Liste des présidents de la République italienne

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Politique en Italie
Image illustrative de l'article Liste des présidents de la République italienne

Cette page dresse la liste des présidents de la République italienne qui furent investis depuis la proclamation de la République, datant de 1948.

Onze hommes ont présidé la République italienne pour un septennat ; seul Giorgio Napolitano, élu en 2006, a été reconduit, en 2013, pour un second mandat présidentiel

Les présidents de la République italienne (depuis 1946)[modifier | modifier le code]

Nom Mandat présidentiel Parti politique
(lors de l'élection)
Notes
Enrico De Nicola De Nicola ritratto.jpg PLI Premier président de la République italienne, De Nicola, ancien président de la Chambre des députés, fut élu chef de l'État provisoire par l'Assemblée constituante le , lors du premier tour de scrutin. Le , De Nicola, qui avait pourtant démissionné, fut reconduit par l'Assemblée constituante ; le , Enrico De Nicola devenait le premier président de la République italienne. Il refusa cependant de concourir à l'élection présidentielle du mois de mai, et céda ses fonctions à Luigi Einaudi.
Luigi Einaudi Luigi Einaudi.jpg PLI Gouverneur de la Banque d'Italie lors de son élection à la présidence de la République, Luigi Einaudi, fut élu président le , bien qu'ayant été un monarchiste convaincu. Grand européen de conviction, plaidant pour des « États-Unis d'Europe », Einaudi fut un économiste éminemment respecté, tant pour ses convictions que pour son exercice de la fonction présidentielle.
Giovanni Gronchi Giovanni Gronchi.jpg DC Ancien ministre, puis président de la Chambre des députés, Giovanni Gronchi, partisan d'une présence du PCI au sein du gouvernement et d'une Italie « non-alignée », nomma Fernando Tambroni à la présidence du Conseil des ministres, celui-ci dirigeant un « gouvernement du président », dans le dessein de voir l'Italie sortir d'une grave impasse politique, en  ; celui-ci fut soutenu, au Parlement, par les néo-fascistes du MSI et la DC, mais démissionna quelques mois suivant son investiture, après de violentes manifestations antifascistes qui coûtèrent la vie à plusieurs personnes et firent de nombreux blessés. Gronchi ne se relèvera point de cette période et ne fut pas rencuit en 1962, étant contraint de céder ses fonctions à l'ancien président du Conseil, Antonio Segni.
Antonio Segni Antonio Segni.jpg DC Conservateur modéré, ministre au sein de nombreux gouvernements de centre-droit, ancien président du Conseil des ministres, Antonio Segni semblait être un candidat d'envergure pour la présidence de la République. Cependant méfiant envers les communistes et la police, il demande l’élaboration d’un plan de lutte anti-subversion aux carabiniers, le plan Solo. Atteint par un grave accident cérébral, le , il resta paralysé et démissionna le , ses fonctions ayant été assumées, depuis, par le président du Sénat de la République, Cesare Merzagora.
Giuseppe Saragat Giuseppe Saragat.jpg PSDI Ancien président de l'Assemblée constituante, puis ministre des Affaires étrangères, Giuseppe Saragat fut le premier social-démocrate élu président de la République. Ayant tenté, sans succès, d'unir démocrate-chrétiens, socialistes et communistes, sa présidence fut marquée par les tragiques inondations de Florence, en , les contestations étudiantes de 1968 et l'attentat de piazza Fontana en 1969, événement qui marque le début des années de plomb.
Giovanni Leone Giovanni Leone.jpg DC En 1971, la DC retrouva le palais du Quirinal, en la personne de Giovanni Leone, ancien président de la Chambre des députés, puis du Conseil des ministres. Celui-ci, déjà candidat lors des élections présidentielles de 1962, puis de 1964, parvint enfin à devenir le chef de l'État. Soupçonné, par la presse, d'avoir été plus ou moins impliqué dans l'affaire Lockheed, il présenta cependant sa démission, anticipant alors la fin de son mandat présidentiel de sept ans, en .
Sandro Pertini Pertini ritratto.jpg PSI Figure de la Résistance italienne, ancien président de la Chambre des députés, Sandro Pertini fut le premier socialiste élu à la présidence de la République. Son franc-parler comme son charisme firent de lui un président respecté et aimé des Italiens. Sous son mandat, fut nommé, en 1983, le premier socialiste à la présidence du Conseil, en la personne de Bettino Craxi, avec lequel Pertini entretint une relation courtoise mais froide. Il démissionna quelques jours avant la fin de son septennat, dans le dessein d'anticiper la prestation de serment de son successeur, Francesco Cossiga, en
Francesco Cossiga Cossiga Francesco 2.jpg DC Président du Sénat de la République lors de son élection, le , dès le premier tour de scrutin, à la présidence de la République, Francesco Cossiga, figure de la DC, assuma ad interim la charge présidentielle, à la suite de la démission de son prédécesseur, Sandro Pertini. À 56 ans, Cossiga fut le plus jeune président élu, qui plus est s'agit-il du premier président de la République élu dès le premier tour de scrutin de l'élection présidentielle. Assumant ses fonctions dans un cadre honorifique, comme le firent ses prédécesseurs, le président Cossiga fustigea, cependant, le jeu des partis et prôna, peu avant la fin de son mandat, un régime présidentiel et des réformes institutionnelles. Il annonça sa démission le , lors d'un discours télévisé, quatre jours suivant la démission du gouvernement de Giulio Andreotti.
Oscar Luigi Scalfaro Oscar Luigi Scalfaro 2.jpg DC Président de la Chambre des députés lors de son élection, le , Oscar Luigi Scalfaro fut élu président de la République au seizième tour de scrutin. Cet ancien ministre, réputé fervent catholique, fut l'ultime démocrate-chrétien élu au Quirinal. Son mandat présidentiel fut marqué par l'opération Mani pulite (« Mains propres »), au cours de laquelle de nombreuses affaires de corruption impliquant une importante partie de la classe politique furent révélées, comme par l'investiture, en 1993 du premier gouvernement technique de la République italienne, dirigé par l'ancien gouverneur de la Banque d'Italie, Carlo Azeglio Ciampi, et le premier succès électoral du parti Forza Italia, fondé, en 1994, par l'homme d'affaires Silvio Berlusconi, nommé président du Conseil par le président Scalfaro, qui ne l'appréciait guère. Après la chute de celui que l'on surnomma il Cavaliere, Scalfaro nomma, de nouveau, un gouvernement technique, dirigé par Lamberto Dini, en 1995.
Carlo Azeglio Ciampi Ciampi ritratto.jpg Indépendant Ancien gouverneur de la Banque d'Italie, première personnalité indépendante ayant dirigé un gouvernement de 1993 à 1994, Carlo Azeglio Ciampi, alors ministre du Trésor du gouvernement de Massimo D'Alema, fut élu, le , président de la République lors du premier tour de scrutin, étant le second président, après Francesco Cossiga, ayant élu ainsi. Grand patriote, particulièrement attentif au respect de la Constitution par les gouvernements et autres composantes politiques, le président Ciampi, très apprécié des Italiens, prit souvent position dans le débat politique. Sa présidence fut marquée par la longévité du second gouvernement de Silvio Berlusconi (quatre ans). Bien que sollicité par l'ensemble de la classe politique, Carlo Azeglio Ciampi refusa de concourir pour un second septennat, dans le dessein de « ne pas entretenir une monarchie répoublicaine ».
Giorgio Napolitano Presidente Napolitano.jpg

en fonction
DS[1] Ancien président de la Chambre des députés, Giorgio Napolitano fut le premier post-communiste élu président de la République. Ce juriste, natif de Naples, fut élu lors du quatrième tour de scrutin. Durant son mandat présidentiel, le président Napolitano dut gérer bon nombre de crises politiques : la dissolution du Parlement en à la suite de la chute du second gouvernement de Romano Prodi, la démission de Silvio Berlusconi puis la nomination de Mario Monti à la présidence du Conseil, et, enfin, l'impasse politique des élections générales de février 2013. Le , Giorgio Napolitano fut reconduit dans ses fonctions, étant ainsi le premier président de la République italienne réélu.

Intérim[modifier | modifier le code]

L'intérim présidentiel a été exercé à cinq reprises par le président du Sénat :

  1.  : Cesare Merzagora, après l'accident cérébral foudroyant d'Antonio Segni, qui démissionne officiellement le  ;
  2.  : Amintore Fanfani, en remplacement de Giovanni Leone, démissionnaire pour une affaire de corruption ;
  3.  : Francesco Cossiga, intérim entre la présidence de Sandro Pertini (qui a démissionné avant la fin de son mandat) et la sienne ;
  4.  : Giovanni Spadolini, intérim entre la présidence de Francesco Cossiga (qui a démissionné avant la fin de son mandat) et d'Oscar Luigi Scalfaro ;
  5.  : Nicola Mancino, intérim entre la présidence d'Oscar Luigi Scalfaro (qui a démissionné avant la fin de son mandat) et Carlo Azeglio Ciampi.
Drapeau du Président

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce parti a fusionné au sein du Parti démocrate, en 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]