Cujus regio, ejus religio

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Cujus regio, ejus religio (littéralement « tel prince, telle religion ») est une maxime latine qui édicte le principe politique selon lequel le souverain d'un pays a le droit d'imposer sa religion à ses sujets.

Elle est apparue pour la première fois pendant la Réforme pour régler la question religieuse, lors de la paix d'Augsbourg en Allemagne, en 1555. La phrase exacte fut prononcée par le juriste Joachim Stephani en 1612. Elle marque un tournant de la Réforme dans le Saint Empire, les contentieux étant désormais réglés sur le plan civil et non par des tentatives de conciliation doctrinale.

Cette doctrine est d'origine protestante et ne correspond pas à la conception catholique du gouvernement civil. En effet, la doctrine catholique exige que les souverains soient soumis au pape, ce qui favorise l'unité religieuse des royaumes. De surcroît, elle confirme la fin de l'unité confessionnelle de l'Empire, chaque prince électeur ayant désormais libre choix de se déclarer d'obédience catholique ou évangélique.

Elle s'est manifestée dans le principe absolutiste en France, le roi catholique imposant sa religion à toute la population. Toutefois, la politique royale s'inspirait d'abord du gallicanisme et s'opposait en même temps à l'ultramontanisme.

Ce principe s'oppose aux principes de liberté de conscience et de tolérance religieuse, qui s'imposèrent à la Révolution française.

La doctrine du Cujus regio, ejus religio est apparentée à l'erastianisme, qui proclame la supériorité du temporel sur le spirituel. Elle était déjà connue dans l'Empire byzantin à l'époque des querelles entre le pape Grégoire le Grand, l'empereur et le patriarche de Constantinople.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]