Arrêt cardio-circulatoire

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Un arrêt cardio-ventilatoire, ou arrêt cardio-respiratoire (ACR), est l'arrêt de la circulation du sang et de la respiration chez un individu. On parle aussi parfois simplement d'arrêt circulatoire ou d'arrêt cardiaque.

L'arrêt cardio-circulatoire ne signifie pas nécessairement la mort de la victime : en cas de constatation d'un arrêt cardio-circulatoire, il faut immédiatement prévenir les secours et commencer la réanimation cardio-pulmonaire en attendant les secours.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Son incidence annuelle, en dehors du milieu hospitalier, est proche de 5 cas pour 10 000 habitants en Amérique du Nord (dont plus de la moitié bénéficie d'une tentative de réanimation en 2007)[1].

Signes d'un arrêt circulatoire[modifier | modifier le code]

Il se manifeste par un état de mort apparente :

  • perte de connaissance : la personne est totalement inconsciente, elle ne bouge pas spontanément, ne réagit ni à la parole ni au toucher, ni à la stimulation douloureuse, ni à la lumière ; elle est complètement hypotonique (n'est pas « crispée ») ;
  • absence de pouls carotidien ou fémoral. La technique de palpation est parfois difficile dans ces circonstances, avec possibles erreurs de diagnostics[2] ;
  • on ne perçoit pas sa respiration même après libération des voies aériennes : on ne sent pas son souffle avec la joue, on ne voit pas la poitrine ou le ventre se lever ni se baisser ;
  • pâleur ou cyanose (couleur bleuâtre secondaire au manque d'oxygénation des tissus) ;
  • les pupilles se mettent en mydriase (elle se dilatent).

Le tableau peut cependant être plus trompeur :

  • le patient perd connaissance et peut convulser (mouvements involontaires brusques et saccadés) dans un premier temps, empêchant toute évaluation du pouls ou de la respiration ; en pratique cela ne dure qu'une dizaine de secondes ;
  • le patient peut avoir une respiration bruyante (respiration d'agonie dite « stertoreuse », ou gasp) pendant quelques dizaines de secondes[3].

Il ne faut pas confondre cette respiration d'agonie ou ces convulsions avec :

  • une syncope sans arrêt cardio-circulatoire (pouls et respiration présente) ;
  • une crise convulsive dans le cadre d'une épilepsie, plus prolongée, avec un pouls et une respiration présente ;
  • un état de choc : la pression artérielle devenant très basse empêche toute perception d'un pouls.

Causes[modifier | modifier le code]

Elles sont parfois évidentes : traumatisme, électrocution, noyade, asphyxie, intoxication, strangulation, hypothermie grave...

Il faut systématiquement penser à une fausse route (passage d'un aliment dans le système respiratoire au lieu de l'œsophage). Dans ce cas, les insufflations sont inefficaces même lorsque la bascule de la tête est correcte, et ce sont les compressions thoraciques qui permettront d'expulser le corps étranger. Il faut alors inspecter la bouche après les compressions thoraciques pour récupérer le corps étranger que l'on aurait réussi à expulser.

Si l'arrêt paraît isolé (pas de traumatisme, d'hémorragie, d'électrocution, d'étouffement...), une cause cardiaque doit être systématiquement évoquée (80 % des cas en France). Elle est plus fréquence chez l'adulte de plus de 35 ans, les causes non cardiaques prédominant chez les plus jeunes[4].
Dans ces cas, le mécanisme de l'arrêt peut être :

Conduite à tenir[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bilan (premiers secours).
Article détaillé : Réanimation cardio-pulmonaire.

Pronostic[modifier | modifier le code]

Le risque principal est celui du décès, qu'il soit immédiat (par inefficacité des manœuvres de réanimation) ou plus tardif (récupération d'un rythme cardiaque permettant une hospitalisation mais décès à la suite). Le risque est également celui d'avoir des séquelles neurologiques, souvent lourdes.

La survie d'un arrêt cardiaque extra hospitalier est inférieure à 10 % même si le chiffre tend à augmenter. Si l'arrêt cardio-circulatoire survient en présence de quelqu'un (ce qui permet de prendre en charge quasi immédiatement l'arrêt), il atteint un peu moins de 30 %[5]. Si l'arrêt cardiaque survient en milieu hospitalier, les chiffres de survie sont du même ordre, avec un peu moins d'un tiers de cas de séquelles neurologiques lourdes[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nichol G, Thomas E, Callaway CW et Als. Regional variation in out-of-hospital cardiac arrest incidence and outcome, JAMA, 2008;300:1423-1431
  2. Eberle B, Dick WF, Schneider T et Als. Checking the carotid pulse check: Diagnostic accuracy of first responders in patients with and without a pulse, Resuscitation, 1996;33:107–116
  3. Bobrow BJ, Zuercher M, Ewy GA et Als. Gasping during cardiac arrest in humans is frequent and associated with improved survival, Circulation, 2008;118:2550–2554
  4. Herlitz J, Svensson L, Engdahl J et Als. Characteristics of cardiac arrest and resuscitation by age group: An analysis from the Swedish cardiac arrest registry, Am J Emerg Med, 2007;25:1025–1031
  5. Hinchey PR, Myers JB, Lewis R et al. Improved out-of-hospital cardiac arrest survival after the sequential implementation of 2005 AHA guidelines for compressions, ventilations, and induced hypothermia: the Wake County experience, Ann Emerg Med, 2010;56:348-357
  6. Girotra S, Nallamothu BK, Spertus JA et al. Trends in survival after in-hospital cardiac arrest, N Engl J Med, 2012;367:1912-1920


Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]