang de 18 personnes arrête le train postal Glasgow-Londres[1] au niveau du Bridego BridgeLedburn, près de Mentmore dans le Buckinghamshire, au nord-ouest de Londres) et s'empare d'un butin de 2,6 millions de livres sterling (l'équivalent de 65 millions d'euros actuels) en petites coupures destinées à la destruction. Les membres du gang, qui se sont réunis la nuit précédente dans une ferme isolée (ferme de Leatherslade achetée pour l'occasion) pour préparer le braquage, sont dirigés par un dénommé Bruce Reynolds. Après avoir coupé les lignes téléphoniques et piraté la signalisation de la voie ferrée pour faire stopper le train, ils s'emparent du mécanicien, décrochent la locomotive et les deux premiers wagons (le second est toujours celui renfermant l'argent). Un des membres du gang, Stanley Agate, retraité des chemins de fer, conduit alors ce convoi réduit jusqu'à Bridego Bridge[2] où le gros de la bande attaque le wagon postal et neutralise les postiers à coups de matraques. Ils s'emparent ainsi, sans tirer de coups de feu, de 128 sacs remplis de billets de banques écossaises à destination des caisses de la banque centrale britannique d'une valeur totale de 2.631 millions de livres sterling, les agents de surveillance de ce train sans wagon voyageurs étant peu nombreux pour ne pas éveiller les soupçons[3]. Les membres du gang sont rapidement arrêtés grâce aux empreintes digitales retrouvées dans la ferme isolée[4] et aux indicateurs de Scotland Yard, mais Reynolds ainsi que Ronnie Biggs s'échappent et s'installent au Brésil[5]. Les autres membres sont pour la plupart condamnés à trente ans de prison[6]. La police pense alors qu'un casse aussi bien préparé n'a pu être réalisé que grâce à un informateur[7] qui ne sera jamais identifié, the Ulsterman, « l’homme de l’Ulster »[3].

Ronnie Biggs (1929-2013), malade, rentrera en Angleterre en 2001 à l'âge de 71 ans et sera incarcéré. Il meurt le 18 décembre 2013.

Bruce Reynolds (1931-2013), restera en fuite, avec sa femme et son fils, Nick, pendant 5 ans, notamment au Mexique et au Canada. Il tenta de retourner vivre incognito en Angleterre, mais sera arrêté et écopera de 25 ans de prison. Libéré après 10 ans de détention, il écrivit ses mémoires et sera consultant pour un film policier anglais, Gangster No. 1. Il meurt, dans son sommeil, le 28 février 2013 (à 81 ans).

Charles Wilson (1932-1990), incarcéré à la HM Prison Birmingham dont il s'évade en 1964 pour prendre la fuite en France et au Mexique, se cache à Rigaud (Québec) au Canada où il est retrouvé.

Gordon Goody, considéré comme le cerveau du gang, tenait un salon de coiffure pour dames comme couverture, ce qui lui permit de fournir l'équipe en masques et matériel de maquillage. Après sa libération, il s'installe en Espagne où il s'est acheté grâce à la part de son butin un bar de plage. Il annonce en août 2013 qu'il révélera l'identité de « l’homme de l’Ulster » à l'occasion d'un documentaire sur le 50e anniversaire du vol[8].

L'argent, en grande partie, ne sera jamais retrouvé[3].

Au cinéma et dans les autres médias[modifier | modifier le code]

En 1966, la trilogie policière Die Gentlemen bitten zur Kasse met en scène ce vol, le rôle de Bruce Reynolds étant interprété par Horst Tappert.

Le film Buster de David Green (1988) avec Phil Collins raconte la cavale des membres du gang de Bruce Reynolds suite à l'attaque du train postal Glasgow-Londres.

Le scénario du film Le Cerveau de Gérard Oury s'en inspire.

Le film le Pacha de Georges Lautner l'évoque, de même pour celui de Michel Audiard, Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (1968).

La bande dessinée Le train fantôme (Eddy Paape et Jean-Michel Charlier), dont le héros est Marc Dacier (1967), s'inspire, avec précision mais librement, de ce braquage.

Une publicité pour des Lego de 1983 met en scène l'organisation de l'attaque avec les petites briques[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce train est désormais conservé au dépôt central de l'ancienne compagnie ferroviaire Great central railway du Travelling Post Office britannique et est entretenu par des passionnés des chemins de fer.
  2. Lieu choisi car une route proche permet d'y garer les véhicules qui évacueront les sacs postaux.
  3. a, b et c Carl-Ludwig Rettinger, documentaire « Le casse du siècle », Arte, 2013
  4. En quittant le pont, un des hommes du gang ordonne aux gardes de « rester tranquilles trente minutes », ce qui permet à la police de concentrer ses recherches dans un périmètre et de localiser la ferme avant qu'elle soit incendiée.
  5. Jacques Pradel, « Le casse du train postal Glasgow-Londres », émission L'heure du crime sur RTL, 13 mars 2013
  6. À leur libération, ils continueront régulièrement à se voir pour évoquer leurs souvenirs.
  7. Cet informateur révèle en 1962 à Brian Field, clerc dans un cabinet d'avocats spécialisé dans la défense de criminels (notamment de Gordon Goody) que le train Glasgow-Londres transporte régulièrement de grosses sommes. Voulant faire fortune, Brian Field vend cette information à Goody (il l'avait précédemment vendu à d'autres gangsters qui trouvaient le casse trop risqué), ce dernier rencontrant l'informateur qui se révèle fiable. Goody fait alors part du casse possible à son compère Bruce Reynolds.
  8. (en) Tony Thompson, « Great Train Robber who got away will be named », sur theguardian.com,‎ 4 août 2013
  9. LEGO : jouet à assembler : Lego train, ina.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ronald Biggs, Odd man out : my life on the loose and the truth about The Great Train Robbery, Pan, Londres, 1995, 279 p. (ISBN 0330337688)
  • (en) Bruce Reynolds, The autobiography of a thief : the compelling story of the man who masterminded the Great Train Robbery, Virgin, Londres, 2000, 525 p. (ISBN 0753505959)
  • Les Grandes affaires criminelles : l'affaire Landru, Bonnie Parker et Clyde Barrow, l'attaque du train postal Glasgow-Londres, Sacco et Vanzetti (préface de Roger Borniche), Éd. La Courtille, Paris, 1975, 158 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]