Intervention française au Mexique

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Expédition du Mexique
Siège de Puebla
Informations générales
Date -
Lieu Mexique
Issue Victoire de la république, défaite des conservateurs mexicains et de la France.
Belligérants
Bandera del Segundo Imperio Mexicano (1864-1867).svg Empire mexicain
Flag of France.svg Empire français
Volontaires autrichiens et belges.


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Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (jusqu'en avril 1862)
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Royaume d'Espagne (jusqu'en avril 1862)

Flag of Mexico (1823-1864, 1867-1893).svg États-Unis mexicains


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Drapeau des États-Unis États-Unis (à partir de 1865)

Commandants
Bandera del Segundo Imperio Mexicano (1864-1867).svg Maximilien Ier du Mexique
Flag of France.svg Napoléon III
Bandera Histórica de la República Mexicana (1824-1918).svg Benito Juárez
Forces en présence
38 493[1] Français,
6 812 Autrichiens,
1 465 Belges,
20 285 Mexicains
424 Égyptiens[1]
1 047 Hongrois
472 Polonais
Environ 70 000 mexicains
Pertes
11 654 français, dont 5 000 de maladie
126 égyptiens, dont 46 de maladie
5 671 mexicains
~573 belges
455 autrichiens, dont 199 de maladie
177 hongrois
31 962 tués
8 304 blessés
Batailles
Atlixco — Bagdad — Ixmiquilpan — Camerone — Cerro del Borrego — Fortín — Carbonera — La Loma — Las Cumbres — San Pablo del Monte — Tacambaro — Ixmiquilpan — Puebla — Querétaro

L’intervention française au Mexique ou l'expédition du Mexique (espagnol : Segunda Intervención Francesa en México) est une expédition militaire française qui eut lieu de 1861 à 1867 et avait pour objectif de mettre en place au Mexique un régime favorable aux intérêts français.

À l'origine de cette initiative se trouvent des conservateurs mexicains en Europe qui souhaitaient installer au Mexique un souverain européen catholique et conservateur pour contrebalancer le pouvoir des jeunes États-Unis protestants. José-Manuel Hidalgo y Esnaurrizar, l'un d'entre eux, fit la connaissance de l'impératrice Eugénie et réussit à l'intéresser à sa cause. Napoléon III, sous les conseils du duc de Morny, chercha et trouva, après avoir essuyé le refus d'autres princes, l'archiduc Maximilien de Habsbourg qui venait de refuser d'être roi de Grèce. Maximilien hésita, mais, encouragé par sa femme Charlotte, fille du roi des Belges Léopold Ier, il finit par accepter de devenir empereur du Mexique.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Mexique à la veille de l'intervention[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance les revenus du gouvernement mexicain diminuèrent et ses dépenses augmentèrent. Le déficit fut couvert par des emprunts sur le marché financier de Londres. Après la publication de décrets en 1827 et 1829 ayant pour but l'expulsion de la plupart des Espagnols, expulsions qui provoquèrent une évasion de capitaux et une baisse de la production tant industrielle qu'agricole, malgré les tentatives du gouvernement centraliste entre 1830 et 1832 du conservateur Anastasio Bustamante et de son ministre Lucas Alamán de réorganiser les finances publiques, 90 % du budget de la nation se destinaient à l'entretien de l'armée[2].

Les créoles composaient les classes supérieures ; les métis avaient eux aussi une part importante dans les affaires. Les indigènes quant à eux étaient divisés en une multitude d'ethnies souvent antagonistes et pour la plupart quasi indépendantes et farouchement attachées à leurs coutumes ; certaines, totalement coupées des réalités, ignoraient même que le pays était devenu indépendant. Néanmoins certains de ces indigènes (Benito Juárez, Mejía) avaient réussi au niveau national ; d'autres, tel Santiago Vidaurri, étaient des caciques très puissants et très riches.

Les classes aisées étaient divisées politiquement. D'un côté le parti conservateur, centraliste et clérical, était soutenu par l'Église catholique, le plus grand propriétaire foncier du pays, ainsi que par les communautés indigènes qui craignaient pour leurs terres et les privilèges fiscaux et fonciers qui leur avaient été octroyés par le vice-roi don Martín de Mayorga, de l'autre le parti libéral, fédéraliste et anticlérical, était majoritairement soutenu par les petits propriétaires métis ou créoles ainsi que par la bourgeoisie, avides de s'emparer des terres de l'Église et de celles des communautés indigènes que la nouvelle constitution libérale ne protégerait plus.

Les loges maçonniques jouèrent un grand rôle dans la politique. Les loges dites « écossaises » originaires d'Espagne étaient partisanes du centralisme et de la conservation d'un gouvernement qui continuerait celui de la colonie. Les loges dites « d'York », fondées par l'ambassadeur américain Joel Roberts Poinsett, étaient du côté des libéraux et partisanes du fédéralisme.

Entre 1821 et 1850, cinquante gouvernements se succédèrent, reflétant l'instabilité politique du pays.[réf. nécessaire] En 1836, le Mexique avait déjà perdu le Texas. Le pays avait fait face à un débarquement espagnol en 1829 à Tampico et à une intervention de la flotte française à Veracruz en 1838, tous deux repoussés par le général Antonio López de Santa Anna. Il sortait d'une guerre (1846-1848) qui lui avait fait perdre 2,4 millions de km². En 1859, les conservateurs opposés à Juárez signèrent avec l'Espagne le traité Mon-Almonte ; ils y promettaient de payer les dettes dues aux Européens. C'est donc à un pays affaibli et divisé qu'allait s'attaquer la coalition Franco-anglo-espagnole, menée par la France.

Juárez au pouvoir[modifier | modifier le code]

Benito Juárez, président du Mexique.

En 1858, Benito Juárez, membre du parti libéral, accéda au pouvoir. En décembre 1859, son gouvernement signa avec les États-Unis le Tratado de Tránsito y Comercio connu aussi sous le nom erroné de traité McLane-Ocampo, qui aurait concédé à perpétuité des droits de passage sur le territoire mexicain, notamment dans l'isthme de Tehuantepec, en échange entre autres de l'appui militaire des États-Unis en cas d'intervention étrangère. Ce traité n'entra pas en vigueur car il ne fut pas ratifié par le Sénat des États-Unis.

Une rébellion éclata cependant, menée par les généraux conservateurs Zuloaga et Miramón. Cette dernière parvint à chasser un temps Juárez, qui repoussa les insurgés en 1861. Cette nouvelle guerre civile avait une fois de plus appauvri l’État. Juárez reconnut que le Mexique devait 70 millions de pesos à l’Angleterre, 9 millions à l’Espagne et 3 millions à la France. Mais, les caisses du Mexique étant vides, Juárez décida en juillet 1861 de suspendre pour deux ans le paiement de la dette extérieure.

Son gouvernement eut cependant le temps de promulguer plusieurs lois : lois de désamortisation des biens de main-morte ou de corporations civile et ecclésiastiques connue sous le nom de loi Lerdo en 1856 cette loi ordonnait de vendre à leurs locataires les biens que l'Église catholique leur louait.

En 1859 et 1860, loi de nationalisation des biens ecclésiastiques : suppression des ordres religieux, les livres et œuvres d'art en possession de l'Église passent en mains publiques

  • Loi du mariage civil et contrat de mariage civil sans intervention du clergé.
  • Loi du registre civil, les statistiques, le contrôle de la population, les registres des naissances et des décès passent sous contrôle exclusif de l'État.
  • Loi de sécularisation des cimetières, interdiction d'enterrer quiconque dans une église.
  • Loi de liberté des cultes.

Les raisons de l'intervention[modifier | modifier le code]

Les rivalités politiques divisaient les classes dirigeantes. De plus, depuis l’indépendance, le Mexique était en proie à une instabilité qui usait financièrement le pays. L’opportunité était belle pour un pays puissant comme la France d’y installer un régime à sa solde et d’en récolter les fruits.

La solution, selon Napoléon III, était de mettre fin au désordre politique régnant et d'y instaurer un Empire. Une fois l’ordre rétabli, le progrès serait au rendez-vous et le Mexique deviendrait le premier pays industrialisé d’Amérique latine. Devenu terre d'élection, il attirerait des milliers de colons et verrait l'urbanisation s'intensifier. Des milliers d’Italiens, d’Irlandais, de Grecs, de ressortissants de tous les pays en difficulté viendraient y résider et concurrencer les États-Unis comme choix de destination des migrants. De plus, en choisissant un prince autrichien, l'Empereur compensait diplomatiquement son engagement récent en Italie.[réf. nécessaire]

Ce plan, qui pouvait contrebalancer en Amérique la puissance des États-Unis en créant un Empire catholique allié à la France, fut notamment soutenu par Eugène Rouher, lequel en parlait comme de « la plus grande pensée du règne », sans cependant avoir consulté les Mexicains, pourtant les premiers intéressés.

Les conditions géopolitiques étaient excellentes en 1861 : les dettes du Mexique et l'attitude du gouvernement libéral de Juárez qui entamait son deuxième mandat (du 15 juillet 1861 au 19 juin 1867) fournissaient des prétextes tout trouvés pour une intervention française « légitime ». En outre, l'intervention américaine était exclue, la guerre de Sécession battant alors son plein (La France et la guerre de Sécession).

L'intervention française[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'intervention[modifier | modifier le code]

Après la signature de la Convention de Londres (1861), les gouvernements espagnol et britannique envoyèrent eux aussi une force expéditionnaire (le Mexique leur devait bien plus d'argent qu'à la France). Les Espagnols envoyèrent le général Joan Prim débarquant le et 4 000 soldats provenant de Cuba. Les Britanniques envoyèrent 700 marines à bord d'une escadre formée de deux vaisseaux et quatre frégates commandées par l'amiral Dunlop[3] qui débarquèrent le . Le 8 janvier, les Français arrivèrent avec l'escadre de l'amiral Jurien de La Gravière avec le Masséna, cinq frégates, deux avisos à hélice et un à roues, deux canonnières et trois transports amenant les prémices du corps expéditionnaire[réf. nécessaire]:

Expédition de Mexique,sous le commandement de Jurien de la Gravière ((L'Illustration, 1862)
Expédition française au Mexique
  • Une légion belge de 4 000 hommes accompagnait les Français sous le commandement du lieutenant-colonel Van der Smissen. L'impératrice Charlotte étant la fille du roi des Belges Léopold Ier, celui-ci avait voulu participer à l'expédition, autant par raison familiale que parce qu'il nourrissait des espoirs d'expansion coloniale comme l'avait prouvé une tentative de peuplement belge en Colombie.

Des négociations eurent lieu entre le gouvernement libéral mexicain et les Européens, après que ces derniers eurent signé la Convention de Soledad en février 1862, dans laquelle ils s'engageaient à ne pas attaquer le Mexique. Mais elles n'aboutirent qu'à une impasse. En avril 1862, Anglais et Espagnols retournèrent au port de Veracruz et quittèrent le pays.

La première offensive française[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Siège de Puebla.

Les Français décidèrent de se maintenir. Le général Charles Ferdinand Latrille de Lorencez, à la tête du commandement français, décida de marcher vers Puebla qui, une fois prise, permettrait d'ouvrir la voie vers Mexico.

Après de petits affrontement avec les soldats de la république mexicaine, les Français arrivèrent au nombre d'environ 6 500[4] devant la ville le . Environ 4 500 hommes[4] du général Ignacio Zaragoza y étaient solidement retranchés, mais ils étaient pauvrement armés. Lorencez lança ses troupes dans un assaut frontal contre le couvent fortifié du Cerro de Guadalupe (« colline de Guadalupe »). Bien abrités par les murs, les soldats gouvernementaux parvinrent à repousser les Français appuyés par des troupes mexicaines conservatrices aux ordres des généraux Márquez, Zuloagaga et Cobos, rejoints le 7 mai par 2 000 soldats arrivant de Guanajuato, payés par l'Église catholique[5]. 462 Français et 83 Mexicains périrent au cours de la bataille[6]. Lorencez sonna alors la retraite et se retira dans la ville d'Orizaba.

Le général mexicain Jésus Gonzales Ortega reçu l'ordre de faire le siège d'Orizaba et positionna 2 000 hommes et plusieurs canons sur la colline du Cerro Borrego pour bombarder la ville. Le capitaine Paul Alexandre Détrie escalada la colline de nuit avec moins de 150 hommes et délogea les mexicains pris de panique croyant avoir à faire à l'ensemble de l'armée française. Cette victoire héroïque et spectaculaire qui libéra la siège d'Orizaba connue un immense retentissement en France et sur le moral du corps expéditionnaire éprouvé par la défaite de Puebla.

Lorsque la nouvelle de la défaite devant Puebla et le combat victorieux du Cerro Borrego furent connus à Paris, Napoléon III envoya un renfort de 26 000 hommes sous le commandement d'un nouveau général en chef, Élie Frédéric Forey. Ce dernier et ses hommes débarquèrent en septembre 1862 et entreprirent une deuxième fois le siège de Puebla.

La prise de Puebla et d'Oaxaca[modifier | modifier le code]

Les souverains mexicains au début de leur mariage
Archiduc Maximilien de Habsbourg, l'empereur du Mexique élu par une Junte de notables.

La ville ne tomba qu'au prix de nombreux efforts, en mai 1863. Des milliers de soldats du gouvernement libéral se trouvaient dans la ville lors de sa chute. Tous ne pouvaient pas être emprisonnés ; ils furent donc relâchés. Quelques jours plus tard, ils avaient rejoint les rangs des troupes républicaines. Par la suite, l'armée française parvint à progresser sans encombres jusqu'à Mexico, d'où Juárez s'était enfui avec le gouvernement libéral pour se réfugier à El Paso del Norte, à la frontière des États-Unis.

En juillet 1863, une « assemblée de notables » du parti conservateur réunie à Mexico offrit la couronne impériale à l'archiduc (on dira plus tard l'Archidupe) d'Autriche Maximilien de Habsbourg. Ce dernier mit plus d’un an à l’accepter. À la suite de la prise de la ville, l'armée reçut la tâche de « pacifier » l'État de Puebla. Les militaires multiplièrent les marches, fortifièrent les villages visités, et parvinrent non sans mal à faire régner l’ordre impérial. Mais un obstacle leur barrait la route : la ville d’Oaxaca, fief du chef républicain Porfirio Diaz. Le général Bazaine, qui avait remplacé Forey, décida de mener lui-même les opérations contre cette ville. Celles-ci commencèrent à la fin de l'année 1864. Mais le siège ne dura pas longtemps : en février 1865, Porfirio Díaz signa la reddition d’Oaxaca.

Des milliers de soldats libéraux se trouvaient dans la ville ; une nouvelle fois, tous ne pouvant être emprisonnés, ils furent relâchés. Peu après, la plupart avaient rejoint au nord les guérilleros ou retrouvé les unités auxquelles ils appartenaient dans les troupes régulières de la République.

L'armée française face à la guérilla[modifier | modifier le code]

Après la prise d'Oaxaca, les militaires furent envoyés combattre au nord du Mexique, là où les forces du gouvernement de Juárez étaient encore puissantes. Le corps expéditionnaire n'était pas habitué à lutter de cette manière : lorsque les résistants républicains étaient en position de force, ils attaquaient, dans le cas contraire, ils fuyaient.

Afin de lutter contre cette stratégie, se mit en place la contre-guérilla du colonel Du Pin ; aidés d’hommes du pays, connaissant le terrain sur lequel ils s'aventuraient, équipés de chevaux, ils agissaient en marge de l'armée française.

La légion belge commandée par le lieutenant colonel Van der Smissen remporta la victoire de la Loma. Cependant, le père de l'impératrice, le roi des Belges Léopold Ier, jugeait le sort de Maximilien et de son épouse avec pessimisme depuis que Maximilien avait coupé les ponts derrière lui en renonçant à tous ses droits dynastiques en Autriche au profit de membres de sa famille restés insensibles au prestige que représentait la fondation d'un nouvel empire d'outre-mer.[réf. nécessaire] L'impératrice Charlotte, alarmée par l'évolution de la situation politique et militaire au Mexique même, entreprit un voyage en Europe, mais ses démarches auprès de Napoléon III et même du pape restèrent sans effets et elle perdit peu à peu la raison, en proie à un syndrome de persécution. Recueillie par son frère Léopold II de Belgique, elle allait finir ses jours en 1922, recluse au château de Bouchout, près de Bruxelles.

La fin[modifier | modifier le code]

L'exécution de Maximilien, le 19 juin 1867. Représentation imaginaire.

En avril 1865, la guerre de Sécession prenait fin par la victoire du Nord. Le représentant de Benito Juárez, Matias Romero, poussa le gouvernement de Washington à masser ses troupes le long de la frontière avec le Mexique, y apportant armes, munitions et matériel. Les troupes du gouvernement républicain virent aussi leurs effectifs augmentés d'anciens combattants de la guerre civile américaine. Pendant ce temps, le Secrétaire d'État des États-Unis, William H. Seward, pressait les Français d'abandonner le Mexique.

Au sortir de la Guerre de Sécession, les États-Unis n'avaient sans doute ni l'intention ni les moyens de s'aventurer dans un affrontement conventionnel direct avec l'armée et la marine françaises, par ailleurs, la situation devenait menaçante en Europe compte tenu de la montée de la puissance prussienne sous l'influence de Bismarck. La menace se précisa à l'issue de la bataille de Sadowa en 1866, car l'effondrement militaire de l'Autriche laissait la France seule face aux ambitions prussiennes. Dans ces conditions, la France ne pouvait plus se permettre de gaspiller ses forces dans une aventure à longue distance.

Napoléon III retira donc ses troupes, abandonnant peu à peu les villes du nord, Mexico, Puebla, et Veracruz. Durant cette retraite, Juárez évita soigneusement tout accrochage inutile avec les Français. En revanche, dans les zones reconquises, les représailles contre les Mexicains les plus compromis dans la collaboration avec l'Empire furent impitoyables. En février 1867, le dernier navire français quittait les rives du Mexique.

La guerre du Mexique fit un dernier mort. En juin 1867, l’Empereur Maximilien, qui, se considérant comme devenu Mexicain envers et contre tous et se croyant capable de maintenir l'Empire sans aide étrangère, avait refusé d’abdiquer, se réfugia dans Santiago de Querétaro. Bientôt cerné par les juaristes, il se rendit. Maximilien pensait naïvement qu’il aurait le droit d’être conduit à Veracruz et rembarqué sur le premier navire en partance pour l’Europe. Tout au contraire, il fut fait prisonnier et condamné à mort. Le , à Santiago de Querétaro, il fut exécuté avec ses généraux Miramón et Mejía.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Forces français et étrangères[modifier | modifier le code]

Andrew Johnson, le président américain qui a aidé Benito Juárez à partir de 1865.

Sur les 38 493 militaires français envoyés au Mexique, 6 654 sont morts de blessures ou de maladie, soit 17% des forces françaises, ou encore un sixième[7]. En 1863, le khédive d'Égypte a offert un bataillon de 450 soldats à l'Empire mexicain, dont beaucoup de Soudanais supposés plus résistants aux maladies tropicales. À partir de 1864-1865, l'Autriche-Hongrie a envoyé 7 000 hommes (Polonais, Hongrois…).

Un contingent de 251 volontaires belges issus du régiment Impératrice Charlotte sous le commandement du major Tydgat sont défaits, le 11 avril 1865, à la bataille de Tacambaro à l'issue de laquelle les derniers survivants se rendent avec leur major grièvement blessé et qui mourra, ainsi que le capitaine Chazal, après l'arrivée d'une colonne de secours commandée par le chef du contingent belge, le lieutenant-colonel Van der Smissen. Prenant sa revanche, Van der Smissen remporte la victoire à la bataille de la Loma le 26 juillet. Mais, à l'issue de la participation de la Belgique à l'expédition du Mexique, 750 soldats belges auront perdu la vie lorsque le roi des Belges Léopold Ier décidera le retrait de la force belge en même temps que celui des troupes françaises quand la perspective d'un échec commencera à menacer l'intervention européenne au Mexique.

Les unités françaises impliquées dans cette expédition comprennent :

Et également[réf. nécessaire] :

  • un bataillon de marche de tirailleurs algériens (6 compagnies prises dans les 1e, 2e et 3e régiments) ;
  • une batterie de l'artillerie montée de la Garde impériale ;
  • la 1re compagnie du Train des équipages de la Garde impériale ;
  • des troupes de marine ;
  • un régiment puis bataillon d'infanterie de la marine ;
  • l’infanterie de marine ;
  • des volontaires des Antilles ;
  • des gendarmes coloniaux ;
  • le génie colonial ;
  • un bataillon de fusiliers-marins ;
  • la 7e batterie de l’artillerie de marine.

Attitude des États-Unis[modifier | modifier le code]

Napoléon III, qui souhaite établir en Amérique latine un empire latin et catholique pour barrer l'expansion des États-Unis anglo-saxons et protestants, entreprend la conquête du Mexique et offre à l'archiduc Maximilien d'Autriche le titre d'empereur, avec l'aide des conservateurs mexicains. N'étant reconnu que par les conservateurs mexicains, Maximilien applique une politique libérale, s'appuyant pour l'essentiel sur la présence des troupes françaises. Il bénéficie également de la non-intervention des États-Unis, accaparés par la Guerre de Sécession. En 1864, la situation change. Les victoires du Nord sur le Sud modifient les vues du gouvernement de Washington, et le Congrès vote une résolution protestant contre l'intervention de la France au Mexique. Ayant définitivement mis fin à la guerre civile en 1865. Les États-Unis n'ont jamais reconnu le gouvernement de Maximilien, ils ont toujours considéré le gouvernement de Juárez légal. Dans la correspondance diplomatique des agents fédéraux reparaît la doctrine Monroe. Devant les menaces des États-Unis, les troupes françaises finissent par quitter le Mexique, accompagnées par les contingents des autres nationalités. Maximilien, qui refuse de partir, est capturé par les républicains mexicains. Jugé, il est condamné à mort et fusillé.

Avec l'appui des États-Unis, la république mexicaine, dont le gouvernement juariste n'a pas quitté le territoire national durant toute la durée de l'intervention française, remporte la victoire sur les conservateurs et les français. Maximilien paye de sa vie le rêve de Napoléon III.

Depuis cette époque, la doctrine Monroe s'applique sur tout le Nouveau Monde.[réf. nécessaire]

Au Mexique, l'ordre fut bientôt menacé par l'agitation des généraux vainqueurs et par les dissensions internes qui opposaient les libéraux. À la mort de Benito Juárez, en 1872, le Mexique est de nouveau au bord de la guerre civile. Son successeur, Sebastián Lerdo de Tejada, organise sa réélection par des fraudes massives dans l'attribution des postes officiels et allant jusqu'à proposer une amnistie à Díaz qui s'était révolté contre Juárez (Plan de La Noria) en 1871 et un poste d'ambassadeur en Prusse pour l'éloigner du Mexique qui donneront le prétexte (Plan de Tuxtepec) du soulèvement victorieux du général Porfirio Díaz, celui-ci accédant a la présidence en 1876[8],[9],[10].

Précision sur l'engagement de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Initialement, la Légion ne devait pas participer à la campagne. Voyant beaucoup d'autres régiments partir et pas eux, les officiers subalternes (lieutenants et capitaines) du Régiment Étranger (la Légion étrangère ne comptait alors qu'un régiment) envoyèrent une pétition à l'empereur Napoléon III, lui demandant « l'honneur d'aller se faire tuer » pour la France au Mexique. Les pétitions étant tout à fait interdites par les règlements militaires, le chef de corps du régiment fut puni exemplairement. Cependant, Napoléon III accéda à la demande et le Régiment Étranger partit ainsi au Mexique.

Le régiment arrive le et se voit alors confier la tâche ingrate d'escorter des convois entre Veracruz et Puebla. Mais la 3e compagnie s'illustre le au cours du combat de Camerone (en espagnol Camarón rebaptisée plus tard Villa Tejeda) qui reste dans l'histoire comme l'illustration du sacrifice au nom de la parole donnée et de l'exécution de la mission, au péril de sa vie si nécessaire. Bien qu'il s'agisse pour la Légion d'une « défaite », elle est commémorée par les légionnaires avec autant de ferveur que par les Mexicains, qui reconnaissent sans réserve le courage des légionnaires (ceux-ci ne se rendirent que lorsqu'il ne resta que six combattants : le sous-lieutenant Maudet, le caporal Maine, les légionnaires Catteau, Wensel, Constantin et Leonhard), qui tentèrent une ultime charge à la baïonnette. Le capitaine Danjou y perdit la vie et y laissa sa main de bois qui fut retrouvée deux ans plus tard par un lieutenant autrichien. Cette main est devenue un objet précieux pour tous les légionnaires.

De décembre 1864 à février 1865, les unités du régiment participent au siège d'Oaxaca. Le , les 3e et 5e compagnies du 4e bataillon livrent un combat comparable à celui de Camerone. Sous les ordres du capitaine Frenet, les 125 légionnaires encerclés dans l'hacienda de l’Incarnación résistent victorieusement durant 48 heures à plus de 600 Mexicains.

Total des pertes dans l’expédition du Mexique : 22 officiers, 32 sous-officiers et 414 légionnaires. L'accord passé avec l'empereur Maximilien indiquait que la Légion étrangère devait passer au service du Mexique ; comme l'aventure française au Mexique tourne au désastre, la Légion rentre en France.

Principales batailles de l'expédition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Gustave Niox, Expédition du Mexique, 1861–1867; récit politique & militaire, Paris, J. Dumaine,‎ 1874 (lire en ligne)
  2. (es) Luis Pazos, Historia sinóptica de México, de los Olmecas a Salinas, editorial Diana, México, 1994 (ISBN 9-6813-2560-5)
  3. Max Patay et Eric Bourdessol, Les grandes batailles de l'histoire : Camerone 1863, Socomer édition, 1988
  4. a et b (en) The History of Cinco de Mayo - Mexonline.com
  5. (es) Vicente Riva Palacio (dir.) México a través de los siglos : José María Vigil : La Reforma, Capítulo VI , pp. 531-554 (contient le récit complet de la bataille du 5 mai 1862, à Puebla), Mexico mai 1889 - Rééditions de 1953 et 1979 par Editorial Cumbre, México DF
  6. (en) In Mexico, Cinco de Mayo is a more sober affair - The Washington Post, 5 mai 2011
  7. Parmi les morts, Louis Berlioz, le fils du compositeur, capitaine d'un navire de transport de troupes, mort de la fièvre jaune, à la Havane, alors en route pour la France depuis Veracruz.
  8. (es) Fernando Orozco Linares, Porfirio Díaz y su tiempo, Hispanic Book Distributors Inc., 1986 (ISBN 978-9-6838-0117-3) pp. 81-87
  9. (es) Porfirio Díaz, Memorias, rééd. 2010, Atlasbooks (ISBN 978-8-4995-3382-7), 456 pages
  10. (es) Enrique Krause, Místico de la autoridad : Porfirio Díaz, Vol. I, série Tezontle, Fondo de cultura económica, Mexico, 1987 (ISBN 9-68-16-2286-3), pp. 21-53

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edgar Quinet, L'expédition du Mexique, imprimerie Pache, Lausanne, 1862, 20 p.
  • Émile de Kératry, L'Élévation et la chute de l'empereur Maximilien, intervention française au Mexique, 1861-1867, Paris, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1867, 2e éd.
  • Gustave Léon Niox (général), L’expédition du Mexique 1861-1867, récit politique et militaire, Paris, J. Dumaine, 1874
  • Henri Loizillon (colonel), Lettres sur l’expédition du Mexique, publiées par sa sœur, 1862-1867, Paris, 1890.
  • Pierre Sergent Camerone la campagne héroïque de la Légion Étrangère au Mexique, Fayard, 1980
  • Jean-François Lecaillon, Napoléon III et le Mexique, Horizons Amérique Latine, Parins, 1994, (ISBN 2738423361)
  • Jean Avenel, La campagne du Mexique (1862-1867), Paris, éd. Economica, 1996, (ISBN 2-7178-3110-X)
  • Alain Gouttman, La Guerre du Mexique (1862-1867) : le mirage américain de Napoléon III, Perrin, 2008 - (ISBN 978-2262036829)
  • Charlotte ou la nuit mexicaine, Liliane Wouters, les éperonniers, Bruxelles, 1989
  • Charlotte, Michèle Fabien, Labor (Espace Nord), Bruxelles, 2000
  • Camarón, Jean-Joseph Julaud, Le Cherche midi éditeur, 2008 - (ISBN 2-7491-1059-9)
  • Maximilien et Juarez, de John Huston, avec Aenas MacKenzie et Wolfgang Reinhardt d’après la pièce de Franz Werfel et le roman de Bertita Harding (1939)

Articles connexes[modifier | modifier le code]