Hugues de Grenoble

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir saint Hugues.
Vitrail de la Cathédrale Notre-Dame de Grenoble représentant Saint Hugues et Saint Bruno

Hugues de Grenoble ou Hugues de Châteauneuf (Châteauneuf-sur-Isère, 1053 - 1er avril 1132) est un ecclésiastique français du culte catholique romain. Il a été chanoine à Valence puis évêque de Grenoble de 1080 à 1132. Fervent partisan de la réforme grégorienne, il s'opposa fermement à l'archevêque de Vienne, Guy de Bourgogne, le futur pape Calixte II.

Canonisé en 1134 par Innocent II, saint Hugues est fêté le 1er avril.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fondation de la Grande Chartreuse (manuscrit du XVe siècle)

Hugues de Grenoble manifesta dès son plus jeune âge une piété extraordinaire et une grande facilité pour la théologie. Alors qu'il était encore laïc, il fut fait chanoine de Valence. Sa piété était telle qu'on disait de lui qu'« il n'aurait aperçu qu'une seule femme dans sa vie. »

Au concile d'Avignon de 1080, il fut choisi comme évêque de Grenoble, bien qu'il n'eût pas été encore ordonné. Conduit à Rome par un légat du pape, il y fut ordonné par Grégoire VII lui-même. Dès son retour, il se consacra à la tâche de réformer les abus dans son nouveau diocèse et d'y introduire la réforme grégorienne.

Au bout de deux ans il y avait réussi et avait pu encourager la dévotion, il voulut alors se démettre de son évêché et se retirer au monastère bénédictin de Cluny, mais le pape lui ordonna de continuer son travail dans son diocèse.

Pour le reste du XIe siècle, son épiscopat fut marqué par le conflit avec Guigues III d'Albon sur la possession de territoires ecclésiastiques dans le Grésivaudan. Hugues soutenait que le comte d'Albon avait usurpé les terrains de l'évêché de Grenoble avec l'aide de l'évêque Mallen. Pour renforcer son droit, Hugues fit écrire l'histoire de l'évêque Isarn reprenant par les armes le diocèse de Grenoble aux Sarrasins lors de la Bataille de Chevalon. C'était l'objet du préambule à une série de documents conçus pour établir le droit du diocèse sur ces terrains, documents connus comme les « Cartulaires de saint Hugues ». Un accord fut finalement trouvé entre Hugues et Guigues qu'en 1099. Guigues acceptait de céder les territoires en litige pendant qu'Hugues admettait l'autorité temporelle du comte dans les alentours de Grenoble.

Hugues contribua aussi à la fondation de l'Ordre des Chartreux. En 1084 il reçut Bruno de Cologne, qui avait peut-être été autrefois son propre maître, avec six de ses compagnons, après les avoir vus en rêve « sous une bannière de sept étoiles ». Hugues les installa tous les sept dans un endroit enneigé et rocailleux des Alpes appelé la Chartreuse. Ils y fondèrent un monastère et consacrèrent leur vie à la prière et à l'étude, recevant souvent la visite de Hugues, dont on dit qu'il adopta une grande partie de leur mode de vie.Par humilité, les étoiles sont parfois placées sous le globe. Pour certains, les étoiles symbolisent Bruno et ses 6 compagnons dont l’arrivée à Grenoble fut annoncée par un songe prémonitoire à l’évêque saint Hugues, qui rapporta avoir vu sept astres .Nous pouvons également penser que ces étoiles sont en miroir avec la constellation céleste qui se trouvait à la verticale du monastère à cette époque.

En 1130, âgé de 77 ans, il trouva la force d'aller à la rencontre du pape Innocent II qui fuyait l'Italie et de l'accompagner jusqu'au Puy où devait se réunir un important concile visant à faire reconnaître Innocent II par les souverains d'Europe et à prononcer l'excommunication contre l'usurpateur Anaclet II.

Canonisation et vénération[modifier | modifier le code]

Il fut canonisé le 22 avril 1134 par le pape Innocent II deux ans seulement après sa mort. Son corps, déposé dans une chasse d'argent demeura exposé pendant quatre siècles à la vénération des fidèles. En juin 1562, pendant les Guerres de Religion, son corps fut brûlé par le baron des Adrets et les Huguenots sur la place Notre-Dame à Grenoble.

La paroisse catholique de Sarsfield, en Ontario, porte son nom depuis 1896.

Statue[modifier | modifier le code]

En 1935, le clocher de Sainte-Marie d’en-Haut à Grenoble qui menace de s'effondrer est démonté. Il arborait une imposante statue de la Vierge et supportait sur ses flancs les sculptures des saints protecteurs de Grenoble: Saint-Bruno, Saint-Hugues, Saint-Ferjus et Saint-François-de-Sales. Mais, ces quatre sculptures disparurent, seule celle de François de Sales a été retrouvée en 2007 rue Thiers, dans le jardin de la clinique des Bains qui fermait ses portes[1].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Il est représenté en habits épiscopaux par dessus sa cuculle blanche[2].

Hugues de Grenoble peut être aussi représenté en habit de chartreux recevant Bruno (parfois avec des étoiles, emblème des chartreux). Il lui arrive aussi de bénir des oies qui se transforment en tortues[3].

Citation[modifier | modifier le code]

« Pour ne rien dire du bien qui arriva grâce à lui… Une communauté d’ermites en Chartreuse, l’Abbaye de Chalais, une communauté d’ermites aux Écouges, une maison de chanoines réguliers près de Saint-Martin de Misère, une maison près de Saint-Jeoire, avaient fait leurs débuts grâce à son appui, avaient progressé grâce à son aide spirituelle et matérielle. »

— Guigues le Chartreux, Vie de Saint Hugues, paragraphe 35

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Musée dauphinois: nouvelles acquisitions.
  2. n. f. XVe siècle, cuculle. Emprunté du latin chrétien cuculla, « vêtement, capuchon de moine », en usage dans certains ordres religieux. La cuculle d'un chartreux, son scapulaire.... (dictionnaire de l'Académie)
  3. Une légende raconte que Hugues de Grenoble surprend des moines attablés devant des oies rôties, ce qui était interdit par la Régle.
  4. Plus d'informations sur le livre Vie de Saint Hugues, évêque de Grenoble, par Albert du Boys

Articles connexes[modifier | modifier le code]